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Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

À la conquête de l’Élysée

Publié le 01/03/2018

Jeudi 22 février, Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée près de 800 jeunes installés pour délivrer un message fort à « la nouvelle génération agricole ». Parmi eux, une délégation de huit Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin.

Les Jeunes agriculteurs ont trouvé le président de la République engagé pour la cause agricole et globalement positif. L’ensemble des sujets d’actualité a été évoqué et un calendrier a été présenté sur les points sensibles, dont le versement des aides liées aux Mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) et bio, ainsi que l’accompagnement des communes sortant des zones défavorisées simples (ZDS). Le président n’a pas nié certaines erreurs de l’État, mais a exprimé son refus de s’engager sur des promesses qu’il ne pourra pas tenir. Concernant le Mercosur, et en réponse à la mobilisation des JA, Emmanuel Macron a rappelé que la France défend plusieurs lignes rouges, notamment la protection des standards qualitatifs, sociaux, environnementaux et sanitaires. Il a affirmé que ces accords ne seront pas finalisés avant 2024, et qu’ils ne seront signés que lorsque ces standards seront respectés. Le discours se veut rassurant mais les Jeunes Agriculteurs s’interrogent sur la crédibilité de ces bonnes résolutions. Tout comme ils s’interrogent sur les décisions prises suite aux États généraux de l’alimentation (EGA). Le président affirme que les décisions seront respectées, et les engagements tenus. Qu’il faut laisser du temps pour la mise en place de ces mesures. Restructurer les filières pour en redonner la maîtrise aux agriculteurs Le président s’est engagé sur l’accompagnement de l’installation en agriculture, en promettant différentes mesures, telles que les prêts d’honneur, la baisse des garanties bancaires, les aides à l’investissement et à la modernisation… Le plan d’investissement de 5 milliards d’euros, promis pour l’agriculture pendant la campagne électorale, servira notamment au financement de la rechercher et à l’accompagnement de la modernisation des exploitations, indique le président. Enfin, le chef de l’État a demandé à tous les acteurs du monde agricole de prendre leurs responsabilités. Il faut, selon lui, restructurer les filières pour en redonner la maîtrise aux agriculteurs, jusqu’à la transformation et la commercialisation. Il a cité l’exemple d’associations de producteurs qui peuvent créer des abattoirs afin de regagner du poids dans les négociations avec les GMS. À la fin de cette journée, les huit Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin s’accordent : « Son discours était convaincant et pertinent. Il a pris le temps de discuter avec nous après son discours, et nous avons pu lui parler directement. Il a donné l’impression de comprendre nos revendications et de vouloir s’impliquer pour le monde agricole. Nous attendons de voir si ces paroles seront enfin transformées en actes concrets. »

Publié le 28/02/2018

Changement de méthode : les jeunes vignerons du Schieferberg ont décidé de se concerter publiquement pour préparer les candidatures aux parcelles préemptées par la Safer. Une cohésion de groupe de bon augure pour engager des projets de classement de ce terroir schisteux en cru d’exception.

Sensible s’il en est puisqu’il en va au final du revenu dégagé par l’exploitation viticole, l’outil foncier est souvent source de tensions et de conflits larvés entre les exploitants. Il suffirait pourtant d’un rien pour désamorcer ces rivalités de vignes convoitées, les sentiments de passe-droit et d’injustice sur les attributions de terres qui peuvent naître par le prisme d’analyses des uns ou des autres centrées sur leurs intérêts personnels. Et une concertation suffirait pour que les vignerons travaillent en bonne intelligence à la constitution de parcellaires moins morcelés et à une répartition équitable. À l’initiative du groupe des jeunes vignerons du Schieferberg, une telle réunion de concertation s’est déroulée le 15 février à la mairie de Reichsfeld, afin de faire un état des lieux sur les parcelles de la vallée, actuellement en rétrocession. « Il nous tenait particulièrement à cœur que cette vente soit rendue publique et totalement transparente pour les personnes intéressées de nos deux villages », explique le syndicat de jeune vigneron. Une initiative soutenue finalement par l’ensemble des jeunes vignerons des deux bans viticoles qui comprennent que le premier ciment de leur cohésion pour engager un travail de notoriété sur leurs crus schisteux et pentus du Schieferberg, Eichelberg et Sohlenberg, passe par la transparence et la bonne entente, tant que faire se peut, sur le foncier. Moment d’échange et de partage Réunion à laquelle Christian Dirwimmer, directeur de la Safer à Strasbourg, s’est joint pour expliquer les enjeux, rappeler les règles en matière d’attribution de terres et enregistrer les souhaits. Après avoir posé les jalons avec toute l’autorité nécessaire dans ce genre de réunion sensible, il a salué l’initiative de cette « nouvelle génération de viticulteurs qui joue la transparence. Le foncier est source de tension, mais je salue ce moment d’échange et de partage comme aujourd’hui. » Passage obligé et incontournable de toutes les transactions foncières agricoles, « les Safer reçoivent des notaires, copie de toutes les ventes réalisées. Et pour lesquelles nous avons un délai de deux mois pour acquiescer ou préempter », précise Christian Dirwimmer. La Safer, a-t-il introduit, acquiert et redistribue les parcelles selon des priorités assignées par la profession. Par exemple : l’agrandissement de parcelles existantes quand il s’agit de contiguïté pour l’aménagement parcellaire. « Mais si le lot fait plus de 20 ares, alors la rétrocession peut permettre d’étoffer des exploitations nécessiteuses. Attention, a rappelé Christian Dirwimmer, pour les terrains appelés à être rétrocédés par la Safer, aucun texte, aucune loi ne donne la priorité aux exploitants du ban communal. D’ailleurs tout viticulteur, quel qu’il soit, a le droit de faire valoir ses prétentions par rapport à telle ou telle parcelle. Cependant, on essaie de favoriser les exploitants locaux lorsqu’il y a des candidatures. » Quant aux questions de location, une commune ou un propriétaire peuvent louer à qui ils veulent, a-t-il ajouté en substance. L’examen du comité technique et le prix Le dossier est ensuite présenté au comité technique de la Safer. « Il est composé de représentants de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), des Jeunes Agriculteurs, de la FDSEA, de la Confédération paysanne, de la Coordination rurale, de la Fédération des chasseurs, des Conseils départementaux et Régional et des banques… Autant d’organismes qui ont le même droit de vote. Ces personnes reçoivent 15 jours avant, un document comprenant les parcelles, les candidats, un bref descriptif des exploitations de ces candidats, et les motivations d’achat de chacun », explique Christian Dirwimmer. « Je présente les dossiers, il y a des discussions, des propositions faites par les responsables viticoles, du secteur de préférence, et c’est dans ce comité que les décisions se prennent, ajoute-t-il. Dans le mois qui précède la constitution du dossier, les viticulteurs peuvent se concerter pour des échanges et restructuration de parcelles. » Quant au prix des parcelles préemptées, il comprend le prix d’achat, plus le coût des actes notariés, plus la rémunération de la Safer de 8 %, soit environ + 10 % du prix d’achat. « À la Safer, on est là pour trouver le joint entre les intérêts de tout le monde, le vendeur et les acheteurs potentiels. Les prix tiennent compte de l’état de la parcelle, du cépage, de l’âge des vignes, du terroir. » « Le délégué local n’est pas un shérif » Chaque syndicat viticole comprend un délégué Safer. « Il est là pour prendre connaissance de l’information. Si une parcelle se libère, il peut informer les voisins de la vente de la parcelle afin qu’ils puissent se positionner éventuellement pour l’achat. Il doit en outre nous faire remonter les informations du terrain. » Mais attention ! « Ce n’est pas un shérif, a insisté Christian Dirwimmer. Toutes les décisions sont prises à Strasbourg et en aucun cas dans le village. Il est hors de question qu’un délégué ou syndicat local prenne des décisions. » Délégué qui est par ailleurs tenu à une certaine discrétion. Ce sont des informations confidentielles puisque les transactions se déroulent sous le sceau de « la discrétion et de la confidentialité. Les notifications envoyées sur les transactions sont personnelles et confidentielles. D’ailleurs, d’autres Safer n’envoient que les références cadastrales et le prix », ajoute Christian Dirwimmer. La réunion de concertation À Reichsfeld, la réunion s’est déroulée sans anicroches, afin de « préciser les candidatures ». Devant une trentaine d’exploitants, chaque parcelle soumise à rétrocession a été projetée sur écran, à partir d’un fonds photographique de photos aériennes, préparé par les vignerons du Schieferberg. Chacun a fait valoir ses prétentions publiquement ou discrètement par courrier. Christian Dirwimmer a appelé les viticulteurs à « restructurer intelligemment » leur parcellaire. « Si vous proposez des solutions d’échange qui vous conviennent, je serai comme le pape sur le balcon de Saint Pierre de Rome un jour de Pâques… », a-t-il lancé avec une pointe d’humour. Attention cependant à ceux qui s’engageraient dans des promesses d’échanges et de restructuration pour acquérir des parcelles, qu’ils ne tiendraient pas ensuite : « Dans les actes notariés, il y a une clause. Pour les parcelles rétrocédées par la Safer. On n’a pas le droit de louer ou de vendre ladite parcelle sans autorisation de la Safer, pendant 15 ans, sauf cas de force majeure que la Safer prendrait en compte. » Une réunion finalement extrêmement constructive et transparente, appréciée du directeur de la Safer du Bas-Rhin, qui en juin prochain, fera valoir ses droits à la retraite et sera remplacé par François Willem.

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Des chartes revisitées

Publié le 23/02/2018

Tous les acteurs du monde agricole sont mobilisés pour conduire une politique d’installation et de transmission volontaire, a affirmé le secrétaire de JA 67 lors de l'assemblée générale qui s'est tenue lundi dernier à Berstett. Objectif : impulser une dynamique d’installation durable et performante pour permettre au plus grand nombre de jeunes de s’installer. Mais pas à n’importe quel prix : « Pour nous, une exploitation agricole doit être viable, vivable et transmissible ».

Le métier d’agriculteur est à la fois contraignant et peu rémunérateur, affirme Julien Koegler, secrétaire général de JA67. Les jeunes continuent malgré tout de s’installer par passion, mais il est de plus en plus difficile de trouver des repreneurs pour les exploitants souhaitant quitter le métier. « La question du renouvellement des générations se pose de manière récurrente. » Et pour cause : les investissements colossaux, les crises répétées découragent les jeunes et les dissuadent de s’installer. Depuis toujours, JA s’est fixé pour objectif de favoriser l’installation des jeunes sur des exploitations viables. « Pour cela, il est important de leur apporter des solutions durables, une vision d’avenir. » La charte nationale pour l’installation, qui a vu le jour en 1995, a débouché sur la mise en place des répertoires départementaux de l’installation (PDI) et entraîné la création du programme pour l’installation et le développement des initiatives locales (Pidil), destiné à encourager la transmission hors cadre familial. Dans la foulée, JA est allé à la rencontre des organisations professionnelles et des acteurs du monde agricole pour mettre en place des offres particulières à destination des nouveaux installés. Des offres qui ont ensuite été déclinées au niveau local. Dès 1996, la première charte est signée avec Unicoolait, suivie rapidement par Élitest, Copvial, Costal, AGC-CFG, la sucrerie d’Erstein, le Crédit Agricole Alsace Vosges, Alsatabac, le Comptoir agricole, Alsace Lait, l’Association des maires du Bas-Rhin, et plus récemment par l’Opaba, la MSA d’Alsace et Groupama Grand Est. L’ensemble de ces chartes feront l’objet d’une mise à jour en 2018, annonce Julien Koegler. Impulser une dynamique d’installation durable et performante « Il est extrêmement difficile pour un jeune qui s’installe de réaliser un plan d’entreprise et des prévisions économiques au plus juste pour quatre ans. Pourtant, le moindre écart par rapport au PE doit s’accompagner d’un avenant. » Un manque de souplesse administrative qui complexifie l’installation, d’autant que la DJA, censée constituer un apport de trésorerie pour le jeune qui s’installe, est souvent versée tardivement. Pour limiter l’impact de ces problématiques, les JA sont allés négocier avec leurs partenaires pour faciliter les démarches liées à l’installation. « De nombreux acteurs du monde agricole ont déjà réaffirmé leur engagement auprès des futurs installés à travers des chartes ambitieuses, indique Julien Koegler. Ces documents constituent les fondations de partenariats durables amenés à se renforcer et à évoluer avec les attentes des jeunes installés. » Les deux premières conventions revisitées ont été signées à l’issue de cette assemblée générale avec deux partenaires historiques, Groupama Grand Est et Crédit Agricole Alsace Vosges. Pour porter l’ensemble de ces chartes à la connaissance des adhérents, elles seront synthétisées dans un document unique qui sera distribué lors des tournées cantonales.

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