commercialisation

Agreste. Bilan conjoncturel 2016

Les prix des vins AOP sont repartis à la hausse

Publié le 06/01/2017

Bonne nouvelle pour les cours du vrac : Agreste, le service de statistiques du ministère de l’Agriculture, vient de publier son bilan conjoncturel 2016, qui fait état d’un retour au dynamisme des prix des vins d’appellation dans leur globalité, à la propriété et au commerce. Une tendance qui ne devrait pas s’infléchir pour 2017.

« 2016 : une année marquée par la baisse généralisée des récoltes sous l’effet des intempéries », introduit la note de conjoncture d’Agreste, publiée en décembre dernier. Elle passe en revue toutes les productions, viticulture y compris. « Selon les estimations établies au 1er novembre 2016, la récolte viticole s’établirait à 43,2 millions d’hectolitres (Mhl) en 2016, inférieure de 10 % à celle de 2015 et de 6 % à la moyenne des cinq dernières années. » Malgré ce repli, la France se maintiendrait devant l’Espagne, au deuxième rang mondial derrière l’Italie, note Agreste. Par région, les répercussions au niveau des récoltes ont été très marquées : - 31 % en Val de Loire, - 23 % en Champagne et - 20 % en Bourgogne. Toujours selon Agreste, seules l’Alsace et le Bordelais seraient épargnées par cette baisse de production : une vingtaine de pourcents en plus pour l’Alsace et + 7 % avec 6,052 Mhl pour Bordeaux. Agreste revient ensuite sur le bilan de la campagne de commercialisation. Au sortir de la vendange 2015, les stocks d’AOP étaient en augmentation de 2,8 % (et de 27 % pour les IGP). Mais les disponibilités (ensemble formé par la récolte et les stocks à la propriété en début de campagne) étaient en repli de 1,4 % pour le total AOP, en raison de la petite récolte 2015. Dans ce contexte, les prix des vins d’appellation à la production ont progressé de 3 %, selon les données de l’indice des prix agricoles à la production. De même, à la commercialisation, les prix des vins d’AOP (hors champagnes) sont également en hausse significative + 7,5 %, se situant systématiquement au-dessus des cours 2015. La tendance n’est hélas pas aussi bonne pour les autres vins (IGP, VSIG) dont les prix de commercialisation 2016 se sont établis en deçà des prix 2015 (- 4 %) « avec un repli prononcé depuis juin 2016 par rapport aux mois précédents ». Des prix d’IGP et VSIG peut-être à rapprocher des chiffres d’importations de vins en vrac qui atteignent des « niveaux records », des vins importés sous forme de vrac (78 % du total des importations), et essentiellement en provenance d’Espagne qui représente à elle seule 81 % en volume de toutes nos importations de vin. Vrac espagnol importé qui doit donc sérieusement concurrencer les VSIG et IGP français sur le marché français. Globalement, les exportations de vins d’appellation en 2016 ont fléchi en volume de 2,5 % (chiffre de juillet 2016), et en valeur (- 0,5 %) après avoir cependant connu + 3 % sur la campagne précédente. En 2016, seuls les champagnes progressent à l’export de 3 % et 6 % respectivement en volume et en valeur. Mais globalement, Agreste note que c’est l’Europe qui affecte ces baisses d’exportation. Car les exportations vers les pays tiers augmentent de 3,4 % en volume et de 5,3 % en valeur. Avec principalement la Chine et les États-Unis comme moteurs de ces exportations de vins d’AOP. Cette progression vers les pays tiers ne compense pas encore le recul des exportations en Europe. Enfin, retenons qu’Agreste adresse cette note d’optimisme : « Pour la campagne 2016-2017, les disponibilités limitées pour les vins pourraient maintenir les prix à un niveau élevé ».

Maison Feyel Artzner à Schiltigheim

Pas de pénurie de foie gras !

Publié le 23/12/2016

Malgré le recul de la production française de palmipèdes gras suite aux épidémies d’influenza aviaire, le foie gras Feyel Artzner sera au rendez-vous des fêtes de réveillon. En cette fin d’année, l’entreprise alsacienne revisite les classiques et s’inscrit dans les nouveaux moments de consommation.

Indétrônable des tables de réveillon des Français, le foie gras a pourtant failli manquer à l’appel, cette année. La crise sanitaire provoquée par l’influenza aviaire fin 2015 a poussé les pouvoirs publics à mettre en place un plan d’assainissement qui a conduit, à compter du 18 janvier 2016, à l’arrêt de mise en élevage de volailles dans la zone de restriction jusqu’au 18 mai. Environ 4 000 élevages de 18 départements du Sud Ouest étaient concernés par cette mesure qui s’accompagnait de l’arrêt total des abattages pendant quatre mois. Avec pour conséquence la perte de 25 % de la production de palmipèdes gras. Du fait de cette crise sanitaire, la production mondiale de foie gras a connu en 2015 une baisse de 700 tonnes, pour atteindre 25 600 t. « La France a enregistré une baisse beaucoup plus importante, de l’ordre de 4 750 t », explique Nicolas Schwebel, PDG de la maison Feyel Artzner à Strasbourg. Mais d’autres pays européens, comme la Bulgarie et la Hongrie, ont augmenté leur production, ce qui a partiellement comblé le déficit. Une production française en net recul La filière avicole n’est pas sortie de l’auberge pour autant, puisqu’une nouvelle épidémie s’est déclarée récemment : 27 foyers de H5N8, un virus hautement pathogène, ont été confirmés dans les élevages et quatre cas dans la faune sauvage. Par ailleurs, la mise en œuvre de mesures de biosécurité suite à la crise sanitaire de l’an dernier a conduit la filière française à investir et à ralentir sa production, du fait notamment du passage en bandes uniques. « La productivité de la filière française de palmipèdes gras a diminué de 25 % en 2016 », indique Nicolas Schwebel, se basant sur les chiffres de l’interprofession (Cifog). Cette situation a bien entendu provoqué un renchérissement du foie gras frais, que les transformateurs ont dû répercuter sur le prix final de leur produit. Pour autant, le foie gras restera un produit accessible : « La tranche de foie gras (40 g) n’augmentera que de 20 à 40 cts », indique Nicolas Schwebel. Soit une augmentation de 10 à 15 %. Par contre, les exportations françaises ont été fortement pénalisées par cette baisse de la production. Car si les ventes sont restées stables dans la grande distribution, le marché export est en net recul, du fait notamment de la fermeture du marché japonais : - 27 % pour le foie gras cru, - 15 % pour le foie gras transformé. Pour la première fois depuis très longtemps, la balance commerciale du foie gras est dans le rouge : elle passe de 15,9 millions d’euros en 2015 à - 2,80 M€ au premier semestre 2016. Surfer sur la vague des apéritifs dînatoires Malgré cette pénurie, Nicolas Schwebel se veut rassurant : il y aura du foie gras dans les rayons. « La priorité de la maison Feyel Artzner est d’approvisionner les tables de réveillon. Mais nous avons dû faire des choix, en privilégiant les produits à fort savoir-faire et à marque. » Une certaine incertitude règne toutefois à l’approche des fêtes de fin d’année : « Les achats sont de plus en plus tardifs, d’autant que la configuration calendaire n’incite pas les consommateurs à anticiper leurs emplettes », explique Patricia Houdebert, directrice marketing et communication. De belles surprises ont été préparées à leur attention. Feyel propose un foie gras de canard en torchon à l’orange et au Grand Marnier, dans lequel le caractère prononcé du foie gras de canard se mélange aux notes fruitées de la liqueur pour une belle aventure des papilles. Et pour multiplier les occasions de déguster du foie gras, Artzner lance la gamme « Les Apérissimes », des tranches de mousse de foie de canard préparée avec 50 % de foie gras et agrémentée de poivre de Sichuan ou d’orange fraîche pour des apéritifs exotiques et raffinés. De son côté, Artzner remet au goût du jour une recette ancienne, la terrine en porcelaine de foie gras d’oie. Un écrin digne d’un produit d’exception ! Par ailleurs, le chef de la maison Artzner revisite un grand classique, le foie gras en croûte, inspiré de la célèbre recette du pâté de foie gras à la Contades. Bref, de belles idées à savourer !

Publié le 20/12/2016

À l’initiative de l’Agence de l’eau et de l’Eurométropole, le forum Ville & Eau faisait témoigner récemment, des acteurs sur la question des circuits courts et de la production locale comme levier de protection des ressources en eau.

Pour l’Eurométropole et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, les circuits courts de commercialisation de produits agricoles et les nouvelles formes de productions partagées contribuent à l’amélioration de la qualité des eaux. C’est pourquoi le 6 octobre dernier, dans le cadre du forum Ville & Eau, ces deux acteurs territoriaux ont fait exposer plusieurs exemples d’initiatives. Les jardins partagés connaissent un succès grandissant. Avec ses 4 800 jardins familiaux, sur un total de 162 hectares, Strasbourg est la ville la plus fournie de France, indique Serge Hygen, écoconseil à la municipalité. Ces potagers urbains collectifs s’inscrivent dans la suite des jardins ouvriers apparus en 1908, sous le Reichsland. Des photos d’époque montrent la place de la République et la place d’Austerlitz occupées par les jardins. Très développés encore dans les années 1950, les jardins familiaux connaissent une régression dans les années 1970 avec la consommation de masse. Fin des années 1980, on note un redémarrage de ces jardins « gérés par la ville et des associations en délégation de service ». Au début des années 2000, un nouveau sens est donné à ces jardins, avec la notion de jardins partagés qui n’ont plus pour seule vocation de contribuer à subvenir aux besoins alimentaires, mais visent à recréer du lien social. À vocation sociale En 2005 est inauguré le premier jardin partagé, géré dans le cadre de la politique d’habitat social. En 2008, la ville dédie un service à la gestion de ces jardins, « avec un cadre juridique défini pour les jardins partagés sur la question foncière, la question sanitaire, et la ville se charge des aménagements ». Les habitants en bénéficiant doivent se constituer en association, signer une convention avec ville dont l’objectif intègre la question du lien social. Strasbourg compte en 2016 une vingtaine de jardins partagés. Ce sont des jardins de 1 000 m2 partagés par 50 personnes et dont la ville reste propriétaire. Entre ces deux formes, l’une très collective qu’est le jardin partagé, l’autre plus individuelle qu’est le jardin familial, existe le potager urbain collectif, où chaque parcelle qui est louée à une famille a une véritable finalité nourricière, explique Serge Hygen. C’est le cas de Sevran en région parisienne. Parallèlement, la Ville de Strasbourg accompagne une action plus éducative dans ses périscolaires. Elle consiste à « aménager un jardin pédagogique durable dans un établissement scolaire » dans le cadre d’une politique de l’éducation à l’environnement, explique Bruno Streifer, responsable projet scolaire, éducation physique et à l’environnement, pour la ville. Des équipements de jardinage et points de verdure sont mis à disposition dans les écoles sur la base d’un projet pédagogique défini de concert avec l’Inspection d’académique. Qui en retour forme les enseignants : « Un long travail de coordination », commente Bruno Streifer. Aujourd’hui, la ville et l’académie ont installé une quarantaine de jardins éducatifs dans les périscolaires. Une extension est en réflexion dans les cours d’école, où les jardins servent de support pédagogique à « l’école du dehors », comme des parcours sensoriels. À noter que les « écoles qui jardinent » sont en passe de se structurer en réseau. Restauration collective bio : l’exemple de Charleville-Mézières Pour contribuer à développer les circuits courts, les villes disposent d’un autre levier qui est l’achat des productions alimentaires pour approvisionner leurs cantines collectives, scolaires et autres. Et sur ce point, les habitudes changent, et les acheteurs pour les villes n’ont plus systématiquement recours aux majors de l’approvisionnement alimentaire collectif qui proposent des services de cantine clé en main. Françoise Busnel, à la direction de la cuisine centrale de Charleville-Mézières, a rappelé que la « restauration collective scolaire est très cadrée par une circulaire de prescriptions sous décret depuis 2007 ». Un projet obligeant à 40 % de produits bios avait été refusé par les sénateurs. Effectivement, leur mise en œuvre n’est pas simple, au vu du « corpus de sécurité sanitaire », rappelle Françoise Busnel. Plusieurs problèmes sont à lever : la logistique, les coûts, la question des marchés publics, il faut changer et adapter les techniques culinaires… La ville de Charleville-Mézières distribue 430 000 repas annuels, soit 2 500 repas par jour. Le projet d’introduire 20 % de base bio dans l’alimentation a débuté en 2005 par la rencontre des producteurs, la compréhension réciproque des contraintes de chacun, puis par la formation du personnel cuisinier à l’éducation nutritionnelle, inspirée du Plan national nutrition et santé (PNNS). S’agissant des marchés, il y a une gestion des lots d’approvisionnement, des regroupements de producteurs plus importants, tout en tenant compte des filières. Et pour les coûts, « on a dégagé des marges par l’approvisionnement en barquettes collectives et non pas individuelles ». Les marchés sont passés sur quatre ans. Le projet a également nécessité d’adapter l’équipement des cuisines. « Concrètement, nous proposons un repas bio par mois. Et de multiples produits comme les lentilles, les yaourts, les compotes, les pâtes, le pain, les pommes de terre, sont totalement passés en bio ». Enfin, la parole était donnée à Hélène Clerc, de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique (Opaba), qui a présenté les nombreux partenariats producteurs bios - collectivités en Alsace. Des études de faisabilité sont conduites pour introduire des ventes de paniers garnis à la sortie de l’école, par des maraîchers, parfois les collectivités co-investissent dans des infrastructures pour faciliter la vente et distribution de produits bios ou s’impliquent dans la certification. L’exemple est donné de l’abattoir de Haguenau, récemment certifié bio.

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