Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)
Les conditions d’un millésime d’anthologie sont réunies
Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)
Publié le 26/07/2017
« Un raisin sain et en petite quantité », c’est ce qu’il faut retenir du millésime 2017 qui se prépare dans les vignes, et dont les conditions font penser au mémorable millésime 1947, annonce le Civa.
Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) a fait procéder, en lien avec l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), la Chambre d’agriculture d’Alsace et l’EPLEFPA, aux prélèvements pour les prévisions de récolte 2017. Cette évaluation quantitative s’appuie sur les travaux de modélisation établis par l’Inra de Colmar : elle se base cette année sur un réseau de 200 parcelles représentatives de l’encépagement, des spécificités pédoclimatiques alsaciennes et de l’état sanitaire du vignoble. À l’instar d’autres vignobles français, l’Alsace connaîtra une petite quantité de récolte en 2017. L’ensemble des cépages et l’ensemble des régions viticoles alsaciennes sont touchés, mais de façon plus marquée, les secteurs les plus précoces et ceux victimes des épisodes gélifs des 20-21 avril derniers, qui avaient occasionné une gelée noire impactant environ 4 500 hectares du vignoble. Cela se constate aujourd’hui à travers un faible nombre de grappes par souche, du fait principalement de la destruction des rameaux primaires. L’estimation de récolte s’élève pour l’heure à 855 000 hectolitres. Ce chiffre peut cependant encore évoluer en fonction des conditions météorologiques à venir, mais également au vu des conditions exceptionnelles de ce printemps qui peuvent biaiser le modèle d’estimation. Dont la robustesse est basée sur le scénario climatique moyen, précise le Civa. L’autre explication à cette petite quantité de récolte est attribuée aux fortes précipitations du printemps 2016, qui ont compromis l’initiation florale (qui rappelons-le se réalise l’année n - 1, au moment de la floraison, et qui est fortement dépendante de la température et la luminosité, très déficitaire lors de ce printemps 2016). Toujours en 2016, une vendange particulièrement étalée et une chute des feuilles précoces n’ont pas permis une accumulation de réserve optimale pour les vignes, précise le Civa. S’ajoutent enfin les maladies du bois rendant non productif 14 % du vignoble en moyenne, sans compter les complants ou autres pieds manquants (source : Observatoire des maladies du bois IFV). 1947-2017, millésimes d’anthologie Après un mois de janvier 2017 froid et sec, les conditions climatiques enregistrées sont douces et battent au passage certains records de chaleur. Le débourrement est précoce (6 avril en moyenne sur le vignoble). Après l’épisode de gel, les vignes se développent correctement amenant une floraison observée le 6 juin 2017. La floraison a été rapide, de l’ordre d’une semaine. À noter que pendant la période de développement végétatif, une période plus fraîche a occasionné du filage et de la coulure. Au niveau protection du vignoble, le printemps chaud et sec n’a pas permis au mildiou et à l’oïdium de s’installer dans les vignes. Début juillet, le vignoble est sain. Un facteur de satisfaction en perspective pour ce millésime… Ce contexte troublant fait d’ailleurs penser certains anciens vignerons au millésime de 1947, connu pour avoir été le millésime du siècle… Du point de vue des marchés, heureusement que le millésime 2016, satisfaisant en volume et surtout d’une excellente qualité, a permis de reconstituer partiellement les stocks de bon nombre d’opérateurs alsaciens et de maintenir les vins d’Alsace sur un maximum de marchés, tant en France qu’à l’export. Avec ce contexte 2017, l’Alsace n’aura donc pas profité longuement des bénéfices du millésime passé. Le niveau de stock théorique actuel, croisé avec le niveau prévisionnel de cette récolte, nécessitera une analyse fine de certaines opportunités commerciales pour pouvoir répondre aux demandes de l’ensemble des marchés. Mais pour rester pragmatique et selon un vieil adage vigneron, rappelons-nous que « ne pourra être réellement quantifié ce millésime que quand il sera rentré dans les caves ».












