Viticulture

Association des viticulteurs d'Alsace (AVA)

Communiquer sur un métier respectueux de son environnement

Publié le 06/04/2018

Après les agriculteurs, ce sont les viticulteurs qui veulent (mieux) communiquer pour faire connaître leurs pratiques et expliquer leur métier. Le tout, dans un contexte économique qui reste fragile.

Le sujet a été présenté par Christian Kohser, rapporteur de la commission « Riverains et protection phyto ». Comme d’autres professionnels, il constate tout d’abord que les viticulteurs sont confrontés à une pression sociétale de plus en plus forte. Cette pression véhicule, dans les médias, dans les réactions d’associations ou tout simplement dans l’esprit de simples citoyens, des contre-vérités. « Nous sommes tous touchés. Nous sommes dans l’obligation de réagir. Aujourd’hui, nous devons expliquer nos pratiques prouver notre bonne foi, dire les choses. Le vignoble est notre outil de travail. Notre objectif est de pouvoir continuer à travailler et conserver de bonnes relations avec la population. Cela nécessite, notamment, de gérer au mieux les vignes riveraines d’habitations. » L’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) prend les choses en main avec un « triple objectif ». Tout d’abord, elle souhaite mettre en place une communication vers les viticulteurs pas toujours au fait des dispositions de l’arrêté de mai 2017 précisant les conditions de mise sur le marché et d’utilisation des produits phytosanitaires et autres adjuvants. Ils sont invités à développer des alternatives aux traitements lorsqu’ils sont envisageables. L’AVA veut également renforcer la responsabilité des viticulteurs en éditant un guide des bonnes pratiques. Et encourager le développement des alternatives comme la confusion sexuelle, l’arrêt de l’utilisation des herbicides et des produits les plus toxiques. Il est important et nécessaire d’avoir des solutions de remplacement. « Il faut bannir le mot pesticide de notre vocabulaire et le remplacer par des produits pharmaceutiques ou des produits de protection des plantes », ajoute Christian Kohser. Le syndicat viticole de Bennwihr est présenté comme site pilote dans la relation avec les riverains. « Chaque syndicat viticole doit lancer une réflexion pour identifier sur sa commune les secteurs problématiques. Le vignoble doit se prendre en main et les syndicats viticoles doivent être des forces de propositions. Nous devons intensifier notre dialogue avec les communes et les riverains même si nous sommes également conscients que la configuration du vignoble peut parfois être difficile. Dans tous les cas, nous voulons conserver notre image respectueuse de l’environnement. » Pour Jérôme Bauer, « l’arrêté phyto concernant les établissements recevant du public existe et il faut le respecter. Si l’un d’entre nous ne devait pas le respecter, je me porterais partie civile contre lui », prévient le président de l’AVA. Il est rappelé que l’arrêté préfectoral régissant les zones non traitées (ZNT) a été signé en septembre 2017. « Une cartographie est en cours de réalisation, à partir de la matrice IGN où figureront certains fossés jouant un rôle hydraulique et écologique important. Une « zone tampon » variant de 5 à 50 mètres devra être respectée, en fonction de la nature des molécules chimiques employées. C’est un dossier à ne pas prendre à la légère », ajoute Jérôme Bauer. Il rappelle au passage que la viticulture a, jusqu’à maintenant, échappé aux contrôles administratifs. Il existe des solutions alternatives au désherbage (désherbages thermique, mécanique), et pour lutter contre certains insectes (confusion sexuelle). Mais quid de l’oïdium et du mildiou, principaux ennemis de la vigne ? « On aura des crevettes dans les fossés, mais plus de vignes ! », ironise Yvan Engel. « On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. Il faut simplement accepter le fait de faire évoluer certaines pratiques tout en sachant, qu’en Alsace, on a l’un des vignobles les plus verts de France », conclut le président. Pas d’entente sur les prix Une communication sur les pratiques viticoles est d’autant plus importante que la situation économique du vignoble alsacien reste fragile. La production du millésime 2017 a été finalement de 907 269 hectolitres, soit une baisse de 23 % par rapport à l’année précédente et de 14 % sur une moyenne quinquennale. C’est même le volume net le plus bas depuis 1986. La diminution est de 25 % pour l’AOC alsace (628 093 hl), de 18 % pour le crémant d’Alsace (240 935 hl) et 8 % pour les grands crus (38 241 hl). Les cépages gewurztraminer et riesling ont connu le plus fort recul ; les secteurs de Kaysersberg et de Wintzenheim ont perdu un tiers de la récolte. « La commercialisation est, elle, encourageante avec 942 374 hl, soit une baisse de 2 % sur un an et de 9 % sur cinq ans. 74 % représentent les vins tranquilles et 26 % le crémant. 38 % des volumes d’alsace tranquilles commercialisés en France en 2017 ont été vendus en hyper et supermarchés. L’export représente 241 949 hl. Nous observons une belle valorisation économique de nos vins depuis quatre ans avec des marchés porteurs comme la Belgique, le Canada, les États-Unis, la Suède et les Pays-Bas. Pour les crémants, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis restent nos pays phares. Enfin, concernant les ventes en bouteilles, l’année 2018 a bien débuté avec une hausse de 15 % en janvier. Nous sommes sur de bons rails », assure Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Une incitation à l’optimisme alors que sur ces cinq dernières années, seul le millésime 2016 a été généreux. En réaction, Yvan Engel s’agace du prix de vente des vins d’Alsace toujours bien trop bas à ses yeux. Une intervention qui permet à Jérôme Bauer de préciser que l’AVA « a fait l’objet d’une enquête de l’autorité de la concurrence. On nous a conseillé de ne plus faire de recommandation syndicale. En revanche, les prix constatés, on peut en parler. C’est en tout cas l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas d’entente sur les prix. Nous constatons simplement les prix du marché actuel. L’objectif pour nous est d’être sur la ligne la plus haute possible. Le Smic a augmenté de 1,234 % en début d’année. A minima, j’estime que pour le prix des vins, ce doit être la même chose. » Se préparer à la flavescence dorée L’assemblée générale a ensuite approuvé le résultat financier de l’année écoulée avec un excédent de 93 238 €, puis le budget prévisionnel 2018 excédentaire de 14 000 €. Une situation financière saine qui permet de reconduire à l’identique les tarifs de la cotisation 2019, à l’exception du point sur la flavescence dorée, qui passe de 2 à 4 € par hectare. Une flavescence dorée qui n’est pas présente en Alsace, comme le rappelle Yvan Engel venu évoquer le sujet en tant que président de la commission technique du vignoble. « En 2018, 2 202 hectares seront prospectés partout en Alsace. Ce budget supplémentaire va nous permettre de poursuivre notre travail de prévention et d’avoir un matelas financier pour le jour où la flavescence dorée sera détectée dans la région. Il faut se préparer. » La commission technique du vignoble s’intéresse en outre aux maladies du bois.

Confrérie Saint-Étienne

Martine Becker, la Grand Maître

Publié le 30/03/2018

Lors du chapitre général tenu vendredi 23 mars au château de Kientzheim, la confrérie Saint-Étienne d’Alsace a adoubé son nouveau Grand Maître, Martine Becker, deuxième femme à tenir les rênes de la vénérable assemblée. Une tâche qu’elle embrasse avec enthousiasme.

Après la traditionnelle prière d’ouverture, le Chancelier Receveur, Jean-Paul Goulby, salua l’immense travail du Grand Maître : le juriste avait parcouru son année avec « efficacité, détermination et clairvoyance ». Avec une pensée pour Joseph Dreyer, le refondateur en 1947, le Chancelier Receveur résuma ce 70e anniversaire qui marquera la confrérie par les nombreuses initiatives mises en place. Pascal Schultz rappela combien cette année fut pour lui enrichissante à la tête d’« un des vecteurs importants d’une plus grande diffusion de nos vins dans le monde ». Il avait eu, avec son Major, Christian Beyer, le temps de mener ses projets à terme, donnant à la confrérie les bases d’un nouvel essor. Il remit son collier à Martine Becker, en lui souhaitant « le plus grand bonheur dans l’exercice de ces très belles fonctions ». La nouvelle Grand Maître, deuxième femme à ce poste après Cécile Bernhard en 2009, dit mesurer l’honneur qui lui est fait. Dans son autoportrait, elle se dit femme dévouée aux vins d’Alsace, depuis le domaine familial à Zellenberg, entré en bio dès 1999. Polyglotte avec ouverture d’esprit aux cultures du monde, elle poursuivra la politique de charme avec sept ou huit chapitres à l’étranger avec la complicité de David Ling, Grand Conseiller à l’international. Les actions à venir seront à son image de DiVINes d’Alsace et elle compte bien marquer la confrérie d’une empreinte résolument féminine. Le Major Christian Beyer remit ensuite sa chaîne à Ignace Kuehn, viticulteur à Kientzheim. Christian a également porté le 70e anniversaire aux côtés du Grand Maître ; de plus il a lancé le cycle de conférences et les séances de rebouchage des vins ouvertes aux groupes sous l’œil vigilant d’Évelyne Bléger-Cognacq, maître de l’œnothèque. Ignace prend le flambeau et poursuivra la numérisation des quelque 65 000 bouteilles tout en mettant en œuvre le riche programme monté avec sa Grand Maître. Le Chancelier Receveur appela ensuite Jean-Marie Dirwimmer, ancien sommelier du Rendez-vous de Chasse à Colmar, Aimé Ehrhart, viticulteur à Wettolsheim, Jean Klinkert, de l’ADT, et Hervé Schwendenmann, président du Syndicat des producteurs de crémant d’Alsace et du groupe Wolfberger, qui reçurent la chaîne de Grands Conseillers. Le nouveau Major proposa l’intronisation de Fanny Paillocher, du Domaine Karcher à Colmar comme Conseiller titulaire, puis au grade de Consœur Vigneronne avec Marie-Ange Gloeckler, viticultrice à Gertwiller. Enfin, Myriam Kuehn et Alexandre Kuehn furent reçus Confrères Apprentis. Les maisons primées au concours des Sigilles (juillet 2017 et janvier 2018) reçurent leur diplôme. Dans sa harangue, le héraut Jean-Louis Vézien (futur Grand Maître 2019) salua l’éclatante réussite des alsaces grâce à l’Appellation d’origine contrôlée qui demande abnégation, confiance, application et espérance au vigneron. Le dîner du chapitre servi dans la salle Schwendi avait été confié avec bonheur à Joseph Leiser de l’Auberge du Zahnacker à Ribeauvillé, fait Confrère Sénéchal de la confrérie.

Publié le 16/03/2018

Trois fils de viticulteurs haut-rhinois, étudiants en BTSA Viticulture-Œnologie, proposent avec Equi & Tech, une exposition et une démonstration de machines viticoles lors des portes ouvertes de leur établissement.

L’utilisation de matériels à la pointe de la technologie facilite certaines tâches et limite la pénibilité du travail. Florian Keller, Mathieu Schiele et Pierre Wagner, étudiants en BTSA à Rouffach, ont souhaité faire découvrir aux viticulteurs quelques innovations technologiques à travers la présence de plusieurs concessionnaires. « En tant que futurs professionnels, nous sommes attentifs aux nouveautés qui offrent des alternatives de travail tout en favorisant les rendements », expliquent-ils. Ainsi, ce samedi, Berger Machine Agricole de Saint-Hippolyte présentera l’incontournable tracteur Carraro, dont elle a l’exclusivité en Alsace. Andelfinger de Ostheim exposera deux modèles de tracteurs, le nouveau New Holland et celui de la société BCS. Muller présentera un McCormick isodiamétrique et le prestataire Gsell Entreprise sa machine à vendanger, à la pointe de la technologie. Enfin, Provitis de Sainte-Croix-en-Plaine dévoilera le dernier prototype de machine à descendre le bois et de nombreux autres matériels. Destinée aux professionnels de la viticulture, cette exposition est aussi ouverte à tous les curieux en matière d’agroéquipements.

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