Moulin des Moines
Une floconnerie locale
Moulin des Moines
Publié le 11/07/2022
D’ici quelque temps, d’importants travaux vont débuter sur le site du Moulin des Moines, à Krautwiller. L’entreprise investit dans une nouvelle unité de production, d’où sortiront flocons d’avoine et couscous bio. L’approvisionnement local sera privilégié, grâce à la contractualisation des relations entre les producteurs et le moulin, en partenariat avec le SDEA.
Actuellement, le Moulin des Moines commercialise déjà des flocons d’avoine. Mais l’avoine, cultivée en Lorraine et en Bourgogne, est floconnée en Allemagne, avant de revenir dans le circuit de distribution de l’entreprise. Ces flocons sont donc certes bios, mais leur bilan carbone peut être amélioré. De son côté, le SDEA a la volonté de mettre en place de nouvelles filières afin d’encourager le développement de cultures à Bas niveau d’impact (BNI). Les deux entités se sont donc rapprochées autour du projet de développer la production d’avoine locale. La céréale, en effet, est « très peu exigeante en produits phytosanitaires et en azote », pointe Bernard Nicollet, chef de projet au Moulin des Moines. À l’heure actuelle, le niveau de valorisation de l’avoine n’encourage pas sa culture, face au blé ou au maïs, mais grâce à la construction d’une floconnerie locale et à la contractualisation des relations entre les producteurs et le moulin, les porteurs du projet veulent assurer un débouché rémunérateur aux producteurs. Dans ces conditions, l’avoine devrait faire son trou dans le paysage agricole alsacien, notamment dans « les terres plus pauvres ». Le Moulin des Moines va donc investir 6 M€ dans une extension, qui comprendra des silos, une ligne de production de flocons d’avoine, et une autre de couscous. L’avoine brute sera dans un premier temps décortiquée. Une opération qui génère 50 % de déchets, qui seront transformés en biogaz dans l’unité de méthanisation Metachrist à Woellenheim. Le grain décortiqué passe sur une table densimétrique, à raison de 1 t/h, afin de trier les grains selon leur calibre. Ils subissent une phase de vaporisation, qui consiste à augmenter leur teneur en eau pour leur donner davantage d’élasticité. Ensuite, les grains passent entre deux rouleaux qui les écrasent et leur donnent leur forme de flocons. Ils sont séchés, refroidis et retamisés, afin de produire des flocons d’avoine gros, moyen, baby. Le procédé consomme pas mal d’énergie, notamment pour la vaporisation et le séchage. Le moulin, qui veille à rationaliser sa consommation d’énergie (il produit de l’énergie grâce à une turbine alimentée par la Zorn et des installations photovoltaïques), investira donc aussi dans une centrale à vapeur, électrique ou au gaz, précise Bernard Nicollet. Doubler la production de flocons d'avoine Actuellement, le Moulin des Moines commercialise quelque 600 t/an de flocons d’avoine. Un volume que les meuniers souhaitent doubler grâce à leur investissement. Pour ce faire, il est prévu de commercialiser des flocons d’avoine nature, et d’élaborer toutes sortes de recettes de muesli à base de flocons d’avoine. Particulièrement nourrissante, avec un goût neutre, l’avoine est intéressante pour différents publics : les personnes âgées, qui ont tendance à perdre l’appétit, les malades du cancer, dont les traitements rendent parfois l’alimentation difficile alors que, pour résister aux traitements, le corps doit être bien soutenu. Mais aussi les bébés, ou encore les sportifs, à la recherche d’aliments riches en énergie à diffusion lente. Le couscous figure aussi déjà dans la gamme des produits élaborés par le Moulin des Moine. Mais, pour l’instant, il est produit en Italie. Le moulin va donc aussi ancrer cette production localement. « Cela fait partie du métier de meunier. Le savoir-faire et le procédé sont connus », indique Bernard Nicollet. Dans un premier temps, le blé dur ne viendra pas d’Alsace, car les surfaces consacrées à cette production sont trop faibles. Mais, « avec l’évolution de la météo et des coûts de transport, il est possible que cela évolue », pointe Bernard Nicollet. qui mise sur une mise en service des nouvelles infrastructures pour mars 2023.












