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Publié le 10/06/2022

Cinq adhérents de la Cuma La rurale sont en train de monter un projet d’irrigation collectif à Bischwiller. Il permettra d'irriguer une quarantaine d'hectares, dont une majorité de cultures légumières implantées sur des sols sableux.

C’est un projet déjà bien avancé sur le papier, mais dont l’aboutissement n’est attendu qu’en 2023. Cinq adhérents de la Cuma La rurale, réunis en section, se sont engagés dans un projet d’irrigation collectif. « Ce projet va couvrir entre 30 et 40 ha de sols sableux, séchants, explique Loïc Schwebel, l’un des deux associés de l’EARL Vogt, à Bischwiller, qui est partie prenante. Toutes les cultures sont concernées : asperges, pommes de terre, grandes cultures, maraîchage… » C’est la disparition de 30 ha de terres agricoles suite à la construction d’un lotissement dans la commune qui en est à l’origine. « Le promoteur qui a construit le lotissement doit payer une compensation pour perte économique au monde agricole. La condition pour bénéficier de cette enveloppe de 170 000 € est de réaliser un projet collectif », précise l’agriculteur. Spécialisée dans le maraîchage, l’EARL Vogt irrigue déjà une partie de ses cultures. « Nous avons des parcelles avec un puits et un réseau enterré. Mais nous en avons d’autres, situées un peu plus haut où nous n’avons pas la possibilité d’irriguer. Or, pour la rotation des légumes, il nous fallait amener l’eau là-haut. » Loïc sonde les agriculteurs de sa Cuma pour voir s’ils sont intéressés : il se trouve que plusieurs le sont. C’est ainsi que le projet prend forme, accompagné par Patrice Denis, conseiller irrigation à la Chambre d’agriculture Alsace. « L’enveloppe servira à subventionner le forage, l’amenée d’électricité, le réseau enterré, la pompe et les bouches », précise Loïc Schwebel. Les frais de fonctionnement (consommation électrique et frais d’entretien), eux, seront à la charge des utilisateurs. Les cinq agriculteurs concernés pensaient voir aboutir le projet en 2022, mais le déclenchement de la guerre en Ukraine en a ralenti l’avancement. « Les pièces de la station de pompage ont pris du retard, le raccordement électrique n’est pas encore fait, mais les tubes sont stockés, la pompe et le foreur sont commandés et l’entreprise qui creusera la tranchée interviendra en août, après la récolte de blé », détaille l’agriculteur. Libre choix du système Compte tenu de la profondeur de la nappe et des débits recherchés, le puits sera creusé à 50 m. L’installation sera dotée d’une pompe de 100 m3 immergée, donnant la possibilité d’irriguer, selon les cultures, avec un enrouleur à buse de 30 mm ou de 22 mm, avec une couverture intégrale ou avec du goutte-à-goutte. « Chacun est libre de choisir son système d’irrigation, voire d’investir plus tard s’il le souhaite, mais l’eau sera disponible à la parcelle. » Comme les débits d’eau demandés sont très variables - de 20 m3 à 100 m3/h - il est prévu d’équiper l’installation d’un automatisme géré par un variateur, permettant le retour de l’eau au puits en cas de débit peu élevé, notamment en début et en fin de saison. "C'était la principale difficulté technique dans ce projet. On aurait pu installer deux pompes et les faire fonctionner en solo ou en simultané pour pouvoir travailler avec des débits plus ou moins élevés, mais les agriculteurs souhaitaient une solution technique simple avec une seule pompe et un coût maîtrisé", indique Patrice Denis. Le choix du programme d’arrosage et de la pression se fera au moment de l’allumage de la pompe, à partir d’un téléphone portable, sans avoir besoin de se déplacer jusqu’au forage. Pour limiter les nuisances sonores, Loïc Schwebel et ses collègues ont fait le choix d’une pompe électrique. « C’est plus cher à l’achat, mais moins coûteux d’utilisation. Surtout quand on voit le prix du GNR… » « C’est un beau projet, surtout pour ceux qui n’ont jamais irrigué », commente Loïc Schwebel. En attendant qu’il se concrétise, les membres de la section irrigation sont en pourparlers pour acheter un enrouleur en commun car certains adhérents n’en sont pas équipés.

Publié le 09/06/2022

Dimanche 5 juin, la Route des vins d’Alsace a renoué avec le slowUp. Malgré les intempéries, 32 000 personnes ont participé à cet événement qui met à l’honneur les mobilités douces et le vignoble.

Les prévisions météo ont eu raison de la foule. Pour sa 8e édition, et après deux années manquées, le slowUp a rassemblé 32 000 participants, contre les plus de 44 000 des dernières années. Mais à regarder les nuages noirs qui plombaient le ciel ce dimanche 5 juin, les 11 communes au pied du Haut-Koenigsbourg peuvent se réjouir de cette participation. Et le sourire des cyclistes téméraires ne peut que convaincre du plaisir de renouer avec cette manifestation, désormais bien ancrée dans le programme estival alsacien. Les organisateurs proposaient un parcours de 38 km, avec différentes boucles pour permettre à chacun de profiter, quels que soient son ambition sportive ou son mode de transport. On aura donc vu des cyclistes bien sûr, mais aussi des marcheurs et toutes sortes de moyens de locomotion – pourvu qu’ils soient non motorisés, c’est bien la seule règle ! Rollers, trottinettes ou inventions faites maison étaient bienvenus, dans le respect de quelques règles de bonne conduite et d’un sens de circulation. Les participants étaient invités à se vêtir du blanc en l’honneur des vins blancs alsaciens, et on a vu ce mot d’ordre repris par de nombreuses personnes. Un clin d’œil vestimentaire c’est bien. Honorer les vins d’Alsace avec un verre rempli, c’est encore mieux. Aussi, entre les stands des associations et des sponsors du slowUp, les viticulteurs étaient au rendez-vous dans les douze places festives installées entre Sélestat, Châtenois, Bergheim et Dambach-la-Ville. Si c’est leur fraîcheur qui séduit habituellement, force est d’avouer qu’ils ont aussi réchauffé les cœurs des visiteurs trempés par la pluie, et donné la motivation qu’il fallait pour continuer le parcours. Une fraîcheur qui leur va bien Il faut dire que les retrouvailles étaient heureuses et sincères. En témoigne le domaine Koehly à Kintzheim. Malgré la pluie qui inondait le stand, les viticulteurs – Joseph Koehly et sa compagne Romane Welsch – ont proposé leurs vins avec le même plaisir. À la carte, riesling, pinots et gewurtz de l’Hahnenberg. Les vignes s’étalent d’ailleurs non loin, de quoi illustrer les propos des producteurs sur ce terroir. « Nous participons au slowUp depuis la première année, explique avec fierté Joseph. Pour la première fois, on nous a demandé une participation financière de 50 euros pour notre stand, c’est bien normal puisque le slowUp est de plus en plus gros. Le vent et la pluie, c’est une première. Mais finalement, ne serait-ce pas mieux que la canicule ? Et puis ça rapproche sous la tonnelle… » Le rire est communicatif. Un client rincé, son verre à la main, confirme : la fraîcheur a ses bons côtés. Déjà bien arrosé, il reprend la route ravi de sa pause gourmande. Romane quant à elle, se souviendra de ce baptême. « J’ai rejoint le domaine Koehly en août 2021 après mon stage de BTS. » Joseph, son conjoint désormais, aura trouvé quelques arguments pour la convaincre de rester. « C’est mon premier slowUp. L’ambiance est festive, j’apprécie le sourire des gens de passage et des clients venus nous voir. » De quoi donner envie de continuer la route.

Publié le 08/06/2022

Le Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) alsacien Terrajob, créé en 2020 par les OPA, forme actuellement ses premiers salariés à l’élevage laitier, au centre de formation continue (CFPPA), à Obernai. En alternance, ils travaillent aussi déjà avec leurs tuteurs, des agriculteurs bas-rhinois, qui leur transmettent leurs savoir-faire. Les cinq jeunes, en reconversion professionnelle, sont ultra-motivés. Ils témoignent. D’autres peuvent encore les rejoindre, d’ici fin juin, sur cette session.

Romain Fassel, d’Erstein, 20 ans « Je n’ai aucune formation initiale mais mes parents sont tous deux exploitants agricoles, à Erstein et à Bolsenheim. Je les aide donc depuis l’enfance et espère, à terme, m’installer. J’avais commencé un apprentissage en couverture et en zinguerie mais j’ai arrêté, car cela ne me plaisait plus. C’est mon père qui a été informé par Alsace Lait, comme tous les éleveurs adhérents à la coopérative, du dispositif mis en place par Terrajob. C’est une formation grâce à laquelle je peux continuer à travailler à la ferme. J’obtiendrai un Certificat de qualification professionnelle (CQP), qui me permettra d’embrayer sur un Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BPREA), pour viser l’installation. J’ai été embauché par Terrajob, le 11 avril 2022, et je suis mis à disposition chez mes parents. Ici à Obernai, j’apprends surtout la théorie. Chez mon père, je remplis le mélangeur mais je ne sais pas forcément calculer la ration. Via les cours dispensés au CFPPA d’Obernai pour Terrajob, je m’y mets. »   Jonathan Histel, d’Erstein, 28 ans « J’ai arrêté les cours en classe de cinquième. Puis, j’ai intégré une classe Tremplin au lycée Le Corbusier, à Illkirch-Graffenstaden : on avait deux jours de cours et trois jours de stage. Ça m’a complètement perdu ! (Rires). Je ne savais plus ce que je voulais faire. J’ai enchaîné les travaux d’intérim, ensuite : agent d’entretien, livreur, déménageur, etc. Et j’étais cuisinier en CDI. Je n’avais jamais mis les pieds sur une exploitation agricole avant Terrajob. Mais j’ai une formation d’éleveur d’animaux de compagnie que j’ai validée à Rouffach. Faute de moyens, je n’ai pas encore pu me consacrer à cette véritable passion. J’aime les chats et les chiens, être en contact avec les animaux. C’est pour cela que j’ai postulé à Terrajob, après avoir vu l’offre en ligne. J’ai signé le contrat le 21 avril 2022. Je travaille aujourd’hui à Lipsheim, à la ferme du Mittelegert, chez Arthur Muller. Il a un robot de traite. Je nettoie surtout. Ce n’est pas trop mon truc. Il n’y a pas assez d’interactions avec les animaux à mon goût, dans l’élevage laitier tel que je le pratique actuellement. Après l’obtention du CQP, je me projetterais plutôt dans l’assistanat vétérinaire ou l’insémination. J’ai déjà conduit des engins agricoles ici et ça me plaît, mais je n’étais pas encore dans les champs. »   Elsa Kuster, de Steige, 23 ans « Ouvrière agricole à la ferme Haag, à Saint-Pierre, qui propose ses produits en vente directe notamment, j’ai signé avec Terrajob, le 19 avril. Je ne suis pas issue du monde agricole mais j’ai toujours aimé le contact avec les animaux. J’adore aussi m’occuper de mon jardin et dès que je peux, je complète mon herbier, mets au point des recettes anciennes à base de plantes sauvages. J’aime également entretenir les espaces naturels, débroussailler. Suivant mes passions, je me suis orientée vers un bac professionnel gestion des milieux naturels et de la faune sauvage (GMNF), au lycée agricole de Wintzenheim. Ce diplôme en poche, je suis entrée à l’université de Strasbourg, en filière Staps : je suis footballeuse et le sport est une autre de mes passions. Après un an, j’ai finalement décidé de m’inscrire à une formation sur trois ans, en tant que soigneur animalier. J’ai eu la chance de vivre des expériences extraordinaires, en côtoyant de très près de nombreuses espèces : tigres, ours, girafes, etc. J’ai aussi participé à la sauvegarde du grand hamster d’Alsace. Pour travailler en lien avec les animaux, j’étais deux mois à la ferme Goetz, à Mussig, où j’ai vraiment pu voir que ce métier d’ouvrier agricole me plaisait. Terrajob m’a, par la suite, contactée pour me proposer de faire un CQP en élevage bovin lait : j’ai tout de suite accepté ! Avoir une formation est essentiel pour moi. Cela contribue à la réalisation de mon futur projet professionnel. Je souhaite à terme m’installer, diriger ma propre exploitation laitière, un verger et un parc animalier. Je me plais beaucoup à la ferme Haag, où la traite se fait en salle. »   Seifdin Siaba, de Colmar, 27 ans « Je désirais être enseignant. Je suis titulaire d’un master Métiers de l’enseignement et d’une licence d’histoire. J’ai été surveillant, notamment au lycée agricole du Pflixbourg, et professeur stagiaire au lycée Fustel de Coulanges. C’est là que j’ai compris pourquoi, avant de rencontrer de super professeurs à qui je voulais ressembler, je n’aimais pas l’école. Le monde agricole m’a toujours attiré et, encore plus, depuis mes études d’histoire. Nous vivons dans un monde issu des révolutions industrielles qui nous ont éloignés du rythme des saisons, d’une vie heureuse à la campagne. Aussi, j’espère décrocher un CDI à la fin de cette formation, après des années d’emplois précaires, et pourquoi pas, à terme, m’installer ; en horticulture – ma première passion - et en maraîchage, plutôt. C’est sur le site de Pôle emploi que j’ai trouvé l’annonce de Terrajob. Après le CQP, je resterai attaché à l’exploitation, j’y ferai mes classes, puis j’espère reprendre des études, au lycée agricole d’Obernai et/ou me former à d’autres productions que le lait. Arrivé à Terrajob le 25 avril 2022, je travaille en alternance avec Yannick Fischer, à Gottesheim. Je suis préposé à la traite, actuellement. On s’entend bien lui et moi. Il est pédagogue, comme tous les formateurs ici. »   Najibullah Shinwari, de Mulhouse, 26 ans « J’ai signé mon contrat avec Terrajob le 17 mai 2022. Je travaille avec Sonia Bauer, au Gaec du Schlavary à Hirschland, trois jours par semaine. Elle m’héberge durant ce temps. Pour l’instant, je trais les vaches. Je n’étais pas encore dans les champs. Mais je sais déjà conduire un tracteur. Je viens d’Afghanistan. Avec mes parents, je cultivais et m’occupais des vaches et des chèvres, là-bas. Je ne suis jamais allé à l’école. Cela fait quatre ans que je suis en France maintenant, et deux ans que tous mes papiers sont en règle. J’ai déjà travaillé ici, dans les espaces verts et j’ai vendangé. Avec Terrajob, nous nous renseignons pour que je passe mon permis de conduire, grâce à l’association Mobilex. Tant que je n’ai pas le permis, c’est difficile de me projeter. Je ne parle pas encore le français avec fluidité mais je comprends le vocabulaire de base. J’apprends quand même vite, avec Terrajob, en regardant. Une association d’aide aux réfugiés m’a coaché pour envoyer mon CV et ma lettre de motivation à des agences d’intérim et à Terrajob… qui a répondu plus vite que tous les autres ! »   Et ensuite ? À l’issue de leur formation en alternance de 300 heures, fin 2022, ces cinq jeunes seront titulaires d’un CQP en élevage laitier. Forts de quatre blocs de compétences validés (sécurité au travail, gestes et postures ; soins aux animaux ; rations alimentaires ; traite en salle ou au robot) et de leur mise à disposition dans les fermes, ils continueront à travailler avec leurs tuteurs, dans un premier temps. Ils étaient sept jeunes au départ, à s’engager avec Terrajob, mais un a démissionné et une autre serait aussi contrainte d’abandonner pour raisons médicales. Quant aux exploitants adhérents au GEIQ, ils sont au nombre de quinze, aujourd’hui. Leur rang peut grossir, à l’envi. Toutes les filières sont attendues. Si Terrajob a ciblé en priorité des élevages laitiers pour démarrer les formations, c’est parce que le secteur est en tension ; la demande du côté de ces éleveurs est forte. Les tuteurs, qui paient les heures de travail des alternants et pour qui Terrajob gère les démarches administratives, sont aussi formés. La prochaine séance de formation pour les agriculteurs qui emploient des salariés Terrajob aura lieu le 21 juin.

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