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Publié le 22/06/2022

Créé mi-juin, à Saverne, par la Collectivité européenne d’Alsace et l’eurodépartement de la Moselle, avec l’Institut du droit local alsacien-mosellan, le Conseil représentatif pour le droit local a vocation à promouvoir, défendre et faire évoluer ce droit national d’application territoriale auprès de la Commission du droit local. Les parlementaires, les maires et des figures de tous les secteurs touchés par le droit local y seront associés, dont des élus des Chambres d’agriculture.

Que perdrait-on si on perdait le droit local en Alsace-Moselle ? Pour répondre à cette question, pour protéger ce droit national d’application territoriale et pour qu’il évolue, la Collectivité européenne d’Alsace et l’eurodépartement de la Moselle, avec l’Institut du droit local alsacien-mosellan, ont installé, mercredi 15 juin 2022, le Conseil représentatif pour le droit local. La signature de l’accord a eu lieu à la mairie de Saverne, sous le regard de l’édile Jean-Claude Buffa. Gilbert Schuh, le vice-président de l’eurodépartement de la Moselle, Frédéric Bierry, le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), et Éric Sander, le secrétaire général de l’Institut du droit local Alsace Moselle, ont apposé leur griffe. André Reichardt, sénateur du Bas-Rhin, « gaulliste » et fervent défenseur du droit local, a été élu président de l’instance nouvellement créée. Celle-ci réunira aussi souvent que nécessaire tous les parlementaires d’Alsace et de Moselle, les présidents de la CEA et du département mosellan, les représentants des communes, délégués par les associations des maires, et de tous les secteurs concernés par le droit local : les cultes statutaires, l’agriculture, l’artisanat, l’industrie, via les élus de leurs Chambres ; les syndicats professionnels, les régimes locaux d’assurance maladie, les fédérations des chasseurs, les organisations judiciaires et de procédure civile (avocats, notaires…), les publicités foncières, les associations. Parler d’une seule voix « L’objectif est de parler d’une seule voix, de présenter un front uni à Paris », résume André Reichardt. Face aux tentatives de remise en cause des acquis légaux alsaciens-mosellans - par exemple celle, récente, sur les deux jours fériés locaux (le Vendredi saint et la Saint-Étienne) qui a visé la fonction publique territoriale, à l’occasion du débat sur l’harmonisation du temps de travail -, le président du Conseil représentatif pour le droit local souhaite « s’accorder sur ce que veulent les Alsaciens et les Mosellans ». En effet, ces derniers ne seront plus représentés par leurs parlementaires, au sein de la Commission du droit local, dont une réunion est attendue depuis 2018, précise André Reichardt. La Commission nationale comprendra bien les acteurs des secteurs sociaux, économiques et culturels, les collectivités territoriales et les juridictions administratives et judiciaires d’Alsace et de Moselle, mais ce seront des représentants des administrations de l’État et non plus les élus du peuple, qui compléteront le comité. Que les énarques et hauts fonctionnaires soient déconnectés du terrain, des aspirations des populations locales, est une crainte unanimement partagée par les créateurs et membres du Conseil représentatif pour le droit local. Sa vocation est bien d’exprimer, au plan politique et social, les attentes des habitants des territoires quant aux orientations souhaitées pour l’avenir du droit local. Des dossiers brûlants André Reichardt veut aller vite. Dès que les représentants des acteurs du droit local (d’un nombre non restrictif) seront enregistrés, une réunion plénière aura lieu : « avant les vacances, début juillet 2022 », cadre-t-il. La question des jours fériés supplémentaires sera évoquée, d’autant plus que l’attaque à cette spécificité locale, dans le public, pourrait être ensuite, lancée sur le privé. « Il y a le feu au sujet de la refonte du code de l’artisanat, ajoute le président, et de celle de la chambre interrégionale disciplinaire des notaires. » Voire sur le maintien de l’organisation juridique spécifique à l’Alsace et à la Moselle. « L’informatisation du registre des associations, qui devrait être terminée au 1er janvier 2023, est aussi une urgence. Il faut y aller », conclut André Reichardt. « Lorsqu’on connaîtra l’avis du Conseil représentatif, ce sera plus difficile de passer outre et de hâter le débat », juge la sénatrice mosellane Catherine Belrhiti, venue soutenir l’initiative. Mais avant de défendre leurs concitoyens, de transmettre leurs avis, les parlementaires le reconnaissent : encore faut-il que les Alsaciens et Mosellans soient informés de leurs droits, du droit local. Le court micro-trottoir réalisé, dans les rues de Saverne, par la CEA, diffusé en préambule de la création du Conseil représentatif pour le droit local, est révélateur. Outre les deux jours fériés supplémentaires, le régime local d’assurance maladie (qui assure un complément de remboursement, en plus de ce que le régime de base de la Sécurité sociale prend en charge) et le « Concordat » (qui reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite, et permet à l’État de salarier les ministres de ces cultes), le commun des mortels n’a aucune idée de toutes les singularités du droit local. Frédéric Bierry a donc annoncé une campagne de communication. Des particularismes qui intéressent Harvard Les représentants des cultes statutaires ont salué, à l’instar de ceux des barreaux, la création du Conseil car « le droit local à tendance à se rapprocher du droit national » ces dernières années, et, si à certains égards, cela peut être une volonté des Alsaciens et des Mosellans, à d’autres égards, non. « Nos particularismes intéressent jusqu’à Harvard, souligne Harold Abraham Weill, grand rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, qui avait reçu une étudiante, la veille, pour un entretien. Je suis heureux d’encourager cette initiative. Le Conseil représentatif pour le droit local va lui donner un nouveau souffle. » « Ce n’est pas un combat pour un pré carré que l’on va mener, mais l’Alsace et la Moselle veulent être considérées dans leurs particularités. Une transformation du droit local est possible pour satisfaire les besoins des populations, conclut André Reichardt. Qu’attendent les agriculteurs et viticulteurs, par exemple ? Nous sommes impatients de les entendre par le biais de leurs représentants, volontaires, des Chambres d’agriculture. »

Publié le 22/06/2022

Alors que les foins ont été engrangés à la faveur des beaux jours, la Chambre d’agriculture Alsace a organisé une conférence de presse sur le thème des prairies naturelles. L’occasion de rappeler que l’herbe est une culture à part entière et qu’à ce titre, elle doit être respectée. Car des animaux, des produits et des éleveurs en dépendent.

« L’herbe, c’est une culture méconnue », pose Julie Diette, agricultrice au sein de la ferme Humbert - Gaec Les Aviats, à Urbeis. Pour le grand public, les prairies sont surtout des aires de pique-nique, de promenade et de prélassement. Pour les éleveurs, c’est le socle de leur métier. Et spécialement pour ceux qui, comme la famille Humbert, ont fait le choix de nourrir leurs animaux exclusivement à l’herbe, sans aucune complémentation. Aux beaux jours, les animaux pâturent. Durant la mauvaise saison, ils sont nourris à l’étable avec du foin ou du regain, récoltés mécaniquement. Dans de tels systèmes, les prairies sont capitales pour avoir de l’herbe de qualité en quantité suffisante. D’ailleurs, au fur et à mesure du développement du troupeau, la surface en herbe a également progressé, contribuant à l’ouverture paysagère. Dans une parcelle de 20 ha située juste au-dessus des bâtiments d’élevage, Thierry Froehlicher, responsable du pôle Aménagement du territoire à la communauté de communes du canton de Villé, explique comment cette zone, qui correspond à quelque 70 microparcelles, a été déboisée grâce à la création d’une association foncière pastorale (AFP). Aujourd’hui, elle est entretenue par deux agriculteurs qui apprécient cette ressource fourragère proche de l’exploitation. Pas de pousse au-delà de 28 °C Les prairies naturelles ou permanentes couvrent 86 000 ha en Alsace, soit près d’un quart de la SAU. C’est aussi la première ressource fourragère en Alsace. Particularité des prairies naturelles : il n’y en a pas une qui ressemble à une autre. Elles sont toutes composées d’espèces différentes, mais avec une base commune : des graminées (ray-grass…) et des légumineuses (trèfles…), avec parfois aussi, des espèces indésirables qu’il convient donc de contenir. Une prairie, toute naturelle soit-elle, cela s’entretient. Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d’agriculture d’Alsace, passe en revue les interventions. Le passage de rabot de prairie, pour émietter les bouses et aplanir les taupinières, afin de garantir la récolte d’un fourrage propre, garant de la bonne santé des animaux et de la qualité des produits. Vient ensuite le temps de la fertilisation, qui vise à maintenir le potentiel de production et la diversité de la flore. Les premières récoltes ont généralement lieu début mai. « Cette première pousse, constituée d’une herbe jeune et riche, est récoltée en ensilage ou en enrubannage, car les conditions ne sont pas réunies pour sécher l’herbe à la parcelle », détaille Laurent Fritzinger. Puis vient le temps de la fenaison, où l’herbe est séchée au soleil. Objectif : passer de 80 à 15 % d’humidité pour garantir la bonne conservation du foin. L’herbe peut aussi tout simplement être pâturée. C’est le mode de récolte le plus économique, mais qui est plus technique qu’il n’y paraît : les éleveurs doivent mettre en place des clôtures, déplacer régulièrement les animaux pour qu’ils aient accès à une herbe de qualité en quantité suffisante… Cette année, les conditions sèches sont propices à des récoltes d’herbe dans de bonnes conditions. Il y aura donc des fourrages de qualité, à défaut de quantité. Car qui dit temps sec dit aussi pousse de l’herbe réduite. Le coup de chaud des derniers jours n’a pas arrangé les choses puisque, au-delà de 28 °C, l’herbe ne pousse plus. De 30 à 60 espèces végétales par prairie Alors que l’élevage est régulièrement décrié pour les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’eau qui y sont liées, Cécile Harry, conseillère à la Chambre d’agriculture Alsace invite à nuancer ces aspects en prenant en compte que les prairies stockent autant de carbone dans le sol que les forêts. « Grâce à leur tissu racinaire dense, elles retiennent les éléments minéraux et contribuent à la protection de la ressource en eau. Elles permettent de limiter le risque érosif. Elles constituent un réservoir de biodiversité, de 30 à 60 espèces dans ce contexte de prairies du massif vosgien. Une diversité végétale qui s’accompagne d’un cortège de faune et d’éléments paysagers. » Un trésor menacé Précieuses, les prairies sont néanmoins menacées. D’abord par le gibier, notamment les sangliers qui, s’ils ne trouvent pas suffisamment de nourriture en forêts, sortent retourner les prairies à la recherche de vers et autres insectes. Sur leur passage, ils provoquent des pertes de récolte, et la nécessité de restaurer les prairies. Les ongulés sauvages, quant à eux, prélèvent de l’herbe. Et ce n’est pas anodin. « Une étude menée par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges à l’aide d’enclos/exclos a mis en évidence un prélèvement de 28 % du potentiel fourrager par les ongulés », rapporte Cécile Harry. Ajoutons à cela le changement climatique, qui se traduit par des épisodes de manque d’eau à répétition. Enfin, les agriculteurs constatent des dégâts liés à l’attrait touristique des prairies : certains promeneurs sortent des sentiers balisés, d’autres laissent leurs animaux de compagnie y déposer leurs déjections, d’autres encore ne prennent pas la peine d’emporter leurs déchets… Aussi les agriculteurs de montagne mènent-ils un travail de sensibilisation, notamment en installant des panneaux pédagogiques dans leurs fermes et sur les lieux de passage. Face à ces menaces, « nous avons besoin de développer notre technicité, de nous former pour optimiser nos pratiques », constate Julie Diette. Une mission qu’a saisie l’Association des producteurs fermiers de montagne (APFM), dont elle est présidente. Comme l’a souligné Serge Janus, président de la communauté de communes du Val de Villé, le mode de gestion des prairies est différent selon leur contexte pédoclimatique et leur utilisation. « Les éleveurs doivent sans cesse s’adapter. » Ainsi, la surface en herbe du Gaec Les Aviats compte aussi bien des prairies productives que des landes à faible potentiel qu’il convient d’entretenir. « Les fertiliser, les récolter, cela peut représenter un coût pour les éleveurs. D’où l’importance d’avoir des outils comme les MAE qui permettent de valoriser des pratiques comme la fertilisation raisonnée, la fauche tardive… », pointe Julie Diette. À noter que le pilotage des MAE ne dépend plus de la Région mais de l’État. « Des démarches sont engagées pour que le système perdure », a informé Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace, bien conscient que « pour avoir des produits fermiers à vendre en circuits courts, il faut des prairies ». Pour valoriser le patrimoine universel que constituent les prairies naturelles, des initiatives émergent. Comme le Concours général agricole des pratiques agroécologiques prairies et parcours. L’année dernière, la ferme Humbert a participé et a gagné le premier prix national dans la catégorie prairie humide de montagne. CQFD.

Mondial des vins blancs 2022

Standing ovation* aux organisateurs

Publié le 18/06/2022

La 24e édition du Mondial des vins blancs s’est achevée le 12 juin dernier, dans une convivialité plus internationale et légère que les deux dernières années marquées par les restrictions liées au Covid-19. Les professionnels passionnés, venus retrouver la « famille Strasbourg » pour ce concours qui gagne en notoriété, ont applaudi longuement les organisateurs, en particulier Christine Collins, de Strasbourg Events.

« Je suis si heureuse d’être ici aujourd’hui, au Palais de la musique et des congrès, pour le Mondial des vins blancs. Après deux ans d’absence, à cause du Covid, je retrouve enfin les amis, la grande famille, que Christine Collins a créée », s’exclame Yegas Naidoo, juré sud-africaine du concours, qui a jugé pour la première fois les blancs à Strasbourg en 2013, et était confinée dans son pays les deux années passées. « On retrouve enfin, le jury du monde entier qui nous est cher cette année ! L’an dernier, un noyau de juges européens était venu. Aujourd’hui, des États-Unis, du Canada, d’Afrique du Sud, on peut à nouveau, voyager. Ils sont tous là », abonde Christine Collins, la directrice du Mondial, aux anges. Les 63 jurés de 20 nationalités différentes lui ont réservé une standing ovation*, à l’issue du concours, qui s’est déroulé les 11 et 12 juin. Sous un tonnerre d’applaudissements, émue aux larmes, elle les a remerciés. Ce sont de précieux atouts pour la renommée internationale du Mondial et de sacrées pointures, qui font de ces retrouvailles annuelles une rencontre de passionnés avisés, tout ce qu’il y a de plus convivial et érudit. Yegas Naidoo, par exemple, juge régulièrement pour l’International wine challenge (IWC) au Royaume-Uni, et divers autres concours de vin en France, en Allemagne, en Hongrie, en Suisse, au Canada et en Inde. Elle sélectionne les vins pour la compagnie aérienne sud-africaine, South African Airways. Montée en gamme « Ce Mondial des vins blancs ne cesse de monter en gamme, ajoute Yegas Naidoo. C’est un gewurztraminer qui m’a le plus surprise cette 24e édition. Il était si goûteux, bien fait ; sa structure était extraordinaire, ainsi que son équilibre, malgré le fait qu’il était si sucré. » 650 échantillons de vin, d’une vingtaine de pays différents, ont été dégustés, notés, samedi et dimanche derniers. Un riesling très sec a été applaudi aussi d’ailleurs, le deuxième jour. Les médailles d’or ont au minimum une note de 93/100. Lundi 20 juin à 18 h, les noms de tous les grands gagnants seront dévoilés. Mais on sait déjà qu’il y a un pinot gris double médaille d’or. « Sa grande complexité aromatique me permet de dire qu’il est issu de botrytis. Marmelade, orange amère, camphre : c’était le plus frais de tous les pinots gris, alors qu’il monte à 200 g en sucre. Son équilibre est fabuleux. Et il est… français ! Nous ne le savons pas quand nous le dégustons. On nous donne l’information ensuite. C’est sûrement un Alsace », raconte avec délectation, Thibaut Perratone, le plus jeune juré de cette édition. Chef sommelier au Château des Comtes de Challes en Savoie, depuis trois ans, le jeune homme de 29 ans participe pour la deuxième fois au concours. Il est toujours séduit par l’ambiance et l’unanimité autour d’un vin, malgré les approches différentes. « L’œnologue va juger le liquide en fonction de ses propriétés physico-chimiques : de l’acidité volatile, entre autres, par exemple ; le sommelier va s’attacher à la sensation, à ce que dégage le vin ; quant au vigneron, il pensera au millésime, à la grêle, au gel. Pourtant, les notes sont très proches à la fin autour de la table, et ce, aussi, quelle que soit la nationalité des jurés », détaille Thibaut Perratone. Relais de communication Les agents diplomatiques des États-Unis, du Japon, des Pays-Bas, du Kazakhstan, de l’Équateur et de la Hongrie, ont honoré de leur présence la manifestation, le dimanche 12 juin. Parce que les vins de leur pays concourraient ou/et parce que leurs compatriotes jugeaient, ils ont tenu à rencontrer les experts sur place, mais aussi, ils savent l’importance d’une médaille d’un tel concours pour la notoriété de ces vins, leurs visibilités sur les linéaires, leurs exportations. Les diplomates sont d’importants relais de communication du concours, dans leurs pays respectifs. Takeshi Akamatsu, consul général du Japon, et son épouse Toshiko, sommelière, ont assisté à une master class de Thierry Fritsch du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) en 2021, sur les terroirs. Cette année, ils reviennent pour retrouver des « amis », encourager les vignerons japonais. « J’espère que quelques-uns des vins japonais en lice seront primés cette fois. L’an passé, il n’y en a pas eu. C’est difficile de trouver du vin blanc japonais en France : la compétition est rude. Moi-même, pour mettre en avant nos deux pays, à ma table, je sers du blanc d’Alsace et du rouge japonais. J’aimerais qu’à l’avenir plus de vins alsaciens soient vendus au Japon, et que plus de vins japonais soient importés en France. On espère que ce Mondial permettra aussi cela. » Baisse du nombre d’échantillons Thierry Fritsch, œnologue du Civa, a sélectionné 36 grands crus d’Alsace, 24 rieslings, six pinots gris et six gewurztraminers, de 36 producteurs différents, pour les faire déguster aux diplomates et à tous les juges. « J’ai amené la Route des vins d’Alsace au Mondial des vins blancs. S’ils ne peuvent pas aller sur le terrain, ils ont l’occasion d’avoir un condensé de cette route à table, ici », résume-t-il. Le Civa participe depuis plusieurs années au Mondial. « C’est important parce que l’Alsace qui est une référence en blancs, se confronte aux autres pays du monde et inversement, à ce concours. Il y a un engouement », ajoute-t-il. Ainsi, des vins de Chypre, du Chili, du Mexique, de Hongrie, entre autres, sont venus s’affronter à Strasbourg. « L’Ukraine et la Moldavie gagnent à être connus pour leurs vins », assure Frédérique Pierré, de Fécomsi, chargée de la communication du Mondial des vins blancs, organisé par Strasbourg Events. En 2021, un vigneron ukrainien a été médaillé : c’était sa première participation. Il concourt gratuitement cette année avec douze échantillons, au regard des difficultés qu’il éprouve, conséquemment au conflit avec la Russie. Présenter un vin coûte 100 euros : le tarif est dégressif, rappelle Frédérique Pierré. Le nombre d’échantillons au concours a légèrement baissé, en 2022, mais cette tendance est internationale. Elle a été observée dans toutes les 18 compétitions de Vinofed, la fédération mondiale des grands concours internationaux de vins et spiritueux. En cause : le millésime 2021, une petite production due aux intempéries. Pour la troisième année consécutive d’ailleurs, un prix Vinofed sera décerné au meilleur vin sec (entre 0 et 4 g de sucre résiduel) sur l’ensemble des vins mis en compétition. Ceci est également le cas dans chacun des concours membres de la fédération. « Une médaille compte : c’est une vente aidée. Une récente étude prouve que la majorité des Français y voient un gage de qualité », conclut Thierry Fritsch. Pour la première fois, le concours s’est ouvert cette année aux vins orange.   *une ovation, debout

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