Technique

Publié le 09/05/2018

La concession Serma et ses agents, Léon Durrmann et Ostermann Viticole, ont organisé quatre journées de démonstration consacrées au système d’autoguidage par ultrasons pouvant équiper les tracteurs viticoles Fendt, et au travail du sol avec les outils modulables proposés par la marque allemande Braün.

Les 24, 25, 26 et 27 avril, la concession Serma, de Houssen et Mommenheim, et ses agents Léon Durmann, d’Andlau, et Ostermann Viticole, de Traenheim, ont uni leurs énergies, leur dynamisme et leurs compétences pour organiser quatre journées de démonstration des tracteurs vignerons Fendt de la série 200 Vario équipés de matériels de préparation du sol de la marque allemande Braün, reconnue pour la modularité et la robustesse de ses outils. Si la météo clémente a facilité la réussite de ces quatre journées, ce sont surtout les thématiques mises en avant - autoguidage et travail du sol - qui ont suscité un intérêt manifeste chez de nombreux viticulteurs. « Habituellement, les personnes viennent à nos démonstrations en milieu d’après-midi. Là, on avait à chaque fois plein de monde dès le début des démonstrations, à 13 h 30 », constate Freddy Jung, directeur commercial de la concession Serma. Il faut dire qu’avec la pratique inéluctable du travail du sol en viticulture dans un avenir proche, le sujet interpelle. « Ça va être une nouvelle façon de travailler pour de nombreux viticulteurs habitués jusqu’à maintenant aux herbicides », explique Guillaume Ostermann. Pour assurer l’efficacité de la tâche, Braün propose depuis quelques mois des disques émotteurs qui émiettent la terre et créent des fissurations dans le sol, le tout à vitesse d’avancement pouvant aller de 6 à 8 km/h. Aller vite, c’est bien, mais aller droit, c’est encore mieux ! C’est pour cette raison que les trois partenaires ont souhaité mettre en avant le système d’autoguidage par ultrasons qui peut équiper les tracteurs Fendt Vario destinés à la viticulture. En somme, tous les modèles 200 qui se déclinent en plusieurs tailles et plusieurs puissances (de 70 à 110 ch). Si la technologie RTK fonctionnant avec un signal GPS est aujourd’hui relativement connue dans le monde agricole notamment, qu’en est-il de cette technologie de guidage fonctionnant avec des ultrasons ? « Concrètement, c’est très simple. Le guidage se fait en temps réel avec deux capteurs situés à droite et à gauche à l’avant du tracteur. On règle l’inclinaison de ces capteurs par rapport à la hauteur des pieds de vigne, la largeur du rang, et il suffit d’activer l’autoguidage par la simple pression d’un bouton situé sur la console de commande. On peut aussi activer un seul des capteurs pour longer un mur par exemple », développe Freddy Jung. Du coup, pas besoin d’avoir cartographié au préalable sa parcelle. Avec les ultrasons, tout se fait en temps réel. Seule limite du système, le tracteur ne fait pas demi-tour tout seul en bout de parcelle, étant donné qu’il n’en connaît pas les limites. « Il faut voir cela comme une aide à la conduite où l’utilisateur peut reprendre le contrôle à tout moment, indique Léon Durrmann. C’est une technologie intéressante, car elle permet au viticulteur de se concentrer sur le travail des différents outils installés sur le tracteur. Le tracteur roule tout droit sans dévier. Du coup, fini les coups de volants malencontreux lorsqu’on se retourne pour mesurer l’efficacité du travail. » « Il ne faut pas que le travail du sol devienne une charge en plus pour le viticulteur. Grâce à l’autoguidage, deux ou trois outils peuvent travailler en même temps sans que cela ne pose de souci particulier. C’est un vrai gain de confort », conclut Guillaume Ostermann.

Impact du gibier en forêt

Des enclos pour témoins

Publié le 24/04/2018

Face à une population de gibier en hausse, qui exerce une pression croissante sur la forêt, au risque de pénaliser la régénération naturelle et de déséquilibrer le peuplement au profit de l’épicéa et au détriment du sapin, le Centre régional de la propriété forestière du Grand Est veut déployer l’installation de dispositifs d’enclos témoins afin d’illustrer l’impact du gibier sur les milieux forestiers et leur évolution.

Si les promeneurs sont ravis de voir une biche ou un chevreuil détaler au détour d’un sentier, les forestiers voient la situation d’un autre œil. Car si gracieux qu’ils soient, ces animaux ont un solide appétit, et se repaissent de jeunes pousses d'arbres. Et, surtout, leur population augmente. À tel point que l’équilibre entre le gibier et la forêt est parfois rompu. C’est-à-dire que la population de gibier est trop importante et exerce une pression pénalisant la régénération naturelle de la forêt. En outre, cerfs et chevreuils sont particulièrement friands du sapin. L’épicéa, lui, se fait bien moins abroutir. Conséquence : « On assiste à une inversion du peuplement, au profit de l’épicéa et au détriment du sapin », constate Pascal Ancel, ingénieur au Centre régional de la propriété forestière (CRPF) du Grand Est. Or c’est justement le sapin que les forestiers aimeraient pouvoir préserver. Car cette essence fait partie de celles qui résisteraient le mieux au changement climatique. « Comme nous assistons à un déséquilibre entre la population de gibier et la forêt dans son état actuel, il s’agit d’adapter la population de gibier à la forêt », indique Pascal Ancel. Les intérêts des gestionnaires forestiers et des chasseurs étant divergents sur la question, les premiers doivent être en mesure de prouver ce déséquilibre, et d’évaluer son ampleur, afin de prendre les mesures qui s’imposent pour rétablir la situation d’équilibre. Dispositif simple et sélectif C’est pourquoi le CRPF du Grand Est souhaite développer l’installation d’enclos/exclos témoins, des dispositifs qui permettent d’évaluer l’étendue des dégâts. La version simple consiste en l’implantation d’un enclos de 5 mètres sur 5, permettant d’apprécier l’impact des cervidés en globalité sur les essences de production, les essences secondaires et la biodiversité, mais sans pouvoir faire de distinction entre la responsabilité du cerf et du chevreuil. Une seconde version, sélective, permet de distinguer la pression exercée par les cerfs de celle exercée par les chevreuils. Ce dispositif se compose d’un enclos de 25 x 25 m équipé de portes à chevreuil laissant pénétrer uniquement ce dernier (zone hors cerf). Et d’un deuxième enclos de 10 x 10 m sans portes (hors chevreuil et cerf) disposé dans un coin de l’enclos 25 x 25 m en ajoutant une clôture de 10. Les portes à chevreuil font 20 à maximum 25 cm de large sur une hauteur de 50 cm maximum. Les bonnes conditions pour la bonne interprétation Pour mesurer l’impact du gibier, ces enclos sont équipés de piquets numérotés. Des photos de chaque placette de 1,5 m de rayon sont prises en regardant vers le centre de la placette. Ce qui permet, pour chaque piquet, de noter le nombre total de tiges présentes et le nombre de tiges non viable de chaque essence présente. Pour que les résultats de ces investigations soient exploitables, les enclos doivent être placés dans de bonnes conditions, c’est-à-dire en premier lieu dans une zone suffisamment éclairée afin de permettre la germination et la croissance des essences ciblées. En outre, les zones situées à l’intérieur (enclos) et à l’extérieur (exclos) doivent être comparables en termes de conditions pédoclimatiques, donc pas trop éloignées (5 à 20 m idéalement), mais suffisamment éloignées pour limer l’influence de la clôture sur l’exclos (certains animaux sont attirés par les abords des clôtures). Il est donc envisageable d’implanter ces dispositifs dans des trouées, une plantation après une coupe à blanc, sous un peuplement où la régénération naturelle est recherchée… Afin d’encourager l’installation de ces enclos, le CRPF a organisé une réunion, où deux exemples ont été présentés. Tout d’abord un enclos simple, en forêt communale de Steige, sous un peuplement installé. Pour Pascal Ancel, la luminosité du site choisi est insuffisante : « Il faudrait avoir moins de 35 m2 de surface terrière par hectare. Ici il y a encore trop de volume de bois sur pied pour avoir une régénération abondante », indique-t-il. Avant de préciser que « le CRPF contrôlera l’implantation des enclos dont il financera les fournitures ». La deuxième étape a conduit les participants dans la forêt domaniale du Hohwald, pour observer un enclos installé il y a cinq ans dans un puits de lumière. « La surface terrière est plus basse, il y a donc plus de lumière et plus de végétation », commente Pascal Ancel. Avec une population de gibier raisonnable, il devrait donc y avoir à peu près autant de végétation dans l’enclos que dans l’exclos, ce qui n’est objectivement pas le cas. Dans l’enclos, les participants repèrent de l’épicéa, du sapin pectiné, du pin sylvestre, de l’alisier… Il semble y avoir davantage de tiges juvéniles dans l’enclos qu’à ses abords. Mais ce qui frappe le plus le regard, c’est la différence de taille entre les myrtilliers de part et d’autre de la clôture. Ceux-ci sont significativement plus hauts dans l’enclos, car moins abroutis. Autre élément très visuel : la présence de ronce dans l’enclos, alors que l’extérieur en est totalement dépourvu. Retrouvez cette visite en vidéo :  

Publié le 20/04/2018

Clinique Électro Diesel distribue le tracteur Vitrac. Un nouveau concept de tracteur articulé à très bas centre de gravité et pneus basse pression, qui séduit en Italie et Autriche. Et conçu par des vignerons.

D’un gabarit plutôt de tondeuse autotractée, le Vitrac s’inscrit dans un nouveau concept de tracteurs viticoles articulés, à très bas centre de gravité et pneus basse pression, plutôt légers, de l’ordre de 750 kg ! De quoi laisser respirer les sols et augmenter le garde-manger pour les vignes. Le principe séduit et intéresse les vignerons. Pour preuve, l’exemple d’Étienne Goettelmann à Châtenois avec son Lederer pour traiter. Avec le Vitrac, on est sur un tracteur développé par un consortium de dix vignerons du sud Tyrol et qui répond donc précisément aux contraintes des vignes étroites (à partir de 80 cm d’écartement) et en pente, des viticultures à haute valeur ajoutée. C’est Clinique Électro Diesel à Sélestat qui a décroché la carte, réputée avec son atelier de maintenance performant. Le Vitrac est propulsé par un moteur Kohler 4 cylindres de 32 ch. L’ensemble répond à toutes les normes UE. Doté d’une transmission hydrostatique à variation continue jusqu’à 11 km/h, le Vitrac se pilote au Joystic, l’autre Joystic servant aux outils puisque ce tracteur embarque 4 double-effets. Avec un triangle trois points, on peut l’atteler à la plupart des outils broyeurs, épampreuse, mât, rogneuse, faucheuse satellites, animés par hydraulique. Tout un matériel spécifique est aussi conçu par Vitrac : un pulvérisateur, un semoir de semis directs, des tondobroyeuses, dumper… Notons que le Vitrac est équipé de quatre freins à ressort, un dans chaque roue arrière, assurant un arrêt quand le joystick de commande est relâché, quand le poste de conduite est abandonné ou quand le moteur diesel est à l’arrêt. D’une longueur de 2,25 m, le Vitrac tourne sans manœuvre pour engager des rangées de 1,30 m d’écartement. Enfin, il faut compter 40 000 à 55 000 €, selon les options, pour ce tracteur promis à un bel avenir.

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