commercialisation

Publié le 19/01/2017

Le 28 janvier, Dominique Frey à Dambach-la-Ville accueillera le salon de l’association Patrimoine des terroirs, qui rassemble une trentaine de vignerons de onze régions.

En 2017, l’association Patrimoine des terroirs lance son premier salon itinérant chez Dominique Frey à Dambach-la-Ville. Il aura lieu le 28 janvier. La trentaine de vignerons de cette association tiendra donc salon sur le domaine, où déjà une cinquantaine de professionnels de la restauration et du vin ont réservé, et même des importateurs asiatiques. Patrimoine des terroirs a été créée par Céline Malfait et Alain Vautherot, deux amateurs de vin, qui ont lancé en 2006 l’idée de réunir différents vignerons de France, autour d’un même projet de mise en commun de commercialisation, représentation et distribution des vins, selon une stratégie marketing et un modèle économique imaginés par Céline. Si le projet a connu quelques difficultés pour réussir à agréger des vignerons qui n’ont pas toujours des objectifs similaires, depuis 2010, l’association Patrimoine des terroirs a véritablement pris son envol désormais. La charte qui régit l’association pose des valeurs de terroir, des pratiques environnementales qualitatives pas forcément labellisées bios, et s’adresse à des vignerons récoltants-manipulants. Mais après « un début un peu compliqué pour coordonner l’action, car certains étaient en attente de résultats rapides », explique Dominique Frey, aujourd’hui l’association réunit 30 vignerons de 11 régions viticoles, et propose « une gamme qui ne se fait pas concurrence », précisent de concert Alain et Céline. Un énorme potentiel de développement Le vigneron a un interlocuteur unique, Alain ou Céline. Il expédie ses vins sur la plateforme commune. De là repartent les commandes groupées et panachées de bouteilles. Ce qui représente un atout logistique considérable, « aussi efficace que ce que propose un négociant », explique le duo. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce ne sont pas les cavistes ou les restaurateurs français qui ont jusqu’à présent profité de ce service unique d’être approvisionné sur la base d’une carte de 30 domaines viticoles de 11 régions différentes. Le succès vient notamment de l’étranger : en 2016, l’association a commercialisé 220 000 bouteilles, soit une progression de 156 % par rapport à 2014. Dont 80 % d’exportation en volume, mais 45 % en nombre de commandes. Du panachage de gros volumes pour l’export et du panachage de petits volumes en métropole ou en Europe, pour résumer. Ce qui prouve par ailleurs qu’il y a dans cette association un énorme potentiel de développement, tant sur le marché intérieur, avec des acheteurs qui n’ont pas encore pris conscience de l’intérêt du service logistique, que sur le marché export en croissance organique. Selon Céline Malfait, c’est « la politique commerciale adaptée, bien définie et bien ciblée sur les vins de terroirs de vigneron indépendant », qui explique cette réussite. « Il n’y a pas de vins de marque. » L’association est également présente et représentée par ses vignerons sur les différents salons européens Prowein, Vinexpo, Vinisud : « Nos frais sont mutualisés. Cela nous permet d’y avoir une certaine visibilité en étant présents sans payer plein pot, explique Dominique Frey. Chacun se rend selon ses compétences, sur l’un des salons. Nous, nous parlons allemand, et donc c’est Prowein. »

Chambre d'agriculture d’Alsace

Une année difficile pour la pomme de terre

Publié le 17/01/2017

Avoir une meilleure connaissance des différentes variétés de pomme de terre, déterminer leur potentiel de production et leur capacité à s’adapter selon les différentes conditions climatiques, tel était l’objectif de la réunion d’information organisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace à Saint-Hippolyte.

Le début de la réunion a permis à Denis Jung, conseiller spécialisé pomme de terre au service fruits, légumes et horticulture à la Chambre d'agriculture d’Alsace, de rappeler que les conditions de production en 2016 ont été particulières du fait de la météo. « Jusqu’à Pâques, l’année était normale. Ensuite, nous avons vécu des phénomènes climatiques assez inhabituels en Alsace. Jusqu’à début juillet, il faisait plutôt frais et humide. Ensuite, il y a eu une période sèche et chaude. » Dans le Sundgau, par exemple, il y a même eu trois jours avec plus de 30 mm de pluie. Cela a occasionné beaucoup de difficultés pour planter et produire les pommes de terre. Il a ensuite fallu attendre mi-juin pour le faire avec toujours ces mêmes excès d’eau, peu ou pas de levée, et l’obligation d’effectuer des replantages. En moyenne, il a fallu cinq à six semaines pour lever au lieu des trois à quatre semaines habituelles. En revanche, il n’y a pas eu de problème de désherbage. Dans le Bas-Rhin, sur le secteur de Vendenheim, la situation était identique. En Centre Alsace, l’été a été marqué par de longues périodes de pluies et des orages, puis du très chaud et du très sec. La croissance de la pomme de terre a été favorisée avec une bonne végétation, mais l’apparition de foyers de mildiou. Forte pression du mildiou « Toutes les variétés ont été touchées quels que soient les modes de production », précise Denis Jung. Sur le secteur d’Altkirch, début mai, il y a eu une forte pression. Plus le mildiou se développait, plus la pression augmentait. « Pour les professionnels qui sont en production biologique, les rendements ont été divisés par deux partout en Alsace. Les parcelles sans mildiou étaient rares. La pression fongicide était très importante. Il a ainsi fallu doubler les traitements », constate Denis Jung. Une autre difficulté : le peu de gel l’hiver dernier. Les sols ont rapidement été saturés par les pluies. Les sols ont été compactés avec l’apparition de grosses mottes. À partir de juillet, il y a eu la nécessité d’irriguer. On a également constaté la présence de nombreuses limaces et de taupins. Il y a également ce phénomène physiologique que sont les crevasses. Cela s’explique par des problèmes de croissance de la pomme de terre. Leurs racines n’étaient pas profondes en raison de cet excès d’eau. Et dès qu’il a fait sec, cela s’est desséché. La réunion s’est déroulée au sein de la société Strubler à Saint-Hippolyte. Chez ce reconditionneur, les établissements Desmazières ont présenté leur savoir-faire en matière de production et de commercialisation de plants de pomme de terre. Ils proposent ainsi douze variétés de pomme de terre biologique et en produisent 6 000 tonnes dans une année normale. L’année 2016 a également été décevante avec une production située entre 3 000 et 4 000 t. Des agriculteurs, mais surtout de nombreux représentants des firmes qui achètent et revendent les pommes de terre étaient présents à cette rencontre professionnelle. L’occasion de découvrir le guide variétés 2017 (en couleur et sur papier glacé) où, sur cinq pages, toutes les variétés ont été présentées.

Dans le vignoble bas-rhinois

Des caveaux fort fréquentés

Publié le 17/01/2017

Visiteurs proches ou internationaux, ils étaient nombreux en décembre dans les domaines alsaciens, qui ont pour certains particulièrement bien travaillé durant cette période de Noël, comme en témoignent quelques vignerons bas-rhinois.

La période de Noël est habituellement un bon mois pour les domaines viticoles, mais cette année, les touristes étrangers et visiteurs nationaux sont venus « en plus grand nombre », souligne Michel Scheyder à Ergersheim. Il y a bien sûr les clients fidèles qui viennent à ce moment-là de l’année, en visite dans la famille, mais il constate que ce mois de décembre « fonctionne de mieux en mieux pour le domaine ». L’accueil est d’après lui pour beaucoup, et notamment le vin chaud offert, au vin blanc d’Alsace, et les bredeles faits maison par sa mère Pia, qui ajoute que c’est le pinot gris « qui a été le plus demandé ». Du côté de Blienschwiller « c’est un mois de décembre plutôt bon », indique Céline Metz, avec « des clients différents, des connaisseurs entre autres ». La chambre d’hôtes a également « bien marché avec un nombre de réservations croissant ». « Décembre a été un gros mois », précise un autre vigneron du village, Hubert Meyer, « une clientèle fidèle », venue de toutes les régions de France, des touristes allemands et belges. Les exportations ont bien marché vers les États-Unis, la République tchèque entre autres. Le domaine projette d’investir dans un nouveau caveau cette année, qui devrait être opérationnel le 8 mai, pour le Double rendez-vous des saveurs de Blienschwiller. Exportations, cuvées atypiques Pour André Durrmann à Andlau, décembre a été « stable dans la fréquentation de sa clientèle ciblée » qui vient au domaine pour ses vins bios et nature, « une demande en forte hausse, note le vigneron. Il s’agit de se positionner maintenant sur ce créneau porteur notamment à l’étranger, sinon d’autres vignobles le feront. » Avec son fils, Yann, qui va devenir majoritaire dans le domaine cette année, ils exportent ces vins au Canada et au Danemark. Il a également participé au marché off de Strasbourg, en créant l’originalité avec un vin chaud à la mirabelle et au vin blanc. À Gertwiller, Céline Zeyssolff dresse un constat très positif. « Il y a plus de 30 % de particuliers en plus sur l’année, et sur le mois de décembre, une hausse qui a compensé les cadeaux des comités d’entreprise, plus réduits. » Le phénomène de leur nouveau caveau, mentionné dans les guides à Strasbourg, a sans doute contribué à cette augmentation du nombre de visiteurs. Une bonne partie de la clientèle est locale, précise la viticultrice, 30 % sont des Américains, des croisiéristes. Le domaine a accueilli 150 bus d’Américains en 2016 et commencé à « démarcher le marché chinois ». « Le klevener reste le vin le plus demandé sur le domaine », mais Céline Zeyssolff constate que les visiteurs sont de plus en « friands de cuvées atypiques » comme leur pinot gris rose, la demande de plus en plus tournée vers la nouveauté et l’originalité, une tendance également dans les crémants, « des microcuvées qui valorisent les vins ». Cette année Céline Zeyssolff note « un prix du panier de la clientèle sensiblement en hausse, plus dans le plaisir, dans les coups de cœur », lui semble-t-il, pour des vins haut de gamme. La fréquentation de leurs gîtes a également augmenté cette année en décembre. Une période de Noël restée visiblement très attractive dans ce vignoble.

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