Vie professionnelle

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Des partenariats forts

Publié le 20/12/2018

En cette fin d’année 2018, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin souhaitent remercier les partenaires qui les soutiennent tout au long de l’année et contribuent à la réussite des événements qui animent le monde agricole. Les partenaires historiques du syndicat, dont notamment le Crédit Agricole, Groupama, Alsace Lait et le Comptoir agricole, ont su montrer, une fois encore, leur attachement à ses actions. Parmi bien d’autres événements, la finale départementale de labour a suscité l’intérêt de tous. Les laboureurs bas-rhinois ont ainsi été tout particulièrement récompensés de leurs efforts lors de la cérémonie qui s’est tenue en leur honneur le 5 novembre dernier. Ce sont ces liens forts entre l’ensemble des acteurs du monde agricole qui permettent aux JA 67 de développer leurs projets. Les JA 67 ont par ailleurs travaillé tout au long de l’année sur la mise en place de chartes, comme ils l’avaient annoncé lors de leur assemblée générale en février 2018. Ils poursuivront les négociations avec différents acteurs du monde agricole pour faciliter l’installation des jeunes et continuer à animer nos campagnes.

Plan climat du Pays Rhénan

À l’épreuve du bon sens paysan

Publié le 13/12/2018

À l’instar de toutes les communautés de communes d’Alsace, celle du Pays Rhénan réfléchit à une mise en œuvre du Plan climat. Les agriculteurs ont exprimé certaines incohérences de directives dans la perspective de réduction des gaz à effet de serre. La centralisation des pouvoirs serait-elle la principale responsable du réchauffement climatique ?

« Une directive européenne nous a imposé de semer des intercultures. Avec la sécheresse de cet automne, nous savions pertinemment que ça ne pousserait jamais. Ça représente des milliers de litres de fuel dépensés pour rien ! » Comme quoi les directives d’essence bureaucratique et centralisées, d’où qu’elles viennent, peuvent engendrer l’effet inverse de celui escompté. C’est ce qu’ont expliqué les agriculteurs, invités par l’intercommunalité du Pays Rhénan, à co-construire des solutions face à un réchauffement climatique, dont les effets se font de plus en plus sentir. La réunion se tenait à Drusenheim, jeudi 30 novembre. Et c’est François Camé, ex-grand reporter à Libération, aujourd’hui patron d’Etik Presse, une agence de communication sur le développement durable, qui avait la charge de conduire les débats. Trois scénarios de réchauffement climatique sont posés sur la table d'ici 2100 : + 2,6 °C dans le meilleur des cas, + 4,9 °C, ou le scénario « fil de l’eau » à + 6,5 °C. Dans cette troisième hypothèse cataclysmique, les océans rejetteraient leur CO2. Et l’on entrevoit alors mal les conséquences de la fournaise induite. « Tout ce qu’il y a de vivant ne survivra pas », lance François Camé. Plus personne pour contester Tableaux et courbes présentés par François Camé s’enchaînent, et il n’y a quasiment plus personne parmi les agriculteurs, ni même dans le monde excepté Monsieur Trump, pour contester que l’activité de l’homme est responsable du réchauffement climatique en exhumant du carbone fossile et en rejetant d’autres gaz comme les protoxydes d’azote (NOx), 300 fois plus impactant que le CO2. Ce qui explique d’ailleurs que si les 138 exploitations de la comcom du Pays Rhénan ne consomment que 1 % des énergies fossiles, elles émettent en revanche 8 % des gaz à effet de serre à cause des protoxydes d'azote émis par les fertilisants. Car ce n’est même pas le méthane (21 fois plus impactant que le CO2) qui est en cause, la comcom ne compte que 1 113 bovins, peu d’élevage, et donc très peu d'activité méthanogène. Le transport est en réalité responsablede la moitié des émissions de GES sur cette zone de transit rhénane. Cependant, tous les agriculteurs présents, sont conscients qu’avec leurs 7 405 hectares de SAU, ils peuvent jouer un rôle de séquestration de carbone dans ce défi posé à l’humanité. Un co-méthaniseur nécessaire Les propositions du Plan climat présentées par François Camé concernent dans un premier temps la vie quotidienne (lire en encadré). Mais s’agissant plus particulièrement de l’activité agricole, la question des leviers possibles a été posée aux agriculteurs. Par exemple : construire un co-méthaniseur intercommunal déchets agricoles/déchets ménagers. C’est en réflexion active, informe le maire de Drusenheim, Robert Metz. D’ici juin 2019, date où le Plan climat devrait être effectif pour six ans, les citoyens et agriculteurs en particulier sont invités à définir les enjeux « qu’on est prêt à porter » à travers cinq ateliers numériques et un atelier physique. Il y aura d’abord une phase de partage du diagnostic, puis la définition des objectifs. « J’ai l’impression que vous êtes intéressés. Je vous dirais allez-y en dépit de… », a commenté François Camé. Car dans la salle, un sentiment prédomine : celui d’une efficacité de l’action locale altérée par le centralisme national, un centralisme qui d’ailleurs porte une grande responsabilité sur les émissions de gaz à effet de serre. Chacun souhaiterait que les montants perçus par les écotaxes soient effectivement fléchés vers le financement des projets écologiques, c’est-à-dire ce pour quoi elles sont normalement destinées comme le ferroutage. « Nous avons un rôle à jouer même pour les choses dont nous ne sommes pas responsables », a souligné de son côté le conseiller départemental, Denis Hommel, qui a rappelé que nombre de réflexions étaient en cours : l’intermodalité, le grenelle de la mobilité dans l’Eurométropole, etc.

Chambre d'agriculture d’Alsace

« Le budget de la Pac doit être maintenu »

Publié le 10/12/2018

La Politique agricole commune de l’après 2020 inquiète. Lors de la dernière session de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine, les responsables des filières ont demandé plus de réactivité de leurs interlocuteurs pour soulager la profession.

Les difficultés d’approvisionnement en eau et les attentes des versements des aides, notamment en production bio, des trois dernières années, constituent deux sujets de tension. Celui des prix en est un autre, comme l’a rappelé le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander. « Ils ne sont pas au rendez-vous. C’est d’autant plus pénible qu’à cela s’ajoute cette sécheresse persistante. Il n’y a pas eu de « vraie » pluie dans certaines régions depuis le 1er juin. Ce qui entraîne des difficultés pour effectuer les semis et les labours dans de bonnes conditions. Il faut donc s’adapter en fonction de la réalité du terrain. Réalité qui n’est pas forcément prise en compte dans les discussions concernant la Politique agricole commune. Cela nous inquiète. Il nous faut davantage de réactivité à l’avenir. » Les aléas climatiques risquent de se répéter. L’administration de l’État doit être un facilitateur dans l’avancée des dossiers. Cette réactivité est également demandée par le secrétaire général de la Chambre d'agriculture, Claude Gebhard, concernant la navigabilité du Rhin pour les échanges commerciaux. Durant cette période compliquée, la filière « maïs » a été présente dans la région pour aider au mieux l’élevage, se félicite le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « Nous devons préserver toutes nos filières et ne pas opposer les unes aux autres. Mais, sans l’élevage, quel aménagement possible pour le territoire ? Il faut des projets partagés. La transition de l’agriculture se fera avec les acteurs du terrain que sont les agriculteurs. Elle passera aussi par l’innovation et des avancées au niveau des énergies renouvelables. L’avenir de la ruralité appartient d’abord à ses acteurs qui doivent être écoutés. » L’agriculture fait face à trois inquiétudes majeures : le Brexit en Grande-Bretagne et ses conséquences sur les échanges commerciaux, le changement climatique que la Pac doit intégrer, la gestion des risques et les moyens pour y faire face. Dialogue constructif Dans la filière des volailles, Jean-Michel Schaeffer a salué le travail réalisé avec les distributeurs sur les hausses du coût des matières premières et sur les échanges entre acteurs de la filière. « Nous devons développer de nouvelles « niches » de consommation comme les produits transformés pour les foyers. Cela doit se faire dans la vigilance collective, le dialogue, la confiance avec cette nécessité de sécuriser nos apports locaux. Pour la volaille, c’est le cas même si les charges augmentent à l’image du gaz où les taxes ont été multipliées par trois ces dernières années ». Pour Paul Fritsch de la Coordination Rurale, la solution passe par une régulation des échanges et une Europe forte et solidaire. Christian Schneider, vice-président de la Mutualité sociale agricole d’Alsace, demande une harmonisation du traitement des dossiers par les services de l’État, constatant de grosses différences selon départements. Dans ce monde en mouvement, il est nécessaire d’anticiper. C’est ce qu’a fait la filière des fruits et légumes, a rappelé le président de l’interprofession, Pierre Lammert. « L’année a été bonne, hormis pour le chou à choucroute et les pommes de terre. Les producteurs ont su se structurer, ensemble, dans le Grand Est. Un contrat de filière les engage avec la Région et des investissements ont été réalisés pour lutter contre les aléas climatiques. » Les élus de la Chambre d'agriculture représentants des syndicats et les salariés ont tous souligné l’importance du dialogue constructif pour favoriser les échanges économiques. Protéger l’agriculteur, favoriser la production L’évolution de la Pac et ses premières orientations annoncées, ont fait réagir Dominique Springinsfeld, éleveur à Durmenach. « La première question à se poser est : L’Europe veut-elle encore une agriculture demain ? Ces orientations sont contraires à l’esprit du Traité de Rome de 1957. Cette évolution est logique dans la mesure où ce ne sont pas des décisions politiques qui sont prises, mais administratives. Dans ces conditions, il faut absolument que le politique reprenne le cours de l’évolution de notre vie. » Le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber, enfonce le clou : « À la base, l’Europe est là pour protéger l’agriculteur et favoriser la production. Aujourd’hui, on est loin de tout cela. On demande une politique unifiée, avec les mêmes règles pour tous. » Les mesures agroenvironnementales (MAE) signées dès 1993 et 1995 ont été précurseurs, a rappelé Claude Schoeffel. Ces contrats arrivent à échéance en 2020. Il faut donc rapidement négocier les suivants. Enfin, Paul-André Keller s’est inquiété des profonds changements de la filière horticole : « La nouvelle configuration de la Chambre régionale avec 30 % d’élus en moins, risque de poser un problème de représentativité pour les petites filières comme l’horticulture et une perte de proximité des élus face aux agriculteurs. » En conclusion des débats, le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, a constaté que quelles que soient les appartenances syndicales, les élus agricoles vont dans le même sens. « Il faut continuer de peser. Il y a une réalité, une nécessité : le budget de la Pac doit être maintenu. Il faut sortir de cette technocratie européenne. Demain, il faudra se prendre en main pour éviter pléthore de dispositifs. Et mettre en place une Pac avec des règles partagées au niveau environnemental et sanitaire. Cette politique doit tenir compte des spécificités de notre métier. » Un argumentaire qui a ensuite été voté à l’unanimité sous forme de motion. Une autre a été approuvée. Elle concernait l’impérieuse nécessité d’engager une réflexion pour assurer la navigation sur le Rhin ; les basses eaux récurrentes actuelles ayant de lourdes conséquences économiques pour la filière céréalière.

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