communication

Confrérie Saint-Étienne

Un chapitre couleur bio

Publié le 27/09/2018

Le château de Kientzheim a accueilli samedi 22 septembre un chapitre doublement exceptionnel. D’abord parce qu’il était placé sous le signe des vins bios ; ensuite parce que Jean Rottner, président de la Région Grand Est, a été intronisé confrère d’honneur. Beaux trophées pour la grand maître de la confrérie Saint-Étienne d’Alsace, Martine Becker.

Côté vins, la confrérie ne reconnaît que ceux estampillés Alsace. Sans déroger à ce principe, la grand maître 2018 a voulu mettre les vins bios en exergue : 16 % du vignoble alsacien, ce n’est plus anecdotique. Dans son allocution, Martine Becker a bien sûr vanté tous les mérites des vins bios ou nature : « La philosophie bio s’inscrit à présent dans la vie de l’Alsace ». Mais elle s’est aussi lancée dans un sévère réquisitoire contre les « entreprises tueuses de nature ». Il y a une prise de conscience de plus en plus forte et le monde de l’enseignement, surtout agricole, fait un excellent travail de fond sur la biodiversité. Après les points protocolaires du chapitre, elle a fait procéder aux intronisations. Une petite promotion de dix consœurs et confrères apprentis et un confrère compagnon (Nicolas Fargeas, fils d’Éric, délégué général de la confrérie). Pour le grade de consœur ou confrère œnophile, il y avait dix promus. Les majestés d’abord : Margaux Jung, reine des vins d’Alsace, et ses dauphines, Pauline Husson et Flore Ansel. Puis le monde bio : Julien Scharsch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), son directeur, Joseph Weissbart, et Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio. Et enfin, l’enseignement agricole et viticole : Véronique Sirguey, responsable du programme BTS au lycée agricole de Rouffach-Wintzenheim, Godfroy Browne, directeur-proviseur de cet établissement, et Jérôme Fontaine, proviseur adjoint. Alain Renou, directeur du Synvira, a également été intronisé confrère œnophile. Jean Rottner, confrère d’honneur À l’épreuve des deux verres, Jean Rottner a préféré le vin sec « car il est droit » et au loyala, il a affiché une adresse de vieux vigneron ! « L’Alsace, c’est ma terre, a-t-il dit dans son allocution. Des paysages formidables, une culture à laquelle je suis attaché, et j’aime son vignoble, ses vins et son histoire. J’ai appris à connaître la viticulture, les vignerons et leur communauté d’esprit. C’est ça l’Alsace et ça ne changera jamais ! » Entre les différents paragraphes de ce chapitre, la grand maître et son major, Ignace Kuehn, ont fait servir des millésimes repères : un riesling 1972 (1er cahier des charges bio français), un tokay pinot gris 1985 (création du logo AB) et un gewurztraminer 1991 (création de l’Opaba). Pour la harangue vinique, le héraut, Jean-Louis Vézien, a laissé la parole à la vigne. Elle raconta sa jeunesse insouciante, puis toutes les misères que lui firent les hommes, provoquant toutes sortes de maladies qu’il leur faut combattre avec force chimie, mais l’espoir d’une vie meilleure renaît avec une culture à présent plus respectueuse de la nature. La cheffe Martine Holveck, traiteur bio à Rauwiller, et auteure du dîner du chapitre, a été intronisée au grade de consœur sénéchal.

Publié le 21/09/2018

Le salon Passion de nos terroirs s’inscrit dans la continuité des Assises régionales de l’alimentation. Cette série de débats organisée au premier semestre 2017 a abouti à une feuille de route pour augmenter la part de produits régionaux dans les rayons et dans les assiettes alsaciennes.

« Nous l’avons demandé, vous l’avez fait », a lancé Pascale Gaillot. Mardi, la vice-présidente à la Région a inauguré le premier salon Passion de nos terroirs, un an après les Assises régionales de l’alimentation et la feuille de route qui en découle. Petit retour en arrière. L’an dernier, après six mois de réunions publiques, la Région publie un état des lieux du marché alimentaire régional. Elle y ajoute un plan pour booster la part de produits locaux dans les magasins. Cela doit permettre de « reconquérir les consommateurs du Grand Est », selon l’élue en charge de l’agriculture. Parmi les mesures évoquées, la nécessité de faciliter les contacts entre producteurs et acheteurs. À ce titre, les salons professionnels s’imposent comme des outils de premier choix. Un grand nombre de professionnels se retrouvent dans un espace réduit. Des liens se créent. Pas de contrat mais des contacts Ce type de rencontre n’assure pas de retombées économiques directes. Mais il permet de discuter et de se connaître. « On est là pour faire du business, assume Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Mais avant il faut se mettre d’accord sur le prix, les volumes, la qualité… » Des détails plus faciles à aborder en face-à-face que par téléphone. Mais les volumes semblent être l’élément le plus difficile à respecter. « Nous devons être en mesure d’assurer l’approvisionnement de toutes les demandes. » Qu’elles soient en bio, conventionnel, grande distribution ou circuits courts. Avec Passion de nos terroirs, la Chambre d'agriculture et le Conseil régional font un pas vers la reconquête des clients du Grand Est. D’ailleurs, le salon va aussi poser ses valises à Pont-à-Mousson (54) en octobre et à Châlons-en-Champagne l’an prochain.

BiObernai, conférence de Guillaume Corpard, mouvement végan

Abêtissant !

Publié le 20/09/2018

Au rythme de cinq à dix conférences par mois, Guillaume Corpard écume les salons bios de France pour présenter ses thèses militantes en faveur du mouvement végan et anti-spéciste. Et pour faire la promotion de son livre « Un cri pour la terre ».

Guillaume Corpard était l’invité de cette édition 2018 de BiObernai, le salon bio à Obernai, pour animer la conférence inaugurale. Selon la volonté des organisateurs, BiObernai alterne les thématiques selon la règle « une année, un sujet consensuel, et une année un sujet qui fâche », explique Maurice Meyer. Et cette année, les âmes sensibles pouvaient s’abstenir. Avec globalement, un auditoire plutôt bien prédisposé et sensibilisé à la cause de la souffrance animale, le conférencier militant végan n’a pas eu à s’employer pour contrer des avis opposés, d’autant qu’on ne les a pas laissés s’exprimer lors de cette conférence. Mais au-delà du propos sur le bien-être animal, c’est dans la conférence de Guillaume Corpard alternant entre violences psychologiques, humour, sophismes et morale, que la méthode pour conquérir ses ouailles interpelle. La technique de communication orale éprouvée dissimule une réalité d’endoctrinement à laquelle doit faire face le monde agricole, les éleveurs en particulier. Car derrière le sourire d’un conférencier, il y a des militants déterminés à en découdre avec les agriculteurs, radicalisés et aux facultés de discernement et d’analyse critique altérées par des sophismes, des raccourcis et des messages subliminaux. Par exemple, en enchaînant les images, l’exposé assimile sans nuances les élevages agricoles traditionnels aux dérives en abattage industriel, et à la maltraitance sadique d’animaux domestiques. Bien souvent, face à des manipulations de masse, c’est le sens de l’histoire qui permet à chacun de revenir à la réalité et à la raison, souvent malheureusement après que l’histoire a fait son œuvre. Une conférence en quatre actes. Acte 1, story-telling, l’émotion prend le pouvoir « J’avais une poule, mon animal de compagnie depuis ma plus tendre enfance, et je mangeais un poulet-frite. » Après son histoire, le conférencier plonge son auditoire dans un malaise psychologique à coups d’images et de vidéos chocs de souffrance animale, d’abattage en abattoir, de systèmes sur-concentrationnaires, de dérives… Images dont l’agriculteur éleveur se passerait bien, lui aussi, pour poursuivre paisiblement son activité, sa passion. … Émotion, danger, prise de pouvoir, fondés sur des constats partagés, mais où seules les dérives sont exposées… Et où bien sûr, le rôle de l’animal dans la construction des civilisations est éludé : le façonneur de bocage, le constructeur de cathédrale, l’ouvreur de paysage en montagne ou le transporteur d’hommes… Acte 2 : le sophisme environnemental L’exposé enchaîne sur l’ensemble des maux causés à la planète par l’alimentation animale : bilan carbone de l’alimentation carnée, gaz à effets de serre, sur-pêche, déforestation. Là aussi, Guillaume Corpard ne manque malheureusement pas de références. Mais, encore sous le coup de l’émotion, l’auditoire est amené à penser que le véganisme serait la solution à tous les problèmes. Le véganisme améliorerait le bilan carbone : aucune remarque n’émane du public par exemple lorsque Guillaume Corpard présente sur fond de slide, des fruits exotiques, ananas, avocat, de la « nourriture-avion » dont le bilan carbone est tout aussi, sinon plus contestable que certains modes d’élevage. Exit d’ailleurs les problématiques de transport, de pollution au plastique, de persistants chimiques : la problématique environnementale focalise les attentions - décérébrées par l’émotion - sur la nourriture animale. Acte 3 : après le malaise et la culpabilité, il faut contenter « le moi » Une fois passées la peur, l’inquiétude, la violence, avec des photos il faut bien le dire peu ragoûtantes, dont chacun est conduit à penser que c’est la règle générale, place au contentement, à la satisfaction de son moi profond. Très soucieux de sa santé, le consommateur bio est d’ailleurs plutôt bien prédisposé à entendre ces argumentaires. C’est le lait qui est dans le viseur de Guillaume Corpard. Non seulement il serait inutile, quelles que soient ses formes, en fromage ou naturel. Mais il serait source de problèmes osseux, d’allergies… Aucune réaction de la salle et pourtant : est-ce bien le lait qui est en cause ou nos modes de vie trop sédentaires, nos équilibres alimentaires ? Et une approche un peu plus critique pourrait inviter à questionner : le lait est-il plus utile ou inutile que la carotte ou que la salade ? Acte 4 : le soulagement, la morale Conclusion. Monsieur Corpard rêve d’un monde meilleur où l’homme n’est plus considéré dans le règne animal au sommet de la pyramide de l’évolution. Est-ce parce que certains hommes se considèrent au sommet de cette évolution qu’ils se comportent mal avec les animaux ? Cependant, l’homme est tout de même le seul à être capable de décider de ce qu’il mange et est donc invité à devenir végan pour sauver la planète. Fin de la conférence : les esprits subjugués par le conférencier applaudissent. Monsieur Corpard dit son inquiétude à propos des taux de suicide chez les agriculteurs. Pourtant, à l’écouter, pas sûr que ses propos rassurent les agriculteurs…

Pages

Les vidéos