communication

Publié le 14/09/2019

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a inauguré l’édition 2019 de la foire européenne de Strasbourg. Il en a profité pour dresser le bilan à mi-parcours de la politique économique gouvernementale.

C’est en « ami de l’Alsace » que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, est venu inaugurer la 87e foire européenne à Strasbourg, vendredi 6 septembre. Il a été accueilli par de nombreux élus et personnalités, réunis au Palais de la musique et des congrès pour une série de discours préalables à un traditionnel tour de foire. Cette 87e édition se déroule sur un nouveau site, lui a rappelé l’adjointe au maire de Strasbourg et présidente du conseil de surveillance de Strasbourg Événements, Nawel Rafik Elmrini. Un site qui préfigure le futur complexe événementiel strasbourgeois de 100 000 m2 qui mettra la ville « au premier rang » pour l’accueil des congrès en France. Cet équipement a été « inspiré par le désir d’offrir à la place forte strasbourgeoise un environnement économique à la hauteur de son rôle et de son prestige institutionnel », a précisé Roland Ries, maire de Strasbourg, en détaillant les projets engagés pour conforter la place de Strasbourg comme capitale européenne : le nouveau parc des expositions, construit à proximité immédiate du Palais de la musique et des congrès ; le quartier du Wacken, qui accueillera des sièges sociaux d’entreprises, des logements, des commerces, ainsi qu’une réserve foncière de 45 000 m2 pour le développement des institutions européennes. « Ville ouverte et solidaire », Strasbourg ambitionne de « construire des ponts sur le territoire européen », expose son maire. C’est dans cet esprit qu’a été aménagé le quartier des Deux-Rives relié à la ville voisine de Kehl par un tram transrhénan. 20 000 habitants s’installeront à terme dans ce nouveau quartier, que la municipalité a voulu « écologique et durable », précise Roland Ries. Ville siège du Parlement européen, Strasbourg a vocation à le rester, l’a rassuré Bruno Le Maire. Le ministre de l’Économie, qui se dit « attaché à l’Alsace », se réjouit de la naissance de la collectivité européenne d’Alsace. « Vous avez été un modèle de travail coopératif », lance-t-il aux élus qui se sont rassemblés autour de ce projet. Politique de l’offre Revenant à la politique économique, Bruno Le Maire constate que « les résultats sont là ». La France affiche « une des croissances les plus solides de la zone euro : 1,4 % » et a réussi à créer 500 000 emplois en un peu plus de deux ans. L’économie française redevient attractive, se réjouit le ministre de l’Économie, qui promet que les allégements de charges seront maintenus et que l’impôt sur les sociétés sera limité à 25 % en 2022 pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. « Cette politique de l’offre a remis l’économie en marche, ce n’est pas le moment d’en changer. Nous la maintiendrons. » Cette satisfaction est tempérée par le contexte international, que Bruno Le Maire juge « instable et menaçant ». La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ne fera que des perdants, pronostique le ministre de l’Économie et des Finances. Elle risque surtout de freiner la croissance mondiale. Le Brexit et le ralentissement économique de l’Allemagne sont d’autres sources d’inquiétude. « Nous rentrons dans un monde économique totalement nouveau, avec une croissance faible, une inflation faible et des taux d’intérêt très bas, voire négatifs », relève Bruno Le Maire pour qui les taux faibles « ne sont pas la solution au retour de la croissance et de la prospérité en France et en Europe. » Investir dans la recherche Des défis restent à relever. Le ministre de l’Économie en mentionne quatre : le chômage, l’innovation, la compétitivité et la politique industrielle de la France. Sur le chômage, « nous devons viser les 7 % en 2022 », estime Bruno Le Maire qui souhaite apporter des réponses aux entreprises « pour trouver les qualifications dont elles ont besoin ». L’innovation constitue une question d’indépendance nationale. Pour la soutenir, il faut investir dans la recherche : « Nous ne toucherons pas au crédit impôt recherche », promet Bruno Le Maire, qui croit à la nécessité d’un lien étroit entre la recherche publique et l’industrie. Renforcer la compétitivité passera par la baisse des impôts de production : le ministre de l’Économie se dit déterminé à y contribuer. Enfin, Bruno Le Maire mise sur le Pacte productif 2025 pour relancer la politique industrielle française. « La France est une grande nation agricole. Elle doit rester une grande nation industrielle », dit-il, reconnaissant que cela passera par « des choix compliqués ». La relance de la politique industrielle se fera avec les partenaires européens, estime le ministre de l’Économie, qui cite l’exemple de la filière des batteries électriques montée en partenariat avec l’Allemagne. Peut-être faudra-t-il aussi « repenser les dogmes qui ont fait du tort » : fusionner des entreprises pour rivaliser avec les géants chinois ou américains ou accepter de donner des aides publiques aux industries naissantes, suggère Bruno Le Maire. Le ministre de l’Économie plaide pour un pacte de croissance pour la zone euro afin de sortir de l’« atonie économique européenne ». « Nous n’allons pas rester les bras croisés à regarder la croissance baisser », prévient-il. Dans le cadre de ce pacte, il appelle les États qui ont des marges de manœuvre budgétaire, en particulier l’Allemagne, à investir davantage dans les mois qui viennent, afin de soutenir l’innovation et la croissance dans la zone euro.

Foire européenne de Strasbourg. Inauguration de l’espace agricole

Des distances et des frontières

Publié le 14/09/2019

L’inauguration de l’espace agricole de la foire européenne de Strasbourg a été l’occasion d’évoquer les chantiers qui vont mobiliser le monde agricole dans les prochains mois. À savoir : ZNT, Ceta, Mercosur, communication, restauration hors foyer, sécheresse… L’automne s’annonce studieux !

C’est le dernier épisode du feuilleton sur les pesticides : le 4 septembre, le ministre de l'Agriculture a annoncé que des mesures de protection des riverains lors de la pulvérisation d’un produit phytosanitaire, notamment une distance minimale de non-traitement aux abords des habitations, entreraient en vigueur le 1er janvier 2020. Une consultation publique d’un projet de décret visant notamment à fixer cette distance a été lancée lundi 9 septembre sur les sites du ministère de l’Agriculture, le même jour que l’inauguration de l’espace agricole de la foire européenne de Strasbourg. Le sujet a donc été évoqué à plusieurs reprises par les intervenants. À ce stade, la distance minimale de non-traitement la plus couramment évoquée est de 5 mètres à proximité des habitations pour les cultures basses, et de 10 m pour les cultures hautes. Largement insuffisant pour certains. Déjà trop pour d’autres. Ouvrir une consultation publique sur ce sujet clivant, c’est donc ouvrir une boîte de Pandore. C’est en tout cas ce qu’estime Pascale Gaillot, vice-présidente de la Région Grand Est, « tétanisée » par ce débat : « Soumettre ce sujet à une consultation citoyenne, c’est jeter l’agriculture en pâture à l’opinion publique. Parce qu’évidemment les consommateurs vont demander les plus grandes distances possible, pour se protéger, et c’est normal », souligne-t-elle. Sauf que, comme le constate le député Antoine Herth, le sujet est « déjà parti dans l’émotionnel ». Les experts en santé publique auront beau dire qu’une distance de 5 m est suffisante pour préserver la santé des riverains, ils ne seront plus entendus. Pour sa part, il plaide pour que ce sujet n’engendre pas de nouvelles distorsions de concurrence au niveau européen. « En Allemagne, une distance de non-traitement existe, elle est de 2 m, et c’est gérable, mais au-delà c’est compliqué », estime-t-il. Car instaurer des distances de non-traitement trop importantes peut rendre considérablement plus complexe le travail des agriculteurs, surtout dans des secteurs où la pression urbaine est importante et le parcellaire morcelé, comme en Alsace. « L’arbitrage final devra permettre à tous les territoires de rester productifs, pour ne pas engendrer de zones de friches », insiste Antoine Herth, qui incite les agriculteurs à « mettre leur voix dans la balance » dans le cadre de la consultation publique. Ce qui gêne aussi le monde agricole dans le dossier, c’est que des Chartes riverains ont été instituées par la loi EGAlim. Leur objet est justement de co-construire une charte de bonnes pratiques entre les organisations agricoles et environnementales. Le projet de décret arrive donc comme un cheveu sur la soupe. Même si Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, a précisé que les territoires où une charte riverain a été signée avec les préfets avant la fin de l’année ne seront pas concernés par le futur décret. Dommage pour les autres car, estime Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, la concertation aurait été la meilleure solution : « Les agriculteurs sont prêts à trouver des accords avec les riverains. Mais s’ils font des efforts, ils doivent être accompagnés et compensés. » Mieux vaut être seul que mal accompagné Autres sujets brûlants le Ceta et le Mercosur. Deux accords de libre-échange qu’Antoine Herth se refuse absolument à mettre dans le même panier. « J’ai voté pour le Ceta car c’est un bon accord, qui donne des garanties en matière de protection du climat, des AOP… C’est un plus par rapport à un non-accord », justifie le député, qui rappelle qu’il y a des opportunités à saisir sur le marché international. Mais pas dans n’importe quelles conditions. Ainsi, il juge tout autrement l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne : « Le Brésil n’est pas mûr pour conclure un accord équilibré et équitable, notamment parce que l’instabilité politique y est encore trop grande ». Mais, estime le député, l’export est, avec la restauration hors foyer, une des deux voies de valorisation de la production agricole française où existent encore des marges d’expansion. Structurer les filières En matière de consommation locale, l’Alsace a déjà fait beaucoup de chemin. L’un des emblèmes du travail accompli est la marque Savourez l’Alsace - Produit du Terroir, qui valorise des produits dont l’origine alsacienne est tracée du producteur au consommateur. « C’est un pari réussi. Mais il faut aller plus loin. Car entre les producteurs et les consommateurs, il y a tout un pan d’intermédiaires à structurer et à fédérer », estime Philippe Boehmler. Car c’est la condition sine qua non pour développer la part des produits locaux dans la restauration hors foyer, en plein développement. « C’est un enjeu que nous devons relever avec l’aide des collectivités et de l’État », confirme Jean-Michel Schaeffer, président d’Alsace Qualité. Et Pascale Gaillot ne dit pas autre chose : « Nous devons arriver à structurer les filières pour répondre aux marchés publics ».

Concours interprofessionnel du fromage munster

Une « diversité » à départager

Publié le 13/09/2019

Le concours interprofessionnel du fromage munster a eu lieu dimanche dernier à la Maison du fromage, à Gunsbach. Près de 70 fromages de toute la zone AOP ont été goûtés, comparés et notés par un jury de professionnels. Pour les médaillés d’or, c’est un tremplin pour le Concours général agricole qui aura lieu au mois de février à Paris.

Comme pour les vins d’Alsace, le fromage munster est riche d’une grande diversité. Entre munster géromé, munster laitier provenant d’industriels, munster fermier issu… de la ferme, munster fermier bichonné par un affineur, et les déclinaisons au cumin, il y a quasiment autant de nuances de saveurs et d’aspects qu’il y a de producteurs au sein de l’AOP. Une « richesse » qui, tous les ans, est passée au crible d’un jury d’experts lors du concours interprofessionnel du fromage munster. Cette année, c’était à la Maison du fromage, à Gunsbach. Près de 70 munsters ont été goûtés, comparés et départagés avec des médailles d’or, d’argent et de bronze (voir le palmarès en encadré). Pour les sept arrivés en pole position, c’est l’assurance de pouvoir participer au Concours général agricole qui aura lieu en février prochain à Paris ; le Syndicat interprofessionnel du fromage munster (SIFM) prenant à sa charge leurs frais d’inscription. La « patte » du producteur Mais à quoi reconnaît-on un « bon » munster ? D’abord, son aspect : un croûtage de couleur rouge orangée, une pâte « souple » avec un peu d’ouverture, un cœur crayeux. Puis vient le goût typique du munster, avec ses notes florales définies au préalable. Des critères précis qui sont sublimés ou non par la « patte » du producteur ou de l’affineur, mais aussi par la qualité de la matière première, à savoir le lait. Et il y a aussi toute l’histoire derrière chacun de ses fromages. Pour les petits producteurs par exemple, cela peut être un héritage familial issu de plusieurs générations avec toute la sensibilité qui va avec. « Dans tous les cas, nous nous attachons tous à faire perdurer un fromage ancestral, quel que soit notre profil. Je dirais même que cette diversité de producteurs au sein de notre AOP est une vraie richesse qu’il faut à tout prix conserver ; et qui doit ressortir dans les médailles que nous distribuons », explique le président du SIFM, Florent Haxaire. Contrairement au vin vinifié une seule fois par millésime, le munster peut être fabriqué une à deux fois par jour, entraînant de fait une grande variabilité dans le résultat final. « Nous ne contrôlons pas la matière première. Il faut à chaque fois s’adapter au lait. Chaque jour, notre travail technologique est remis en question. Ce qui veut dire qu’on peut être médaillé une année mais pas celle d’après. C’est plus aléatoire que dans le vin », poursuit Florent Haxaire. Médaillé ou non, le munster continue de bien se vendre auprès des consommateurs, notamment le fermier (le nombre de producteurs est d’ailleurs en augmentation) et celui qui est affiné. Seul le munster laitier connaît, il est vrai, une baisse de volume. Un phénomène que le SIFM a bien l’intention d’enrayer à travers sa nouvelle campagne de communication et de promotion (lire en encadré).

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