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Fête des vendanges de la Couronne d’or

Très citadine !

Publié le 22/10/2018

La 17e édition de la fête des vendanges et du goût à Strasbourg a conquis un large public du 12 au 14 octobre.

Ce rendez-vous d’automne place Gutenberg à Strasbourg avec les vignerons de la Couronne d’or, les boulangers et les fromages de la Cloche à fromage, est devenu « une animation importante pour la ville, un moment convivial qui défend un art de vivre », a déclaré Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, lors de l’inauguration de cette manifestation. Une fête qui a attiré 40 000 visiteurs l’année dernière. Argentoratum, première cuvée de la Couronne d’or Outre le jus de raisin et le vin nouveau, les amateurs ont pu découvrir la cuvée inédite des vignerons de la Couronne d’or : Argentoratum. « C’est un vin d’assemblage », précise Xavier Muller, président de l’association la Couronne d’or, en indiquant « l’existence au Vatican d’une cartographie mentionnant le Kronthal et Argentoratum, nom latin de Strasbourg ». Douze vignerons ont participé à l’élaboration de cette cuvée, respectant « un cahier des charges commun », ajoute Xavier Léon Muller. Elle doit contenir « au moins 50 % de riesling, un maximum de 20 % de pinots, 10 % de gewurztraminer et de muscat ». Chaque vigneron a ensuite assemblé les vins à sa guise, avec néanmoins « un maximum de 5 g de sucre résiduel. C’est un vin de gastronomie, léger, fruité, facile à boire. » Certains ont pressé les raisins ensemble, d’autres ont attendu les fermentations pour réaliser l’assemblage. Le domaine Laurent Vogt a par exemple choisi de faire un vin non filtré. Le domaine Bechtold a utilisé des vins du millésime 2016 avec passage en bois. Au final, dans cette cuvée, chaque vigneron mentionné sur l'étiquette a pu mettre sa touche personnelle, « une liberté laissée à chacun ». Personnalités et amateurs ont apprécié les différences de saveurs de cette cuvée. 11 000 bouteilles seront mises en vente. L’idée revient à Bruno Schmitt et à Jean-Marie Bechtold qui ont travaillé en amont sur ce projet. « L’important est d’œuvrer ensemble, pas l’un contre l’autre », insiste Xavier Léon Muller. Pour autant, cette cuvée n’a pas éclipsé toute la gamme des vins présentés durant la fête. Pour la plupart des vignerons, c’est la fin de ces vendanges. « Des vendanges exceptionnelles », sans une goutte de pluie, « du jamais vu », selon Joseph Vierling. Le domaine Fritsch a récolté des gewurztraminers à 18°, « avec une bonne tenue, de la minéralité ». De quoi réjouir vignerons et amateurs pour ce futur millésime !

Sur la ferme Arnaud Metzger à Stattmatten

À la découverte de l’oignon d’Alsace

Publié le 12/10/2018

Du semis au conditionnement, l’oignon a révélé tous ses secrets aux participants à la journée de découverte organisée par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. Rendez-vous était fixé sur la ferme Arnaud Metzger à Stattmatten, le mardi 9 octobre. Un agriculteur qui sait de quoi il parle : il cultive 16 ha d’alliacées, oignon jaune et rouge, échalote, échalion et ail.

C’est la première fois que l’interprofession organise une journée de promotion de l’oignon sec, « une production peu connue et pourtant importante en Alsace », souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. C’est en 2003 qu’Arnaud Metzger se lance dans la culture de l’oignon, sur une surface de 4 ha. À l’époque, il travaille avec un conditionneur. Cette collaboration s’arrête en 2008. Arnaud Metzger et son père décident alors de fusionner leurs exploitations en créant l’EARL Metzger Arnaud et de conditionner eux-mêmes leur production. Une production qui monte en puissance au fil des ans. La création d’un logo en 2017 marque un tournant : il permet à l’entreprise de se démarquer sur ce marché concurrentiel, mais avide de produits locaux, et ainsi de nouer de nouveaux partenariats. Prochaine étape, la construction d’un bâtiment de conditionnement et de stockage. « Nous sommes à la recherche d’un terrain pour concrétiser notre projet. » Le saviez-vous ? Il existe deux types d’oignons, les oignons de jours courts et les oignons de jours longs. Les premiers sont semés fin août pour être récoltés début juin. Les seconds sont semés fin février, début mars et sont récoltés de mi-juillet à début septembre. Les oignons de jours longs sont des oignons de conservation qui permettent de faire la jonction jusqu’à la récolte suivante. « Plus les variétés sont tardives, mieux elles se conservent », souligne Arnaud Metzger. Une bonne bulbaison, clé de la réussite Les oignons sont semés en planches de quatre à six rangs, souvent en doubles rangs, à une profondeur de 2 cm, précise Anaïs Claudel, conseillère de Planète Légumes qui assure le suivi de cette culture tout au long de l’année. Ils ont un système racinaire superficiel, ce qui rend l’irrigation indispensable. « Il faut obtenir un appareil foliaire suffisamment important pour permettre une bonne bulbaison et assurer ainsi une récolte abondante. » À ce titre, la campagne 2018 s’est révélée particulièrement compliquée. « Nous avons fait douze tours d’irrigation », indique Arnaud Metzger. Et pour implanter la future récolte, l’agriculteur a dû arroser la parcelle à deux reprises, afin de pouvoir préparer le sol et semer les graines dans de bonnes conditions. Du jamais vu, foi de producteur… Les besoins en azote de l’oignon sont estimés à 200 unités. Les apports sont fractionnés pour apporter l’engrais au bon moment, en particulier au stade 4-8 feuilles et à la bulbaison. Le calcul des doses à apporter se fait sur la base du bilan sortie d’hiver, précise Anaïs Claudel. Le désherbage est une période très délicate, car l’oignon ne couvre pas le sol et est très sensible à la concurrence des adventices. Les consommateurs étant de plus en plus attentifs à la réduction des produits phytosanitaires, tout est fait pour réduire le recours au désherbage chimique : « Nous préconisons un désherbage alternatif, combinant des interventions chimiques et mécaniques », indique la conseillère. Les principales maladies contre lesquelles doit lutter le producteur d’oignons sont le mildiou, le botrytis, la fusariose. « Ils peuvent détruire complètement une parcelle. » Il existe d’autres maladies comme le thrips. « Dans notre région, la mouche de l’oignon est moins problématique. » La récolte est entièrement mécanisée. Une fois sortis de terre, les bulbes sont acheminés vers le hangar où ils sont effeuillés, puis triés en trois catégories, avant d’être stockés jusqu’à leur conditionnement en sacs à bande en filet tricoté au logo de la famille Metzger. « Nous employons quatre à cinq saisonniers », précise l’agriculteur.

Publié le 08/10/2018

Samedi 29 septembre, Benoît Dutter a offert un tour de moissonneuse-batteuse à une famille de Mulhouse. Le paysan de Witternheim s’est inscrit début juillet sur la plateforme Moissonneuse.fr. Le site met en relation des particuliers et des producteurs désireux d’accueillir des visiteurs dans leur cabine. Un bon moyen de communiquer en direct avec le public sur le métier d’agriculteur.

Les yeux écarquillés, Éliott admire la moissonneuse-batteuse stationnée devant lui. Le blondinet de 4 ans voue une passion sans limite aux gros engins agricoles. Il ne réalise toujours pas qu’il va grimper dans le mastodonte. « Là, son rêve devient réalité », sourit Claire Baqué, sa maman. Benoît Dutter, l’exploitant et hôte du jour, sort de la cabine. Il aide Éliott et Thibault, son père, à se hisser à ses côtés. C’est parti pour une heure de manège dans une parcelle à la sortie de Witternheim, près de Benfeld. La famille de Mulhouse a contacté Nicolas Meyer, le beau-frère et associé de Benoît, sur le site Moissonneuse.fr. Un projet lancé en juillet par David Forge, un agriculteur d’Indre-et-Loire. Concrètement, il s’agit d’une carte interactive sur laquelle les paysans volontaires inscrivent leurs coordonnées. Les internautes les appellent et fixent un rendez-vous. À la clé, un tour gratuit dans une machine agricole. En Alsace, seules deux fermes se sont inscrites. Les Baqué sont les deuxièmes visiteurs à monter dans le véhicule de Benoît. « Ça ne se passe pas comme dans M6 » Les fermiers se changent en forains ? Pas vraiment. L’activité constitue surtout un outil de communication pour le monde agricole. Les producteurs montrent leur travail de tous les jours. Cela permet de casser des idées reçues sur l’agriculture moderne. « Là, les gens voient que ça ne se passe pas comme dans M6 », ironise Benoît. Pendant une heure dans le bocal de pilotage, les Baqué ont défriché leurs connaissances sur le métier. Fonctionnement de l’engin, utilisation du blé… « On a aussi parlé de thèmes d’actualité, comme les pesticides, raconte Thibault, le papa. Je ne savais pas que les agriculteurs n’utilisaient plus d’OGM dans le maïs. » La plateforme web facilite aussi les rencontres entre différents milieux sociaux. Samedi après-midi, Benoît a ainsi passé une heure en compagnie d’une sage-femme et d’un médecin. « Des gens qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer dans notre quotidien », confie le jeune exploitant. Un constat réciproque avec ses visiteurs. « On regarde souvent du bord de la route, mais on n’ose pas déranger l’agriculteur dans son travail, confirme Thibault. Le site casse ces barrières. » Loin de toutes ces considérations, Éliott est aux anges. « Ça m’a beaucoup plu », témoigne-t-il à sa sortie de la machine, un peu intimidé et très fatigué. Le moment est venu de dire au revoir à Benoît, le héros du jour. Mais ses parents lui ont promis qu’il reviendra. L’an prochain pour la récolte des blés.

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