Technique

Publié le 29/07/2018

L’agence Claire D sera à nouveau présente dans le Parc Agricole pour présenter l’ensemble de ses créations, dont sa dernière innovation (candidate au Trophée de l’Innovation 2018) : l’impression céramique pour les étiquettes des bouteilles de vin. Une technique qu’utilise déjà la Cave de Turckheim pour « sublimer » ses grands crus.

Il faut parfois peu de chose pour sortir du lot. Pour les étiquettes de vins, une couleur, une forme ou une matière permettent à la bouteille d’attirer l’œil du chaland. C’est la première étape. Après, il faut que cette étiquette soit suffisamment séduisante pour déclencher l’acte d’achat. Belle, oui, sans pour autant être provocante ou tape-à-l’œil. Une équation que tente de résoudre quotidiennement l’agence Claire D depuis 2004 pour ses nombreux clients situés dans le Bordelais, en Champagne et en Alsace. À chaque fois, la réponse apportée est différente. « Avec Claire, on travaille ensemble, progressivement, pour aboutir au résultat espéré », explique Corinne Vonarx, responsable marketing d’Union Alliance Alsace, qui regroupe la Cave de Turckheim et celle du Roi Dagobert. Voilà sept ans que les deux entités travaillent avec Claire Deffarge pour élaborer de nouvelles étiquettes plus « design » et « attractives ». Toute la gamme de la cave du Roi Dagobert y est passée. À Turckheim, le « dernier gros bébé » était la gamme de grands crus. « Nos vins de terroirs n’étaient pas assez mis en avant. On cherchait quelque chose pour les sublimer », poursuit Corinne Vonarx. Plusieurs pistes sont explorées pendant des mois, sans succès. « On était partis sur du nacré, et des étiquettes dessinés avec des motifs complexes. Mais cela n’allait pas. Il manquait le lien avec le terroir, il manquait la magie », confie Claire Deffarge. Et puis, impossible d’être trop novateur pour des bouteilles déjà marquées historiquement et commercialement. « Pour les grands crus, il faut quelque chose de rassurant. Ces bouteilles sont connues depuis longtemps. Il ne fallait pas les dénaturer », justifie Corinne Vonarx. « Raffiner » les codes et couleurs existants La solution sera finalement trouvée « un peu par hasard » après moult essais sur la machine : l’impression sur céramique sur un tout nouveau papier réagissant à la chaleur. « Il a fallu près de trois ans à un industriel italien pour réussir à créer ce papier magique qui est ni mat, ni brillant, mais neutre. Et quand on pose un fer chaud dessus, il devient transparent. Cela a ouvert la porte à de nouvelles possibilités créatives comme l’impression céramique », souligne la créatrice. Seule la lettre du grand cru en question est imprimée selon cette méthode. L’idée étant que la nouvelle étiquette garde les codes et les couleurs de l’ancienne, tout en ajoutant une subtilité qui la rend « sublime » et « raffinée ». Cela fait deux mois que les grands crus commercialisés par la Cave de Turckheim (Ollwiller, Brand, Hengst, Sommerberg) sont vendus avec ce nouvel habillage, plus le pinot noir rouge qui est produit à partir de raisins situés sur des parcelles de grands crus. Ce sont les premiers vins en Alsace à bénéficier de cette technique d’impression sur céramique. La Cave de Turckheim espère maintenant que le succès commercial sera aussi probant que celui rencontré avec les autres bouteilles « rhabillées » par l’agence Claire D, à l’image de la gamme « Racines & Terroirs » de la cave du Roi Dagobert, qui est retenue tous les ans dans les foires aux vins des supermarchés. « Et à chaque fois, ils sont en rupture au bout de quelques jours », se satisfait la responsable marketing de l’Union Alliance Alsace. Il suffisait juste de sortir du lot.

6e édition du prix de l’innovation

Des étoiles pour Costral

Publié le 28/07/2018

Ils étaient 11 concurrents cette année à prétendre au titre de prix de l’innovation EAV/PHR, organisé dans le cadre de la Foire aux vins. Le prix est décerné en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, la fédération des Cuma, l’Union des Œnologues et le Parc-expo de Colmar.

S’il met en évidence les tendances économiques, techniques et même sociologiques de la viticulture et de l’agriculture alsacienne, ce prix démontre un dynamisme très innovant des acteurs économiques des filières des vins et de l’agriculture alsacienne : fournisseurs, constructeurs, tant d’ailleurs dans les domaines classiques de la mécanique, que des services et du marketing. Que dire de ces tendances ? Un effort significatif est proposé dans l’innovation du marketing, de l’habillage et du conditionnement des vins, traduisant une nécessité impérieuse de rajeunir l’habillage des vins d’Alsace et de libérer la créativité. Étiquettes, bouchons, impression d’étiquettes, capsules de surbouchage : cinq des 11 innovations présentées proposent de quoi revoir de fond en comble son habillage de bouteille pour une meilleure valorisation sur le marché. Véritable signe des temps : les techniques innovantes d’habillage frappent à la porte des vins d’Alsace… Une autre tendance est véritablement agronomique avec une prise en compte des nouvelles exigences environnementales visant à améliorer la fertilité naturelle des sols ou la protection des cultures : bineuse intercep rotative, épandage de compost en prestation rendu à la parcelle et épandu, nouveau tracteur surbaissé et léger, station météo connectée, et outils d’entretien des espaces verts et vigne électroportatifs. Enfin en œnologie, une innovation était proposée pour améliorer la qualité de l’égrappage des raisins. Comme pour les éditions précédentes, le jury s’est montré sensible aux innovations alsaco-alsaciennes. En 2016, c’était la greffe F2 de Christophe Hebinger, qui avait été couronnée. Et en 2017, le tracteur Carraro Tony 9800SR avait beaucoup de « sang alsacien » grâce au génie inventif d’Étienne Berger. En 2018, ce sont les établissements Costral à Riquewihr qui obtiennent un prix qui vient récompenser la success-story de cette PME alsacienne produisant des groupes d’embouteillage. Les groupes d’embouteillage peuvent désormais, y compris sur des modèles de petite cadence, admettre différents formats de bouteille sans avoir à changer les étoiles dans lesquelles les bouteilles s’insèrent sur la ligne. C'est un dispositif inédit sur ces machines de petite cadence qui sont très compactes, ce qui complexifie la possibilité d'intégrer cet équipement en réduisant suffisamment la mécanique tout en garantissant longévité et robustesse. Les étoiles s’ajustent sans outil. Leurs pinces s’adaptent à des diamètres de 62 à 110 mm et assurent le maintien et le centrage de la bouteille lors de chaque transfert vers la boucheuse et la tireuse. Au final, le vigneron ou l’opérateur embouteilleur y trouveront plus de souplesse dans l’offre de conditionnement à proposer sur le marché des vins d’Alsace. Un prix reflétant là encore une tendance de diversification des conditionnements, répondant à des consommateurs, tournés vers des produits de moins en moins standardisés. Bravo à l’équipe Costral qui démocratise l’accès technique des vignerons en matière d’embouteillage.

Publié le 24/07/2018

L’agriculture est une activité qui permet de recycler un certain nombre de matières organiques : fumiers, composts, boues de stations d’épuration des eaux usées (Step), digestats de méthanisation… Frédéric Hammel, technicien de recherche à l’Inra de Colmar, travaille sur cette thématique : « Nous vérifions les propriétés agronomiques de ces matières organiques, et effectuons un suivi des contaminants (métaux lourds, composés traces organiques…) qu’elles peuvent contenir pour mieux appréhender leur devenir dans le sol et dans leur solvant qu’est l’eau ». Cela passe par la réalisation de bilans hydrodynamiques à l’aide de différents outils comme des tensiomètres, « de plus en plus précis et stables », ce qui permet de faire de la modélisation. Les chercheurs suivent l’évolution de fumier, de fumier composté, de boues de Step, de boues de Step composté, et de digestat de méthanisation depuis trois ans. Leurs résultats tendent à montrer que ces produits résiduaires organiques peuvent se substituer aux engrais minéraux. Tant en maïs, blé, betterave qu’orge, les rendements sont similaires à ceux obtenus avec une fertilisation minérale. Autre bonne nouvelle : « Les contaminants sont très loin de polluer les sols. On se situe à la limite des seuils de détection. Et, après 20 années d’apports et de mesures, les variations des teneurs en contaminants sont infinitésimales. » Les chercheurs se penchent désormais sur la question des polluants émergents (métabolites de médicaments, hormones…) : « Il y a encore beaucoup de travail à fournir, les méthodes analytiques sont encore balbutiantes ». Elles permettent néanmoins déjà de démontrer la présence de ces molécules dans les sols et l’eau. Mais « on a peu d’idées sur leurs effets sur les milieux. Il s’agit d’une problématique émergente dont l’Inra s’est saisie. »

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