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« Roots of tomorrow », jeu de simulation agricole

L’agroécologie à l’épreuve du virtuel

Publié le 23/02/2022

À l’occasion du Salon de l’agriculture 2022, la région Grand Est organise un événement autour du jeu de simulation agricole « Roots of tomorrow ». Il n’en fallait pas plus pour motiver notre équipe : souris en main, nous voilà à la tête d’une ferme virtuelle. Objectif : une exploitation durable en 10 ans. Pour cela, il faudra en apprendre sérieusement plus sur l’agroécologie. Un article écrit en collaboration avec Stéphane Inverardi, graphiste.

« Roots of tomorrow » est un serious game (jeu sérieux, en anglais). Créé par le studio Gamabilis et développé avec l’Inrae, il projette le joueur à la tête d’une exploitation durable en devenir. Il s’agit de « découvrir les réalités du monde agricole, en favorisant le changement des modèles pour tendre vers une agriculture éco-efficiente », expliquent les créateurs du jeu. Ils ont ainsi travaillé « en étroite collaboration avec l’institut de recherche. Le designer s’est même rendu sur des exploitations, notamment pour photographier les animaux », précise Gamabilis. La vocation pédagogique est le moteur du projet. « Dans ces jeux vidéo, le réalisme est poussé à l’extrême pour donner envie d’améliorer la réalité », explique Stéphane, notre joueur d’un jour. Le jeu est-il à la hauteur de son ambition ? Le temps d’une après-midi, nous transformons les bureaux du journal en salle de gaming. Nous choisissons de nous lancer dans l’élevage ovin, dans le sud-est de la France. Au départ du jeu, une autre décision importante s’impose : notre personnage. Il vient avec certains avantages : par exemple, en tant qu’ancien banquier, nous pourrions bénéficier de 10 000 euros supplémentaires. Si nous reprenons une exploitation familiale, nous aurions une réduction de 10 % à l’achat des parcelles. Une petite entorse à la réalité, car qui dans la vie choisit d’où il vient ? Allez, va pour l’héritage familial. Nous serons donc Élena. ? 460 brebis Mérinos d’Arles sur une exploitation de 43 hectares en @MaRegionSud , voilà ce qui vous attend pour le prochain scénario du jeu sur l'agroécologie Roots of Tomorrow !Téléchargez-le gratuitement !https://t.co/WopVz1Was0#agroécologie #jeuvideo #farmingsim pic.twitter.com/mOsj9ehn2l — Gamabilis (@team_gamabilis) December 14, 2021 Prendre les commandes en main Ces premiers réglages effectués, notre ferme apparaît. Jean-Baptiste, notre conseiller, est présent pour nous guider. Avec lui, nous découvrons notre bergerie et ses 460 brebis. Puis, pas à pas, nous en apprenons plus, avec pédagogie toujours : la bergerie, les hangars de stockage, le stock de fumier, la moissonneuse-batteuse en Cuma… Nous passons de longues minutes à tout lire pour comprendre où nous venons de mettre les pieds. Une forêt jouxte la ferme et ses 180 ha de parcours à base de pins sylvestres et de chênes. Mais en cette période, le troupeau paît sur les pâturages de montagne. Un groupement pastoral se relaie pour le gardiennage. Jean-Baptiste nous fixe alors notre objectif : « Rendez votre exploitation durable en 10 ans ! » Le temps passera plus vite dans l’écran. Au long du jeu, nous devrons améliorer plusieurs critères précis, en faisant les meilleurs choix aux meilleurs moments : préservation de la biodiversité ; pertes vers l’environnement (c’est-à-dire l’impact du CO2 et autres pollutions) ; gestion des sols (éviter le labour, rotations longues, couverts végétaux) ; consommation de l’énergie. Au chapitre économique, nous devrons veiller à la rémunération du travail, l’état de la trésorerie et au patrimoine. « Il y aura beaucoup d’investissements. On va devoir faire super attention à ne pas nous endetter », souligne-t-on d’emblée. Enfin, un volet social comprend la vie du territoire, les conditions de travail, la sécurité alimentaire de la population et le bien-être animal. Des défis réels Au fil des mois tout y passe : l’achat de matériel, la gestion des parcelles, la vente des premières bêtes, la formation… Stéphane analyse : « Tous les sujets n’éveillent pas le même intérêt en moi, j’ai hâte surtout d’en apprendre plus sur l’agriculture de précision par exemple. » Vient déjà la première déclaration Pac. « Clairement, ça semble compliqué de remplir dès la première année les objectifs demandés par l’Union européenne… » Nous n’y arriverons qu’en partie. D’autant plus que, sans prévenir, le jeu – comme la nature qui l’inspire – ne nous fait pas de cadeau. Trop de pluie, trop longtemps, nos rendements baissent de 10 % et les pertes s’élèvent à 8 000 euros. Nous n’avons malheureusement pas souscrit d’assurance récoltes. Pas de quoi nous décourager cependant. Nous nous sommes diversifiés et avons suffisamment de fourrages en stock. C’est que notre gamer prend les choses au sérieux : armé d’un plan et de son tableau Excel, il fait ses prévisions. « C’est pour gérer au mieux ma rotation des parcelles ! », se défend-il, amusé et visiblement pris par le jeu. Game over Les années défilent et ne se ressemblent pas. Malgré le virtuel, on sent que les développeurs ont voulu intégrer un très grand nombre de paramètres qui rendent la conduite de l’exploitation complexe. Il est nécessaire de surveiller régulièrement plusieurs indicateurs, miroirs de préoccupations bien réelles, à commencer par le compte en banque qui diminue à mesure que l’exploitation se développe, mais aussi le temps de travail et l’énergie de notre agricultrice. Le quotidien de l’exploitation fait parfois oublier l’objectif de l’amélioration agroécologique. C’est aussi ça, la réalité du terrain. L’heure du bilan arrive. Outre quelques bugs – c’est le lot des jeux en cours de développement – nous avons apprécié l’expérience. Mais malgré la satisfaction d’avoir amélioré bien des aspects de notre exploitation, la frustration est présente. Nous aurions aimé mieux réussir. « Je ne suis pas dans mon environnement habituel de gamer », temporise Stéphane. « Et puis, tu es tellement guidé dans les choix que l’agroécologie s’impose dans le jeu. J’ai appris des choses, mais n’y connaissant rien à l’agriculture, je trouve dommage que ce ne soit pas plus ouvert au grand public. » Il recommencera vite une partie, avec d’autres paramètres de départ, pour voir. « Roots of tomorrow » demande une grande concentration, pousse à s’investir, à faire des stratégies que parfois le hasard du ciel déjoue. « Un scénario peut prendre environ 8 heures », précise le studio. Quelques heures pour mieux saisir toute la complexité d’un métier que le virtuel ne saura jamais remplacer.

Taaka beer spa, à Strasbourg

Une bulle de bien-être unique en France

Publié le 22/02/2022

Initiative de deux jeunes Strasbourgeois, le Taaka beer spa est le premier spa à la bière français. Naomie Crawshaw et Paul Fruh ont ouvert les robinets quelques jours avant la Saint-Valentin, mi-février, en plein cœur de la capitale alsacienne. Les associés dévoilent le concept et les coulisses de cette aventure entrepreneuriale.

Au Takaa beer spa, 6 rue Marbach, à Strasbourg, tout n’est que luxe, calme, volupté et convivialité ! Plongés dans un bain bouillonnant à 37 °C, infusé aux principaux ingrédients qui composent la bière – le houblon, la levure et le malt -, les hôtes se tirent des bières artisanales locales, à la pression, et trinquent, à leur santé ! Ils sont là pour un soin de la peau, conféré par le mélange odorant dans lequel ils se prélassent (surtout grâce à la levure de bière et au malt), mais aussi pour déconnecter, grâce aux vertus apaisantes du houblon, dans leur bain et dans leur verre. Pour ceux qui ne boivent pas d’alcool, une limonade au houblon de la microbrasserie Guth est servie. Après une demi-heure ou une heure de bain, selon la formule choisie, les couples, familles ou amis sortent de l’eau avec la peau douce ! Micropeeling et hydratation garantis. Le spa à la bière Le concept, venu tout droit de la République tchèque, a été importé, en Alsace, par Naomie Crawshaw et Paul Fruh, deux Strasbourgeois, fraîchement sortis de l’École de management de Strasbourg (EMS). Le couple avait été séduit, durant un voyage à Prague, par les spas à la bière tchèques, qui allient les passions de chacun : le spa pour Noémie, la bière pour Paul. Dans la capitale alsacienne, les jeunes entrepreneurs proposent un parcours en trois étapes d’une heure à une heure trente : sauna, spa, salle de relaxation. Les quatre baignoires balnéo duo en bois du spa viennent de Tchéquie. Jusqu’à huit personnes peuvent donc profiter, face à face, des bains relaxants, en même temps… et en toute intimité ! Chaque séance est réservée, pour le confort de tous. Qu’on souhaite se délasser au calme ou rigoler, l’espace est dédié ; on peut se lâcher, seul, à deux, en groupe. Bien sûr, l’eau est renouvelée, après chaque client. L’expérience est personnalisable, à souhait, sur simple demande préalable. Privatisation du lieu pour quelques heures, pétales de roses, plateaux de charcuterie, musiques (les droits sont payés à la Sacem), séances photos : presque tout est possible, sauf consommer de la bière en illimité. Les tireuses « libre-service » sont bridées… mais il y en a tout de même pour un bon litre par personne. Le spa, qui a la licence 4, est interdit aux moins de 16 ans. Des produits locaux Taaka beer spa est une entreprise locale qui mise sur le Made in Alsace. Taaka est la traduction de cigogne, en maori. Naomie et Paul désirent mettre en valeur leur région, sa culture, son terroir, à travers leur spa à la bière. Les matières premières sont donc alsaciennes et allemandes. Le houblon vient du Comptoir agricole, à Brumath. Ils ont choisi une variété éminemment fruitée. La levure de bière est achetée au groupe Lesaffre, à Strasbourg. Le malt, à une coopérative allemande, à Lahr : Malzfabrik Eckenstein. Les jeunes entrepreneurs réduisent les pellets de houblon et les céréales germées en poudre eux-mêmes, selon un protocole établi avec un laboratoire. Les ingrédients du spa sont conservés dans des bocaux hermétiques en verre. La bière elle, est amenée à changer au fur et à mesure des saisons. Pour commencer, le couple, aidé d’amis qui ont dégusté à l’aveugle, a choisi une pils des Brasseurs du Ried, à Muttersholtz : « légère, parce qu’il fait chaud ici », certifie Paul. Environ 30 °C. Aucun contrat d’exclusivité ne le lie à l’une ou l’autre brasserie. Paul est gourmand, il n’a pas fini de tester.     Un parcours de plus d’un an Les cofondateurs ont travaillé une année et demie, avant de voir leur projet enfin se concrétiser. À cause des retards de chantier, liés à la crise sanitaire, le premier spa à la bière français a ouvert près de trois mois après la date escomptée. « On a eu l’idée à Prague, en 2016. Et on n’a jamais arrêté d’y penser, confie Naomie. En 2021, on s’est dit que c’était le bon moment pour se lancer. On est jeunes, on est hébergé gracieusement à titre privé, on n’a pas d’enfants. Paul venait de finir son master. Moi, j’avais eu une première expérience chez Mars à Haguenau, qui ne débouchait sur aucun CDI. On était confinés ensemble. On avait le temps d’échanger et on avait besoin de nouveauté. » Naomie est titulaire d’un bachelor d’affaires internationales, option gestion de la chaîne logistique. Paul, son « filleul » à l’EMS, a le même diplôme, avec la spécialité négociation et management commercial. Première étape du projet : benchmarker, c’est-à-dire, étudier ce que fait la concurrence, notamment les créateurs d’expériences insolites, à Strasbourg. Le Taaka beer spa est bien le premier spa à la bière de France. C’est un bon point. Les actuels gérants s’intéressent alors au potentiel du spa : qui seront les futurs clients, que cherchent-ils ? L’étude de marché faite, Naomie et Paul font la tournée des microbrasseries alsaciennes. Ils en découvrent une quinzaine. Ils intègrent ensuite l’incubateur à projets de l’EMS, La Ruche à projets, y montent notamment leur business plan, en participant à des ateliers. « Ça permet de récolter de précieux avis extérieurs », assure Naomie. En parallèle, ils démarchent les autres fournisseurs, trouvent leur lieu. Les travaux s’étaleront d’août 2021 à janvier 2022, avec une attention particulière sur la ventilation de la cave, l’assainissement et le chauffage de l’eau. À 1 000 % À la sortie de l’incubateur, les jeunes gens ont en main un business plan de 70 pages, à montrer aux différentes structures de financement. Naomie se remémore les propos de sceptiques : « ce sont des jeunes qui sortent d’école de commerce, ils veulent se faire mousser… » Pour démonter les jugements hâtifs, les idées reçues, rien de mieux qu’un dossier bien épais, qui prouve qu’ils sont « à fond », assure-t-elle. En une semaine, ils signent avec la Banque Populaire. « C’est l’humain qui prime », ajoute Naomie. Le conseiller croit en eux et au spa. À la clé, 200 000 euros de prêt bancaire. Ils bénéficient, par ailleurs, d’un prêt d’honneur d’Initiative Strasbourg, de 15 000 euros. La BPI garantit ces emprunts. Au total, 300 000 euros sont nécessaires pour installer le spa. Les associés à 50/50 mettent 75 000 euros d’apport. La Région Grand Est subventionne le projet à hauteur de 5 000 euros, pour faciliter l’entreprenariat des jeunes. La campagne de financement participatif, contre bons cadeaux, pour acheter les tireuses à bière « bridées », dépasse toutes leurs espérances, puisqu’ils atteignent leur objectif à 1 000 % ! Cette manne permet de boucler le budget et d’avoir un peu de trésorerie, pour débuter. La question en suspens Nul doute que le Taaka beer spa, aujourd’hui, est déjà un succès. Après cinq jours d’ouverture, Naomie et Paul, qui n’ont encore aucun salarié, avaient déjà accueilli près de 200 personnes. « Je n’ai jamais autant fait le ménage de ma vie », souffle Paul, courbaturé. Les jeunes pensent à embaucher et rêvent de franchiser. Ils cherchent aussi une solution pour recycler l’eau des bains… riche en protéines, vitamines, antioxydants, elle serait réutilisable si, techniquement, elle pouvait être acheminée ailleurs. Dans le spa, impossible de la stocker. Aujourd’hui, elle s’écoule. Ce sont des milliers de litres d’eau usée perdus, chaque jour. « Ça nous tient à cœur de trouver comment la réutiliser », insiste Naomie. Heureusement, l’énergie de l’eau chaude d’un bain permet de chauffer celle du bain suivant.    

Publié le 22/02/2022

À Wettolsheim, Alexis Schoepfer cherche à augmenter la part des ventes en bouteilles pour être moins dépendant du vrac. Il envisage de renforcer la prospection auprès des cavistes et de l’hôtellerie-restauration et de rénover son caveau.

D’abord salarié sur l’exploitation familiale, Alexis Schoepfer, 26 ans, a succédé à ses parents, Anita et Henri, voici un an. Le domaine Schoepfer-Muller, comme d’autres à Wettolsheim, a agrandi ses surfaces en rachetant des terrains en friches à Walbach, dans la vallée de Munster. Si bien qu’aujourd’hui, Alexis dispose, en plus des vignes proches du siège de l’exploitation, de deux îlots de 2,5 ha et 5 ha distants d’une dizaine de kilomètres. Issus de très petites parcelles regroupées au fil du temps, ces îlots ont été aménagés en terrasses pour tenir compte de la pente (environ 50 %) et pouvoir mécaniser les travaux. Ils sont majoritairement plantés en auxerrois et en pinot noir, ce dernier cépage représentant 4,5 ha sur un total de 12,5 ha. Le domaine est certifié HVE3 depuis 2019 pour « répondre à la demande du marché » mais la transition vers le bio n’est pas d’actualité. « Pour l’instant, dans les vignes en forte pente comme les nôtres, il n’y a pas d’alternative convaincante au désherbage chimique. » Un désherbage mécanique provoquerait une érosion qui fragiliserait les terrasses, considère le vigneron. De ce fait, le domaine s’oriente plutôt vers un système de fauche entre les ceps. « Nous sommes en train de travailler avec une entreprise allemande qui met au point ce genre d’outil mais il est encore en phase de développement », expose Alexis. Pour la protection de la vigne, le domaine teste depuis sept ans, sur 20 ares, le traitement à l’eau ozonée avec un matériel américain (Agri O’zein). Les résultats sont aléatoires, reconnaît le jeune vigneron, qui regrette le peu de soutien accordé à ces essais dont le domaine est seul à assumer la charge. « Pousser cette technologie chez nous, ce serait déjà bien », juge Alexis qui, avec l’eau ozonée, se verrait bien limiter l’usage des produits phytosanitaires à l’encadrement de la fleur. Les petites bêtes et les grosses Dans ses vignes enherbées tous les rangs, le vigneron fauche « le moins possible et en alternance pour préserver la biodiversité ». Des relevés lui ont permis de vérifier l’efficacité de cette stratégie sur les insectes et la flore. « Dans les premières parcelles, cela fait 10 ans qu’on voit des mantes religieuses. Cela veut dire qu’il y a assez d’autres insectes pour qu’elles se développent. » Les relevés botaniques ont par ailleurs montré la présence de 30 espèces différentes de plantes sur 2 m2. Cette attention à la biodiversité lui vient de ses études à l’école d’ingénieurs de Changins, en Suisse, prolongeant un BTS viticulture-œnologie obtenu à Beaune. Alexis essaie également de préserver la biodiversité dans les talus, qui servent de refuge aux insectes et aux oiseaux, en fauchant alternativement le haut ou le bas à l’aide d’une épareuse. Dans le même but, lui et son père font pâturer deux vaches écossaises dans un ancien verger reconverti en prairie, situé au beau milieu des vignes de Walbach. La prairie et son étang ramènent « une diversité d’espèces impressionnante » - mouches, chauves-souris, pics-verts, hérons - qui se propage jusqu’aux vignes. La plupart des travaux de la vigne sont mécanisés. Le domaine a investi dans une machine à vendanger sur chenillettes, qui permet de récolter dans les fortes pentes et dans les vignes en terrasses. Pour le crémant et le grand cru, où seule la récolte manuelle est admise, Alexis fait appel à un prestataire. Le chai est conçu de telle sorte qu’une seule personne peut décharger et mettre en route le pressoir. Les jus s’écoulent par gravité dans les cuves situées en sous-sol, dont la plupart sont thermorégulées. Alexis, qui vinifie depuis 2018, suit un itinéraire classique : débourbage statique de 24 h, soutirage, mise en fermentation à l’aide d’un pied de cuve et contrôle de température entre 18 et 20 °C pour les blancs. Pour le millésime en cours, le vigneron va tenter un élevage sur lies plus long que d’habitude pour « affiner les vins le plus possible, ajouter du gras, développer le côté aromatique ». Il va laisser s’enclencher la fermentation malolactique, de manière à obtenir « des vins de garde avec une certaine élégance ». Pour les rouges, il fait macérer les raisins éraflés en cuve entre 6 à 10 jours selon la maturité, puis pratique des remontages deux fois par jour, voire des délestages en fonction de l’année. « Sur le long terme, je voudrais évoluer vers des vins plus typiques de leur terroir. » Mais avant cela, le vigneron se fixe pour objectif de développer la vente en bouteilles pour ne plus être aussi dépendant du vrac. Celui-ci représente encore 60 % des volumes. La vente en bouteilles se fait essentiellement auprès des particuliers, en direct au caveau ou par livraison. Alexis souhaite intensifier les efforts de prospection en direction des cavistes et des CHR (cafés, hôtels, restaurants) mais pour cela, il lui faudra embaucher un commercial ou un salarié qui pourra le seconder à la vigne. Le jeune vigneron projette également de rénover le caveau, qui n’est plus suffisamment fonctionnel.

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