Pyrale du maïs
Une nouvelle solution de biocontrôle
Pyrale du maïs
Publié le 16/09/2022
Le biocontrôle est utilisé depuis de nombreuses années pour contrôler les populations de pyrales du maïs grâce aux trichogrammes. La société Bioline AgroSciences propose désormais la technologie Trichotop Max T-Protect, qui protège mieux les parasitoïdes et permet de mécaniser leur application. Une solution présentée ce printemps lors des journées techniques du Comptoir agricole.
L’utilisation des trichogrammes, ces hyménoptères qui pondent dans les œufs des pyrales en empêchant la naissance des chenilles, ne cesse de progresser. Il existe désormais toutes sortes de diffuseurs, mais aussi des capsules qu’il est possible d’épandre par drones… L’Inrae a sélectionné des souches de trichogrammes sur leur longévité, leur mobilité, leur capacité de prospection, leur fécondité… Ainsi, les œufs de certaines souches de trichogrammes éclosent en trois voire quatre vagues successives, tous les 50 degrés jours, ce qui permet d’allonger la période de protection, du lâcher à un mois plus tard. « La première vague de trichogrammes qui éclôt donne une nouvelle génération de parasitoïdes, qui peut à nouveau pondre dans des œufs de pyrales, ce qui accroît encore la durée d’action du traitement et son efficacité », indique Rémi Girard, ingénieur au sein de la société Bioline AgroSciences. Un effet « Ultra Retard » qui a été breveté. La société Bioline AgroSciences a en outre mis au point une nouvelle technologie, baptisée Trichotop Max T-Protect, qui consiste à protéger les diffuseurs de trichogrammes dans des étuis en carton, qu’il suffit de déposer au sol, soit manuellement soit mécaniquement avec l’épandeur T-Protect Booster, élaboré à cette fin. « Avec cette solution les trichogrammes sont protégés de la chaleur, du soleil, de l’humidité, des fourmis, ils sont efficaces plus longtemps », décrit Rémi Girard. Autres avantages : le carton est biodégradable, la colle et les peintures utilisées sont alimentaires. Les étuis sont disposables quelle que soit la hauteur du maïs, sans tuteur, ce qui confère souplesse d’exécution et augmentation du débit de chantier. Avec le T-Protect Booster, selon la distance entre les chantiers, de 50 à 100 ha/j peuvent être protégés. Souplesse et débit de chantier Un partenariat a été conclu entre Bioline AgroSciences et le Comptoir agricole, afin de pouvoir proposer des prestations d’épandage de Trichotop Max T-Protect avec le T-Protect Booster aux adhérents de la coopérative. « 100 ha ont déjà été faits, nous allons monter progressivement en puissance », indique Rémi Girard, qui précise que la technologie Trichotop Max T-Protect est aussi commercialisée seule, pour ceux qui préféreraient en avoir sous la main pour pouvoir les disperser en s’affranchissant de la disponibilité de l’épandeur. « Il suffit d’en jeter un au sol tous les 20 m ». Pour l’instant, l’épandage mécanique, qui est la solution qui offre le plus grand débit de chantier, est facturé 50 €/ha. Un tarif qui est amené à baisser avec la démocratisation de la méthode. « Seules 16 % des surfaces de maïs sont protégées contre la pyrale du maïs en France, dont deux tiers chimiquement, et un tiers en biocontrôle à l’aide de trichogrammes, alors que la protection contre la pyrale peut faire gagner 20 q/ha ou 2 t MS/ha en ensilage », pointe Rémi Girard. Le biocontrôle de la pyrale a donc encore une belle marge de progression devant lui, d’autant que de plus en plus d’agriculteurs cherchent à réduire leur IFT, notamment pour obtenir des labels type HVE.












