A la une

Publié le 24/06/2022

Avec 38 ha de houblon, les frères Pfister figurent parmi les porte-drapeaux de la filière houblonnière en Alsace. Samedi 2 juillet ils ouvrent les portes de leur exploitation dans le cadre de l’opération nationale Hop 2022. L’occasion de mieux faire connaître au grand public une culture patrimoniale alsacienne, de susciter des vocations auprès de futurs houblonniers, espère le Comptoir agricole.

L’Association générale des producteur de houblon de France (AGPH) s’est étoffée ces dernières années avec le développement des surfaces de houblon sur tout le territoire. Elle compte parmi ses adhérents les associations historiques (APHA - Alsace, Cophounord) et de nouvelles associations régionales (Houblons de Normandie, la bière de Provence, Houblons du terroir, et Houblon de France). Houblon de France regroupe des planteurs indépendants ainsi que des associations régionales, principalement en houblon bio. Houblon de France organise depuis quelques années l’opération Hop - journée porte ouverte dans les houblonnières. L’AGPH ouvre cette opération à l’ensemble de ses adhérents, dont l’Association des planteurs de houblons d’Alsace (APHA). Le Comptoir agricole est bien sur partie prenante, pour mettre en avant son savoir-faire et ses variétés de houblons, commercialisées sous la marque « Hop France ».   Pour accéder à la carte intéractive, cliquez sur l'image ci-dessus.   Dans ce contexte l’EARL Pfister va ouvrir ses portes de 10 h à 17 h pour présenter la culture du houblon aux visiteurs. L’opération est destinée aussi bien au grand public qu’aux professionnels. Les agriculteurs qui s’intéressent à la culture du houblon pourront récolter des renseignements. Les brasseurs alsaciens pourront rencontrer leurs fournisseurs de matière première, échanger avec les producteurs… « Nous voulons montrer ce qui est fait et dynamiser la culture du houblon en Alsace », indique Antoine Wuchner, responsable de la filière au Comptoir agricole, qui collecte et commercialise 90 % des surfaces en houblon de France. Irriguer pour sécuriser Avec 38 ha, le houblon représente une part non négligeable de la sole de l’EARL Pfister, complétée par du maïs, blé, colza, tournesol… L’EARL comprend deux associés, Yves et son frère Marc. Elle emploie une vingtaine de saisonniers pour la mise au fil du houblon, et deux ou trois pour la récolte, sans oublier l’aide des parents retraités. Les houblonnières accueillent une douzaine de variétés, des plus précoces, comme fuggle, aux plus tardives, comme aramis, en passant par élixir, barbe rouge, mistral, ou encore la variété strisselspalt, qui couvre près de la moitié de la surface en houblon, avec 15 ha. En 2019, 9 ha de houblon étaient irrigués, un chiffre qui est passé à 30 ha grâce à la construction d’une amenée d’eau de 1,6 km l’an passé. L’accès à l’eau est devenu une priorité pour Yves Pfister qui envisage encore de construire un puits, des bassins de rétention d’eau… Lors de cette porte ouverte, les visiteurs pourront aussi découvrir la microbrasserie que le troisième frère Pfister, Daniel, a créée en 2018, et qui « tourne bien », surtout depuis que la gamme de six bières a été enrichie de limonade et de la possibilité d’acheter la bière en fûts. Un savoir-faire régional à cultiver Enfin, dernière nouveauté en date, les houblonniers ont investi dans un vaste hangar, destiné à centraliser et optimiser la récolte du houblon. D’ici la prochaine campagne, il accueillera deux cueilleuses, un séchoir et les installations de séchage. « Nos infrastructures actuelles ont plus de 20 ans. Avec la reprise de 7 ha de houblonnières d’un agriculteur du village, investir était devenu nécessaire », explique Yves Pfister. Les agriculteurs ont profité de la modernisation pour investir dans des équipements permettant d’effectuer des économies d’énergie, notamment au niveau du séchage. Et ce n’est pas tout : il est prévu d’installer des panneaux photovoltaïques qui devraient délivrer une puissance de 300 à 330 kWatt, et des infrastructures permettant de récupérer l’eau de pluie qui ruisselle sur les toits. Cette journée portes ouvertes sera l’occasion de faire le plein d’informations, d’échanger avec des houblonniers, des commerciaux, des brasseurs… Pour, peut-être, se lancer dans un projet houblonnier ? C’est ce qu’espère le Comptoir agricole, qui cherche encore davantage de volume de houblon à commercialiser : « C’est une belle opportunité de se diversifier, grâce à un savoir-faire régional qui mérite d’être valorisé et de perdurer », conclut Antoine Wuchner.

Méthanisation en Région Grand Est

Pour des projets liés au territoire

Publié le 24/06/2022

Fin 2021, le Grand Est comptait 220 installations de méthanisation. De nouveaux projets sont dans la file d’attente. Ce développement doit être encadré pour que cette activité profite à l’ensemble du territoire sans générer de nuisances : les différents intervenants présents à la conférence sur la méthanisation, organisée le 9 juin à Strasbourg, en sont tombés d’accord.

« Dans le Grand Est, nous avons su créer une dynamique autour de la filière méthanisation en nous appuyant sur tous ses acteurs et en construisant de véritables partenariats avec l’Ademe, les chambres d’agriculture, GDRF, GRT, qui sont à nos côtés dans une démarche de développement durable. » Vice-président de la Région Grand Est chargé de l’agriculture et de la bioéconomie, Philippe Mangin n’a pas manqué de rappeler que le Grand Est est la première région française en nombre de méthaniseurs : fin 2021, 220 installations étaient comptabilisées, dont 80 % d’unités fonctionnant par cogénération (production d’électricité et de chaleur). Depuis 2020 toutefois, le parc des méthaniseurs en injection a plus que doublé. Ce mode de valorisation du biogaz représente l’essentiel des 150 à 180 projets en attente de réalisation, relève Philippe Mangin. Si les avantages de la méthanisation sont nombreux, « son développement doit être encadré afin de maîtriser au mieux les externalités négatives », estime le vice-président de la Région Grand Est. Un point sur lequel tous les intervenants s’accordent. Celles-ci incluent la concurrence sur les terres agricoles, qui se trouvent soustraites à la production alimentaire, la pollution des sols et des zones de captage, les flux de camions, l’impact éventuel sur le paysage, les odeurs. Cette volonté de maîtriser les externalités négatives a conduit la Région Grand Est à se doter d’une stratégie régionale dès 2019. Celle-ci s’inscrit en cohérence avec les orientations régionales qui prévoient le triplement de la production d’énergies renouvelables « grâce à un mix énergétique dans lequel le biogaz a toute sa place ». 420 unités de méthanisation d'ici 2030 Une charte pour la méthanisation durable a été signée par tous les acteurs de la filière en Grand Est. L’objectif fixé est de 420 unités de méthanisation en fonctionnement d'ici 2030. Philippe Mangin le juge « raisonnable ». Les disponibilités en biomasse, biodéchets et effluents d’élevage permettraient d’être « beaucoup plus ambitieux », ajoute-t-il. Selon les estimations des chambres d’agriculture du Grand Est, 600 unités seraient possibles. La Région Grand Est intervient dans le financement des études de faisabilité. Celles-ci prennent en compte l’approvisionnement des unités - il faut éviter de perturber l’approvisionnement des filières d’élevage -, les zones de captage et les conditions d’épandage des digestats. Si les répercussions de la guerre en Ukraine ouvrent une période d’incertitude qui peut ralentir les projets, « nous restons pleinement mobilisés », assure le vice-président de la Région. Constituée il y a trois ans, France gaz renouvelables est une association dont la vocation est de construire un pont entre le monde agricole et le monde de l’énergie. Olivier Dauger en est le coprésident - il est aussi président de la Chambre d’agriculture des Hauts-de-France. Il voit la production de biogaz comme « la suite logique d’une exploitation » puisqu’elle valorise les effluents, les résidus, voire les couverts végétaux. C’est aussi « une filière qui amène des solutions par rapport à la transition agricole » en matière de climat et de carbone. « Très complémentaire de l’électricité », le biogaz offre l’avantage de fournir du digestat, un fertilisant précieux dans un contexte de renchérissement du coût des engrais. « Si l’on veut parvenir à une acceptabilité des projets, ils doivent être liés au territoire, aux gisements », relève Olivier Dauger. Une position largement partagée lors des tables rondes et illustrée par la visite, l’après-midi, de l’unité de méthanisation ABH de Wittersheim. Le président de France gaz renouvelables insiste également sur la nécessité d’offrir aux porteurs de projet « une lisibilité », « un cap ». Il regrette la réactivité insuffisante de l’État et le manque de perspectives au-delà de 2023. Trouver le foncier pour de nouvelles unités Pia Imbs, vice-présidente de Grand Est Europe et présidente de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS), confirme l’intérêt de la collectivité pour le biogaz qui ne représente que 1 % de sa consommation d’énergie finale. « La production locale et à coût maîtrisé d’énergie fait consensus », dit-elle. Déjà, les biodéchets collectés dans l’Eurométropole sont transformés en biogaz dans une unité située à Oberschaeffolsheim. La généralisation du ramassage des biodéchets va conduire l’EMS à « avoir une démarche partenariale avec les agriculteurs », annonce Pia Imbs. Reste à trouver le foncier pour construire de nouvelles unités de méthanisation « plus ou moins importantes » et à faire accepter leur implantation aux riverains. D'ici 2025, le site d’Oberschaeffolsheim arrivera en effet au maximum de ses capacités.

Publié le 23/06/2022

Samedi 18 juin, Kuhn a ouvert les portes de son Kuhn Center for Progress à Monswiller. Malgré la chaleur écrasante, près de 800 personnes sont venues découvrir les nouveautés de la gamme en rouge.

Pour ces premières journées portes ouvertes post-Covid, Kuhn avait choisi de coller au calendrier des Journées nationales de l’agriculture. Quelque 80 machines étaient exposées dans toutes les gammes (élevage, culture, paysage…) et 30 permanents étaient mobilisés pour accueillir les visiteurs, qui ont été invités par mail, par des communications dans les journaux agricoles départementaux, par le réseau de concessionnaires Kuhn et par celui des Cuma. « Nous avons surtout communiqué dans le Bas-Rhin et en Moselle, mais certains agriculteurs viennent de plus loin », constate Christian Fischer, directeur commercial de Kuhn, satisfait du climat qui règne dans le grand hall d’exposition. « Les visiteurs sont intéressés, ils se renseignent, que ce soit pour des pulvérisateurs, du matériel de semis, de travail du sol, de récolte… On sent aussi une certaine inquiétude liée à la disponibilité des outils, aux tarifs qui évoluent. Une inquiétude qui peut freiner ou accélérer des achats, selon les cas et les besoins. » Et une inquiétude que Kuhn partage avec ses clients : « Nous subissons aussi des modifications de tarif sans délais de la part de nos fournisseurs. Nous sommes donc aussi confrontés à des hausses des coûts, provoquées notamment par la perturbation des chaînes d’approvisionnement. » Malgré ce contexte incertain, Christian Fischer est rassurant : « Notre activité reste bien orientée. » Faucheuse conditionneuse FC9330RA : qualité de coupe, polyvalence, compacité Parmi les outils à découvrir lors de cette journée, Lilian Cathenoz, support produit fenaison chez Kuhn, mettait en avant la faucheuse conditionneuse FC9330RA avec recoupeur d’andain, commercialisée depuis un an. « D’une largeur de travail de 9,3 m, elle est équipée d’un lamier Optidisc Élite, lubrifié à vie, sans entretien, avec des entre-axes différents selon que l’assiette soit divergente ou convergente, afin d’évacuer plus facilement le fourrage. » Le lamier est aussi conçu pour faucher efficacement, tout en chargeant le moins de terre possible. Il est équipé du système Kuhn Lift Control, qui protège le lamier en faisant en sorte qu’il se soulève lorsqu’il rencontre un obstacle. Le conditionneur à doigt tourne à quelque 1 000 tours par minute vers le haut. « Les doigts abîment la cuticule de l’herbe, dont l’eau s’évapore plus vite. » Le fourrage est ensuite propulsé sur des tapis, qui permettent de créer des andains de largeur variable, de 1,8 à 3,6 m de large, de quoi s’adapter aux volumes de fourrage et aux outils de récolte, pointe Lilian Cathenoz, qui précise qu’il est possible de piloter automatiquement la vitesse des tapis en fonction de la pente de la parcelle. L’ensemble est 100 % Isobus et peut être piloté depuis la cabine du tracteur via un terminal, un joystick. Bien que les équipes de Kuhn aient particulièrement travaillé sur le porte-à-faux et le poids de la faucheuse, notamment avec des convoyeurs en aluminium, elle pèse tout de même 4 t. Mais le porte-à-faux étant réduit, un tracteur de 250 ch convient. À noter que tous les équipements sont de série sur cette faucheuse conditionneuse, qui existe aussi en version frontale, avec le même lamier et le même conditionneur, pour un suivi de terrain optimal. Prolander : un déchaumeur polyvalent À l’autre bout du Kuhn Center for Progress, Pascal Grasser présentait notamment le Prolander porté, un outil de déchaumage conçu pour les reprises de labour, la préparation des lits de semences, les faux semis mais « plutôt pour des deuxièmes ou des troisièmes passages ». Le Prolander existe en largeur de travail de 4, 5 et 6 m. Il est équipé de trois rangées de dents suivies d’un rouleau, avec différentes versions possibles, voire plutôt une herse peigne, notamment lorsqu’on veut éviter de rappuyer des plantules arrachées qui pourraient repartir. Les dents, de 70 par 12, sont fixées par une mono vis. Les pointes peuvent être changées, par exemple pour des pattes d’oie, qui permettent de scalper l’horizon à 5 cm. « Il est possible de fixer une tête de répartition pour implanter une culture, un couvert », conclut Pascal Grasser, qui vante la polyvalence de l’outil. Entre les échanges techniques, les visiteurs pouvaient profiter de la fraîcheur d’un petit espace de restauration, ou encore de la boutique Kuhn Shop pour se faire plaisir avant de repartir avec des projets plein la tête !

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