Vie professionnelle

ID3A-Fraîcheur d’Alsace et Hyper U

La garantie du prix, du volume et de la fraîcheur

Publié le 17/12/2017

Grâce à la contractualisation signée le 8 décembre avec Système U, l’exploitation ID3A-Fraîcheur d’Alsace a la garantie d’un prix fixe et rémunérateur pour ses salades et persils pour les trois années à venir. Pour l’enseigne de grande distribution, échaudée par la récente pénurie de beurre, c’est un bon moyen de sécuriser ses approvisionnements tout en répondant à la demande croissante du « manger local » exprimée par les consommateurs.

Le 8 décembre, l’exploitation ID3A-Fraîcheur d’Alsace, située à Balgau, a signé avec l’enseigne Système U une contractualisation garantissant un prix annuel et un volume d’achat, dans un contexte national de rénovation des relations commerciales marqué par les États généraux de l’alimentation et les Assises régionales de l’alimentation menées au niveau du Grand Est. Pendant trois ans, ID3A-Fraîcheur d’Alsace - qui a déjà signé un contrat similaire avec les enseignes Carrefour au mois de juillet - s’engage à livrer 500 000 salades et 300 000 bottes de persil par an aux magasins U. En retour, l’entreprise dirigée par Claude Keller est assurée d’être payée avec un tarif fixe qui lui permet de couvrir ses frais de production, et bien évidemment, de générer une marge. Une avancée saluée par le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert, qui rappelle que l’interprofession travaille depuis des années « aux bonnes relations entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ». Le lien qui unit ID3A-Fraîcheur d’Alsace et Système U n’est pas nouveau ; cela fait 25 ans que les deux entités travaillent ensemble. « Nous avons accompagné le développement de cette enseigne », rappelle Claude Keller qui justifie ce rapprochement par les relations humaines qui se sont tissées. « Le fait de pouvoir échanger, et expliquer quand on a des problèmes, c’est important. Et cela permet d’instaurer progressivement un climat de confiance. » À ce titre, les cosignataires de ce contrat ont prévu de se voir une demi-journée par an pendant les trois ans que dure le contrat pour évoquer ensemble ce qui a fonctionné, et ce qui a moins fonctionné. La contractualisation pour sécuriser les approvisionnements Claude Keller voit cette nouvelle contractualisation comme un accord « gagnant-gagnant-gagnant » : le producteur est assuré d’avoir des prix rémunérateurs, le distributeur a la certitude d’avoir le volume dont il a besoin, et le consommateur la garantie de produits ultra-frais (les salades cueillies le matin sont sur les étals l’après-midi). Surtout, Claude Keller dispose d’une visibilité qui lui donne les moyens de réaliser des investissements, le cas échéant. Du côté de Système U, son vice-président, Dominique Schelcher, souligne que l’enseigne est engagée depuis longtemps auprès des producteurs avec des contractualisations, la limitation des promotions qui prennent des proportions « exagérées », et la définition d’un nouveau seuil de vente à perte. Convaincu de la pertinence d’une telle politique, il espère désormais que la charte d’engagement « pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises », signée le 14 novembre, devienne une loi. Ce qui devrait être le cas étant donné qu’une loi sur « l’équilibre des relations commerciales et la juste répartition de la valeur » pourrait être votée début 2018. En attendant un éventuel texte législatif, le groupe Système U entend bien poursuivre cette politique de contractualisation avec les producteurs. Échaudés par les ruptures des approvisionnements en beurre observés ces dernières semaines, malgré des contrats signés avec des industriels, les dirigeants de Système U ont désormais la ferme intention de sécuriser leurs approvisionnements. « Si on ne le fait pas, on risque d’aller au-devant de difficultés. Demain, cela peut être la viande, les œufs ou les produits bios. C’est pour cela que nous croyons beaucoup aux contrats que nous signons avec des entreprises comme ID3A. Ce n’est que le début pour nous », prévient Dominique Schelcher.

Lycée agricole d’Obernai

Josy Tritz sacrée chevalier

Publié le 16/12/2017

Des générations d’élèves du lycée agricole d’Obernai, parmi lesquels de futurs agriculteurs, ont bénéficié de ses enseignements. Ingénieure des ponts, des eaux et des forêts, Josy Tritz, professeure de zootechnie à la retraite, a fait toute sa carrière au lycée agricole d’Obernai, où elle est arrivée en 1977. Le 24 novembre dernier, elle a reçu les insignes de chevalier du Mérite agricole au lycée agricole d’Obernai, en présence d’une petite centaine d’invités, parmi lesquels le député Antoine Herth, de nombreux élus et représentants de la profession agricole du Bas-Rhin, de l’administration et d’anciens collègues enseignants. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Eugène Schaeffer et Paul Schiellein, présidents honoraires du conseil d’administration de l’établissement et de Thierry Girodot, actuel directeur. C’est Gilles Collet, médiateur adjoint au ministère de l’Agriculture, qui, après avoir retracé la carrière de Josy Tritz, a rendu un hommage chaleureux à son action et à son dynamisme auprès des jeunes et lui a remis la médaille de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole.

Publié le 14/12/2017

Un chaleureux hommage a été rendu à Marthe Jacky, conseillère de la Chambre d'agriculture d’Alsace, à l’occasion de la remise de la croix de chevalier du Mérite agricole, le 8 décembre dernier.

Sérieux, rigueur, discrétion. Ces qualificatifs s’appliquent parfaitement à Marthe Jacky, conseillère au service économie et prospective de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Tous les orateurs l’ont souligné, lors de la cérémonie de remise de la croix de chevalier du Mérite agricole qui s’est déroulée le vendredi 8 décembre à Schillersdorf, la commune où vivent Marthe Jacky et sa famille. Une famille très impliquée dans la vie associative locale, a souligné le maire de Schillersdorf, Bernard Brumbter. « Conviviale, serviable et pleine de bon sens », Marthe Jacky est bénévole au point-lecture de Schillersdorf et trésorière de l’association Sports et Loisirs (ASL). Elle s’investit également dans l’Association sportive de Schillersdorf au côté de son époux Éric et de leurs fils, Olivier et Matthieu. Par ailleurs, elle est très engagée dans sa paroisse. Ces nombreuses casquettes ne l’empêchent pas de pratiquer de nombreuses activités sportives, d’organiser des matchs, des randonnées. « Chez les Jacky, on bouge beaucoup et on marche parfois à la baguette. Mais on a un cœur en or et on est toujours prêt à donner un coup de main. » Christian Schott, président de l’Adar de l’Alsace du Nord, a loué le professionnalisme de Marthe Jacky, chargée de l’accompagnement des déclarations Pac dans le nord du département. « Elle a rempli d’innombrables dossiers pour les agriculteurs et a fait en sorte qu’ils fournissent les pièces manquantes. » Par ailleurs, « elle s’occupe avec brio de l’animation du réseau d’échanges transfrontaliers RI2 ». La présidente de RI2, Danièle Bras, a mis en avant les qualités humaines de la récipiendaire. « Lorsqu’on m’a demandé de prendre la relève de Paul Schiellein en novembre 2016, j’ai accepté de relever le défi, parce que je savais que je pouvais m’appuyer sur Marthe Jacky, une collègue engagée et une femme de parole, pour accomplir ma mission. Grâce au binôme efficace que tu as formé avec Paul, et maintenant avec moi, nous avons pu faire entendre la voix du monde agricole du Rhin Supérieur et développer les partenariats avec nos collèges allemands. » De Neugartheim à Schillersdorf Marthe Jacky a passé sa jeunesse à Neugartheim, au pied du Kochersberg. « Tu habitais tout près de la ferme d’André Wicker et tu leur donnais souvent un coup de main », a rappelé Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace et parrain de la récipiendaire. Il a fréquenté Marthe Jacky sur les bancs de l’école, plus exactement ceux du lycée agricole d’Obernai où ils poursuivaient les mêmes études. « Elle faisait déjà preuve de rigueur et de sérieux. Plutôt que de nous laisser copier, elle nous expliquait… » Puis est arrivée la saison des examens. C’est là qu’elle a croisé pour la première fois Paul Schiellein, qui faisait partie des membres du jury. « Ensuite, nos chemins se sont séparés. Marthe est allée vivre la vie de château » : elle a intégré la bergerie nationale de Rambouillet pour y décrocher un BTS Productions animales. De retour en Alsace, elle a été embauchée en 1981 comme conseillère du Syndicat ovin, présidé par Marcel Geistel. C’était l’époque de la structuration de la filière, avec la mise en œuvre du plan national de relance ovine. Il s’agissait notamment de remplir les dossiers de demande d’aides à l’investissement, une tâche que Marthe Jacky a accomplie avec sa rigueur coutumière. En 1992, Marthe Jacky est entrée comme conseillère à l’Adasea (Association départementale pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles), sous la direction de Pierre Grandadam. Elle y a mis en œuvre les premières mesures agroenvironnementales, celle de l’Ill domaniale, suivies de beaucoup d’autres. Elle a ensuite lancé les contrats territoriaux d’exploitation, puis les contrats d’agriculture durable. Plusieurs présidents se sont succédé à la tête de l’Adasea, Maurice Hamm, Antoine Herth, Jean-Paul Bastian et Paul Schiellein. Denis Ramspacher a repris le flambeau en 2007. « C’est là que l’État nous a abandonnés sur ces mesures », fragilisant l’équilibre financier de l’association. Après le départ à la retraite de Pierre Grandadam, les missions de l’Adasea ont été reprises par la Chambre d'agriculture. Fin 2008, Marthe Jacky a pris une autre voie : Paul Schiellein lui a proposé d’intégrer l’Adar de l’Alsace du Nord, dont il était le président. Affectée au service économie de la Chambre d'agriculture, elle continue à s’occuper des déclarations Pac et des dossiers réglementaires - conditionnalité, plan bâtiment, outils d’enregistrement, tout en assurant l’animation du réseau RI2. « L’évolution perpétuelle de la réglementation n’est pas évidente », a souligné Marthe Jacky. Du tabac aux relations transfrontalières Avec un brin d’émotion, la récipiendaire a partagé quelques souvenirs avec ses invités. « Il y a fort longtemps, en passant devant la grange de la famille Wicker, j’ai aperçu Nicole en train d’enfiler des guirlandes de tabac. Je lui ai proposé de l’aider. Sur la ferme, je croisais régulièrement Christian Keim et Joseph Schneider qui venait voir leur président, André Wicker. C’est ainsi qu’a démarré ma carrière agricole. » Elle a remercié plus particulièrement Paul Schiellein, qui a déposé sa demande de candidature à la préfecture. « Il m’a mise en lumière, et avec moi tous mes collègues au service de l’agriculture ».

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