Semaine du Renouvellement des générations en agriculture
Témoignages : Les jeunes installés, les meilleurs porte-paroles
Semaine du Renouvellement des générations en agriculture
Publié le 13/02/2022
Durant cette semaine RGA impulsée par JA, nous avons mis en avant différents profils d’agriculteur sur nos réseaux sociaux. Au tour maintenant de Franck Moser, vice-président JA 67, et Marion Ketterer, présidente du canton du Ried et responsable installation pour JA 68, de nous parler de leur passion : l’agriculture. Un article des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.
Pourquoi as-tu voulu t’installer en agriculture ? Quel est ton rapport au milieu ? Franck Moser : « Ayant grandi dans la ferme familiale, la passion du métier ne m’était pas venue instinctivement. C’est à force de rendre service de temps en temps, puis de plus en plus régulièrement, sur la ferme au cours de mon adolescence que je me suis pris de passion. Enfin mon passage au lycée agricole n’aura fait que confirmer mon ambition, un peu floue quand j’étais enfant, de reprendre l’exploitation. » Marion Ketterer : « J’ai décidé de m’installer l’année dernière car après trois ans en tant que salariée sur la ferme, c’était le moment pour moi de prendre la cogérance avec mes parents. Après mon BTS ACSE à Obernai, j’ai directement travaillé sur l’exploitation familiale. L’activité y est diversifiée, j’ai donc rapidement trouvé ma place. Cela faisait quelques années que je réfléchissais à mon entrée sur l’exploitation, ainsi qu’à mon projet. J’ai pour objectif de développer l’élevage de poules pondeuses plein air déjà présent, de l’agrandir pour gagner en efficacité et en confort de travail. » Peux-tu nous présenter ton exploitation ? FM : « Je suis en train de m’installer sur une ferme céréalière de 180 ha avec quelques cultures spéciales, nous cultivons notamment du maïs grain, du blé, du colza, du soja, de la betterave sucrière, du maïs semence et un peu de pommes de terre. Nous pouvons irriguer un peu plus de la moitié de nos champs, ce qui est une chance. J’ai également lancé mon entreprise de battage il y a deux ans maintenant. » MK : « J’ai une exploitation polyculture élevage en poules pondeuses plein air et une production viticole. Nous cultivons principalement du maïs mais aussi du tournesol semence, du soja et du blé. L’ensemble de la surface est irrigué. » Comment est commercialisée ta production ? FM : « La majorité de la production est vendue à des coopératives (Comptoir agricole pour les céréales et Cristal Union pour les betteraves), c’est historique pour la ferme. Quant aux pommes de terre, nous les commercialisons en direct. » MK : « Nous commercialisons nos productions céréalières et le raisin en coopératives, une petite partie de la production d’œufs est vendue en direct. » T’es-tu rapproché du Point Accueil Installation (PAI) ? Si oui, a-t-il été utile ? FM : « Oui, il m’a été très utile pour mieux comprendre et m’organiser dans tous les préparatifs avant mon installation. On croit souvent tout savoir sur l’installation, surtout après une formation dans un lycée agricole et les traditionnelles journées de l’installation, mais on se rend bien vite compte qu’on ne s’y intéresse pas vraiment avant d’être concerné… enfin c’était le cas pour moi. » MK : « Pour commencer ma démarche à l’installation, je me suis rapprochée du PAI. Lors du rendez-vous, nous avons fait le point sur l’ensemble du parcours, les différentes étapes à poursuivre. Par la suite, il y a eu le stage 21 h, suivi de quelques rendez-vous pour élaborer le plan d’entreprise avec le service installation de la Chambre d’agriculture. Étant bien encadrée du début à la fin et disposant de toutes les informations nécessaires, je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. » Quels sont tes pics d’activité ? FM : « Les pics d’activité se répartissent d’avril à novembre, donc des semis aux dernières récoltes. Mais je dirais que le mois de juillet est le pire, entre les moissons de céréales, la castration de maïs et l’irrigation qui bat son plein, il faut bien s’organiser. » MK : « Nos pics d’activité sont répartis sur l’année entière car en parallèle de l’exploitation nous avons une entreprise de prestation viticole, ce qui nous permet d’avoir du travail constamment. Cependant, les deux périodes les plus importantes sont le début de l’été et les vendanges, car c’est le moment où il faut être partout à la fois avec une gestion de personnel plus importante. » As-tu rencontré des difficultés dans ton installation ? MK : « Lors de la préparation de mon installation je n’ai pas rencontré de difficultés particulières, mon projet étant réfléchi et préparé depuis un moment, j’avais toutes les données pour entamer les démarches. Grâce à un bon encadrement du service d’installation, j’ai pu rapidement m’installer. Cependant, depuis quelques mois la situation dans la filière de l’œuf est compliquée, ce qui, je l’avoue, a perturbé mon projet. » Quelle est ta répartition du temps de travail ? Arrives-tu à combiner vie privée et vie professionnelle ? FM : « Comme dit précédemment, une bonne partie de mon année est remplie par mon travail, mais pour l’instant je trouve que je jongle plutôt bien entre le privé et le pro, et puis on ne va pas se mentir, mes hivers sont aussi bien reposants le plus souvent. Le fait que mon année puisse se couper en deux me convient parfaitement. » MK : « Il est vrai que notre métier demande beaucoup de travail et d’investissement, combiner la vie professionnelle et privée peut parfois être compliqué, mais avec de l’organisation on y arrive. Il est aussi important pour moi de profiter de mes proches en dehors de l’aspect professionnel. » Quels sont tes projets pour l’avenir ? Que veux-tu développer ? FM : « Mes projets d’avenir sur la ferme se porteront surtout sur la réduction de ma charge de travail étant donné que mon père partira bientôt en retraite, je n’arriverai pas à suivre lors des périodes de pic. Le développement de l’irrigation afin de sécuriser mes revenus fait également partie de mon projet d’installation et de mes projets d’avenir. » MK : « Mis à part le développement de l’élevage avec un nouveau bâtiment, j’aimerais développer la vente directe sur ma structure. » As-tu un message à passer aux jeunes qui se lancent en agriculture, pour leur donner envie de s’installer ? FM : « Peu importent les heures, la dépendance à la météo et les difficultés qui pourraient être rencontrées. Ceux qui le font le savent, vivre d’une passion est la plus grande chance qui soit. Restez toujours passionnés. » MK : « Il faut être confiant et sûr de son installation, de son projet et de soi-même. Il faut profiter et se rendre compte de la chance qu’on a, grâce à notre métier, de vivre notre passion au quotidien. » A découvrir en vidéo aussi












