A la une

Publié le 17/06/2022

Le lycée agricole d’Obernai et la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage) ont organisé, le 31 mai, une journée technique Partage Tour, pour découvrir le méthaniseur et l’essai Dige’O, qui étudie l’impact des digestats de méthanisation sur l’air, l’eau, le sol et les plantes, sur des parcelles de taille réelle, depuis quatre ans. En montant le projet Dige’O, en 2018, le lycée a cherché à déterminer les qualités fertilisantes des digestats et à comparer leurs effets sur l’environnement pour optimiser les pratiques d’épandage. Les premiers résultats ne mettent pas en évidence de différences significatives entre les pertes d’azote par volatilisation et lixiviation suite à des apports de fumier, d’ammonitrate ou de digestat.

Le groupe venu assister à la journée technique Partage Tour, le 31 mai, était composé d’une vingtaine de techniciens, de dix étudiants en BTS et d’un agriculteur. Comment optimiser les pratiques d’épandage des digestats, grâce à une meilleure connaissance de leurs qualités fertilisantes, en comparaison à du fumier et de l’engrais minéral, est la question principale à laquelle les ingénieures du lycée agricole du Bas-Rhin, Margaret Johnson et Véronique Stangret, et Jean-Louis Galais, conseiller grandes cultures à la Chambre d’Agriculture Alsace (CAA), ont essayé de répondre, avec l’aide de Margaux Nedelec, technicienne d’expérimentation au lycée d’Obernai. Après la visite du méthaniseur, avec le chef de l’exploitation du lycée, Freddy Merkling, la trentaine de curieux est allée voir les parcelles de l’essai de plein champ Dige’O. Un focus sur le pilotage et la valorisation de l’azote (N), les digestats et l’azote, et les digestats et le sol, a été fait. Les produits résiduaires organiques (PRO) à l’essai Les essais ont lieu sur quinze parcelles de 25 ares chacune : trois blocs de cinq, pour répondre aux cinq modalités testées. Sont épandus, chacun seul sur sa parcelle, trois types de digestat, du fumier de taurillons de l’exploitation du lycée et de l’engrais minéral (ammonitrate). Le premier digestat brut provient du méthaniseur d’Obernai (alimenté par 23 % de végétaux, 40 % d’effluents d’élevage et 37 % de déchets issus de l’industrie agroalimentaire). Le même digestat mélangé à un produit fixateur d’azote (à base d’argile et de micro-organismes) est également testé. Un autre type de digestat, issu d’un autre méthaniseur du territoire (alimenté par 38 % de végétaux, 43 % d’effluents d’élevage et 19 % de déchets issus de l’industrie agroalimentaire), correspond à la troisième modalité digestat. L’effet du produit fixateur de l’azote ne semble pas être concluant pour le moment. Les règles d’apport de ces PRO Les règles d’épandage des PRO maximisent l’efficience de l’azote fourni par le sol (200 kg d’N/ha) et par le fertilisant (80 % de l’azote des PRO est disponible dans l’année), ce qui fait que les doses épandues sont très faibles, sur l’essai. Ces règles d’apport des PRO ont été retenues suite à des réflexions avec des partenaires techniques et financiers, au début de l’essai. Sur le type de sol lœssique très fertile du site d’Obernai, ces faibles apports suffisent pour atteindre les objectifs de rendement (21 t MS/ha pour le maïs ensilage et 80 q/ha pour le blé tendre d’hiver). Deux ans avant le début des premiers essais, les terres n’avaient pas été amendées en vue de partir de faibles résidus d’azote dans celles-ci. Pilotage des apports azotés Le pilotage des apports azotés, pour Dige’O est le suivant : épandage sur végétation au pendillard, un seul apport au printemps, fourniture du sol et coefficient équivalent azote maximisés, et pas de complément minéral sur les modalités organiques. Pour calculer les besoins en azote, Jean-Louis Galais a présenté différentes méthodes, travaillées par la CAA, dont la plus à la pointe : l’utilisation d’images satellites. « On estime grâce à elles, la biomasse et la teneur en chlorophylle des plantes, et donc, l’azote absorbé », dit-il. Des expériences à reproduire Les pertes azotées vers l’eau, quelle que soit la modalité, sont faibles (voir graphique, ci-contre). Ces résultats sont fortement liés aux règles d’épandages, sur l’essai. L’azote de l’ammonitrate est moins lixivié que celui des digestats mais la différence se joue à quelques grammes d’azote par hectare. Margaret Johnson prévient : « Si ces résultats préliminaires sont prometteurs, s’ils pèsent en faveur des digestats, en suivant les règles d’épandage, aujourd’hui, sur l’essai, ils proviennent d’une récolte de données sur du court terme » ; trois ans, de 2019 à 2021. Pour être conclusifs, les résultats d’une telle étude doivent être tirés d’analyses de données sur plus de cinq ans, précise-t-elle. Les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) ont un effet positif sur la rétention d’azote, à la surface du sol. Sur cet essai, les Cipan suivent le blé. Après la culture de Cipan, les reliquats azotés sont moins importants qu’après une culture de printemps, a-t-il été observé. Cela peut signifier moins de fuites d’azote vers l’eau souterraine. Alerte canicule Sans surprise, c’est le fumier, sur les cinq modalités, qui amène le plus de matière humique et permet aux mottes d’être les plus stables. Ceci est dû, d’une part, à sa composition forte en matières sèches (plus de 30 %, comparé à 10 %, en moyenne, dans les digestats bruts) et, d’autre part, à la quantité de carbone importante apportée par ce PRO. L’écosystème du sol nourri en fumier est plus complexe et plus riche. Les vers de terre sont présents sur toutes les modalités mais sont plus nombreux sur les parcelles recevant du fumier, puis sur celles recevant du digestat, et, enfin, sur celles recevant de l’engrais minéral. Mauvaise surprise, par contre, sur le bilan carbone dans les sols, pour les digestats. Avec la rotation pratiquée sur l’essai, le bilan humique des parcelles recevant du digestat est négatif, de l’ordre de - 1 t/ha/an d’humus. Seule la modalité fumier présente un bilan humique positif de 4 t/ha/an, dans les conditions météorologiques moyennes des trente dernières années. En prenant en compte le réchauffement climatique récent, même la modalité fumier ne présente pas de bilan positif car le sol consomme davantage de carbone, lors des hivers doux. « C’est comme si on n’avait rien fait », alerte Véronique Stangret, en charge de Dige’O, avec Margaret Johnson, qui prendra sa suite.

Ferme-auberge du Bambois

Le cabaret s’invite à la ferme

Publié le 17/06/2022

Samedi 25 juin, à partir de 18 h 30, la ferme-auberge du Bambois, à Plaine, accueille un cabaret à la ferme. Au programme : acrobaties, chants, danses, et plein d’autres surprises, agrémentées d’un repas confectionné avec les produits de la ferme, le tout dans un cadre atypique.

C’est l’été. Les vaches sont au pâturage. Les étables sont vides… à quelques exceptions près. À la ferme-auberge du Bambois, à Plaine, Isabelle et Walter Huber, les maîtres des lieux, ont pris pour habitude de donner une autre fonctionnalité à leurs bâtiments agricoles durant l’été : ils en font des lieux d’expression d’art et de culture. En 2019 déjà, ils avaient accueilli une formule cabaret, qui avait eu un succès retentissant. Cette année, ils remettent le couvert avec de nouveaux invités, rameutés par MissLiLi, la meneuse de revue. « Il y aura trois transformistes, une trapéziste, une danseuse burlesque, une chanteuse, et les danseuses de la troupe de Barembach », dévoile Isabelle Huber. Un beau plateau d’artistes, qui devrait aboutir à deux bonnes heures de spectacle. Le temps de profiter pleinement de l’autre plateau de la soirée, composé des mets de la ferme, celui-là. « Il y aura des charcuteries, des crudités, des mauricettes, des tomates farcies, et une assiette gourmande en dessert », annonce Isabelle Huber. D’un point de vue logistique, tout est quasiment prêt. Il reste à aménager un peu les prairies qui bordent la ferme, qui feront office de parking. À disposer les tables et la scène, qui accueilleront convives et artistes. À se mettre aux fourneaux. Et à préparer la tombola qui agrémentera la soirée. Si la formule vous tente, sachez que le tarif de 55 €/personne inclut le dîner et le spectacle. Les boissons, servies à la buvette, seront en sus. Et il reste des places disponibles : réservation au 06 17 04 76 17.  

Publié le 15/06/2022

Et c’est reparti pour un (e) tour (née) ! La Résidence itinérante a démarré en fanfare sa Route des Vins d’Alsace, le week-end passé, à Ottrott, pour cette huitième édition. Les troubadours emmenés par Didier Christen, du collectif Bal’us’trad, sont partis à pied, lundi, en direction de Barr, tout en musique et en jonglage. Le hasard des rencontres écrit la suite. Leur Ode aux vignerons et leurs improvisations ont déjà tiré quelques rires et larmes. À votre bon cœur, messieurs dames !

« Passeront-ils, passeront pas ? Passeront-ils, cette fois ? Passeront-ils, passeront pas ? Passeront-ils pour la dernière fois ? »* Ce qui est sûr, c’est qu’ils cheminent sur la Route des vins d’Alsace et qu’ils s’arrêtent, jouent, s’attablent, au gré des rencontres, jusqu’au 29 juillet. Partis d’Ottrott, lundi 13 juin, pour la huitième édition de la Résidence itinérante, les troubadours du XXIe siècle, leurs instruments et nécessaire vital, sur leurs charrettes à bras, ont marché en direction de Barr. Où sont-ils à l’heure où vous lisez ces lignes ? Toujours plus vers le Sud. Pour être fixés, appelez l’infoline : 06 61 53 48 03. Vivre libre Didier Christen, du collectif Bal’us’trad, est à l’origine de cette initiative qu’il résume ainsi : « Nous sommes une troupe d’artistes et amis, évoluant au fil des arrivées et départs. Nous cheminons sur un itinéraire se construisant, jour après jour. » Au gré des rencontres, les saltimbanques improvisent chants, musiques, jonglage, tout comme leur parcours. « C’est spontané. On invite chacun à partager son art, ses savoirs, et à se répandre dans les villages, sur les places, sous les fenêtres, mais aussi dans les cours, les granges et les caves, selon les invitations. On peut créer, du jour au lendemain, un cabaret, un bal, un concert », rappelle le musicien, cornemuse dans les bras. Aucun contrat, aucune obligation de résultat. Pendant près de deux mois, les artistes vivent libres. Et de charité ! « La quête à l’ancienne. » Courgettes, pâtes, quilles, billets, monnaies sonnantes et trébuchantes (qu’ils réinjectent directement dans l’économie locale) : tout est accepté. Mais gardez vos enfants ! Ils n’ont pas l’agrément.     Avec ceux qui font la Route C’est d’ailleurs au Foyer de charité d’Ottrott, Le Windeck, que l’aventure a commencé, cette année. Ce jardin remarquable, lieu de retraites spirituelles, hébergeant des séquoias géants, a accueilli la troupe (qui dort sous tente), le temps qu’elle se mette en branle, le week-end dernier. « Leurs animations originales valorisent le village et réjouissent », déclare Philippe Poulain, adjoint au maire, se régalant des mélodies. « Comme il n’y a pas d’attentes, de part et d’autre, il n’y a que de bonnes surprises », s’exclame Isabelle du Bois, circassienne belge. Elle se souvient, avec Cyrille - « un frelon asiatique qui fait du kung-fu » et de la guitare - des moments magiques, hors du temps, passés les années précédentes, aux côtés de vignerons, notamment : le concert improvisé chez les Frick de Pfaffenheim, jusque dans leur cave ; l’apéro impromptu chez Patrick Meyer, à Nothalten, et le bœuf avec Armand Landmann au piano à queue ; les échanges avec les Beck-Hartweg de Dambach ; la dégustation festive chez les Durrmann, à Andlau, et bien d’autres coups de foudre (s) ! « Quand on chante notre Ode aux vignerons, certains sont émus aux larmes », confie Didier Christen. Et ils rient aussi à gorge déployée. La Résidence itinérante, c’est une opération à cœur ouvert.   * D'après les paroles d'une chanson de la Résidence itinérante.

Pages

Les vidéos