Désherbage du maïs
Cibler le rang
Désherbage du maïs
Publié le 15/09/2022
Réduire le recours aux produits phytosanitaires est dans l’air du temps. Après avoir creusé la voie de la réduction des doses, le Comptoir agricole se penche sur celle du désherbage mécanique de l’inter-rang pour réserver les solutions chimiques au rang.
Plan Ecophyto, essor des labels type HVE, demande sociétale… les agriculteurs sont encouragés de toutes parts à réduire leur recours aux produits phytosanitaires de synthèse. À tel point que les firmes qui les fabriquent axent davantage la recherche sur les solutions alternatives de protection des cultures, comme le biocontrôle. Comme de plus en plus de solutions chimiques sont retirées du marché, et que peu de nouveautés sont annoncées pour les remplacer, il est prévisible que le panel de solutions chimiques s’amoindrisse. « Il est donc logique de travailler des solutions alternatives, notamment le désherbage sur le rang », indique Christian Lux, responsable du service agronomie-environnement du Comptoir agricole. D’autant que - et cette année en a été un bon exemple - le manque d’eau peut compliquer les désherbages chimiques : « Les traitements de post-précoce, par exemple, ont été un échec. Et, dans ce cas, un binage est souvent plus efficient qu’un traitement chimique de rattrapage », poursuit-il. Une technique consiste à traiter le rang au moment du semis. Cela suggère de disposer d’un semoir équipé d’une cuve reliée à des buses adaptées. Cela complexifie aussi le semis, « qui doit être le plus rapide possible, au risque que la bouillie ne perdre en efficacité avec le temps ». Il est aussi conseillé de disposer d’un système de régulation proportionnelle à l’avancement, afin de limiter le risque de sur et de sous dosage. Pour désherber sur le rang, soit sur 15 à 20 cm de part et d’autre de la ligne de semis, les buses doivent être correctement orientées, et adaptée. Aussi le Comptoir agricole a-t-il mené des investigations avec Syngenta, en utilisant des buses anti-dérive, d’autres qui ne le sont pas, orientées avec des angles différents… « Sachant que, de toute façon, pour les produits racinaires, il n’est pas nécessaire d’obtenir des gouttes fines », indique Christian Lux. À noter que le semis se faisant à 80 cm d’écartement, il faut une bineuse qui présente le même écartement. Améliorer et généraliser le binage Le Comptoir agricole a également travaillé sur l’adaptation d’une rampe de pulvérisateur afin de ne traiter que sur le rang. Pour ce faire, des buses ont été placées tous les 25 cm et, en en fermant deux sur trois, on arrive à un écartement entre les buses de 75 cm, ce qui permet, grâce à un guidage RTK, de faire coïncider lignes de semis et lignes de traitement. Moyennant un certain nombre d’heures de travail et du savoir-faire en machinisme, c’est une transformation possible sur un certain nombre de pulvérisateurs. « Comme leur largeur de travail est plus importante que celle d’un semoir, les débits de chantier s’en trouvent améliorés, ainsi que la souplesse d’intervention », avance Christian Lux. Les outils pour désherber sur le rang existent. Désormais, le Comptoir agricole met en place des essais pour optimiser leur utilisation, en testant différentes modalités de désherbage, combinant des traitements sur le rang à pleine dose, du binage, des doses réduites en plein… Toutes ces modalités sont comparées à des témoins non traités et à des modalités de doses pleines en plein. Conclusion générale à l’heure actuelle : « Il y a encore pas mal de choses à apprendre, notamment en matière de binage, dont l’efficacité pourrait être améliorée en travaillant le profil des dents », estime Christian Lux, qui annonce que le Comptoir agricole envisage de proposer des prestations de binage.












