Lycée agricole d’Obernai et CAAA du Bas-Rhin
Œuvrer pour que le métier d’agriculteur soit confortable
Lycée agricole d’Obernai et CAAA du Bas-Rhin
Publié le 10/02/2022
Jeudi 3 février 2022, une vingtaine d’élèves de 1ère bac pro Conduite et gestion de l’entreprise agricole (CGEA) du lycée d’Obernai, a été évaluée par leur professeure Marie-Laure Couvet et deux conseillers en prévention de la CAAA du Bas-Rhin, Diego Wolff et Denis Litt, sur leurs propositions de Document unique d’évaluation des risques professionnels (Duerp). Ils ont présenté leurs inventaires des dangers et leurs plans d’action à la ferme Voelckel, à Erstein, qui s’est portée volontaire pour l’exercice.
« Quand ma fille m’a demandé s’ils pouvaient venir ici, j’ai accepté. Il faut bien qu’ils aillent quelque part ! Et puis, je ne me rends sûrement plus compte de certains dangers. Aujourd’hui, grâce aux élèves, je regarde mon exploitation avec un œil neuf », dit Virginie Voelckel, enthousiaste. Jeudi 3 février, la classe de 1ère bac pro CGEA, à laquelle appartient sa fille, a restitué à l’exploitante les résultats de ses travaux sur le Duerp, tirés d’une première visite de l’exploitation, quinze jours auparavant. Trois groupes se sont attachés à lister les risques professionnels sur la ferme de polyculture-élevage du Striegel, à Erstein, idéale pour l’exercice, puisque diversifiée. Elle compte une centaine d’hectares de SAU dont du maïs (40 ha), du blé (15 ha), des betteraves sucrières (16 ha), de la prairie (20 ha), de l’orge (2 ha), du soja (7 ha) ; 85 têtes de montbéliardes (race mixte) et deux bâtiments de volailles Label rouge (4 400 volatiles par bâtiment). Le groupe d’élèves en charge d’inventorier les risques liés aux bâtiments a été évalué en premier par la professeure Marie-Laure Couvet et les deux conseillers en prévention de la CAAA 67, Diego Wolff et Denis Litt. Elle et Denis travaillent ensemble sur le module « sécurité » spécifique, dispensé par la CAAA 67, au lycée d’Obernai. En 1ère bac pro, une vingtaine d’heures en plus de celles au programme officiel sont dédiées à la prévention des risques. En terminale, les élèves vont plus loin dans l’analyse, puisqu’ils doivent rendre un projet d’amélioration de l’exploitation du lycée : ils consacrent encore plus d’heures au module. À Obernai, les lycéens ont aussi accès à une formation aux premiers secours, de quatorze heures. « Ces jeunes sont formés à la reprise d’exploitation. Et ils vont tous, a priori, travailler sur une exploitation. Le Duerp est obligatoire à partir du moment où on embauche un salarié », rappelle Marie-Laure Couvet. Des propositions pertinentes « Ça manque d’isolation », relève le groupe « bâtiments », dans l’atelier. Peut-être, mais Virginie ne tiendra visiblement pas compte de cette remarque. Une autre proposition retient son attention. « On pourrait placer le local phyto dans l’atelier », commence un lycéen. « C’est à l’extrémité de l’exploitation, près du chemin. Il ne perturbera ni le reste de l’exploitation, ni les petits enfants, qui pourraient se promener. C’est aéré, ouvert », constate Denis Litt, ravi. Les élèves ont su utiliser le potentiel du bâtiment. « En plus, ils ont choisi le bon côté », ajoute-t-il. Virginie profite de la délibération des évaluateurs pour questionner les lycéens sur ses silos. Tous sont d’avis de recycler le plus ancien… mais qu’en faire ? « Leur travail est correct, glisse Marie-Laure Couvet, mais on peut toujours approfondir davantage. » Si les cornadis anti-étranglements des montbéliardes sont appréciés, le groupe « élevage » conseille à Virginie d’installer des passages d’hommes… Petit bémol, quand même : « ça prend de la place », souligne Denis Litt. Les lycéens ont chiffré l’installation à moins de 200 euros. L’éleveuse réfléchit. Elle ne se prononcera pas encore. Un cornadis devrait être réparé ou remplacé mais un neuf reviendrait à près de 1 000 euros. En parallèle, Marie-Laure Couvet évalue le groupe « matériel », qui s’en donne à cœur à joie au milieu des vibroculteur et faucheuse. « Il y a un vérin à changer, là : ça a été réparé mais c’est du fait maison », relève un jeune homme. « Un nouveau panneau réfléchissant coûte environ 23 euros. Il faudrait en renouveler », pointe un autre. La professeure en profite pour les interroger sur la législation qu’ils connaissent par cœur. À l’issue de l’évaluation, chaque lycéen reçoit une tasse avec la photo de sa classe, en souvenir, offerte par la CAAA 67… remplie de sucreries. C’est une surprise. Diego Wolff et Denis Litt sont pédagogues et reconnaissants. Sécurité et confort Depuis plus de vingt ans, chaque année, la CAAA du Bas-Rhin intervient au lycée agricole d’Obernai pour sensibiliser les élèves aux risques sur les exploitations : un partenariat gagnant-gagnant. « On a choisi cette formule pour intéresser les élèves à la sécurité et plus encore : pour que leur métier soit moins pénible, pour rendre le métier d’agriculteur confortable », précise Denis Litt. Les jeunes se projettent d’autant mieux qu’ils travaillent sur l’exploitation d’un parent d’élève. À l’issue des travaux sur les Duerp, Denis Litt remet systématiquement les observations et propositions d’action des lycéens aux exploitants volontaires pour les accueillir et leurs travaux ; tiercé gagnant !












