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Syndicat des producteurs de crémant d’Alsace

Solidarité pour la lisibilité du crémant

Publié le 08/03/2018

La validation par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) des cahiers des charges de quatre indications géographiques protégées effervescentes a été le principal dossier abordé lors de l’assemblée générale du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace qui s’est déroulée mercredi 1er mars à Riquewihr.

Ces quatre IGP effervescentes concernent le « Pays d’Oc », les « Coteaux de l’Ain », le « Comté Tolosan » et les « Vins des Allobroges ». Le syndicat national des producteurs de crémant a engagé dès 2011 des recours juridiques auprès du Conseil d’État après que 36 cahiers des charges visant à produire des vins mousseux aient été validés. Ces procédures ont porté leurs fruits puisque le Conseil d’État en a annulé la quasi-totalité. « Mais voilà qu’à notre grande surprise, et à 48 h de la clôture des déclarations de récolte, le Journal officiel de la République Française a laissé entrevoir une nouvelle porte de sortie pour quatre des sept cahiers des charges déjà annulés à deux reprises par le Conseil d’État. Nous sommes alors intervenus auprès de l’Inao, via la procédure nationale d’opposition, pour tenter une nouvelle fois de faire entendre raison. Nous avons une nouvelle fois affirmé notre mécontentement et engagé de nouvelles négociations, pensant que l’Inao allait cette fois porter une oreille attentive à nos doléances pour ne pas dire nos revendications », explique le président du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace, Hervé Schwendenmann. Si la production effervescente régionale n’est pas directement concernée par ce dossier, elle a un devoir de solidarité envers l’ensemble de ses collègues français. C’est la position du syndicat alsacien. « Les enjeux sont importants. Il en va de notre avenir, de notre lisibilité, de notre image », précise Hervé Schwendenmann. Quelle crédibilité ? Quatre nouveaux recours ont donc été déposés au Conseil d’État le 10 février dernier et les producteurs de crémant attendent maintenant le jugement. En cause : les aires de production très importantes en surface, notamment en pays d’Oc (à proximité des « collègues du Limoux »), et l’utilisation de cépages jugés inadaptés. Les conclusions du Conseil d’État seront-elles disponibles avant la récolte 2018 ? Le risque est tout de même important pour les huit régions françaises productrices de crémants (86 millions de cols en 2015 dont 34,9 millions de cols pour la seule Alsace). « S’agissant des décisions de la plus haute juridiction administrative française qui nous a donné raison, dans tous les cas, on ne peut que déplorer que les décisions ne soient pas appliquées immédiatement. Lorsque l’on sort d’un tribunal, soit on est libre, soit on a une amende, soit on va en prison. Ici, certaines des entreprises semblent ignorer les décisions de justice. Il nous semble incroyable qu’une IGP annulée par le Conseil d’État de manière rétroactive se permette de poursuivre la commercialisation de ses produits en toute impunité. Quelle crédibilité avons-nous en laissant faire de tels agissements ? Quelle crédibilité ont les services de l’État en n’intervenant pas pour stopper ces ventes illégales avec un étiquetage revendiquant une IGP interdite ? Il est grand temps qu’une intervention musclée soit faite pour dénoncer de tels agissements qui galvaudent les marchés au détriment de nos crémants qui subissent une perte d’identité dans un monde des effervescents déjà complexe », s’agace Hervé Schwendenmann. Si l’Inao et/ou l’État ne réagissent pas rapidement, la profession viticole envisage de réagir elle-même. Des contacts ont déjà été pris avec les services d’un avocat spécialisé. Les contrôles internes Un autre dossier important concerne les contrôles internes opérés par le syndicat pour le compte de l’organisme de défense et de gestion (ODG). Des évolutions viennent d’avoir lieu. « L’ODG- Association des viticulteurs d'Alsace (Ava) a décidé de se désengager de son contrat de prestation de service qu’elle nous avait délégué jusque-là. Cela a provoqué une réflexion sur le fonctionnement de notre syndicat pour les années qui viennent. Il va falloir discuter des moyens à mettre en œuvre en termes de logistique. Ou revoir notre fonctionnement via une autre source de revenus. Nous ne souhaitons pas continuer à assumer un fonctionnement sans contrepartie. La réflexion est en cours… », prévient Hervé Schwendenmann. Il a également évoqué l’expérimentation concernant le crémant rosé, qui consiste à assembler plusieurs cépages dans la famille des pinots. En toile de fond, l’acidité des vins de base. Le protocole d’essais ne convient plus à l’Inao. « À nous de rectifier le tir. À nous d’évoluer et de nous adapter également aux évolutions climatiques en cours et à venir », note le président du syndicat des crémants d’Alsace. Un crémant qui cherche à communiquer toujours davantage. À l’image, une nouvelle fois, de sa présence sur les podiums des rallyes automobiles. Le dernier en date, en Suède, a permis de réaliser une belle opération publicitaire pour un coût financier très faible. Enfin, Hervé Schwendenmann a appelé les producteurs de crémants d’Alsace à se mobiliser et à participer au prochain concours national qui aura lieu à Bordeaux du 26 au 28 avril. « Déposez vos échantillons au siège du syndicat pour le 20 mars au plus tard. Mais surtout, déplacez-vous et participez à la dégustation », conclut Hervé Schwendenmann.

Salon international de l’agriculture 2018

La grand-messe des mondes agricoles

Publié le 02/03/2018

Le 55e Salon international de l’agriculture se déroule cette semaine à Paris. Un événement qui réuni des centaines de milliers de visiteurs et plus de 30 000 professionnels. Qu’elles soient économiques ou politiques, tous les acteurs du secteur ont de bonnes raisons d’assister à ce rendez-vous.

Un ministre, verre de cidre à la main en compagnie d’un banc de pêcheurs. Une vache encadrée d’un service de sécurité au milieu d’une nuée d’appareils photo. Des touristes, casques de réalités virtuelles sur la tête, en pleine découverte des contrées inconnues. Autant de scènes insolites dont seul le salon de l’agriculture a le secret. Du 24 février au 4 mars, le Parc des expositions de Paris devient le centre névralgique du monde agricole. Une immense réunion de famille. Avec ses retrouvailles, ses débats et ses disputes. « Le salon, c’est le moment où on se retrouve entre copains de toutes les régions. » Qu’importent les deux jours de voyage depuis les Pyrénées. Christophe et ses moutons ont débarqué vendredi matin, veille de l’ouverture. En arrière-plan, des stands encore à moitié montés. En fond sonore, des chants basques. Il reste du travail pour accueillir les milliers de visiteurs du lendemain, mais la plupart des animaux sont déjà installés dans leurs boxes. Les éleveurs peuvent se relâcher. Au rayon Montbéliarde, l’apéritif a commencé depuis quelques heures déjà. L’ambiance détendue ne masque pourtant pas l’enjeu de ce weekend. Le concours de dimanche doit désigner les meilleures bêtes de la race. « Un titre est une reconnaissance incroyable », confirme Jean-Marie Schoenel, de l’ESAT du Sonnenhof à Bischwiller. Une récompense honorifique et pécuniaire. Qui dit vache médaillée dit meilleur prix de vente de la descendance. Même calcul pour les vins et les produits du Concours général agricole. Une arène politique Eh oui ! N’en déplaise aux romantiques, le salon est aussi une machine à sous géante. Surtout pour les centaines de boutiques, restaurants et artisans qui peuplent les sept pavillons. Le café à 4 €, la peluche souvenir à 15 €. Multipliés par les 600 000 visiteurs attendus cette année, pas de doute, l’événement rapporte gros. « Il ne faut pas se mentir, on vient ici avant tout pour vendre », sanctionne, réaliste, un artisan breton. Loin des rings où défilent vaches et cochons, le salon constitue aussi une arène politique. Passage obligé pour les élus de la République et leurs opposants. Les premiers, désireux de soigner leur électorat, les seconds, attachés à pointer les incohérences de leurs adversaires. Cas d’école : le duel Macron-Wauquiez. Au président qui affirmait samedi connaître « les attentes, les angoisses et les souffrances sur le terrain », le patron des Républicains a répondu qu’Emmanuel Macron « ne comprend pas le monde agricole et le méprise », lors de sa visite mardi matin. Au milieu de la mêlée, les syndicats agricoles font entendre leurs voix. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, multiplie les plateaux télé et radio dans les différents halls. La Coordination rurale défile tous les jours dans les allées, pancartes hostiles à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur brandies bien haut. La Confédération paysanne organise des tables rondes, avec José Bové en invité de marque mardi après-midi. Concert médiatique Mais un autre sommet se joue en coulisses. Dans l’atmosphère feutrée des salons privés et espaces VIP, cette fois. Ces lieux au centre des stands où l’on n’entre qu’en y étant invité. Là, entreprises, organismes professionnels et responsables politiques discutent et négocient. Contrats, partenariats, futures lois et réglementations, chacun avance ses pions. Des kilos de lobbying en costume cravate. Puis vient le temps des annonces aux médias présents en masse. Pour cela, une armée d’attachés de presse et autres responsables de la communication partent à la chasse aux journalistes. Ici un partenariat à immortaliser, là une innovation à ne pas manquer. C’est à celui qui attirera le plus d’attention médiatique. À ce titre, le salon est un incroyable accélérateur de projet. Surtout pour les acteurs peu connus et les nouveaux venus, comme les start-up de l’AgTech (pour agriculture et technologie). « C’est l’occasion de mettre un gros coup de projecteur sur nos actions », confirme un jeune entrepreneur dans les nouvelles technologies. Ainsi, le collectif de start-up la Ferme digitale a vu le jour sur le salon 2016. Deux ans après, ses adhérents ont réservé l’annonce de la date d’un sommet de l’AgTech aux journalistes présents sur leur stand. Tout ce petit monde de professionnels s’affaire sous les yeux d’une foule de visiteurs. À des lieux de se douter de tout ce qui se trame sur scène et derrière le rideau. Des centaines de milliers d’amateurs venus manger, boire, s’informer et se ravir de spécialités régionales. Car sans eux, la grande famille agricole ne serait pas au complet.

Publié le 02/03/2018

Deux résidents de l’Établissement et service d’aide par le travail (Esat) du Sonnenhof ont passé le week-end au Salon de l’agriculture. Un séjour pas comme les autres rendu possible grâce au concours des moniteurs de l’établissement.

Ils observent en connaisseurs deux montbéliardes stationnées le long d’une allée du Salon international de l’agriculture, samedi midi. Alexandre Hermann et Emmanuel Lambert les connaissent bien. Logique. Ils travaillent dans l’élevage de l’Esat du Sonnenhof, à Bischwiller. L’exploitation emploie des personnes handicapées mentales afin d’aider à leur insertion sociale. Et elle permet à ces deux résidents de visiter le Salon pour la première fois. « C’est vrai qu’on ne serait jamais venus tout seuls », reconnaît Alexandre entre deux bouchées de suprême de poulet commandé dans un restaurant du hall principal. Les deux hommes sont pourtant autonomes. Ils louent leurs propres appartements, Alexandre conduit une voiture sans permis et il vient même en vacances à Paris chez sa grand-mère. Toujours accompagné de sa sœur. Mais un tel voyage implique trop de stress et de logistique à prendre en compte. Alors ce week-end, Jean-Michel Leininger joue les chaperons. Ce moniteur de l’atelier menuiserie de l’Esat vient au Salon après des années d’absence. À peine débarqués à la gare de l’Est, les trois hommes ont sauté dans le premier métro à destination du Parc des expositions. Sans même passer par leur hôtel. « On voyage léger », sourit Jean-Michel. Tout sourire sur le podium Son rôle ? Guider les deux résidents à travers la marée parisienne et s’assurer que tout le monde revient à bon port. « On ne se quitte pas sinon ça va vraiment devenir compliqué. » Leur priorité pendant ces deux jours ? Voir les animaux bien sûr. En plus, dimanche matin, Haïda et Java, les deux vaches de l’Esat, passent sur le ring principal du Concours général agricole. Ils sont venus en supporters. Les équipes du centre sont habituées à ces voyages. Les moniteurs essayent d’amener des résidents à chaque concours. Paris en 2015 et 2016, Épinal l’année dernière. « La participation des bêtes valorise beaucoup le travail des résidents qui s’en occupent toute l’année », se réjouit Véronique Littner, monitrice ultra-polyvalente qui assiste Jean-Marie Schoenel et ses deux montbéliardes. En cas de victoire le lendemain, ce serait une apothéose. Bingo ! À 13 h 20, Java monte sur la première marche du podium. Elle vient de remporter les titres de championne jeune et meilleure mamelle jeune. À ses côtés, Jean-Marie, sa famille, Véronique… Ainsi qu’Alexandre et Emmanuel, tout sourire, médailles à la main. Ému, Jean-Marie Schoenel réserve un mot pour « tous ceux qui sont restés à maison et qui s’occupent des vaches avec les moniteurs. » L’Esat, c’est avant tout un travail d’équipe.

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