Vie professionnelle

Labour de compétition

L’Alsace en force

Publié le 28/09/2017

Dimanche 10 septembre, à Margny-lès-Compiègne, avait lieu la finale nationale de labour et les sélections pour la finale mondiale de labour, qui aura lieu en 2018 à Stuttgart. Retour sur les performances des laboureurs alsaciens.

Ils étaient cinq. Cinq Alsaciens à avoir déplacé tracteurs et charrues jusque dans l’Oise pour s’adonner à leur passion : les concours de labour. Parmi eux, Valentin Meyer, 24 ans, salarié sur l’exploitation agricole familiale située à Hohengœft. Valentin Meyer taquine la charrue depuis qu’il a 14 ans. Et déroule un palmarès à faire frémir les lombrics : trois fois premier au niveau départemental, deux fois deuxième au niveau régional, il a aussi été déjà une fois vice-champion de France. Cette année, il concourait dans la catégorie labour en planches, où il s’est classé premier au niveau départemental, régional, et termine une nouvelle fois vice-champion de France. « C’est la deuxième fois que je rate la première place de peu », se désole le jeune homme. D’autant qu’à son époque, son père, Denis Meyer, a lui aussi frôlé la première marche du podium à deux reprises. Mais Valentin Meyer ne se décourage pas, et retentera sa chance d’être sacré champion de France dès l’an prochain. Il aura alors atteint ses cinq participations réglementaires. Ce sera donc la compétition de la dernière chance. Aussi Valentin Meyer va-t-il mettre les bouchées doubles pour ses entraînements, dont l’objectif consiste essentiellement à trouver un réglage assez passe-partout, qui donne de bons résultats quelles que soient les conditions. Et à labourer dans diverses situations afin d’avoir les bons réflexes le jour du concours. Un entraînement intensif À 18 ans, « bientôt 19 », Romain Friess, « roule à plat » depuis trois ans. Comprenez qu’il participe aux concours de labour dans la catégorie du labour à plat, c’est-à-dire avec des charrues réversibles. Avant cela, et durant trois ans, il a labouré dans la catégorie charrues de ferme, réservée aux concurrents ne disposant pas de matériel de compétition. Actuellement étudiant en alternance en deuxième année de BTS Acse à Bar-le-Duc, le jeune homme se destine à reprendre la ferme et l’ETA familiales avec son frère, Thomas. Et à abonder son palmarès de laboureur de compétition. En 2015, il a été deuxième au niveau départemental, et deuxième au niveau régional. En 2016, il a fini deuxième au niveau départemental. Et en 2017, il se classe au premier rang départemental et régional avant de décrocher la quatrième place au niveau national. En constante progression, Romain Friess va poursuivre sur sa lancée dans la même catégorie. Son objectif ? Un titre national. Ses moyens ? Un entraînement encore plus intensif. Tous les concurrents décrivent les mêmes conditions de labour très sèches du site à Margny-lès-Compiègne. Des conditions difficiles dues à la présence de repousses de céréales qui avaient absorbé l’humidité, et accentuées par la présence éparse de paille. « C’était compliqué de rester droit, car la charrue prend toujours le chemin le plus facile, donc quand elle rencontre des mottes dures, elle saute », explique Valentin Meyer. La solution ? Labourer les yeux rivés en permanence sur les sillons, et la main sur les manettes qui commandent les vérins, afin de compenser la largeur de travail. « On avait du mal à faire rentrer la charrue dans la terre », rapporte aussi Romain Friess. Une difficulté qui peut être contournée en lestant la charrue avec des poids. Du matériel de pro Les deux concurrents témoignent aussi de l’importance de bénéficier d’un bon matériel. Romain Friess roule en New Holland et modifie régulièrement sa charrue Kverneland, achetée d’occasion. Valentin Meyer apporte des améliorations à sa charrue Kverneland chaque année depuis huit ans. Et, pour la tracter, il roule en Massey. Il tient d’ailleurs à remercier le constructeur, qui lui a mis un tracteur à disposition : « Je suis allé sur leur stand au Sima et je leur ai demandé s’ils pouvaient me prêter un tracteur. Ils ont été d’accord et je n’ai eu qu’à aller le récupérer chez mon concessionnaire. Ça a vraiment été pratique pour moi d’avoir un tracteur dédié à mes entraînements de début juillet à fin septembre. » Les laboureurs alsaciens tiennent à remercier les sponsors et donateurs de lots. Parmi eux, plus particulièrement la Région Grand Est et le Crédit Mutuel, qui leur ont donné un coup de pouce financier en participant aux frais de transport. Et Patrick Bastian, qui leur a mis un camion et un chauffeur à disposition pour filer dans l’Oise après la finale régionale, qui avait lieu en Meuse le week-end précédent. « Quand les concours s’enchaînent ainsi, la logistique est difficile à gérer, donc c’était vraiment un stress en moins. » Ils remercient aussi l’association France labour, les membres du jury… Bref tous ceux qui ont participé à l’organisation des concours.

Publié le 28/09/2017

À 34 ans, Thomas Debes a déjà été deux fois champion de France, à plat en 2004, et en planches en 2012. Autres faits d’arme : une troisième place en labour à plat, une cinquième place en labour en planches à la finale mondiale de 2011, et une sixième place en planches à la finale mondiale de 2015. Dimanche 10 septembre, il participait avec Bertrand Rott et Philippe Grathwohl à la sélection française pour la finale mondiale qui aura lieu en 2018 à Stuttgart. Les trois laboureurs alsaciens s’affrontaient dans la catégorie du labour en planches. Si Bertrand Rott a remporté l’épreuve sur chaumes, avec 202,50 points contre Thomas Debes, avec 200,50 points, ce dernier a ensuite remporté l’épreuve sur prairie, avec 218,50 points, suivi par Bertrand Rott, à 176,50 points. Au classement final, Thomas Debes, avec 419 points, termine premier et devance le second, Bertrand Rott, qui cumule 379 points. Quant à Philippe Grathwohl, il termine sixième, avec 242 points. C’est donc Thomas Debes qui représentera la France à Stuttgart. Bien sûr, il caresse l’espoir de décrocher le titre ultime. Mais il sait aussi qu’à ce niveau-là la concurrence est rude. Aussi se fixe-t-il pour objectif de « faire mieux que cinquième ». Il croisera le soc avec des pointures de la discipline, comme les Autrichiens, ou encore la famille Tracey, de République d’Irlande, ou, pire encore, les redoutables Écossais Andrew Mitchell, junior et senior, qui « sont toujours dans les cinq premiers ». « La dernière fois que j’ai participé à une mondiale, il y avait cinq anciens champions du monde dans ma catégorie », rapporte Thomas Debes. En effet, il n’y a pas de limite de participation à cette épreuve. Et le niveau est donc très élevé. C’est pourquoi dans les années 1990 une épreuve de sélection a été instaurée en France. « Avant on envoyait le champion de France, mais on l’envoyait un peu au casse-pipe. Maintenant, il faut d’abord franchir une étape de sélection à laquelle tous les laboureurs qui ont participé à une finale nationale peuvent s’inscrire », détaille Thomas Debes. Qui conseille cependant de ne pas brûler les étapes, au risque de « se brûler les ailes ». Pour cette épreuve, Thomas Debes roulait en Massey, et manœuvrait sa fidèle charrue Kuhn, une particularité dans le Landerneau du labour de compétition, où la marque Kverneland fait figure de favorite : « Je tenais à avoir une charrue de la marque régionale. Je l’ai pas mal modifiée, mais ça fait partie du défi. » Thomas Debes tient d’ailleurs à remercier l’entreprise Kuhn pour « son soutien technique et logistique lors de cette sélection ». Qui lui a permis de remporter un ticket pour la mondiale de 2018 à Stuttgart.

Denis Digel, chevalier dans l’ordre du Mérite agricole

La terre rassemble les jardiniers

Publié le 27/09/2017

Denis Digel, président des Maraîchers réunis de Sélestat, agriculteur engagé à la FNSEA et président de la société Cœur Paysan, s’est vu remettre lors de l’inauguration de Saveurs et soleil d’automne par Christiane Lambert la distinction de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole.

En tant que « marraine » du récipiendaire, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a rappelé le parcours de Denis Digel. Sa passion pour le football, mais surtout pour les légumes. Ses engagements au sein de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, à Légumes de France notamment. « On connaît Denis Digel pour sa volonté de faire progresser la profession agricole, pour sa pédagogie, mais aussi pour sa maîtrise de nombreux sujets syndicaux. À commencer par tout ce qui concerne le travail, le salaire minimum, les distorsions de concurrence, les aides européennes. Son engagement est total. Il a été à l’initiative du premier salon Saveurs et soleil d’automne en 2009. Il est élu à la Chambre d'agriculture depuis 2013. Et, depuis 2016, il a impulsé le magasin Cœur Paysan à Colmar. Il est également très présent sur les réseaux sociaux pour défendre et promouvoir la profession agricole. Toutes ces actions font de lui cette reconnaissance méritée », a expliqué Christiane Lambert. Une reconnaissance qu’il puise dans les valeurs humanistes de sa ville natale, résumées sur le porte-cierge des maraîchers : « La terre rassemble les jardiniers ». Une phrase que Denis Digel porte en héritage et qui conduit son action. Ému, Denis Digel s’est dit surpris d’avoir obtenu une telle distinction. « C’est appréciable. C’est une reconnaissance de tout ce que je fais depuis quelques années pour promouvoir l’agriculture et militer pour son avenir. » Il s’est dit heureux de travailler en faisant partie d’un organisme, d’une filière « qui permet à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires », avant d’avoir une pensée pour les deux prédécesseurs de Christiane Lambert à la présidence de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer et Xavier Beulin. Il a ensuite rappelé son engagement communal à Sélestat et, bien évidemment, pour Cœur paysan. Enfin, il a dédié cette distinction à son épouse, Céline, et à ses deux enfants, « qui supportent mon engagement tous les jours. Quand j’entreprends une action syndicale, ils sont là, ils supportent et me soutiennent à leur façon, même si parfois ils préféreraient que je sois avec eux à la maison. Ils contribuent à mon équilibre. »

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