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Élevage de jeunes bovins Boime-Daul, à Pfettisheim

Un robot qui trie les buveurs, en nurserie

Publié le 05/02/2022

Depuis juillet 2019, les veaux sont triés automatiquement, en nurserie, à l’élevage allaitant Boime-Daul, à Pfettisheim. Un robot laisse passer ceux qui ont biberonné et retient les autres, jusqu’à ce que tous les veaux aient bu. Les tout jeunes animaux vont à leur rythme, sans stress, et les hommes sont déchargés de leur manipulation pénible et chronophage. Wahl Équipements a programmé la machine conçue par l’éleveur Laurent Boime.

En cette belle journée de fin janvier 2022, les ventilateurs tournent dans les étables d’engraissement, à l’élevage de jeunes bovins montbéliards Boime-Daul, à Pfettisheim. « Ils se déclenchent dès 6 °C », souligne Dominique Daul, l’un des deux associés de la ferme. D’une ventilation statique, ils sont passés à une ventilation dynamique, en 2010. Dominique précise : « les animaux gagnent 100 g de GMQ (gain moyen quotidien), depuis. » Une trentaine de ventilateurs sont disséminés dans tous les bâtiments d’engraissement. En 2010, toujours, Laurent Boime et Dominique Daul ont construit la nurserie ; le seul bâtiment de l’exploitation à avoir une toiture isolée, des panneaux sandwichs, qui permettent à l’étable de rester plus fraîche de 3 °C, en été. Depuis 2019, qu’ils ont choisi d’abandonner la race charolaise pour les montbéliards - plus rémunérateurs -, ils y accueillent non plus 55 mais 70 veaux de quinze jours - trois semaines, de 55 à 60 kg, tous les deux mois. Cet afflux de bébés est un challenge qui en a amené un autre : la création d’un automate de tri des veaux, lors des deux buvées quotidiennes. « L’objectif est qu’un seul de nous deux s’occupe des veaux, sans aide extérieure, et de se délester du travail physique d’attraper les veaux qui n’ont pas bu », résume Dominique Daul, quant aux hommes. La machine, conçue par Laurent Boime, construite par Dominique et programmée par Wahl Équipements, laisse sortir du box d’attente puis du sas de tétée uniquement les veaux qui ont bu leur litre de lait. Le distributeur automatique de lait (Dal) est relié à l’automate. Les petits, moins manipulés, sont moins stressés et, une fois qu’ils ont bu, ont plus de place, relâchés dans la plus grande partie du box. « On leur laisse le temps. Ils boivent à leur rythme », ajoute Dominique, quant aux veaux. L’amplitude horaire peut frôler les douze heures, pour une buvée. Le matin, la première a lieu de 9 h 30 jusqu’à 16 h, habituellement, et le soir, la seconde s’étend de 18 h 30 à 7 h. Les veaux restent, à la nurserie, de 45 à cinquante jours, jusqu’à leur sevrage ; le temps de prendre entre 800 et 900 g/jour. Pendant les 42 premiers jours, ils ont droit à deux buvées par jour. Ils avalent de 3 à 5 litres de lait, quotidiennement, avant de repasser à 3 litres. Inédit « Ça n’existe nulle part ailleurs, en Alsace. On a inventé ça », dit fièrement Dominique Daul, face à leur machine de tri. Le box des veaux est coupé en deux, au début d’une buvée. Chaque petit animal arbore une boucle électronique, qui permet sa détection. La barrière pivote au fur et à mesure. Ceux qui ont bu entièrement leur ration sortent. Les autres restent dans le box d’attente jusqu’à ce qu’ils aient descendu leur quota. Quatre heures après le début d’une buvée, les éleveurs rétrécissent le box d’attente, qui se vide progressivement. « Quand ça fonctionne, c’est très bien », dit malicieusement Marie-Thérèse, la mère de Dominique, retraitée, qui apprécie suivre les veaux, ainsi. Face à sa mine réjouie, aucun doute : dans l’immense majorité des cas, tout roule. Ce qui n’empêche pas un veau de tromper, parfois, la vigilance du robot. Ce 24 janvier, Dominique et sa mère attrapent le 1811. Il n’avait rien pris. Mais un seul veau à saisir, parmi ses pairs repus, c’est facile. « On n’entre quasiment plus dans le bâtiment », relève Dominique, approché par deux veaux curieux. Au sevrage, une vis d’alimentation reliée à un silo, à l’extérieur de la nurserie, amène le mélange de maïs et de protéines jusqu’à l’auge. Pour contrôler la quantité mangée par les veaux, les éleveurs remplissent et déversent des seaux de 13 kg. Mais ils n’ont que quelques pas à faire. « On simplifie le travail au maximum, insiste Dominique Daul. Avec 70 veaux, il faut automatiser le système. » Un râtelier avec de la paille hachée incite les jeunes animaux à commencer la rumination. Tous les matins, elle est renouvelée. Un petit paillage est aussi réalisé tous les jours car la litière n’est changée qu’en fin de cycle. Nettoyée au Kärcher, la nurserie est soumise à un vide sanitaire de dix à quinze jours, après chaque lot de veaux. Plus de temps, moins de stress « Les quatre premiers jours, quand les veaux arrivent, il faut leur montrer où entrer pour boire. Certains comprennent très vite. D’autres beaucoup moins mais c’est un plaisir de faire ça », assure Marie-Thérèse Daul. « C’est le principe de la marche avant. On a intégré la logique de l’animal, qui ne fait jamais marche arrière », soulève Dominique. L’éleveur et son associé sont contents. « On gagne largement une demi-heure par jour, parce que, lorsqu’on courrait après les veaux, il fallait s’accrocher », calcule Dominique. De la conception à la mise en service de la machine, une demi-année s’est écoulée. 300 heures de travail ont été nécessaires à Laurent Boime pour penser le robot, établir les plans, les réviser. Pour l’automatisation, Wahl Équipements a œuvré dix à quinze jours. L’idéal aurait été que Foerster, le fabricant du Dal accepte que les informaticiens entrent dans le logiciel du distributeur, afin de changer l’amplitude pour une buvée, passer de quatre à dix heures. Mais les Boime-Daul ont été éconduits. « On triche avec le Dal, maintenant », révèle Dominique. Ferrailleur dans l’âme, il a « soudé, cassé et ressoudé », durant un mois et demi, cinq heures par jour. « On n’a pas compté nos heures. Mais l’investissement a été de 10 000 euros maximum », confie Dominique. L’ambiance est agréable, dans la nurserie. Y participe aussi la ventilation, modifiée il y a déjà quelques années. Exit le rideau à ouvrir et fermer par les éleveurs. Depuis 2017, un tube d’aération troué permet une ventilation par suppression, dans la nurserie. Un ventilateur envoie de l’air frais qui va pousser l’ancien, par les claires-voies. Mi-janvier, il faisait un peu plus de 10 °C dans le bâtiment, quand il en faisait 6, à l’extérieur. Le bâtiment des veaux paraît très récent. Et pour cause : l’auge en plastique dur - un tube d’assainissement de 300 mm de diamètre, coupé à 25 % - est facile à nettoyer au Kärcher. Idem pour les parois du bâtiment, « des tôles en galva’ » du Comptoir agricole, qui sont dédiées à la contention porcine, habituellement.

L’EARL Frintz, à Lochwiller

Rééquiper pour un meilleur confort

Publié le 04/02/2022

Denis Frintz est éleveur de vaches laitières, à Lochwiller, sur la ferme familiale. S’il est hors de question pour le trentenaire de s’endetter, il procède, depuis 2012, par petites touches, à des améliorations, dans l’étable, qui a à peu près son âge. Dernières en date : l’installation de deux robots, un ramasse-lisier et un repousse-fourrage, avec Wahl Équipements.

« Le bâtiment (béton, bois, charpente métallique et panneaux fibro, NDLR) a été construit en 1984. La salle de traite (2x6), toujours en fonction, date de 1985. En 2012, quand je me suis installé, on a opté pour des logettes creuses et, un mélange chaux et paille, en guise de litière. On a posé de nouveaux cornadis, en 2015, et plus récemment, de nouveaux abreuvoirs. Mais les dernières améliorations majeures sont de décembre 2020 et mai 2021, respectivement un repousse-fourrage automatique Moov 2.0 de la marque Joz et un ramasse-lisier Barn-E, de Joz aussi », résume Denis Frintz. L’éleveur de Lochwiller, qui livre à Unicoolait, bénéficiera, a priori, d’une aide du plan Bâtiment. Sa philosophie : investir petit, progressivement, « par palier », pour rester libre et être à l’aise. De petits investissements qui n’ont lieu, en plus, que « si le prix du lait est correct », souligne-t-il. Il vise avant tout le bien-être des animaux et le confort de travail. Le Moov 2.0 de Joz se déplace grâce à une quarantaine de transpondeurs, dans le sol. « Il passe où et quand on veut », précise Mathieu Wahl, de Wahl Équipements, à Sarrebourg, qui a fourni Denis. Le robot se rapproche des cornadis, en saccade. « Le premier passage est à 70 cm des cornadis et, au fur et à mesure, il va s’approcher », poursuit l’éleveur. En un quart d’heure, la machine a avalé les 85 m de longueur du bâtiment. « Elle va quasiment deux fois plus vite que l’ancien modèle », pointe Mathieu. Denis est insensible à cette performance-là. « C’est une tâche en moins. J’économise entre vingt et trente minutes de travail par jour et je pense qu’on a gagné en productivité, en lait, même si je ne peux pas le quantifier. Le robot travaille la nuit : tout est poussé à l’auge. Quand j’arrive le matin, pour nourrir les animaux, c’est propre. Et c’est bien fait ! Le fourrage ne chauffe pas. La machine n’enroule pas le maïs », argumente-t-il, en faveur du Moov 2.0. Avec le transport et l’installation, l’éleveur a payé environ 17 000 euros. Son modèle ne comporte pas les deux options suivantes : la montée de dévers à 6 ou 7° ni l’ouverture des portes d’un bâtiment. Chez Denis, le robot officie, à plat, uniquement chez les vaches en production. L’éleveur apprécie le peu d’entretien qu’il a à pourvoir à ce système mécanique. Gain de temps Idem pour le robot à lisier Barn-E de Joz. « Je le nettoie une fois tous les quinze jours. Ça prend un quart d’heure », note Denis Frintz. « Ces deux automates ont de dix à quinze ans de vie. Ici, on n’a pas signé de contrat d’entretien. C’est possible d’en avoir un. Mais, si le client assure un minimum, il n’y en a pas besoin », estime Mathieu Wahl. Grâce à une liaison Internet, le concessionnaire « sait tout, en temps réel. » « Si le robot se perd et s’arrête, on saura ce qu’il s’est passé », ajoute Mathieu. Pour le ramasse-lisier, il y a une cinquantaine de transpondeurs, dans le bâtiment : autant de mouchards. C’est ce qui demande le plus de travail, à l’installation des machines : une demi-journée, pour les mesures. « On a juste mis un couloir de passage à plat, pour que le robot puisse faire une boucle : de la petite maçonnerie », lâche Denis, pour sa part. « On a cartographié l’espace, au centimètre près, on a choisi un itinéraire et on a inséré le programme dans le robot. On ne se sert pas des murs, comme repères », insiste Mathieu Wahl. Le Barn-E de Joz est le seul robot sur le marché capable de ramasser la paille broyée. Plus silencieux qu’un aspirateur, il ramasse grâce à un système de rabatteurs et stocke avant de se rendre à la décharge. On évite aussi la « vague » de lisier, qui arrive avec un racleur. « L’environnement de travail est plus agréable depuis qu’on l’a, pour les hommes et les vaches », constate Denis Frintz. Avant, il raclait au tracteur. « On a gagné 45 minutes à une heure de travail par jour, avec Barn-E », dit-il. Si l’éleveur est ravi de la santé des pieds de ses animaux, les vaches arrivent aussi plus propres à la salle de traite. « On ne fait plus de pédiluves et, à la traite, on gagne du temps et en confort », précise Denis. Avec l’installation, l’éleveur a dépensé 35 000 euros, soit 10 000 de plus que pour un racleur classique. Mais il ne s’en plaint pas, d’autant plus que, puisque le local de traite est face aux couloirs de marche, il aurait été difficile de poser un racleur à corde ou à chaîne. L’investissement le plus récent remonte à début janvier, à l’EARL Frintz : un taxi-lait Urban, à 8 000 euros. « Pour faciliter le travail », répète Denis. Même sa mère donne volontiers le lait aux veaux, depuis qu’ils ont le robot. « C’est beaucoup moins pénible qu’avant », relève Denis Frintz. La machine avance comme un tire-palettes électrique. En dix jours, les petits, élevés au lait entier uniquement, l’ont aussi adoptée. Denis règle la température, qui est constante, dans la cuve à lait, et le nombre de litres exact qu’il souhaite envoyer dans les abreuvoirs, d’un coup de gâchette. « La distribution est régulière. C’est un autre avantage », avance-t-il.

Publié le 04/02/2022

Pôle économique et touristique majeur d’Alsace, « capitale » du département du Haut-Rhin, la ville de Colmar reste une commune solidement ancrée dans la ruralité, l’agriculture et la viticulture, les fondements de son ADN. Un héritage qui tend à être pérennisé par les politiques mises en œuvre par le conseil municipal présidé par Éric Straumann.

Terre maraîchère historique, capitale des vins d’Alsace, carrefour entre plaine et montagne, la ville de Colmar a l’agriculture et la viticulture inscrites dans son ADN. Son ban communal, le plus grand du Haut-Rhin, est composé en majorité de zones naturelles ou cultivées. Forêts, prairies, vignes, cours d’eau, vergers, jardins, cultures légumières et céréalières offrent aux 70 000 habitants un accès direct à la ruralité à quelques centaines de mètres du brouhaha urbain, quand ce n’est pas moins. Des terres agricoles sanctuarisées Au centre-ville, le marché couvert fait la part belle aux produits agricoles des environs. Un clin d’œil à un passé pas si lointain où le bâtiment était le cœur névralgique des maraîchers de la ville et des environs. « Les légumes étaient amenés sur des barques grâce à la Lauch. Tout au long de cette rivière, les cultures maraîchères se sont développées », retrace le maire de Colmar, Éric Straumann. Des terres fertiles qui, petit à petit, ont été grignotées par l’urbanisation, notamment au cours des trente dernières années.     Le phénomène tend à s’estomper depuis l’entrée en vigueur du dernier Plan local d’urbanisme (PLU) en 2017, réalisé en concertation avec les viticulteurs et agriculteurs présents dans la commune. « La quasi-totalité des maraîchers a été reçue individuellement afin d’établir un point précis de leur situation dans le but de préserver des terres agricoles et de maintenir les exploitations », détaille Marie Burgunder, du service Domaine rural et forestier de la Ville de Colmar.     Concrètement, cela s’est traduit par l’établissement d’un zonage spécifique (AMa et AMb) pour préserver les exploitations maraîchères dans l’enveloppe urbaine et valoriser les circuits courts avec la préservation d’exploitations déjà présentes. « L’urbanisation ne peut plus s’étendre vers les zones naturelles. Même s’il reste des dents creuses à exploiter, nous nous inscrivons désormais dans une densification de l’habitat. Les projets d’urbanisation qui existent n’entrent pas en confrontation avec le monde agricole », soutient Éric Straumann. Encourager l’agriculture locale Preuve de cet engagement, la Ville de Colmar va enfin souscrire un contrat Gerplan (plan de gestion de l’espace rural et périurbain) avec la Collectivité européenne d’Alsace (CEA). Celui-ci sera mis en œuvre au niveau de l’intercommunalité. Un diagnostic précis du territoire de Colmar sera réalisé au cours de l’année 2022. « Nous étions la seule com’com dans le Haut-Rhin à ne pas s’être engagée dans cette démarche. En entrant dans cette procédure, nous pourrons travailler avec les agriculteurs, les pêcheurs et les associations environnementales dans l’objectif de préserver le patrimoine naturel, la biodiversité, la qualité du paysage, de maintenir les quelques prairies naturelles qui nous restent, et encourager l’agriculture locale », liste l’édile de la commune.     La Ville de Colmar accorde ainsi une attention toute particulière aux renouvellements de ses beaux ruraux lorsque la situation se présente. « Pour attribuer les terres que nous louons, nous procédons à un appel à candidature sur la base de critères d’attribution de notre Agenda 21 : préservation de l’environnement en privilégiant l’agriculture raisonnée, remise en prairie ou culture fourragère, installation des jeunes agriculteurs et les petites exploitations », développe Marie Burgunder. Dans cette optique, la Ville aimerait développer une filière de fourrage locale pour répondre aux besoins des éleveurs de montagne, mais aussi pour les centres équestres des environs. Préserver la biodiversité des forêts… La commune est bien lotie en forêts, avec environ 1 000 ha répartis en quatre principaux massifs : le Neuland/Fronholz, le Niederwald, le Rothleible et le Saint-Gilles. Ce patrimoine est géré par l’ONF. Les forêts sont certifiées PEFC, ce qui garantit la mise en œuvre de pratiques forestières durables (pas d’utilisation de produits phytos, favoriser la régénération naturelle quand c’est possible, limiter voire supprimer les coupes rases, favoriser la diversité des essences, des structures de peuplement et des traitements).     La forêt du Niederwald fait partie d’une réserve biologique dirigée depuis 2013, mais aussi du site Natura 2000 « Rhin, Ried, Bruch ». Plusieurs actions de préservation de la biodiversité y sont mises en œuvre : maintien des arbres vieillissants, morts et à cavités, création de 28 ha d’îlots de sénescence pour une durée minimale de trente ans (aucune intervention n’est réalisée et les arbres ne sont plus exploités), campagne de lutte contre la renouée du Japon, espèce végétale invasive menaçant la biodiversité. …et lutter contre les corvidés Ces forêts constituent de « beaux environnements de chasse » souligne Éric Straumann. « Nous avons des lots très attractifs avec de belles populations de gibier heureusement bien gérés par les chasseurs, dont beaucoup de locaux. » Les sangliers et les cervidés ne posent globalement pas de problèmes en terre colmarienne. Par contre, les corvidés qui nichent dans le quartier du Ladhof constituent plus que jamais un réel « fléau ». « Cela cause un préjudice à l’agriculture, mais aussi aux riverains, et aux entreprises qui subissent des milliers d’euros de dégâts », poursuit le maire de Colmar.     Face à cette forte prolifération de corbeaux freux et de corneilles noires, une lutte est menée par la Ville, en partenariat avec de nombreux organismes, dont la FDSEA du Haut-Rhin et la préfecture. Diverses actions ont été mises en œuvre au cours des deux dernières années : effarouchement passif avec des leurres, des carillons, des plaquettes peintes, effarouchement actif avec des torches laser, des crécelles, des revolvers à fusées, taille raisonnée des arbres avec enlèvement des anciens nids, piégeage à l’aide de corbetières, et opérations de tir à destruction sous la direction des louvetiers.     « Tout ceci a eu un impact à court terme, mais à long terme, c’est peu probant. Si vous enlevez une colonie, une nouvelle prend sa place l’année suivante », déplore Éric Straumann. Pas question de baisser les bras non plus. Pour cette année 2022, la Ville de Colmar va prélever les nids du Ladhof avec des nacelles. Une mesure qui conserve une efficacité « très marginale » à ses yeux, mais qui reste néanmoins nécessaire pour réduire la pression des corvidés, même temporairement. Ramener la montagne en ville Si les corvidés sont invités à nicher sous d’autres cieux, les bovins sont par contre très attendus dans la cité de Bartholdi. Après le succès de la mini-transhumance effectuée en septembre 2021 dans les rues de la ville dans le cadre de la Seram (Semaine européenne des races locales de massif), Éric Straumann souhaite faire revenir les Vosgiennes dans sa commune, et plus globalement toute l’agriculture de montagne.     « Lorsque ces vaches ont défilé dans nos rues, de nombreux Colmariens étaient présents malgré les conditions météo difficiles. On a senti un réel engouement de leur part. De là est née l’idée de créer un nouvel évènement autour de la Vosgienne », révèle-t-il. La manifestation est prévue le 10 avril prochain avec, au programme, vente de vaches vosgiennes et de produits de la vallée de Munster. « À travers cet évènement, on souhaite renforcer le lien avec les producteurs fermiers de montagne, mais aussi les fermes-auberges. Nous serons la capitale des marcaires le temps d’une journée ! »

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