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Maraîchage de conservation, à l’EARL Terre Activ’

Comment produire des légumes, après prairie ?

Publié le 07/05/2022

Jean Becker, maraîcher bio à Ingwiller, Niederbronn-les-bains et Wimmenau, rode sa technique de maraîchage sans travail du sol et par occultation, depuis sept ans, sur un sol argilo-limoneux, exposé aux vents et non irrigué. Il pose, plus de deux mois avant la plantation, une toile tissée, sur de la prairie vieille de trois ans, puis pique des courges à travers le tissage. Depuis deux ans, il applique la méthode à des systèmes plus intensifs, irrigués, amendés, sur des sols sableux… et ça fonctionne aussi.

« Notre base de fonctionnement et de raisonnement, c’est la prairie. Ici, dans les Vosges du Nord, on est dans une zone où l’élevage prime, à 90 %, parce que la prairie est la plus adaptée, globalement, au terroir. À Niederbronn, c’est de la colline, on a très peu de parcelles plates. Là, l’orientation des parcelles est Sud-Est, Nord-Est. L’exposition est pas mal mais le fait que ce ne soit pas plat, c’est aussi un frein à la mécanisation, en plus de la nature argilo-limoneuse du sol. Le travail du sol réduit le potentiel de rétention d’eau de cette terre. Et, là où elle est sableuse, comme à Ingwiller et Wimmenau, elle ne retient que très peu l’eau. À cause du relief et du sol, on ne peut pas homogénéiser facilement la manière d’agir, sur ce territoire. C’est pour ça que les prairies sont majoritaires. Ce sont les plus faciles à exploiter et elles valorisent le mieux le terroir », pose Jean Becker. Le trentenaire a choisi, lui, le maraîchage, parce qu’il y a de la demande, autour de Niederbronn, pour des fruits et légumes locaux, en vente directe, et qu’il accède difficilement au foncier. Installé depuis 2012, Jean Becker cultive ses parcelles sur trois communes : Ingwiller, le cœur de l’exploitation, Niederbronn et Wimmenau. Au total, il n’a pas plus de 4,5 ha. Et puis, l’homme aime les challenges. « Il y a toujours une solution pour produire des légumes », dit-il. Depuis son installation, il y en a eu d’autres, dans les Vosges du Nord, en maraîchage, mais peu. En dix ans, Jean est passé d’un maraîchage bio classique à un maraîchage bio sans travail du sol, en agriculture de conservation des sols (ACS) et techniques culturales simplifiées (TCS). Confronté à des rendements trop aléatoires et des dégâts de machines, là où les sols sont lourds, il a changé de pratiques, en 2015. « On a trois systèmes différents : le système extensif en plein champ, à Niederbronn ; le système sous abri, intensif, à Ingwiller, qu’on désintensifie, aujourd’hui ; et le système intermédiaire à Wimmenau, en plein champ, entre l’intensif et l’extensif. Les trois systèmes sont indépendants, les uns des autres, mais reposent sur les mêmes bases agronomiques, aujourd’hui », développe Jean Becker. Quelles sont ces bases ? « Les couvertures permamentes de sol, l’humidité tout le temps pour que le sol soit vivant, penser aux légumes, à la production, mais aussi aux plantes régénératrices, et à nourrir le sol », énumère le maraîcher. Jean rode sa technique depuis sept ans, à Niederbronn et à Wimmenau, en plein champ, et depuis deux ans, à Ingwiller, sous tunnel. Mais son étalon, c’est Niederbronn. C’est là qu’il n’y a plus aucun travail du sol, quand, dans les sols sableux, un coup d’outils à dent (dents vibrantes, buteuses, bineuses), au printemps, puis de herse étrille, permet de réchauffer le sol et de faire des cultures sur buttes. « Comme on est sur des sols peu fertiles, en sable, on n’aura jamais une fertilité terrible mais on la maintient au mieux, et tout le temps, pour que ça bosse bien. On intervient, tout le temps, mais peu ; on fractionne en engrais (3/4/4 et 5/8/10) et on irrigue tous les jours ou deux jours, par aspersion, pour humidifier toute la surface et, ainsi, favoriser l’enracinement ; alors qu’à Niederbronn, ce sont des sols qu’on n’amende pas, lorsque la culture est implantée, et qui ont de la réserve hydrique (supérieure à 100 mm). À Niederbronn, si on travaille les sols, à la moindre précipitation, ça ravine, ça s’écoule. Mais il y a plein de cultures qu’on ne fera pas, là-bas, aussi parce qu’il n’y a pas d’irrigation », différencie le maraîcher. Si Jean est arrivé au bout de la démarche d’ACS et de TCS, à Nierderbronn, il n’y plante que des courges (douze variétés) et, des oignons et échalotes de conservation. Ce sont ses parcelles les plus éloignées : il a tout intérêt à y intervenir le moins possible, en dehors des contraintes agronomiques pures. Un système abouti en plein champ Concrètement, à Niederbronn, la rotation dure quatre à cinq ans : trois à quatre années de prairie pour une année de courges, parfois suivies d’une année d’alliacés (oignons et échalotes de conservation). Les toiles tissées (en plastique, perméables) sont posées sur la prairie, idéalement, dix semaines avant plantation. En 2022, « on est à la bourre, à cause des pluies », confie Jean. Pour que le processus de dessèchement, de fermentation, de décomposition, de la matière (de l’herbe et des racines) soit en phase avec la minéralisation, pour nourrir, à l’implantation, la culture, le mieux est d’occulter la prairie un peu plus de deux mois avant. « Les végétaux dessèchent sous la toile et ça forme un tapis de biomasse », témoigne Jean Becker. Les courges sont plantées en mai (un pied tous les 1,5 m2), dans les trous de la toile tissée. Jean ne désherbe plus du tout car ce qui reste d’herbe, à cet endroit ne concurrence pas les courges. Au contraire, cet apport d’humidité, les étés secs, aide les fruits à se développer, encore mieux. Idem, après plusieurs tests d’apport de 50 à 60 unités d’azote, sur les courges, Jean n’amende plus car il n’a observé aucune différence significative. Le rendement en courge est moyen : de 15 à 20 t/ha. Mais 90 % de la production sont valorisés, affirme Jean Becker. Et, entre la plantation et la récolte, il ne fait… rien ! « On attend », plaisante le maraîcher… qui décale, finalement, les périodes de travail. La pose des toiles a cours en période creuse, en hiver, quand il n’est pas surchargé. « Alors que si tu bines, ce n’est pas possible de décaler le binage », donne-t-il, pour exemple. Au printemps, son maraîchage de conservation des sols, via la technique d’occultation, lui permet d’être présent sur ses autres parcelles. « Et, lorsqu’on soulève la toile, après la récolte, la terre est restée très humide et très structurée, très grumeleuse », plaide-t-il, en faveur de sa technique. Si le sol a une mémoire, il peut être reconnaissant. « Par contre, ces sols-là, dès qu’ils sont nus, le vent les assèche et ça croûte. Il se forme une croûte de battance. Le profil va alors s’assécher, au fur et à mesure. Donc il ne faut jamais les laisser découverts trop longtemps. Que ce soit par des bâches ou par de la végétation, il faut toujours que le sol soit couvert, pour que ça puisse rester humide », spécifie Jean Becker. Des tapis de turricules de vers de terre (plus concentrées en fertilisants) prouvent que le sol est bien vivant et habité. L’inconvénient est que l’humidité permanente amène des limaces sur ces parcelles de 8 à 10 m de large mais très longues, jusqu’à 180 m. La plus grande, à Niederbronn, mesure 80 ares. « On essaie d’imiter le fonctionnement de la prairie, puisqu’ici, elle produit, tout le temps », insiste Jean Becker. En été et début d’automne, la végétation qui est repartie, après une année de production de courges est broyée pour que la parcelle redevienne une prairie de fauche, les années d’après. « On travaille comme ça, avec les éleveurs. C’est un échange de service : fourrage-fumier. Avec leurs broyeurs, ils passent, jusque sous les arbres, ils ramassent et ils apportent des déjections animales. Je ne vends pas d’herbe sur pied, pour l’instant », enchaîne Jean. Il convient que la rotation est longue. Améliorer le sol et produire : Jean réfléchit vraiment aux deux tableaux. La vision annuelle, c’est la production, qui permet de tourner, économiquement, et l’objectif, à moyen, long terme, qui permet d’améliorer les conditions du sol. « Ça fait beaucoup de temps sans production, sans légume, mais ça fait une année très productive, sans intrant, et sans autre travail que poser les toiles, planter et récolter », constate-t-il. Approfondissement sous tunnels Outre l’intérêt de nourrir le sol et les plantes, et d’éviter le désherbage, la toile tissée permet d’obtenir des fruits propres à la récolte. « On n’a pas besoin de les laver avant la vente, ni pendant l’automne, ni l’hiver », remarque Jean Becker. Il rappelle, au passage, qu’un fruit ou un légume qui se conserve bien est un fruit récolté mûr. Il y a deux ans, il a exporté à Ingwiller, la technique, éprouvée à Niederbronn, dont sous tunnel. Mais il l’a adaptée. « Cet itinéraire-là fonctionne sur tous types de sol. À 70 % de sable, aussi. Les rotations sont plus courtes, à Ingwiller, sous abri, car nous n’en avons que 2 000 m2 mais, dès que l’on s’agrandira, en tomates, je compte passer à une rotation de quatre à cinq ans », prévoit Jean. Aujourd’hui, il produit des légumes une année sur deux, en plein champ, à Ingwiller. Le rendement, en tomates, est de 60 à 80 t/ha. L’année sans légume est aussi une année de couvert végétal, comme à Niederbronn, et qui est souvent pâturé par des animaux, sur place. Les analyses de sol réalisées, à Ingwiller, sont formelles : la terre est passée d’un peu plus d’1 % à un peu plus de 2 % de matière organique entre 2017 et 2021. Sous abri, Jean Becker tend à se spécialiser en légumes primeurs. « Actuellement, on est en récolte pour les bottes de radis. On fait de l’ail nouveau, aussi. Et, dans les prochaines semaines, on récoltera des choux-raves et des fenouils. Les navets aussi vont arriver. Puis, en été, on produit beaucoup de tomates, aubergines, concombres », détaille Jean. Les légumes de cycle court, qu’il récolte, après occultation de prairie, à Ingwiller, sont magnifiques, selon lui : rutabagas, choux-raves, fenouils. « Ils poussent de manière très homogène et avec des rendements très bons. Les calibres sont moyens à gros, très corrects », assure-t-il. Jean récupère les déchets de légumes de cuisines collectives et les cendres d’une chaudière à plaquette. Ils sont épandus sur les parcelles restées en herbe. « On fait de l’amendement, de la fertilité, avant légumes, mais sur prairie », paraphrase-t-il. « En ACS et TCS, il n’y a pas de recette. Ce sont des stratégies à adapter pour améliorer la rentabilité de l’exploitation, à long terme », conclut Jean Becker. Le même itinéraire est utilisé pour les courgettes, à Ingwiller, que pour les courges, à Niederbronn, par exemple. Jean Becker pense être arrivé au bout de la démarche. « Mais l’échange avec les collègues reste très important. De rotation en rotation, on affine. L’objectif, sous abri, est aussi de tester de nouvelles cultures, de se diversifier, puisque la surface le permettra, bientôt, avec, notamment, des cultures plus tropicales, qui émergent : manioc et igname, qui peuvent fonctionner sous nos latitudes. On a déjà testé la patate douce. Sans bouleverser le système, on va encore innover », planifie-t-il. L’élevage peut être une autre piste de développement. Un atelier volaille ou petits ruminants, comme des ovins, porté avec un (e) confrère, plutôt pour de la vente directe, serait le bienvenu, « agronomiquement » parlant, bien sûr.   Le parcours de Jean Becker Des choix stratégiques qui servent sa vocation Comme ses itinéraires culturaux, le parcours de Jean Becker a été pensé… et ce, dès le lycée ! Jean Becker, 38 ans, a « toujours » voulu s’installer. Enfant et adolescent, il a passé beaucoup de temps dans des fermes de polyculture élevage du secteur de Niederbronn et au Pays de Bitche. Ses grands-parents étaient éleveurs de bovins lait et viande. « Le virus m’a attaqué et ne m’a plus quitté », dit-il. Après un bac général scientifique, à Haguenau, et un DUT Génie biologique, option agronomie, à l’IUT de Colmar, Jean a poursuivi en licence professionnelle, en apprentissage, à l’université Jules Verne, à Amiens : Agriculture, agronomie et développement durable. Il a ainsi travaillé pour une union de coopératives céréalières, dans la Somme et dans toute la Picardie. « Je m’occupais de sols. On utilisait un logiciel qui permettait de faire du conseil à la fertilisation, à partir des analyses de sol, avec la prise en compte des objectifs de production et de beaucoup d’autres critères, parce qu’on était en zone fragile, réglementée par la Directive nitrates. C’était du conseil adapté à la parcelle. En parallèle, avec Thierry Tétu, responsable de la licence, agriculteur et chercheur, nous avons abordé les prémisses de l’agriculture de conservation », se souvient Jean Becker. Il acquiert un œil de technicien pour améliorer et développer les systèmes. Sa licence en poche, le jeune homme remplace l’animateur d’Afdi 68, en 2005. Il se rend au Mali, où il participe au développement de la filière mangue ; entre autres expériences enrichissantes. Puis, il devient ouvrier agricole, trois ans durant, dans des fermes bas-rhinoises qui produisent des légumes et des fruits, pour se spécialiser. « Le maraîchage, c’était une passion, autour des jardins familiaux, des potagers, dans lesquels je travaillais beaucoup, plus jeune. J’avais envie d’acquérir de l’expérience auprès de professionnels », précise-t-il. Jean expérimente, ainsi, les limites des techniques très interventionnistes, en bio, confie-t-il, et découvre les TCS en céréales. De 2008 à 2012, il devient formateur, pour adultes, en maraîchage. Si l’élevage l’intéresse aussi, s’installer en maraîchage est plus facile, « en partant de zéro ou presque », par rapport aux surfaces nécessaires. « Mais, quand je vous parle des pratiques prairiales pour produire des légumes, ça ne vient pas de nulle part », souligne-t-il. Jean Becker s’installe en 2012, à Wimmenau. Il est en location. Puis, il rachète des terres familiales, à Niederbronn, et, en 2013, loue des parcelles à Ingwiller. Son DUT vaut capacité agricole. En bio, dès l’installation, Jean commence les TCS et l’ACS en maraîchage, en 2015, après avoir constaté l’aléatoire de sa production, lorsqu’il travaillait les sols. Dans un groupe Dephy, cinq ans durant, sur la fertilité des sols en maraîchage, il intervient, toujours, en formation adulte, au CFPPA d’Obernai, fort de ses observations.

Techniques agricoles - Kuhn - Pioneer

Du bon usage des semoirs et des semences

Publié le 06/05/2022

Vendredi 29 avril, à Uhrwiller, le concessionnaire Techniques agricoles s’associait à Kuhn et Pioneer pour présenter un essai de semis de maïs combinant diverses modalités : deux types de semoirs Kuhn différents, des vitesses et des profondeurs variées, ainsi que la modulation de la densité de semis.

Sur les hauteurs de Uhrwiller, au pied du château d’eau, les sociétés Techniques agricoles, Kuhn et Pioneer ont implanté un essai consacré au semis de maïs. Il est accueilli sur des terres de Sébastien Pfeiffer, conduites en Agriculture de conservation des sols, qui avaient été préparées au strip-tiller, avant le semis du maïs. L’essai comprend plusieurs blocs. « Une partie est consacrée à des variétés Pioneer semées à des densités différentes. Un bloc est consacré à la vitesse de semis, avec des semis à 5, 7, 9 et 13 km/h réalisés avec les semoirs Kosma et Maxima 3 à entraînements électriques de Kuhn. Une partie est destinée à tester l’effet de la profondeur de semis. Les semoirs Maxima 3 et Kosma ont été utilisés pour semer à des profondeurs de 2,5 ; 4 et 5,5 cm », décrit Manon Meyer, agent technique terrain chez Pioneer Corteva. L’observation des différentes modalités a permis de mettre en évidence qu’avec le semoir Kosma, si la répartition et la profondeur d’implantation des graines sont bonnes à 5 et 7 km/h, elle commence à se dégrader à partir de 9 km/h. À 13 km/h, la profondeur de semis est irrégulière, reflet d’un manque de force de terrage. Denis Delcey, inspecteur commercial chez Kuhn, explique : « Le Kosma est le semoir le plus léger de la gamme des semoirs de précision, or la masse est importante pour garantir la stabilité des semoirs lors des semis à grande vitesse. Le Kosma n’est pas un semoir fait pour aller très vite, il est conçu pour aller à 7-8 km/h ». L'inspecteur commercial souligne : « La vitesse de semis est souvent avancée comme un argument commercial. Mais, au final, les semis à grande vitesse sont peu pratiqués, sur le terrain. Donc mieux vaut peut-être privilégier un semoir dont les atouts seront la facilité et le confort des réglages, qui font aussi gagner du temps, plutôt qu’une potentielle vitesse de semis élevée, qui ne sera pas valorisée. » L’inspection des modalités concernant les profondeurs de semis a mis en évidence un décalage entre la profondeur théorique et réelle, liée à la masse de l’élément semeur, qui est plus importante pour le Maxima 3 (120 kg sans option) que pour le Kosma (95 kg sans option). En outre, si la profondeur de 5,5 cm semble un peu exagérée, celle de 2,5 apparaît trop superficielle car toutes les graines ne sont pas dans l’humidité. Modulation de semis avec P9889 et le semoir Kosma Une dernière partie de l’essai est consacrée à la modulation de semis. « Nous avons utilisé la variété Aquamax P9889, dont les semences sont issues de lots Premium, bénéficiant d’un traitement de semences Lumigen, associant un biofertilisant et un insecticide », précise Manon Meyer. La carte de modulation de la densité de semis a été au préalable obtenue grâce à l’outil de cartographie Granular Link, développé par Corteva Pioneer, qui se fonde sur 32 années d’acquisition de la quantité de biomasse sur les parcelles, une donnée qui est très lié au potentiel de rendement des parcelles, notamment à la capacité de la réserve utile du sol. La cartographie de la parcelle permet de mettre en évidence l’hétérogénéité de son potentiel de rendement, avec quatre zones différentes. « En orange, figurent les zones avec les moins bons potentiels de rendement, correspondant notamment aux fourrières. En vert foncé, figurent les zones, où le potentiel de rendement est le plus élevé, notamment la cuvette située en fond de parcelle », décrit Manon Meyer. Entre les deux, l’outil Granular Link a identifié des zones à potentiels de rendement intermédiaires. Pour s’adapter à ces différences de potentiel, le maïs a été semé à quatre densités différentes, 80 000, 85 000, 89 000 ou 92 000 grains/ha, en injectant la carte dans le semoir Kosma, et en mettant à profit l'entraînement de sa distribution électrique, qui permet de moduler la dose de semis. Une partie de la parcelle a également été semée sans moduler la dose de semis afin de servir de témoin. « La parcelle sera suivie, jusqu’à la récolte, et les résultats obtenus seront analysés, jusqu’aux calculs de marges et de retours sur investissement », précise Sébastien Henry, animateur de zone Pioneer Corteva. Miser sur la facilité de réglage pour gagner du temps « Nous sommes présents sur le segment des semoirs de précision, depuis 25 ans, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer des machines très abouties, adaptées aux différents segments du marché », introduit Denis Delcey, chargé de présenter les deux semoirs de la gamme Kuhn à l’honneur. « L’Alsace reste une terre à maïs mais les agriculteurs sont amenés à semer de plus en plus d’espèces différentes. Les facilités de réglage, et notamment de changement des écartements, deviennent une priorité », poursuit-il. C’est une des caractéristiques du Maxima 3, qui peut passer très facilement de 37,5 jusqu’à 80 cm d’écartement en quelques minutes. En effet, l’écartement se règle directement sur la poutre, en positionnant une butée à l’écartement souhaité pour chaque élément semeur. Différentes poutres coulissent hydrauliquement pour venir contre la butée choisie et positionner automatiquement les éléments semeurs depuis la cabine grâce aux distributeurs hydrauliques du tracteur. La profondeur de semis, les disques, les chasses débris se changent tout aussi facilement, sans oublier les roulettes de rappui. Le microgranulateur pneumatique de dernière génération permet de passer très facilement d’un produit à l’autre. « Le Maxima 3 est un semoir lourd et stable, capable d’aller plus vite que le Kosma, et qui fera donc gagner du temps, à la fois lors de la préparation des semis et de leur réalisation. C’est un semoir qui allie confort de travail et performances », résume Denis Delcey. Huit semoirs « de un rang » grâce à l’entraînement électrique Le semoir Kosma était présenté avec une distribution à entraînement électrique : « Tout l’intérêt de cette technologie est d’aller vers la modulation de dose, qui n’est pas possible avec un entraînement mécanique », pose Denis Delcey. En effet, ainsi équipé, le semoir Kosma se pilote « comme huit semoirs de un rang ». Pour cela, le tracteur et le semoir doivent communiquer via un terminal Isobus, comme le CCI 1200, à même de traduire la carte de préconisations en consignes pour le semoir. « C’est un écran de contrôle très intuitif, qui permet par exemple, aussi, de couper manuellement les rangs », précise Guillaume Urban, formateur digital et technico-commercial chez Kuhn. Bien sûr, l’ensemble doit être guidé par signal GPS RTK.

Publié le 05/05/2022

Jennifer et Jean-Noël Graf sont à la tête de Vita-Compost, depuis un an. Dans cette « ruche », proche de Haguenau, professionnels et particuliers du secteur peuvent décharger leurs déchets verts et gravats, sous réserve d’avoir une remorque basculante, acheter terres végétales, amendements, substrats, mulchs, bois énergie, paillages organiques, matériaux de construction, pierres naturelles, ardoises… Mais aussi louer des bennes ou un service de broyage, d’épandage et de livraison à domicile.

L’activité principale de Vita-Compost est le retraitement des végétaux du Smitom de Haguenau-Saverne, le syndicat mixte de traitement des ordures ménagères du secteur sur lequel sont implantées les deux plateformes de compostage de l’entreprise : Bischwiller et Dettwiller. De 30 000 à 35 000 t de végétaux y sont broyés et « criblés », chaque année, avant d’être retournés, puis triés à nouveau, jusqu’à devenir, entre autres, des amendements ; parfois, une très fine terre, mélangée, à la demande, à du fumier ou de la corne. « Aucune boue d’épuration n’est acceptée. Notre compost convient donc aux agriculteurs et maraîchers en bio », précise Jean-Noël Graf, 35 ans, dirigeant de Vita-Compost, depuis un an, avec son épouse Jennifer. Le père de famille est aussi céréalier et entrepreneur à Niederroedern. Amender et aménager Entreprises et particuliers peuvent aussi décharger leurs déchets verts et gravats, sur les plateformes. Ils ne repartent généralement pas la remorque vide, puisque « tous les matériaux naturels pour le jardin et l’agriculture sont disponibles, en gros volume, immédiatement », chez Vita-Compost, à Bischwiller, Dettwiller et, sous forme de drive, à Niederroedern. Jean-Noël Graf met un point d’honneur à avoir du stock et à être réactif. Outre les mélanges spéciaux d’amendements personnalisés, Vita-Compost propose de charger ou de livrer à domicile, en un temps record. « Les clients ne restent jamais garés plus de dix minutes », assure le dynamique trentenaire. Auprès des agriculteurs, les mulchs frais, très accessibles, ont toujours la côte, mais aussi le compost réalisé à partir de végétaux présélectionnés (sans conifères) et le bois énergie. 5 000 à 10 000 t de plaquettes d’élagage sont vendues à des chaufferies de la région, chaque année, précise d’ailleurs Jean-Noël Graf. Les exploitants agricoles trouvent aussi tout ce qu’il faut pour aménager l’extérieur de la ferme, chez Vita-Compost : pierres naturelles, écorces, etc. Et les maraîchers se tournent vers des produits plus avancés, comme du compost à base végétale, avec ajout de différents types de fumiers, de farine de roche et de terre argileuse. Autre partenaire : le Comptoir agricole, pour qui Vita-Compost a élaboré un compost végétal criblé, avec une granulométrie à 0/20 mm. Analyses à la clé, le compost jeune de végétaux est indemne d’indésirables adventices et apporte jusqu’à 7/4/4 d’apport NPK par tonne.     Service clé en main Le point fort de Jean-Noël Graf est sa proximité avec le monde agricole. Il compte une cinquantaine de clients agriculteurs réguliers, dont une dizaine de maraîchers. Jean-Noël a ainsi développé l’offre de services de Vita-Compost. Transport et épandage de compost figurent au menu des prestations, aujourd’hui. Une vingtaine de fidèles font appel à lui pour le « rendu racine ». Il loue aussi des bennes pour collecter les végétaux et les gravats. À la coopérative agricole de Hoerdt, par exemple, Vita-Compost ramasse les déchets de légumes. Aux jardins d’Altaïr, à Oberhoffen-sur-Moder, elle composte sur place les rebuts verts des légumes (mélange du mulch frais avec les légumes, ainsi que du fumier) et épand le fertilisant, ensuite. La boucle est bouclée ! « J’achète des grumes d’aulne aux agriculteurs pour faire des plaquettes, pour les particuliers, confie encore Jean-Noël Graf. Mais aussi du fumier. Je loue des parcelles aux voisins pour y stocker du compost. On crée de belles synergies. » Il embauche aussi des fils d’agriculteurs, heureux de la diversité des tâches à accomplir, ici, et du parc matériel impressionnant, provenant essentiellement de Hantsch, à Marlenheim. Ils sont douze, au total, à œuvrer sur les plateformes de Bischwiller et Dettwiller, au grand air, et aux alentours, à la faveur des prestations.    

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