Les anciens exploitants et anciens salariés de l’agriculture des deux départements alsaciens se sont retrouvés le lundi 10 décembre à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim. Ils étaient une centaine à avoir fait le déplacement pour l’intervention du professeur Marc Berthel sur la fin de vie et les directives anticipées. Auparavant, Paul Schiellein a fait le tour de l’actualité, avec un focus sur les revendications des anciens exploitants et les élections consulaires en préparation.
Pour les anciens agriculteurs, la revalorisation des retraites reste la préoccupation majeure, en cette fin d’année 2018, souligne Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants du Bas-Rhin. « Nous avons eu une discussion très constructive avec Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites, au cours de laquelle nous lui avons fait part de nos revendications. » Elles se résument en trois points. Un socle minimum de retraite pour tout retraité actif et à venir, fixé à 85 % minimum du Smic et financé par la solidarité nationale. « Ce socle ne doit pas peser sur les cotisations de nos actifs. » Un régime unique par points, financé par les cotisations sociales sur le revenu du travail, fonctionnant par répartition et regroupant la retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire. Une convergence des règles pour restaurer l’équité dans le mode de calcul des retraites, c’est-à-dire une retraite basée sur les 25 meilleures années.
« Nos vœux pour 2019 : que les retraites des anciens exploitants soient revalorisées au moins du taux de l’inflation, et non de 0,3 % comme le prévoit Emmanuel Macron, car cela creuse encore le fossé. » Les anciens exploitants continueront à se battre pour défendre leur pouvoir d’achat, obtenir une meilleure prise en charge de la dépendance, soutenir les services d’aide à la personne, soulager les aidants familiaux par le répit et la formation. « Nous allons travailler sur ce thème dans les mois à venir. » La SDAE continuera en outre à œuvrer pour les baisses de charges, en rencontrant ses principaux partenaires, Groupama, Mutualia, Crédit Agricole, pour les assurances santé, automobile et maison. « Le dialogue doit être permanent », souligne Paul Schiellein.
Le collège des anciens exploitants a été maintenu
La section des anciens exploitants continuera à accompagner ses adhérents dans la transition numérique. « Nous avons livré 40 tablettes en début d’année et formé leurs propriétaires à leur utilisation. 30 tablettes supplémentaires viennent d’être remises à ceux qui les ont commandées. » D’autres projets sont prévus pour 2019 : « Nous allons continuer à travailler sur la transmission des exploitations. Cela intéresse les Jeunes Agriculteurs au plus haut point. Nous allons également participer à la réflexion sur le nouveau schéma d’autonomie en cours d’élaboration pour la période 2019-2021. Et nous allons continuer à organiser des rencontres - nous avons tenu sept réunions en 2018. »
Mais le rendez-vous le plus important est sans conteste l’élection des membres de la Chambre d'agriculture qui aura lieu en janvier prochain. « Nous nous sommes battus pour conserver le collège des anciens agriculteurs. » Un collège qui représente tout de même quelque 10 000 électeurs. « Nous avons gagné le combat : un collège composé d’un titulaire et de deux suppléants a été maintenu. » Un seul mot d’ordre : « Allez voter, afin de renforcer notre légitimité au sein de cette assemblée consulaire ». Le matériel électoral qui sera envoyé aux électeurs contient une profession de foi « pour permettre aux électeurs, dont certains ne nous connaissent pas, de mieux savoir ce que nous faisons ».
Comment faire face au décès d’un conjoint ?
Il y a quelques mois, la section des anciens exploitants avait présenté un document élaboré au niveau national et listant toutes les démarches et formalités à effectuer en cas de décès d’un proche, auprès de l’administration, des banques, des assurances, etc. Des démarches souvent fastidieuses, qui se compliquent encore lorsque vie privée et vie professionnelle se confondent. Philippe Wolff a réalisé un document de synthèse qui résume l’ensemble de ces démarches à travers huit fiches techniques très claires.
« Chaque deuil est unique. Il ne s’efface jamais, en réalité », souligne Philippe Wolff. Le conjoint survivant passe par trois phases : l’état de choc, l’état de dépression, puis la phase de reconstruction. « Il faut permettre à la personne concernée d’exprimer son chagrin, en étant présent auprès d’elle, en l’écoutant, en sachant rester silencieux, en allant au-devant de ses besoins et de ses désirs, en l’aidant à s’occuper d’elle-même. Et parfois, la ramener à la réalité. On peut l’orienter vers des associations comme les Mouvements chrétiens ou Vivre son deuil. »
La Mutualité sociale agricole est l’un des premiers organismes à contacter, explique Ludovic Heimburger, de la MSA. « Le plus simple est de rencontrer un conseiller dans un de nos bureaux décentralisés. » Il saura guider l’adhérent pour les démarches à effectuer pour continuer à bénéficier de certaines prestations, avoir une couverture maladie, faire la demande de pension de réversion, maintenir le droit au logement, etc.
Paul Schiellein a félicité les membres du comité pour l’élaboration de ce document qui a fait l’objet d’un large consensus. Il a donné rendez-vous à tous les anciens agriculteurs pour l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin qui se déroulera à Kurtzenhouse le 18 janvier prochain.