Vie professionnelle

Chambre d'agriculture interdépartementale d’Alsace (CAIA)

EGAlim : « Traduire les ambitions dans les faits »

Publié le 29/11/2017

La restructuration des services des Chambres d’agriculture se poursuit, entre transferts de personnel et création de nouveaux services. Les moyens financiers, eux, restent très contraints et le budget initial 2018 de la Chambre d'agriculture interdépartementale d’Alsace accuse un résultat fortement négatif. Heureusement, l’année culturale a été globalement meilleure qu’en 2016, ce qui devrait améliorer la trésorerie des exploitations, et les premières annonces des États généraux de l’alimentation sont une source d’espoir. À concrétiser dans les faits…

C’est par un hommage à Joseph Ehrhart, décédé samedi 18 novembre, que s’est ouverte la session plénière de la Chambre d'agriculture interdépartementale d’Alsace (CAIA, nouvelle dénomination), le lundi 27 novembre à Schiltigheim. Ce vigneron de Wettolsheim, ancien président du groupe Wolfberger, vice-président de Groupama Grand Est, a été membre de la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin, puis de la Chambre régionale. 2017 a été marquée par le transfert des personnels des fonctions support vers la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage), a rappelé le président de la CAIA, Laurent Wendlinger. Onze salariés de la Chambre alsacienne ont ainsi rejoint la Chambre régionale le 1er juillet dans l’administration, les finances, les ressources humaines et l’informatique. « L’objectif, à terme, est de rationaliser ces fonctions support, mais pour l’heure un gros travail d’organisation, de cohésion, est nécessaire. » Un pas supplémentaire va être fait dans cette voie, avec la création d’un service commun « IRD » (Innovation recherche-développement) et « Forêt ». Les membres de la CAIA ont approuvé cette décision. Pour autant, « cette nouvelle organisation ne doit pas générer de surcoûts pour nos budgets respectifs », a insisté Laurent Wendlinger. Une situation budgétaire de plus en plus tendue La transition vers le premier point de l’ordre du jour, le budget, était toute trouvée. « Depuis quelques années, la situation est de plus en plus tendue au niveau de notre budget. Avec des recettes en baisse notamment au niveau des subventions publiques, avec des risques importants sur la fiscalité forestière, nous devons plus que jamais être rigoureux dans nos dépenses. Nous devons aussi travailler sur nos prestations pour répondre encore mieux aux besoins des agriculteurs et des collectivités locales. » Après plusieurs années difficiles pour les agriculteurs alsaciens, la campagne 2017 se caractérise par de bons rendements pour la plupart des productions, hormis la vigne et les fruits. La qualité est au rendez-vous mais les prix restent bas pour la plupart des productions. Le blé et le maïs reprennent des couleurs La récolte de blé a retrouvé des niveaux corrects après une année 2016 catastrophique. Le maïs constitue la bonne surprise avec de bons, voire très bons rendements, et des humidités faibles. La viticulture fait malheureusement exception à ce tableau avec une production en retrait de quelque 30 % par rapport à 2016 en raison du gel et de conditions difficiles à la floraison. Heureusement, la qualité est excellente ! Les fruits aussi ont connu une année très difficile en raison du gel de printemps. Pour les betteraves, les productions spéciales et les légumes, l’année 2017 sera finalement très correcte. Dans le domaine de l’élevage, la situation s’est quelque peu améliorée après des années particulièrement difficiles. Le prix du lait et de la viande s’est redressé, mais la conjoncture reste fragile. Yves Jauss a présenté plus en détail ce bilan de campagne. « Après plusieurs années difficiles, 2017 se présente donc comme une année de transition avec des résultats en amélioration, mais les trésoreries auront bien du mal à se reconstituer », a déploré Laurent Wendlinger. Pour les exploitations les plus fragiles, les cellules Réagir poursuivent leur travail. « Ces démarches ont permis d’accompagner plus d’une centaine d’agriculteurs alsaciens en 2017 pour essayer de redresser l’équilibre de leur exploitation. » Une nouvelle répartition de la valeur ajoutée Après plusieurs années difficiles, l’agriculture doit retrouver des perspectives en termes de production et de prix, estime Laurent Wendlinger. C’est une des ambitions des États généraux de l’alimentation (EGAlim), lancés par Emmanuel Macron dès cet été. « Les bonnes intentions affirmées par le président de la République le 11 octobre à Rungis sur le partage de la valeur ajoutée et l’annonce d’un vaste programme d’investissement de 5 milliards d’euros doivent maintenant se concrétiser. » Pour Laurent Wendlinger, ces États généraux doivent ouvrir le débat sur le modèle agricole et alimentaire français, afin de « redonner du sens et de la valeur à l’agriculture, à l’alimentation de notre pays ». La charte d’engagement, finalement signée au bout de la 35e version, doit garantir « une répartition équitable de la valeur ajoutée entre tous les acteurs de la filière ». Le président de la CAIA souhaite qu’une loi, voire une ordonnance, valide cette répartition de valeur afin de redonner un peu de sérénité aux agriculteurs et des perspectives aux jeunes qui s’installent. Ce sujet a fait l’objet d’un vaste débat lors de cette session plénière, avec des invités quelque peu inattendus. Outre Marie-Pierre Muller, directrice régionale adjointe de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt, Marie-José Fignier, présidente de la Chambre de consommation d’Alsace, et Philippe Grass, représentant la grande distribution, ont présenté leur façon de voir les choses. Ce fut ensuite au tour des membres de la Chambre d'agriculture de faire part de leur ressenti. À l’international aussi, de nombreux défis attendent l’agriculture française. Les traités internationaux comme le Ceta ou le Mercosur, la COP 23 ou la future Pac risquent d’impacter gravement l’agriculture française. Mais Laurent Wendlinger reste confiant : « L’agriculture a de tout temps su s’adapter et relever les nombreux défis, qu’ils soient techniques ou environnementaux, afin de répondre aux aspirations du marché et aux attentes de la société. » Pour le président, le piège serait d’opposer les modèles agricoles, voire les agriculteurs entre eux. « Nous pouvons développer le bio sans dénigrer le conventionnel. Nous pouvons développer la vente directe, tout en continuant d’alimenter nos filières et industries agroalimentaires qui sont structurées pour approvisionner les GMS mais aussi la RHD et d’autres circuits de proximité. De vraies opportunités de développement existent dans les filières longues ou courtes, dans le bio et le conventionnel. »

Beiser Environnement

Les pros des salons

Publié le 24/11/2017

Les visiteurs de la sixième édition du salon professionnel Agrimax ont, pour certains, eu le plaisir de croiser sur le stand Beiser Environnement, trois générations de la famille des dirigeants de l’entreprise de Bouxwiller.

Les salons, ils connaissent. Et pour cause. Pour la seule année 2017, l’entreprise Beiser Environnement aura couvert pas moins de trente manifestations professionnelles. Sur le territoire national, mais aussi en dehors, comme à l’exemple de Hanovre du 12 au 18 novembre prochains, les dirigeants de l’entreprise de Bouxwiller ont fait de ces événements agricoles un fer de lance de leur marketing. Il n’était donc pas surprenant de les retrouver à Metz pour les trois journées du salon Agrimax. « Nous avons répondu présents pour cet événement, nous nous sentons concernés à double titre », explique Nathalie Cogniel, directrice générale de Beiser Environnement, « le Grand Est est notre région d’origine, mais c’est aussi, avec l’Alsace et la Lorraine, le périmètre où nous faisons une part significative de notre chiffre d’affaires ». Trois générations Par la présence de trois générations de la famille des dirigeants de Beiser Environnement, c’est avec une fierté non dissimulée que Nathalie Cogniel souhaitait afficher la confiance de l’entreprise dans l’avenir. Et concernant les deux plus jeunes, « nous ne savons pas encore s’ils reprendront les rênes de l’entreprise familiale, mais c’est un signe d’intérêt pour notre activité ». « Cette photo exprime bien notre volonté de continuer à nous investir dans notre rôle de dirigeants fondateurs, et moi particulièrement qui reprend petit à petit ». Même si la période passée reste difficile, « nous sommes maintenant dans une dynamique positive », se félicite Nathalie Cogniel. « Les salons de cette fin d’année sont meilleurs que ce que nous attendions », et de préciser, « les clients sont au rendez-vous pour concrétiser des projets d’investissements qu’ils avaient différés depuis deux années ». En produits vedettes des ventes de cette fin 2017, la niche à veau. « La plus-value de notre offre réside dans la qualité des matériaux qui sont utilisés pour la réalisation d’un produit de haute qualité », explique la dirigeante. Mêmes explications pour la réussite de la case à veaux. Pour Nathalie Cogniel, « les éleveurs soignent le bien-être de leurs jeunes animaux pour réussir cette étape cruciale de l’élevage ».  

Conseil d’administration de la FDSEA du Bas-Rhin

Du prix et rien que du prix

Publié le 24/11/2017

Ce dernier conseil d’administration de l’année était le moment de revenir sur l’année 2017 et de préparer la campagne d’hiver.

« D’un point de vue cultural, 2017 a été un meilleur cru que 2016 et fort heureusement », a commencé Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. En moyenne, les rendements sont meilleurs, mais il ne faut pas oublier les secteurs moins arrosés et les productions qui ont souffert, l’herbe, les fruits (en raison du gel)… Malheureusement les prix restent bas dans trop de productions, ce qui empêche de faire de 2017 une bonne année. « Les prix, ce sera le grand sujet des tournées cantonales. Car la défense d’un prix rémunérateur pour le producteur est notre principal combat », a insisté Franck Sander. Les États généraux de l’alimentation (EGAlim) ont permis et continueront d’être un tremplin pour la défense du prix. Depuis l’ouverture des EGAlim, de nombreuses émissions et des débats politiques se sont intéressés à ce sujet et l’idée que l’agriculteur touche un prix qui couvre son coût de production fait son chemin dans l’opinion publique. « Il faut maintenant transformer l’essai à travers la loi. Il est important que nous, profession agricole, portions ce message, car ni Leclerc, ni UFC Que Choisir ne le feront à notre place », a complété Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. Les actions menées par les membres du groupe lait dans les magasins Leclerc de Soultz-sous-Forêts et Wasselonne s’inscrivaient dans cette démarche de maintien de la pression. Il s’agit de petites actions, mais qui ont un bon retour médiatique. « L’idée est de tourner dans le département en mobilisant des petits groupes, de manière à pouvoir être présent dans le temps. Il faut s’attendre à devoir reconduire des opérations d’ici la fin des négociations commerciales en février », a prévenu Didier Braun, responsable du groupe lait. Dans tous les cas, « il faut rester force de proposition, il ne suffit pas d’avoir de belles paroles, il faut des actes et c’est ce que nous faisons à la FDSEA ». Sur le dossier cours d’eau qui sera aussi abordé en tournée cantonale, c’est bien la FDSEA qui a obtenu l’accord cours d’eau et c’est le réseau FDSEA qui va mener à bien cette cartographie, a insisté Franck Sander. Communication positive Les débats ont ensuite porté sur la communication autour de l’agriculture. Les présidents cantonaux ont déploré le traitement médiatique dont est victime l’agriculture. « C’est juste, a concédé Franck Sander. Phyto, bien-être animal, pas une journée ne passe sans que des articles nous attaquent. » « Nous tentons d’inverser la vapeur, il n’y a qu’à voir le volontarisme de Christiane Lambert, nous sommes également présents sur les réseaux sociaux. » Il faut persister et capitaliser sur la bonne image dont bénéficient les agriculteurs, sortir de cette logique de la peur de tout et du principe de précaution. « Les actions de communication sont multiples et éparpillées, nous aurions intérêt à développer une stratégie commune entre organisations professionnelles agricoles », a conclu le président de la FDSEA. Dossiers d’actualité Ce conseil a aussi été l’occasion d’aborder les dossiers qui rythment la vie de la FDSEA - GCO, procédures calamités agricoles, dossier Pac - et les services. La procédure calamité gel sur arboriculture et petits fruits sera rapidement examinée au niveau national. Mais cette démarche est complexe et s’étale dans le temps. C’est pourquoi la Région Grand Est réfléchit actuellement à une aide rapide pour soulager les trésoreries des exploitations fruitières lourdement touchées par le gel. Sur le dossier Pac, les paiements 2015 vont être finalisés. « Il était temps ! » se sont exclamés plusieurs responsables cantonaux. Après avoir fait des actions coup-de-poing fin 2016 et début 2017 permettant d’obtenir des avancées, les dossiers ont été gérés au cas par cas. Les adhérents de la FDSEA ont reçu il y a quelques mois la Carte Moisson. Plus qu’une simple carte d’adhérent, elle permet d’accéder à une grande diversité d’offres. Pour la rendre encore plus attractive, dans les prochains mois, la FDSEA du Bas-Rhin souhaite les élargir avec du matériel agricole, tels que des outils de levage, flexibles, pneumatiques, du matériel de sécurité, de vérification et de contrôle. Enfin, le GCO continue de faire l’actualité. La FDSEA tient sa ligne de conduite, c’est-à-dire que si le projet voit le jour il faut s’opposer à la double peine environnementale et obtenir des remembrements efficients pour les agriculteurs. Il a été souligné que la Commission européenne a classé le contentieux contre la France au sujet du grand hamster, l’information est passée un peu inaperçue. Mais Laurent Fischer a insisté : « C’est bien grâce aux agriculteurs et à personne d’autres » !

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