Christiane Lambert visite la ferme-auberge Trau à Ebersheim
Le double pacte de la FNSEA
Christiane Lambert visite la ferme-auberge Trau à Ebersheim
Publié le 27/09/2017
C’est un double pacte économique et sociétal que la FNSEA veut conclure avec les Français. Les agriculteurs sont prêts à répondre aux attentes des consommateurs en termes d’environnement, de qualité, de sécurité, à condition de retrouver du revenu. Pour cela, il faut « construire les prix en marche avant », estime Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
« Les agriculteurs sont très attente des États généraux de l’alimentation mais pas que… Les crises économiques, sanitaires, climatiques qui ont frappé l’agriculture font qu’aujourd’hui, les revenus sont en panne. Il est très difficile d’envisager l’avenir quand on a du mal à boucler le présent », souligne Christiane Lambert, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée le vendredi 22 septembre à la ferme-auberge Trau, à Ebersheim. À ses côtés, de nombreux responsables professionnels, notamment Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, et Jean-Paul Bastian, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Sur fond de génisses de boucherie - « C’est quand même plus sympa que la façade de la FNSEA à Paris», confie-t-elle à un responsable agricole -, Christiane Lambert passe en revue les sujets d’actualité, des États généraux de l’alimentation au Ceta, en passant par la fixation des prix agricoles, les négociations avec les distributeurs, etc. Une manifestation à Paris le 11 octobre « On sent qu’il y a une vraie prégnance de ces problèmes économiques, poursuit-elle. À cela s’ajoutent les incertitudes pour l’avenir. On a un nouveau gouvernement, qui pour l’instant s’est assez peu exprimé sur ce qu’il veut faire pour l’agriculture. On a hâte de voir, lors des prochaines prises de parole d’Emmanuel Macron ce qui va être dit pour l’agriculture française. » Le président de la République a annoncé qu’il interviendrait le 11 octobre pour clore le premier round des États généraux de l’alimentation, consacré à la création et répartition de la valeur. Un rendez-vous que la FNSEA ne veut pas manquer : Christiane Lambert a demandé une entrevue au président de la République. « Il faut aussi très vite modifier la loi de modernisation de l’économie, car les négociations commerciales vont démarrer en octobre et il faut que d’ici là, les nouvelles règles du jeu soient posées. » C’est pour cela que la FNSEA organisera une grande mobilisation à Paris pour dire que les agriculteurs sont capables de répondre à toutes les demandes des consommateurs français, s’ils ont du revenu et de la visibilité. « Notre ambition à nous, c’est d’avoir une agriculture productive et compétitive, durable, pleinement insérée dans les territoires et résiliente, c’est-à-dire capable de résister aux à-coups. » Pour Christiane Lambert, ce n’est pas gagné : « Il faut des ajustements en termes de revalorisation des prix des produits agricoles. Une revalorisation au niveau national, mais aussi international, avec une stratégie de conquête à l’export.» « On est descendu au premier sous-sol » « Le dogme du prix bas qui prévaut en France depuis trente ans conduit à écraser toujours plus les prix des produits agricoles. Mais là on touche le plancher, on est même descendu au premier sous-sol, souligne Christiane Lambert. Tout le monde y perd : les agriculteurs, les industriels. Même les distributeurs commencent à dire qu’ils y perdent aussi. » Les États généraux sont l’occasion de définir une meilleure répartition de la valeur entre tous les acteurs, estime-t-elle. D’où l’idée de « construire les prix en marche avant ». Construire les prix en marche avant, c’est contractualiser et inscrire dans le contrat une référence aux coûts de production. « En France, nous avons des exigences prémium au niveau de l’environnement, du bien être animal. » La société, explique-t-elle, est très exigeante pour son agriculture mais assez prompte à aller acheter des produits bon marché. « Une exigence haut de gamme et une consommation low cost, il y a un hic. L’agriculture française risque de perdre peu à peu des volumes de production. » C’est ce que la FNSEA met en avant lors des États généraux de l’alimentation. « Nous mettons en avant le double pacte économique et sociétal. Des retours de centimes pour redonner de la rentabilité aux exploitations. » Verdict du président de la chambre d'agriculture : « Elle a le sens de la formule ! »












