Vie professionnelle

Publié le 16/01/2018

Le Comptoir agricole s’est employé à ouvrir des perspectives lors de son assemblée générale.

Comment piloter sa ferme avec les outils technologiques ? « Auparavant, on calculait tout théoriquement, explique Christian Lux, responsable agronomie et environnement. Puis est arrivé un système satellitaire permettant de faire des mesures de réflectance qui donnent une idée exacte de l’état de la végétation. À partir de ces indices de mesure, on peut fournir des conseils sur la fertilisation azotée du blé et du colza, mais aussi le risque de verse du blé. » Au Comptoir agricole, 185 exploitations sont accompagnées par Farmstar, pour une superficie de 1 600 hectares. L’outil d’aide à la décision Farmstar est le résultat de la collaboration de deux entreprises leaders dans leur domaine, Airbus Defence and Space pour la télédétection et Arvalis-Institut du végétal pour l’agronomie. « Le contexte climatique étant en train d’évoluer, il faudra revoir ces outils pour les adapter aux conditions de notre région », estime Christian Lux. « Le futur, c’est la connectivité » Ces nouveaux outils génèrent des données techniques qui permettent à l’agriculture de raisonner ses choix culturaux. « Demain, on ira vers la modulation parcellaire, avec une cartographie et un matériel adaptés. C’est un vrai progrès technique même si, sur nos petites parcelles, cela peut paraître futuriste. » Lors du Sima 2017, le Comptoir agricole a proposé à ses adhérents le Parcours innovation en agriculture. Les participants ont pu côtoyer les acteurs majeurs de l’innovation et découvrir les technologies et services déjà commercialisés ou encore à l’état de recherche, comme les solutions d’agronomie de précision Weenat, la barre de guidage Vantage de Trimble, l’optimisation intraparcellaire Farmstar ou la gamme d’outils connectés Kuhn. Mais aussi la robotique agricole, avec Anatis, le robot bineur-capteur de Carré, les robots maraîchers Naïo, le portail agricole myjohndeere.com, sans oublier la plateforme WeFarmUp. « Je suis persuadé que l’agriculture de précision permettra d’apporter des réponses économiques, sociales et agronomiques aux enjeux de demain », estime Matthieu Luthier de Saint-Martin. Pour lui, la question de l’innovation est centrale. « La coopérative a un rôle à jouer dans cette diffusion du savoir afin de dégager des axes de compétitivité et de croissance pour les exploitations. Ces services sont l’avenir de la distribution agricole. » Comment cette révolution numérique est-elle arrivée ? Ce sont les réseaux sociaux qui sont à l’origine de cette révolution numérique, indique le responsable développement et communication. Elle a été portée par les GAFA et les NATU* qui ont révolutionné l’économie au niveau de la distribution, du transport, du logement ou de la finance. « Ils sont présents partout, mais pas forcément en agriculture. Mais cela va venir, comme en atteste Farmer Business Network de Google qui collecte des données dans le domaine agricole. » Matthieu Luthier a fait rêver son auditoire en le faisant voyager dans le monde du futur, avec le projet « complètement loufoque » de véhicule aérien Tesla, ou encore le projet de taxi du futur mené par la Nasa en collaboration avec Uber. La révolution est en marche : « Le premier taxi volant, de technologie chinoise, sera lancé en 2018 au Quatar. » Dans cette course à l’innovation, la France n’est pas en reste : c’est le premier pays des start-up en agriculture. La clé, c’est le développement des IoT. « L’internet des objets est désormais une réalité. Cette révolution va changer beaucoup de choses. » Le big data des données est le pétrole de la quatrième révolution industrielle. « L’enjeu essentiel sera la gestion, la compréhension et l’intégration de ces data. » Une dynamique forte et puissante est en marche - demain, elle accompagnera le développement agricole, affirme Mathieu Luthier. Pour illustrer ses propos, il a présenté le concept de robot semeur en essaim Mars, mis au point par Fendt.

Publié le 15/01/2018

Comment créer des valeurs tout en répondant aux enjeux du développement durable et aux attentes de la société ? Lors de son assemblée générale du 21 décembre dernier, le Comptoir agricole a apporté des éléments de réponse lors de la table ronde qui a réuni Régis Anceaux, responsable qualité FSA, Emmanuel Goetz, PDG de Bretzel Burgard, Pascal Figuereo, responsable logistique céréales, Christian Lux, responsable agronomie et environnement, et Matthieu Luthier de Saint-Martin, responsable développement et communication du Comptoir agricole.

En mai 2017, Nestlé a ouvert toutes grandes les portes de ses usines françaises Mousline, Purina, Nescafé, Naturness et Vittel pour permettre à ses clients de venir fabriquer avec les salariés. 50 clients ont participé à l’opération #CestMoiQuiFabrique. Leur mission : fabriquer des petits pots pour bébé, de la purée, de l’eau, des aliments pour chat, du café. Une expérience à revivre sur cestmoiquifabrique.fr. Plus localement, le Comptoir agricole cultive depuis longtemps le champ du développement durable. La stratégie RSE du groupe en témoigne, de même que les nombreuses certifications. Auparavant, les audits se concentraient principalement sur la sécurité alimentaire et le management de la qualité. La nouveauté, c’est que ces certifications portent sur les trois piliers du développement durable, la performance économique, la dimension sociale et l’environnement. De nouveaux référentiels sont venus s’ajouter récemment à la liste existante, comme SAI-FSA (Social Accountability International). « Les grands groupes, comme Tereos, Cargill ou Heineken, sont demandeurs du certificat SAI-FSA qui qualifie la durabilité des exploitations », explique Régis Anceaux. 39 jours d’audit ont été nécessaires pour obtenir cette certification, explique-t-il. Les résultats sont arrivés le 12 décembre. « Les audits ont porté sur un échantillonnage de nos producteurs de maïs, blé, houblon. En maïs, par exemple, 9 % des producteurs ont obtenu une médaille d’or, ce qui nous laisse des marges de progrès. » « C’est la grande distribution qui exige ces certificats avant d’acheter nos produits », confirme Emmanuel Goetz. « Les attentes des consommateurs évoluent. Ils s’intéressent de plus en plus à l’origine des produits et à leur mode de fabrication », raconte Emmanuel Goetz. Il en veut pour preuve le succès des dernières portes ouvertes de son établissement, qui ont attiré 4 500 personnes. Des bretzels bios à base de farine alsacienne En décembre dernier, Bretzel Burgard a lancé un nouveau produit, les bretzels bios, élaborées avec de la farine de blé bio produit et transformé en Alsace. « C’est notre réponse à la concurrence étrangère : la plupart des bretzels sont en effet produites en Allemagne. » Cette filière a été montée en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace et Alsace Qualité. Un accord a été signé en septembre 2017 avec le Comptoir agricole et le moulin Meckert-Diemer de Krautwiller pour la farine bio nécessaire à la fabrication de ces bretzels qui bénéficient du label « Savourez l’Alsace Produit du terroir »… et qui continuent à être nouées à la main dans l’usine de Hoerdt. « Nous utilisons également de l’huile bio, mais qui n’est pas produite localement. » L’industriel ne désespère pas de trouver dans la région un moulin capable de faire de l’huile de colza bio. « Dans nos magasins, nous avons un contact direct avec les consommateurs qui nous demandent d’où viennent les différents ingrédients comme le jambon, le saumon, la malicette, indique Emmanuel Goetz. Nos grands clients aussi ont ces préoccupations : ils veulent réduire leur empreinte carbone. » L’entreprise ne fabrique pas que des bretzels, précise-t-il. Cela ne représente que 5 % du chiffre d’affaires. « Nous proposons principalement des produits autour de l’apéritif et du snacking. Dans nos magasins, nous développons des salade-bars où nous souhaitons proposer des produits alsaciens, mais ce n’est pas évident sur le plan logistique. Notre objectif est de réduire la durée de transport entre le lieu de production et de transformation. » L’approvisionnement local est fondamental pour les industriels de l’Aria, qui sont en train de travailler sur la question en partenariat avec Alsace Qualité, affirme-t-il.

Publié le 10/01/2018

L’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) a réuni les organismes partenaires à la Maison de l’agriculture, mardi 12 décembre. L’idée ? Faire connaître le pôle conversion bio aux mairies, organisations professionnelles agricoles et industriels du secteur.

Préparer une conversion bio, un vrai casse-tête pour les agriculteurs qui se lancent sans l’aide de spécialistes. Et pourtant, « un tiers des producteurs en conversion bio ne sont pas passés par le pôle conversion en 2016 », remarque Julie Gall, animatrice à l’Opaba. Un âpre constat pour l’organisme dédié à la promotion de la bio en Alsace. D’autant plus que sur ces onze paysans, neuf ont déclaré avoir rencontré des difficultés dans leur démarche. Alors, pour cueillir le maximum de fermiers égarés, l’Opaba veut affiner son maillage local. C’est pourquoi elle a invité tous ses alliés de terrain à Schiltigheim, mardi 12 décembre. Municipalités, syndicats, industriels et organismes certificateurs sont venus en apprendre plus sur ce pôle conversion. Les intervenants ont vanté l’action de l’organisation, chiffres à l’appui. Toujours plus de fermes rejoignent le mouvement. Record même pour 2017, avec 80 exploitations supplémentaires. Les surfaces agricoles bios sont passées de 11 438 ha en 2007 à 24 360 ha cette année. Objectif 33 660 ha bios en 2020 Mais l’organisation doit appuyer sur l’accélérateur si elle veut atteindre son objectif de 33 660 ha bios d'ici 2020. Un horizon ambitieux que nuance le président, Julien Scharsch. « Les résultats des productions animales sont très bons, mais sur certaines cultures, on ne remplira pas tout à fait nos objectifs. » Quoi qu’il en soit, cette opération séduction a aussi incité les partenaires à partager leurs réflexions. Les réseaux sociaux se sont ainsi invités dans les débats. Une participante a par exemple suggéré d’utiliser Twitter et Facebook de manière plus intensive. Une remarque qui a fait mouche. Véronique Klein, référente bio de la Chambre d'agriculture Grand Est, a réagi en son sens. « C’est vrai qu’on a pris un peu de retard, mais il faut s’y mettre, c’est sur les rails. » Reste à savoir si les paysans qui échappent à la vigilance du pôle bio utilisent Twitter tous les jours.

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