Vie professionnelle

Section des anciens exploitants du Bas-Rhin

Améliorer le pouvoir d’achat des retraités

Publié le 24/01/2019

La section des anciens exploitants du Bas-Rhin milite pour une revalorisation de 2 % des petites retraites pour 2019. En attendant des avancées plus substantielles.

« Qu’est-ce, aujourd’hui, qu’un agriculteur retraité ? C’est une femme ou un homme qui a beaucoup travaillé, qui s’est investi corps et âme pour nourrir la nation, qui a participé à l’animation rurale de son territoire et qui, maintenant, avec une retraite en dessous du seuil de pauvreté (760 € en moyenne), est un oublié de la nation. » Propos teintés d’amertume de Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants, à l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin. Le représentant des anciens a rendu compte des principaux points défendus devant le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, lors de son passage à Strasbourg : « Un socle minimal de retraite pour tous, retraites actuelles et à venir, de 85 % du Smic, financé par la solidarité nationale ; un régime unique par point financé par les cotisations sociales basées sur le revenu du travail, regroupant l’actuelle retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire ; un calcul de retraite sur les 25 meilleures années ». Si ces propositions ont reçu un accueil favorable, leur mise en œuvre n’est pas prévue avant 2023, voire 2024. En attendant, la section des anciens exploitants milite pour une revalorisation des petites retraites à hauteur de 2 % pour 2019 et non de 0,3 % comme prévu. « Que représentent 0,3 % par rapport à l’augmentation de nos charges ? », interroge Paul Schiellein qui revendique une amélioration du pouvoir d’achat des retraités agricoles. Sur le plan local, la section des anciens exploitants a plaidé la cause des retraités auprès des organisations partenaires dans le but de faire baisser les primes d’assurance et les frais bancaires. Elle a participé à l’élaboration d’un guide pour faire face au décès d’un conjoint et à celle d’un dépliant en faveur de la transmission. Par l’achat de tablettes et l’organisation de formations, elle a accompagné ses membres dans l’usage du numérique. Enfin, elle a apporté sa contribution au schéma départemental de l’autonomie élaboré par le Conseil départemental du Bas-Rhin, en défendant notamment le soutien aux aidants bénévoles des personnes maintenues à domicile et l’aménagement du domicile. Alors que les élections à la Chambre d’agriculture sont en cours, Paul Schiellein a appelé l’assistance à aller voter : une question de crédibilité alors que la FNSEA a pesé de tout son poids pour maintenir le collège des anciens exploitants à la Chambre d’agriculture.

Publié le 17/01/2019

Le lycée agricole d’Obernai et les Jeunes Agriculteurs ont organisé une journée dédiée à l’installation des futurs exploitants, mardi 8 janvier. Les lycéens ont touché du doigt une étape capitale de leur projet professionnel.

Après-midi animée dans l’amphithéâtre du lycée agricole d’Obernai. Soixante jeunes en dernière année de bac pro ou de BTS sont réunis pour parler installation avec des professionnels et des experts. « Nous sommes là pour vous donner toutes les réponses dont vous avez besoin », a assuré Julien Koegler, président des JA, à l’origine de l’événement. Le responsable a mis sa casquette de professeur. Cinq groupes d’élèves se succèdent sur scène pendant deux heures. Plus timides les uns que les autres. Les étudiants restituent les travaux effectués durant la matinée. « Ça les entraîne à parler en public, c’est important », estime Simone Hentz, prof de gestion et organisatrice de la journée. Ils présentent d’abord le parcours académique et professionnel de jeunes agriculteurs rencontrés quelques heures plus tôt. Apprendre des expériences passées Bac pro ou BTS ? Stages en entreprise ou journées de formation spécialisées ? Période en tant que salarié agricole ou installation directe ? Le cursus de chaque intervenant est passé au peigne fin. Avec ses forces et faiblesses. « Notre témoin regrette de ne pas avoir suivi de formation en comptabilité », lance une jeune fille assise sur un fauteuil sous les projecteurs. Tirer les leçons de parcours d’installation vécus par d’autres. Voilà l’intérêt de l’exercice. Les jeunes apprennent de leurs aînés et tentent de ne pas répéter leurs erreurs. Ensuite, les groupes livrent leurs réponses à différents exercices théoriques effectués en classe. Étude de viabilité économique d’un projet d’installation fictif et son plan professionnel personnalisé (PPP). Il s’agit en fait d’établir un programme de formations et de stages adaptés à la situation et aux objectifs du jeune en passe de s’installer. « Nous préconisons des formations courtes en pilotage économique d’une entreprise et biosécurité avicole, puis un stage d’un mois dans un élevage », sanctionne un jeune homme. Des experts corrigent. « Vous prévoyez de très bons PPP, mais ils sont difficilement réalisables », note Stéphanie Jehl, conseillère à la Chambre d'agriculture. Comme ce menu de formations et stages sur deux ans censés préparer un père de famille au chômage à reprendre une exploitation maraîchère. « Vous pensez qu’il pourra passer deux ans en stage avec une famille à charge ? », titille le professeur Koegler. Certaines réalités échappent encore aux jeunes. « Ils savent qu’ils vont s’installer, sans plus » Voilà l’avantage d’inviter des agriculteurs à animer la journée. « Là c’est du concret, explique Marie-Laure Couvet, enseignante de zootechnie. Si on avait fait ces exercices en classe, ils les auraient pris comme une énième activité théorique. » Cette après-midi, les élèves restent concentrés jusqu’au bout. « Cette journée leur permet de se poser les bonnes questions », estime Simone Hentz. Ces jeunes sont encore très détachés du sujet. « Ils savent qu’ils vont s’installer, sans plus », confirme la prof. Normal. À 17 ans, difficile de se projeter sur du moyen terme. « J’ai plein d’idées, mais rien de précis, témoigne Théo Wollenburger, en terminale bac pro. Je veux juste me lancer dans la vie active au plus vite. » Un sentiment partagé par de nombreux camarades. En témoigne cet échange en fin de session. « Alors, après cette journée, qui est encore motivé pour s’installer ? », demande Julien Koegler. Dans les gradins, presque tous les jeunes lèvent la main.

Publié le 17/01/2019

Après deux mandants en tant qu’élu, membre du bureau et vice-président, Denis Ramspacher a été élu en juin dernier premier vice-président de la Chambre d’agriculture d’Alsace à la suite du décès de Jean-Paul Bastian. Un poste pleinement opérationnel qui l’a conduit à se positionner comme tête de la liste d’union FDSEA + AVA + JA pour le département du Bas-Rhin.

L’Est Agricole et Viticole : L’expérience en tant qu’élu Chambre est-elle nécessaire pour conduire une liste aux élections Chambre ? Denis Ramspacher : Pendant de nombreuses années, j’ai présidé la commission gestion du territoire et j’avais une bonne vision du rôle de la chambre dans le domaine de l’urbanisme, du foncier et de l’aménagement du territoire. Mais depuis quelques mois, où j’ai pris la première vice-présidence et donc le rôle de représentation dans le Bas-Rhin, j’ai dû mettre un peu plus « les mains dans le cambouis ». J’ai mesuré toute l’étendue des actions concrètes où intervient la Chambre d’agriculture, mais aussi comment cela fonctionne en interne et vis-à-vis des interlocuteurs extérieurs. J’ai rencontré de nombreuses organisations partenaires pour comprendre toutes les interactions. Cette expérience est utile pour être pleinement opérationnel dès le début du mandat. Et l’équipe que nous avons constituée sur la liste me permet de m’appuyer sur de nombreuses compétences. Si je peux me positionner à ce poste, c’est aussi parce que sur mon exploitation, mes associés et mes salariés me permettent de dégager le temps nécessaire pour assumer ces fonctions, et je les en remercie. EAV : Sur votre liste, vous avez fait le choix de reconduire une liste d’union, une évidence ? DR : Oui, nous avons fait le choix de fédérer les trois grands réseaux FDSEA, AVA et JA pour constituer une liste d’unité. Cette liste traduit toute la richesse de notre agriculture alsacienne : toutes les productions, tous les secteurs d’activité, circuits courts ou filière longue, bio ou conventionnelle, y sont représentés. Toutes ces agricultrices et agriculteurs ont une expérience avec des sensibilités différentes, mais complémentaires pour enrichir notre réflexion et construire l’agriculture de demain. C’est une équipe solide, fortement rajeunie avec une moyenne d’âge de 42 ans. Ainsi, la moitié des candidats briguent leur premier mandat. Avec l’expérience des plus anciens, les jeunes vont apporter de nouvelles méthodes, une ouverture pour construire collectivement notre projet agricole. J’accorde beaucoup d’importance au travail d’équipe. Il faut débattre en interne pour ensuite pouvoir défendre à l’extérieur des positions communes et claires. EAV : Le mandat qui s’achève a été marqué par la régionalisation de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Quel bilan personnel en tirez-vous ? DR : Ce projet était porté par Jean-Paul Bastian et Laurent Wendlinger et je crois que nous pouvons les remercier pour leur vision et le travail accompli. C’était une vraie bonne idée qui nous a permis de faire des économies, en ne renouvelant pas les postes où il y avait des doublons, et surtout de renforcer nos compétences humaines sur les sujets techniques. Les binômes d’élus 67/68 mis en place ont bien fonctionné et permis d’assurer un suivi efficace des dossiers tout en maintenant de la proximité. Et, vis-à-vis de l’extérieur, de la grande région et du national, je crois sincèrement que nous avons gagné en poids politique. Passé les Vosges, à dire vrai, personne ne sait exactement où sont le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, mais quand l’Alsace parle d’une voix, ça s’entend ! EAV : Quel est selon vous l’enjeu de ce prochain mandat ? DR : La situation est complexe. Beaucoup de filières connaissent des difficultés, notamment de prix, et nous devons nous adapter à cet environnement mouvant. Même s’ils sont passionnés par leur métier, les agriculteurs ne font pas du bénévolat. Ils doivent pouvoir tirer de leurs exploitations une juste rémunération. Les équilibres étant fragiles, il est difficile d’être à la pointe tout à la fois au niveau technique, économique, commercial. C’est pourquoi les agriculteurs doivent pouvoir s’appuyer sur un réseau d’expertise. Plus que jamais, il est nécessaire d’avoir un conseil neutre de qualité. La Chambre n’est pas là pour décider à la place de l’agriculteur qui doit rester libre mais pour apporter des clés de compréhension sur les enjeux et les alternatives qui s’offrent à lui, dans une relation de confiance. Ensuite, nous devons veiller à préserver sur nos territoires des débouchés variés, des filières locales qui valorisent nos productions avec des outils de transformation et des circuits courts. Mais nous devons aussi être performants et compétitifs au niveau national et à l’export car nous ne pourrons pas, nous les Alsaciens, boire toute la production de vin d’Alsace, transformer tout notre maïs et notre houblon… Nous devons aussi être davantage impliqués dans la transition énergétique de notre territoire, avec les énergies renouvelables, la méthanisation… L’innovation sera un enjeu majeur pour nous permettre de relever tous ces défis et la Chambre doit pleinement y contribuer. Nous devons bien sûr nous adapter aux exigences sociétales mais sans nous laisser enfermer dans des impasses notamment phytosanitaires. C’est pourquoi nous devons négocier du temps et des investissements en matière de recherche pour trouver des solutions techniques adaptées. De plus, nous devons expliquer ce que nous faisons, les efforts entrepris, les résultats obtenus et être fiers déjà du travail accompli. Loin de la défiance qui s’installe, nous devons restaurer la confiance et la reconnaissance de la société sur le rôle structurant de l’agriculture. Les Chambres ont à ce titre un rôle primordial à jouer pour accompagner, innover et communiquer. EAV : Vos concurrents font campagne sur la question de la gratuité des services de la Chambre d’agriculture. Quelle est votre position sur ce sujet ? DR : L’actualité nous montre tous les jours qu’il faut se méfier des promesses que l’on ne peut pas tenir ! Certains services de bases proposés par la Chambre ont toujours été gratuits, c’est-à-dire financés par l’impôt. Mais les agriculteurs ont besoin d’être accompagnés dans tous leurs projets ; ils demandent une montée en compétences de nos services techniques pour des conseils de plus en plus pointus sur des sujets complexes. Aujourd’hui, les prestations représentent approximativement le tiers des recettes de la Chambre d’agriculture. La gratuité impliquerait de se séparer d’une grande partie de nos effectifs et donc réduirait de fait notre expertise. C’est à mon sens une erreur stratégique en cette période où l’agriculture doit relever de grands défis et s’adapter à de fortes exigences sociétales. EAV : Quel est selon vous le principal argument pour inciter les agriculteurs à voter ? DR : Chaque exploitant s’adresse régulièrement à la Chambre d’agriculture : nouvelle activité, installation, projet de bâtiment, conseils, performance économique… Il est donc primordial que la Chambre soit bien organisée pour répondre aux enjeux des exploitations. Ce qui se passe à la Chambre concerne tous les agriculteurs et tous les viticulteurs : c’est pour cela qu’il faut voter ! Les élus de la Chambre d’agriculture portent la voix des agriculteurs auprès des pouvoirs publics. Il est donc primordial que la participation soit importante. Et, il convient de choisir un projet cohérent au service de toute la profession portée par une équipe crédible et motivée pour remettre du bon sens paysan, là où parfois il semble bien loin. Avez-vous un dernier message à passer aux agriculteurs ? Je veux leur dire de ne pas céder à la tentation du repli sur soi. Je les invite à s’impliquer dans le projet agricole départemental, par leur vote. Ils peuvent accorder leur confiance à cette équipe motivée et ouverte, nous saurons nous en montrer dignes !

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