Viticulture

La Maison Joseph Cattin récompensée par le Prix d’excellence

« On essaie toujours de faire mieux »

Publié le 20/04/2018

Le 31 janvier, la Maison Joseph Cattin de Vœgtlinshoffen a reçu le Prix d’excellence qui récompense les producteurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans leur catégorie pendant les trois dernières éditions du Concours Général Agricole de Paris. Le fruit d’un travail quotidien tourné vers la recherche constante de qualité.

« Mon arrière-grand-père, Joseph Cattin, avait déjà acquis le titre de vignoble modèle. » Jacques Cattin fils le sait, l’excellence si chère à son père Jacky est inscrite de manière viscérale dans l’ADN de la famille. Dans cette maison réputée de Vœgtlinshoffen, cette notion qualitative se transmet de génération en génération. Année après année, diplômes et médailles sont venus récompenser cette recherche constante du « toujours mieux ». Parmi les concours où la maison Joseph Cattin réussît à s’illustrer de manière récurrente, celui de Paris figure en bonne position. Et cette année plus encore. Le 31 janvier, elle a reçu le très convoité Prix d’Excellence qui récompense depuis 18 ans les producteurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans leur catégorie de produits lors de trois éditions consécutives du Concours Général Agricole. C’est la deuxième fois en mois de dix ans qu’elle reçoit ce prix. Une sorte de « Graal » en quelque sorte qui récompense le travail d’une « très bonne équipe » tient à rappeler Jacques Cattin. Car dans le domaine familial, la réussite est avant tout une affaire collective. Il y a tout d’abord son oncle, Jean-Marie, qui s’occupe de la conduite du vignoble, son père, Jacky, qui entre deux sessions parlementaires, déguste avec son palais expert les futurs vins qui seront mis en bouteille, son épouse Anaïs, qui a apporté ses compétences commerciales, et les trois chevilles ouvrières de la vinification que sont l’œnologue Corinne Perez, le caviste Stéphane Metzler et le chef de cave à Steinbach Christophe Kempf. « Nous ne sommes plus un petit domaine de cinq hectares où l’on pouvait tout faire tout seul. Aujourd’hui, on doit s’appuyer sur une somme de compétences pour réussir », explique Jacques Cattin. L’autre grande force du domaine, ce sont ses 72 hectares de vigne. « On peut maîtriser les rendements, séparer les terroirs, et du coup tirer le meilleur parti des raisins. On peut tout gérer dans les moindres détails du début à la fin. Du coup, on dispose d’une belle marge de progrès. » Et pas question de privilégier une gamme de vins au détriment d’une autre. « On fait des efforts sur toutes nos cuvées. On n’abandonne aucun vin. » Forcément, un tel niveau d’exigence ne va pas sans un minimum de pression pour l’équipe en charge de la vinification. « Chaque année, on repart de zéro. Il n’y a jamais de recette à reproduire. On doit juste faire aussi bien ou mieux. Et au final, ce sont les dégustations qui donneront le verdict », commente Stéphane Metlzer. Le « style » Cattin Et puis il y a le « style » Cattin. Celui-là même que Corinne Perez a découvert lors de son arrivée dans l’entreprise il y a un an. Auparavant, elle était œnologue chez un négoce bas-rhinois où il n’y avait pas de vigne. En arrivant à Vœgtlinshoffen, elle reprend un contact direct avec la terre et le terroir, et découvre des « bons gewurztraminer et pinots gris » avec plus de chaleur, de puissance et de potentiel de garde que ce qu’elle avait pu voir jusqu’alors. « J’ai été très marqué par ces gewurztraminers qui ont un côté très exubérant et très riche, ainsi que par les muscats très expressifs qui allient la finesse aromatique et la richesse en bouche. » Et puis il y a les rieslings, dont « l’emblématique » Pur de Roche qui se caractérise par une « super minéralité » et un grand potentiel de garde. Un cépage que Jacques a voulu accentuer lorsqu’il a rejoint son père dans l’exploitation en 2007. « Lui, c’est le côté un peu plus droit et la rigueur que l’on retrouve dans le riesling, tandis que Jacky a un côté plus exubérant et généreux qu’on retrouve dans les gewurztraminers », constate avec malice Corinne Perez. Le rouge occupe aussi une bonne place sur la carte de maison Joseph Cattin. Et là peut-être plus encore, cela demande énormément de rigueur pour faire naître d’excellents pinots noirs. « C’est un cépage qui n’a pas beaucoup de tanin et de couleur. Il faut maîtriser les rendements si on veut faire quelque chose de plus corsé. Et uniquement à la vendange manuelle bien sûr », souligne l’œnologue. Là encore, cette recherche constante du « toujours mieux » a porté ses fruits avec les pinots. « Avec les années, on a su monter en gamme. On talonne bien les bourgognes actuellement », estime-t-elle. Du bio « bon », pas du bio « snob » Encore faut-il le faire savoir, notamment à l’étranger où, comme le rappelle Jacques Cattin, « on ne déroule pas le tapis rouge à l’Alsace ». Pourtant, c’est hors des frontières hexagonales que les vins d’Alsace disposent d’un gros potentiel de développement selon lui. « On a la chance de vinifier tous les cépages et toutes les appellations. L’excellence, c’est toute la viticulture alsacienne. On a les bons terroirs, les bons cépages. Sur toutes nos appellations, ce n’est que du qualitatif. Nos liquoreux par exemple n’ont pas à rougir face à des sauternes. Il n’y a pas que le sucre. Il y a aussi le côté fruité, une belle fraîcheur, et un côté plus audacieux et plus sauvage. Je pense que nous devrions être plus fiers de nos terroirs et de nos vins, et de moins regarder la concurrence à l’échelle locale. L’Alsace a tout intérêt à faire connaître ses bons vins. Mais nous avons encore trop tendance à nous dénigrer facilement alors que nous avons de sacrés atouts », considère le vigneron. « Comme nous le répète souvent Jacky, pour faire de l’export, il faut faire de belles choses », complète Corinne Perez. Et aussi répondre à toutes les demandes. La dernière en date provient des pays scandinaves pour des vins « 100 % bio et vegan ». « On a donc décidé de lancer une gamme bio qui complémentera notre carte de manière originale. Mais du bio bon, pas du bio snob, avec le même niveau d’exigence qualitative que pour nos autres productions », ajoute Jacques Cattin. L’essentiel est que le client soit séduit et qu’il ait envie de renouveler ses achats. « Et si le client aime nos produits et revient de manière récurrente, c’est certainement la plus belle récompense pour notre équipe, bien plus qu’une médaille », conclut Jacques Cattin.

Travail du sol : TMV mise sur la simplicité avec les outils Bähr

Lundi 16 avril, à l’entrée de Sigolsheim, sur une parcelle d’Alain Kuehn, la société Thorr Mécanique Viticole proposait une démonstration d’outils de travail du sol pour les cavaillons. En l’occurrence des bineuses rotatives et bineuses à doigts de la société Allemande Bähr montées sur un châssis conçu en propre par TMV.

Concours des grands vins blancs du monde

La course à l’or… blanc !

Publié le 13/04/2018

Dix-huit pays ont concouru les 8 et 9 avril pour décrocher les prestigieuses médailles d’or du concours des grands vins blancs du monde. Une édition 2018 étoffée d’un 6e concours, celui des vins blancs de cépage et d’assemblage du monde.

C’est au Palais des congrès à Strasbourg que la directrice des salons de Strasbourg Événement, Josiane Hoffmann, et Christine Collins, chef de projets, ont accueilli les 70 membres du jury international du concours des grands vins blancs du monde, les 8 et 9 avril. Dix-huit pays ont participé à cette édition, sous le patronage renouvelé de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), pour ces six concours, riesling, sylvaner, pinot gris, pinot blanc, gewurztraminer, le dernier étant consacré aux vins blancs de cépage et d’assemblage du monde. Christine Collins a précisé aux membres du jury que, pour les vins de cépage et d’assemblage, les critères de dégustation sont « identiques aux autres concours », que « c’est 100 % cépage », dont du chardonnay entre autres, « qu’il faut faire abstraction de son goût personnel et ne pas chercher à deviner le cépage ». Exercice pas si facile pour certains. Les dégustateurs internationaux, issus de la viticulture, de l’œnologie, de la sommellerie et de différents métiers ont noté et commenté les échantillons de vins selon leurs aspects visuels et olfactifs, l’impression donnée au palais, celle d’ensemble et la typicité du produit. Un maximum de 30 % des vins peuvent être médaillés, le minimum de 85 points étant requis pour une médaille d’or. Rieslings, impressions contrastées Sur une première série de rieslings, les commentaires ont différé. Le professeur docteur Monika Christmann, présidente de l’OIV, a exprimé sa déception, n’ayant pas eu « d’enthousiasme ». Elle a trouvé ces vins « un peu plats, tellement jeunes, malgré un millésime 2015 ». Wolfgang Hehse, œnologue allemand, a partagé cet avis sur une série de rieslings 2016, qu’il a jugé « moyens ». Justine Schmitt, reine des vins d’Alsace, a jugé des rieslings 2016, « pas assez expressifs » selon elle. Alicia Eckert Diaz, de Colombie, s’est dit déçue : « La qualité attendue dans ce concours de haut niveau n’était pas au rendez-vous ». À l’inverse, Serge Dubs, meilleur sommelier du monde 1989, s’est dit vraiment « épaté » par sa série de rieslings grands crus 2015, « des plus secs aux plus riches, avec de grands écarts de sucre résiduels ». Ils sont différents mais ce sont « des vins dynamiques ». Une série particulièrement belle, avec quatre médailles d’or attribuées a priori, en espérant que « parmi eux figure un vin alsacien » ! Pélagie Herzog, œnologue de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, présidente de table, a pu apprécier une série de rieslings 2017, secs et plutôt réussis, avec trois médailles d’or. Jessica Quillet, Canadienne, a été séduite par la série dégustée, rappelant que ce cépage, « peut produire tellement de choses différentes. En ce dimanche, c’est un bon jour pour les rieslings » ! Le journaliste américain Michael Schaefer, conquis par la série de rieslings 2017, « aromatiques, très typiques », indique qu’il aborde la dégustation « avec un esprit ouvert, pour aller à la rencontre des vins sans idées préconçues ». Quatre maisons alsaciennes primées Cette édition 2018 a consacré les blancs d’Alsace avec quatre domaines alsaciens qui remportent les grands prix des six concours. Pour le riesling du monde, c’est la Maison Wolfberger d’Eguisheim avec un riesling 2015 Sélection de grains nobles. La Maison Welty d’Orschwihr décroche le grand prix gewurztraminer du monde sur un gewurztraminer AOC Alsace 2015 SGN. Pour le pinot gris du monde, le jury a choisi le SGN 2015 de la Maison Scherb Bernard et fils SCEA de Gueberschwihr. Le grand prix sylvaner du monde a été attribué à la maison Ruhlmann-Schutz de Dambach-la-Ville avec son Péché de sylvaner 2016. Le grand prix pinot blanc du monde a été décroché par Vinselekt Michlovsy AS à Ravicela en République tchèque. Le 6e concours des vins blancs de cépage et d’assemblage du monde a été remporté par la Slovaquie qui est distinguée avec un tokay cuvée Slamové vino d’Ostrozovic Spol Sro à Velna Terna.

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