Technique

Voyage d’étude « Eau et agriculture de montagne » à la ferme du Krameterhof en Autriche

Épisode 4 : À la source

Publié le 10/11/2022

Face au régime sec auquel est soumise l’agriculture de montagne d’étés en étés, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges s’est emparé de la problématique et a organisé un voyage d’étude en Autriche, à la ferme du Krameterhof, réputée notamment pour sa gestion de l’eau. Dans ce dernier épisode, partez sur la piste des sources.

« Les veines d’eau n’existent pas », pose Josef Holzer, en guise d’introduction à ce dernier volet de la formation. « La montagne est pleine d’eau partout, et en trois dimensions. Cette eau souterraine provient des précipitations qui se sont infiltrées et qui se déplacent sous l’effet de la gravité, en suivant des chemins préférentiels, qui dépendent de la constitution du sous-sol, composé de strates plus ou moins étanches, de fissures qui les connectent… » Une source n’est donc pas un point, mais la partie émergée d’un volume d’eau dans la roche, sa résurgence. « Alors qu’en plaine il suffit de creuser à la bonne profondeur pour trouver de l’eau dans une nappe, en montagne, c’est plus compliqué : l’eau est plus ou moins facile à atteindre en fonction des couches de matériaux », poursuit Josef Holzer. Mais lorsqu’elle affleure à la surface pour former une source, elle est alors relativement facile à trouver, car elle laisse des indices derrière elle : « Sur des millénaires, l’eau qui affleure laisse des traces. » La matière humide étant globalement plus instable que la matière sèche, les sources créent des zones de rupture qui sont particulièrement intéressantes à explorer. Pour les détecter, rien de tel qu’une bonne vieille carte topographique, ou encore les cartes géologiques, qui renseignent sur la nature du sous-sol, l’idéal étant de superposer et croiser ces informations. « C’est souvent à la jonction de couches perméables et imperméables que se nichent les sources », souligne Josef Holzer. Certaines sources ne sont visibles ni sur une carte, ni même à l’œil nu, comme des cuvettes sur une pente, car elles sont masquées par de la végétation. Mais elles ont un impact sur leur environnement. Il faut éduquer notre œil à les voir. Ainsi, la présence d’eau peut se détecter à une signature végétale, à la présence de fourmilières, dont les habitantes apprécient la stabilité de la température induite par la présence d’eau. En effet, l’eau affiche toujours une température positive, une propriété qui peut aussi être utilisée pour les détecter : c’est à proximité des sources que la neige fond en premier. Aussi, Josef Holzer estime qu’il n’est de loin pas toujours nécessaire de faire appel à un sourcier, « même s’il y en a de très bons », mais « avec un peu de bon sens et d’observation, il est souvent possible de trouver une source soi-même ». Trouver, caractériser et capter l’eau Une fois l’eau trouvée, Josef Holzer incite à l’analyser, ce qui passe par la prise de mesures : température, conductivité, dureté, pH… « C’est simple, pas cher, et cela permet de déterminer à quelle sorte d’eau on a affaire, notamment s’il s’agit d’eau superficielle ou souterraine. » La température de l’eau, par exemple, est riche d’enseignements, notamment sur l’origine de l’eau : « Sa température correspond à la température moyenne de l’aire du bassin-versant dont elle est issue. Et plus l’eau rejaillit des profondeurs, plus sa température est proche de cette température moyenne. En outre, plus sa température est constante, plus elle vient des profondeurs. Alors qu’une température fluctuante signe de l’eau de surface, rapidement influençable par la température de l’air extérieur. » Josef Holzer va plus loin : « Si la température de l’eau est inférieure à la moyenne de celle du bassin-versant où elle est captée, c’est qu’elle vient d’un bassin-versant situé en amont, où il fait plus froid ». L’eau trouvée et analysée, il faut encore savoir la capter. « Les sources sont souvent captées au mauvais endroit, c’est-à-dire là où c’est humide. Il faut la capter dans le sec, car c’est là qu’elle coule : là où c’est humide elle stagne et se mélange au sol. Or pour bénéficier d’une eau pure et propre, il s’agit de capter la source en profondeur, dans un matériau stable. » Pour illustrer ses propos, Josef Holzer guide le groupe vers une source qui coule à la surface d’une couche imperméable constituée d’argile. « On ne veut pas de cette eau, car c’est de l’eau de ruissellement. Par contre, l’eau située sous cette couche imperméable nous intéresse. C’est donc cette couche qu’il faudrait atteindre en perçant un trou jusqu’à la roche stable. » Pour inciter l’eau à s’écouler du réservoir, il faut ensuite insérer dans la cavité un tuyau de captage, percé à l’image d’un drain, long de parfois plusieurs mètres, et auquel il faut imprimer une légère pente. Quelques dizaines de mètres plus haut, Josef Holzer s’arrête devant un réservoir de captage, et l’ouvre sur une eau claire qui clapote. Il explique la cheminée d’aération, les deux couvercles, intérieur et extérieur, le tuyau d’évacuation muni d’une crépine, le trop-plein… Il s’agit d’un ouvrage fraîchement réalisé : à proximité, l’herbe repousse à peine. La prochaine étape, purement esthétique, consistera à l’habiller d’un coffrage en bois. Josef Holzer envisage de créer deux captages similaires, et de les faire converger dans un réservoir qui servira à alimenter sa famille. « Le débit obtenu devrait être largement suffisant », estime-t-il. Le trop-plein ira donc alimenter des bassins. Mais il préfère prévenir, et collecter plus d’eau « car ici aussi, il fait de plus en plus sec ».

Symposium du houblon

Une plante pleine d’avenir

Publié le 04/11/2022

Organisé par Interhoublon, l’interprofession du houblon, et le Laboratoire agronomie et environnement (LAE) de Nancy dans le cadre des Journées jeunes chercheurs, le premier symposium du houblon s’est déroulé à Nancy les 19 et 20 octobre. L’occasion de réunir la grande famille du houblon. Et de parler innovation, recherche, avenir.

Face à son essor, la filière houblon se structure. Et travaille. Après le plan France houblon, elle s’est emparée des appels à projet Hopstart et Hoplaunch, et œuvre à l’intégration de l’Institut technique du houblon au sein de l’Institut technique interprofessionnel des plantes à parfum, médicinales, aromatiques et industrielles (Iteipmai), afin de doter la filière d’une structure à même de coordonner les différents programmes de recherche. Un rapprochement qui devrait « être opérationnel en 2023 », a annoncé Matthieu Luthier, d’Interhoublon. Le plan France houblon 2035 sert de feuille de route à la filière. Il comporte notamment un important volet génétique, qui vise à poursuivre le travail de sélection variétale amorcé par le Comptoir agricole. L’objectif est d’accélérer ce travail, en profitant du savoir-faire et de la technologie de nouveaux acteurs, comme l’entreprise Secobra, spécialisée dans la sélection d’orges. Autres axes de travail pour la filière : la publication annuelle d’indicateurs, le défrichage de nouveaux modes de production, comme l’agroforesterie, l’agrivoltaïsme, le pastoralisme… Vers des bières de terroir Le symposium du houblon a été l’occasion de faire « brainstormer » les participants sur leur vision de la filière à l’horizon 2035 au moyen d’ateliers. Des restitutions de ces ateliers et du débat qui a clôturé le symposium ressortent plusieurs grandes préoccupations : Le changement climatique et ses conséquences dans les houblonnières, avec notamment une volonté de créer des partenariats avec les assureurs, ou des outils de gestion du risque climatique au sein de la filière… Le coût de l’énergie et notamment du séchage, qui peut mettre en péril les exploitations, et donc la filière. D’autant que les brasseurs sont également concernés au plus haut point : « Nous sommes face à un mur énergétique », décrit Magali Filhue, déléguée générale de Brasseur de France, qui a exprimé sa « grande inquiétude, pour les entreprises, mais aussi pour les ménages ». La protection du houblon contre ses agresseurs. Avec, déjà, des débuts de réponse, tant en matière de biocontrôle que de pulvérisation ou encore de sélection variétale. Les débouchés traditionnels. Avec la volonté d’inciter les brasseurs français à acheter davantage de houblon français. Des pistes de travail ont d’ailleurs été identifiées en ce sens. En vrac : développer des variétés qui procurent des goûts nouveaux, des outils d’aide à l’achat, passer d’un marketing de marque à un marketing de terroir, intégrer les formations brassicoles, augmenter le volume de production et la compétitivité du houblon français pour peser face à l’offre extérieure, répondre à la demande des différents types et tailles de brasseries, élaborer des partenariats entre brasseurs et houblonniers pour accompagner des installations, faire valider les nouvelles variétés par les brasseurs, labelliser l’origine du houblon français jusqu’à la région de production, voire jusqu’au producteur. À noter que le secteur de la brasserie française reste dynamique, avec une fermeture de brasserie pour cinq créations, la France reste le premier pays européen en termes de nombre de brasseries qui élaborent une très grande diversité de bières appréciées des consommateurs français. Diversifier et coordonner Le déploiement de nouveaux débouchés pour le houblon que ce soit pour les cônes ou les coproduits, serait une source d’agilité bienvenue pour les producteurs car cela contribuerait à pérenniser et stabiliser la filière. Les pistes sont nombreuses et variées, en pharmacopée, cosmétique, biocontrôle, agro-industrie, aromathérapie, industrie textile, fabrication de matériaux… Enfin, ce symposium a été l’occasion de mettre en lumière les travaux de différentes équipes de recherche, dont certains se recoupent. Un constat qui conduit les participants à plaider pour davantage d’échanges entre scientifiques, et entre scientifiques et producteurs, afin de casser un cloisonnement, de mieux valoriser ce que les producteurs peuvent amener à la recherche, notamment en matière d’expérimentations, pour aboutir à une meilleure coordination de la recherche à l’échelle nationale, voire européenne.

Voyage d’étude « Eau et agriculture de montagne » à la ferme du Krameterhof en Autriche

Épisode 3 : Les mains dans la boue

Publié le 03/11/2022

Face au régime sec auquel est soumise l’agriculture de montagne d’étés en étés, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges s’est emparé de la problématique et a organisé un voyage d’étude en Autriche, à la ferme du Krameterhof, réputée notamment pour sa gestion de l’eau. Dans cet épisode, plongez tête baissée dans l’hydrogéologie et ses méandres, apprenez à creuser des bassins, ou plutôt à ériger des digues.

« Créer un bassin n’est pas toujours la meilleure solution pour retenir l’eau », pose Oliver Krische, hydrogéologue et membre du bureau d’études Holzer Permaculture Solutions, pourtant spécialisé dans l’aménagement de bassins d’assez grandes dimensions (leur plus grande réalisation, en Espagne, fait 4,7 ha). Il embraie sur les différentes formes de stockage de l’eau, à commencer par… la neige ! Lorsque l’eau de pluie arrive au sol, une manière de limiter son évaporation et son ruissellement est de mulcher le sol. La présence de végétaux vivants diminue l’évaporation, mais, d’un autre côté, les plantes évapotranspirent l’eau. « La combinaison du mulch et des végétaux crée un petit cycle de l’eau qui tend déjà à retenir l’eau dans ce système », décrit Oliver Krische, schémas à l’appui. Autre forme de rétention d’eau, la condensation, liée au relief si petit soit-il, du mulch, aux taillis, aux bosses et creux du terrain. Et puis il y a les racines des plantes, qui favorisent l’infiltration d’une eau qui peut être rapidement remobilisée par les plantes. Un levier qui peut être largement influencé par la quantité de racines et leur diversité. La présence de végétaux a encore un autre effet, celui d’aboutir à la formation d’humus, capable de retenir de l’eau. En tout cas, plus une surface est végétalisée, moins il y a d’écoulement superficiel et plus il y a d’infiltration. Pour retenir l’eau qui s’écoule en surface, et qui est donc perdue pour les usages agricoles, la première solution, c’est la baissière, qui correspond à une accentuation de creux et de bosses naturels du terrain. « Végétaliser la butte créée permet de la stabiliser, de valoriser l’eau retenue, et d’en restituer par condensation », souligne Oliver Krische. Autre piste : « Mettre en place des zones boisées dans les prairies, afin de profiter de leur pouvoir d’infiltration. » Chemins et terrasses Les solutions plus radicales font intervenir du terrassement. Par exemple, créer des successions de chemins et des terrasses, avec des fossés en bordure de chemins pour retenir l’eau, les terrasses pouvant en outre accueillir des baissières ou des étangs. Selon les configurations, il est possible de concevoir des chemins bombés, des chemins contre pentés… L’idée étant que l’eau recueillie dans les fossés qui bordent les chemins aille alimenter ensuite une succession de bassins qui ralentissent le ruissellement de l’eau. Et à partir desquels on peut amener l’eau où on en a besoin. La pente de la terrasse peut être dirigée vers l’extérieur, l’eau s’écoulera alors vers la pente, ou vers l’intérieur, l’eau s’écoulera alors vers la montagne pour s’y infiltrer, à moins d’imperméabiliser un fossé, ce qui créera un biotope humide. « Le fossé peut aussi être rempli de cailloux et fermé afin de limiter l’évaporation. » Créer un étang, les précautions d’usage Autre solution, l’étang, ou plutôt le réseau d’étangs. Mais avant de se lancer dans la construction d’un tel ouvrage, il convient de se poser quelques questions préliminaires : quelle est la quantité d’eau disponible ? Quelle est sa nature (source, drainage, ruissellement…) ? Arrive-t-elle de manière permanente ou ponctuelle ? Quelle est la nature du sous-sol ? Une fois ces éléments connus, il faut trouver le bon emplacement. « Tout dépend d’où on a besoin d’eau, et d’où elle est disponible, ou accessible », pointe Josef Holzer, qui résume les caractéristiques du site idéal : stabilisé, avec suffisamment de terre, composée en majorité de particules fines types argiles et limons, et pas trop humide. Ce qui suggère de ne pas céder à l’instinct naturel de vouloir placer un étang dans une zone naturellement humide. « Ce sont souvent des zones soumises à réglementation. Et puis pour créer un étang il faut pouvoir compacter la terre. Donc, mieux vaut construire l’étang dans le sec et attirer l’eau dedans. » Il faut également tenir compte de la topographie, des infrastructures en place, chercher à bouger le moins de terre possible, et penser que les digues pourront servir de chemins. « Un étang s’intègre et se planifie », indique Josef Holzer. Mais si « c’est important d’avoir planifié l’ensemble des travaux », ça l’est aussi de « laisser de la place à l’improvisation et à la créativité pour les détails, en fonction de ce qu’on trouve sur place ». Une fois le site identifié, il s’agit de s’assurer que c’est le bon ! Pour cela, il convient de retirer l’horizon superficiel et de le conserver précieusement, car il servira plus tard. « Il faut donc penser à avoir un espace de stockage suffisant pour cet horizon à proximité du chantier. » Ensuite, il faut sonder le sous-sol en creusant plusieurs trous de 2 voire 3 mètres de profondeur, soit au-delà de la profondeur du futur bassin. L’objectif est de pouvoir identifier la nature des matériaux qui composent le sol et le sous-sol. En effet, certains matériaux se compactent (limons…), d’autres non (boue…). «Les différences sont parfois très fines et il faut les connaître avec précision pour déterminer s’il sera possible d’étanchéifier correctement l’ouvrage. Il faut aussi connaître l’hygrométrie du sol, car la teneur en eau des matériaux va aussi influencer leur capacité à être compactés : s’ils sont gorgés d’eau, c’est compliqué, mais il faut une certaine quantité d’eau pour pouvoir agglomérer les couches entre elles. En plus, la quantité d’eau dans le sol varie chaque année et au cours de l’année, d’où l’importance d’effectuer les travaux au bon moment : plutôt au printemps ou à l’automne, selon la pluviométrie de l’hiver. » La quantité d’eau contenue dans les matériaux peut être déterminée de manière empirique : si la terre colle aux bottes, il y a trop d’eau, si les bottes restent propres, la quantité d’eau est correcte. « Si on ne dispose pas de bons matériaux sur place, mieux vaut en chercher ailleurs et trouver une autre utilité à ce qui a été excavé. Sachant qu’il vaut toujours mieux utiliser du matériel local pour réduire les coûts. » Une digue solide à la base Une fois ces précautions prises, et si la nature du terrain le permet, place à la construction ! La première étape consiste donc à décaper et réserver l’horizon superficiel. Puis il s’agit de définir un pied de digue, en lui appliquant une pente vers l’intérieur. Astuce : le délimiter avec des piquets. Ce pied doit être suffisamment large, et composé de matériaux portants. Concrètement, il s’agit de prélever des matériaux en amont, et de les tasser en aval, sur le pied de la digue, au fur et à mesure. « C’est primordial de procéder couche par couche, c’est-à-dire de déposer une quantité de matière modérée, de la damer, et de procéder ainsi jusqu’à la hauteur de digue désirée, qui est fonction de la pente », explique Oliver Krische. En effet, si la digue n’est pas bien damée et donc étanchéifiée, de l’eau peut s’y infiltrer et créer une lentille d’eau sur la digue, ce qui limitera d’autant la hauteur d’eau maximale du bassin. Idem s’il reste de l’humus sous le pied de la digue : de l’eau peut finir par s’infiltrer et s’écouler par là, déstabilisant l’ensemble de l’ouvrage. À noter que la digue n’a pas forcément besoin d’être haute pour que le bassin soit profond, sa hauteur est fonction de la pente. Par contre, plus elle est large, plus l’ouvrage sera stable. Une fois la digue constituée, l’étape suivante consiste à étanchéifier le fond du bassin, toujours avec le même processus de damage de matériaux par couche, sur au moins 50 cm, précise Oliver Krische. Les bassins n’étant pas étanchéifiés par du liner mais par des sédiments, ils ne sont jamais complètement étanches. L’objectif est que l’infiltration soit très lente. Pour remplir les bassins, les experts conseillent d’ailleurs d’utiliser une eau chargée en sédiments qui vont venir se déposer dans les pores et les colmater. Le fond du bassin peut avoir toutes sortes de formes, mais environ un quart doit être une surface plane toujours immergée, afin que s’y mette en place un écosystème pérenne. L’ouvrage idéal est invisible Quel que soit le type de bassin construit, il doit être équipé d’au moins un tuyau destiné à évacuer le trop-plein, d’un diamètre de 160 mm minimum, davantage selon les écoulements prévus. L’idéal est de le positionner là où la digue s’amenuise. Pour éviter que de l’eau ne s’infiltre le long du tuyau, ce qui peut conduire à la détérioration de la digue, Oliver Krische préconise de l’enduire de bandes mélangées à du plâtre et de la colle à carrelage sur toute sa longueur. Il faut aussi prévoir son emplacement dès le début de l’érection de la digue, et laisser une coupe dans le talus où il sera positionné. Viennent enfin les finitions, qui permettent de réutiliser la couche d’humus pour habiller la digue, les remblais, y implanter des végétaux… Mais attention : jamais d’arbres sur la digue, qui peut par contre être pâturée. Il est possible d’installer une île dans le bassin, avec des cailloux recouverts d’humus et de compost. « Cela permet de cultiver des légumes dessus : l’eau remonte par capillarité dans l’humus, et les racines descendent dans les cailloux », décrit Josef Holzer, pour qui un bon ouvrage doit se fondre dans le paysage.

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