Vie professionnelle

Le sous-préfet de l’arrondissement de Saverne à la rencontre des forestiers

La forêt grignotée

Publié le 11/09/2017

Christophe Lotigié, sous-préfet de l’arrondissement de Saverne, était récemment en sortie agricole. Après de jeunes agriculteurs, il a rencontré des forestiers aux prises avec des dégâts de gibier et les difficultés à valoriser leurs bois…

Première étape de cette sortie : la forêt du Hinterwald, à Bust. Jean Braud, vice-président de Forestiers d’Alsace, président des propriétaires forestiers des Vosges du Nord et forestier à la retraite est lui-même copropriétaire de ce bois. Il a particulièrement insisté sur les dégâts infligés aux arbres par le gibier, et notamment par les cerfs. « Pour protéger les jeunes arbres, il faudrait tout clôturer, mais c’est un gouffre financier. » En effet, les subventions de plantation post-tempête n’incluaient pas la protection contre le gibier. Les forestiers privés en sont donc pour leurs frais. Et l’addition est salée. Dans cette forêt, la perte sur l’accroissement après une coupe d’éclaircie d’épicéas écorcés par le cerf est estimée à 70 €/ha/an, ce qui peut être comparé au prix de location de la chasse : 30 €/ha/an. Et la forêt de Bust est loin d’être un cas particulier. « Il y a de gros dossiers de demande d’indemnisation. Par exemple à Ernolsheim-lès-Saverne, où des dégâts d’écorçages de cerfs sont constatés sur quelque 20 ha », rapporte Jean Braud, pour qui l’indemnisation ne représente qu’une maigre consolation. « Ce qui intéresse les forestiers, c’est de faire de beaux arbres. » Les dégâts sur les épicéas provoquent une pourriture du bois sur 2 à 6 m de hauteur du tronc ce qui, dans une coupe d’éclaircie de la forêt du Hinterwald, a entraîné une perte de 20 % de la valeur de la coupe. Face à ce phénomène, les plans de chasse sont certes augmentés. Mais les attributions ne sont pas toujours réalisées par les locataires de chasse. Et les leviers d’action des propriétaires forestiers pour y remédier sont limités. « La loi locale est mal faite à ce niveau-là », estime Jean Braud. Certains propriétaires en viennent à clôturer l’ensemble de leurs parcelles, à poser des produits répulsifs… « Mais ça coûte cher ». Offre inélastique vs demande élastique Transition toute trouvée pour évoquer un autre problème : le prix du bois. En effet, celui-ci ne permet pas toujours de valoriser le produit à sa juste valeur. Jean Braud évoque ainsi le cas du hêtre. « Les bois français entrent en concurrence avec du hêtre en provenance de Roumanie. » Il y aurait aussi un problème d’inadaptation des scieries françaises à la demande. Celle des menuisiers et des ébénistes a évolué avec celles des consommateurs, désormais friands d’agencements au détriment du mobilier plus traditionnel. Conséquence : il leur faut du panneau. Jean Braud cite le cas d’une ébénisterie de luxe qui s’approvisionne en essences précieuses en Autriche, alors que ces bois sont aussi produits en France. L’adaptation est en cours - « une industrie de sciage de hêtre est en train de se développer dans les Vosges du Nord » - mais cela prendra encore du temps. Il faut dire qu’alors que la forêt évolue à un rythme séculaire, le secteur du bois connaît des mutations profondes à un pas de temps beaucoup plus rapide. La demande en bois énergie a ainsi explosé en quelques années. Si bien que le bois énergie vient grappiller sur le bois de palette : « C’est un sujet à surveiller de près, car ce phénomène peut gêner l’approvisionnement en bois des caisseries », prévient Jean Braud. Des biens sans maîtres mais pas sans dangers Le morcellement extrême de la forêt privée d’Alsace - « 83 000 propriétaires privés pour 80 000 ha » - complique les chantiers de sylviculture. Le morcellement et le micro-parcellaire sont la cause principale de la sous-exploitation de la petite forêt privée alsacienne. Moins de 50 % de l’accroissement biologique y est récolté. La deuxième cause de la sous-exploitation est le manque de desserte de ces parcelles. Aussi, des chantiers collectifs sont organisés pour en réduire les coûts. Mais, parmi ces petites parcelles figure une part significative de biens sans maître. C’est-à-dire des parcelles dont les propriétaires ignorent jusqu’à l’existence, leur trace s’étant effacée au fil des successions. Jean Braud y voit un danger : celui de voir ces petites parcelles non entretenues devenir des facteurs de propagation de feux de forêt, d’amplification des chutes d’arbres liées au vent par effet de domino… Enfin, pour Forestiers d’Alsace, fédération née en 2015 de la fusion de Bois et Forêts 67 et de Forêts Services 68, la réforme territoriale s’est traduite par une baisse importante de ses financements, qui a conduit au licenciement de quatre conseillers forestiers. En plus des emplois perdus, Jean Braud déplore la « perte de connaissance sur la forêt » que ces départs représentent.

Publié le 10/09/2017

Mardi 5 septembre, c’était la journée de la femme à la foire européenne. À cette occasion, Interbev Grand Est proposait des conférences sur « la viande au féminin ».

Delphine Franck est diététicienne nutritionniste à son compte, au sein du cabinet DietaCoach, et fait partie du réseau de diététiciennes qui œuvrent pour l’interprofession Interbev. Sa silhouette fuselée ne laisse aucun doute sur ses compétences en matière de nutrition. « Cette conférence a pour but d’aider les femmes à choisir la viande, à la cuisiner et à savoir la doser dans les assiettes, pour elle et pour le reste de la famille, car ce sont encore souvent elles qui sont derrière les fourneaux », indique Delphine Franck, lucide quant à l’évolution pachydermique de la place de la femme dans la société. Il s’agit donc dans un premier temps de définir le poids de la viande dans une alimentation équilibrée. Ou plutôt de la famille « viande, œufs, poissons », qui se caractérise notamment par sa richesse en protéines. Et qui a donc toute sa place dans une alimentation équilibrée. Car Delphine Franck, le martèle : « Toutes les familles d’aliments sont complémentaires. Aucune ne devrait être supprimée pour atteindre un bon équilibre alimentaire. » Des qualités nutritionnelles de la viande Or les préjugés sur la viande ont la dent dure. « On en mangerait trop, elle serait grasse, on pourrait s’en passer, et elle favoriserait certains cancers », liste Delphine Franck, qui ne s’en tient qu’aux griefs nutritionnels attribués à la viande. Mais, se faisant, on oublie ses qualités nutritionnelles : « La viande, les œufs et le poisson renferment des protéines de bonne qualité, du fer héminique, absorbable à 25 %, contrairement au fer contenu dans les végétaux, non-héminique, qui n’est absorbable qu’à 5-10 % ». Des qualités qui font de la viande un aliment presque encore plus important pour les femmes que pour les hommes. En effet, leur musculature est moins développée que celle des hommes. Elles sont donc structurellement plus sensibles au risque de sarcopénie, c’est-à-dire de dégradation des muscles. Un phénomène naturel, lié au vieillissement. Deux facteurs permettent de le freiner : l’activité physique et l’absorption de protéines. Mais surtout pas l’un sans l’autre ! « Les protéines ne sont pas stockées dans l’organisme. Soit elles servent à faire du muscle, soit elles sont éliminées par les reins. Il ne sert donc à rien d’absorber des protéines sans pratiquer une activité physique. Au contraire, c’est mauvais pour les reins, qui sont très sollicités », explique Delphine Franck, qui rapporte des cas d’adeptes de régimes hyperprotéinés atteints d’insuffisance rénale. Et, du fait de leur cycle menstruel, les femmes sont aussi plus sujettes aux carences en fer. Viande et légumes, le duo gagnant Une fois la viande revenue en odeur de sainteté, il reste à savoir comment la consommer. Delphine Franck rappelle que depuis 2014 un étiquetage simplifié de la viande a été mis en place : « Il est plus facile à comprendre, le mode de préparation des différents morceaux y apparaît clairement. » Justement, pour retirer un maximum de bienfaits de la viande, Delphine Franck préconise de varier les modes de cuisson, qui permettent de plus ou moins préserver les différentes catégories de nutriments : « Le fer est thermosensible. Il est davantage préservé lorsque la viande est juste grillée, plutôt que bouillie, ou braisée », illustre Delphine Franck. Enfin, reste à savoir adapter les portions : « L’idéal, c’est une portion de la famille viande, poisson, œufs, de la taille de la paume de la main et de l’épaisseur du petit doigt, une à deux fois par jour », indique Delphine Franck, qui précise : « Une fois par jour c’est sûr. Deux fois par jour c’est si on veut. » Avant de livrer encore quelques conseils de dégustation. Le combo gagnant, c’est la viande et les légumes. Parce que le fer est mieux absorbé par l’organisme lorsqu’il arrive accompagné de vitamine C. À l’inverse, le thé et le café limitent l’absorption du fer. Après un repas comportant de la viande, mieux vaut donc attendre deux heures après le repas pour s’octroyer un p’tit noir, pas trop sucré de préférence… Quoique. Delphine Franck ne bannit aucune catégorie d’aliments. Son credo : « Manger de tout, un peu de tout. » Pour elle, lutter contre l’obésité, le diabète, revient à retrouver des comportements sains, que ce soit en matière d’activité physique ou d’alimentation. Si elle devait bannir un aliment, ce serait plutôt une catégorie tout entière : celle des produits transformés industriellement, et hyper marketés.

Savourez l’Alsace Produit du terroir

La marque fait sa pub

Publié le 09/09/2017

La finale départementale de labour a relancé la communication sur la marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir ». Réunion avec les industriels de l’agroalimentaire, mise en avant de la filière raifort, installation de bâches promotionnelles et actions lors de la foire européenne de Strasbourg doivent mettre un coup de projecteur sur cette initiative née en 2015.

La marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » part à la conquête de l’industrie agroalimentaire. Dimanche 27 août à Mietesheim, jour de finale de labour, les responsables de la marque et leurs partenaires ont organisé une table ronde à l’usine Alélor Raifalsa. L’objectif, inciter les industriels à utiliser des matières premières locales dans leurs productions. Autour de la table, des représentants de la Chambre d'agriculture d’Alsace, des responsables professionnels agricoles, des responsables d’entreprises agroalimentaires et des élus, en particulier des conseillers régionaux qui soutiennent cette initiative. Le but poursuivi ? À l’instar de ce qui a été fait dans la restauration collective, l’agriculture alsacienne veut travailler plus étroitement avec l’industrie agroalimentaire régionale. « Cela ne se fait pas du jour au lendemain, explique Philippe Boehmler, président du comité d’accréditation de la marque « Savourez l’Alsace Produits du terroir ». Il faut identifier les attentes des industriels et mettre en place un système de contractualisation pour que les agriculteurs puissent se lancer dans ces productions et fournir aux industriels les quantités demandées, tout au long de l’année. C’est un travail minutieux de mise en relation. » Des bâches le long des routes alsaciennes En ces temps chahutés par les scandales alimentaires, l’agroalimentaire est à la recherche de valeurs sûres. « La marque garantit au consommateur la provenance locale des matières premières », souligne Philippe Boehmler. « Pour la majorité des produits concernés, 80 % au moins des ingrédients doivent être d’origine régionale », précise Bénédicte Dubois, directrice d’Alsace Qualité. À ce titre, la filière raifort, mise en avant lors de la finale départementale de labour, est exemplaire. Alélor Raifalsa s’approvisionne en totalité auprès des producteurs locaux, dans une relation contractuelle de longue date. Cet événement est le premier volet d’un plan de communication ambitieux. « Notre campagne a pour but de faire connaître la marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » auprès du grand public, explique Julien Koegler, secrétaire général des JA 67. Nous avons installé 80 bâches au bord des routes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour faire connaître ce logo que les consommateurs pourront ensuite retrouver sur certains produits dans les supermarchés. L’objectif est que le consommateur exige cette marque lorsqu’il fait ses courses, qu’il devienne acteur de sa consommation. » C’est aussi le moyen de lancer le site internet www.terroir.alsace. Événement à la foire européenne La prochaine étape aura lieu lors de la foire européenne de Strasbourg. La marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » tiendra un stand sur l’espace agricole. « Par ailleurs, nous allons organiser un événement avec les restaurateurs, le mardi 5 septembre, afin de valoriser le partenariat entre le monde agricole et les restaurateurs alsaciens. Nous avons invité les membres de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière, des Étoiles d’Alsace, des maîtres restaurateurs, de la Fédération des chefs de cuisine restaurateurs d’Alsace », explique Julien Koegler. Pourquoi les Jeunes agriculteurs sont-ils impliqués dans cette démarche ? « Nous avons besoin de cette marque pour construire des filières sur le long terme. Grâce à sa création, nous espérons installer des jeunes et renouveler les générations. » Les consommateurs retrouveront également la marque lors du salon Saveurs et Soleil d’automne qui se tiendra du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten de Sélestat. La filière fruits et légumes d’Alsace a été une des premières à adopter cette marque à 100 % !

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