A la une

Réfection des chemins agricoles et forestiers

De nouvelles solutions émergent

Publié le 05/09/2018

En partenariat avec Hen Technologie, la société Hantsch propose une gamme de matériels innovants permettant de remettre en état des chemins agricoles et forestiers à moindres coûts par rapport aux procédés classiques.

Ces outils étaient récemment en démonstration dans le secteur de La Petite Pierre, à Erckartswiller, sur une piste forestière. Une démonstration organisée conjointement par l’entrepreneur Pascal Helmlinger, la Chambre d'agriculture et la société Hantsch. Agriculteur, Pascal Helmlinger gère également une entreprise de débardage, une activité qui requiert d’investir dans des équipements spécifiques. Pour l’instant, la réfection de chemins ne fait pas partie de son champ d’action, mais il s’agit d’une opportunité de développement qu’il envisage : « Je pourrais travailler sous contrat avec certains clients. Et c’est du matériel qui peut aussi être utilisé pour créer des plateformes, préparer l’intérieur de futurs bâtiments… C’est donc potentiellement un bon moyen d’élargir mon activité et d’amortir mon parc matériel », constate Pascal Helmlinger. Mais avant d’investir, il va laisser passer l’hiver sur le chemin rénové lors de cette démonstration, et observer son évolution dans le temps. Pour la Chambre d'agriculture, l’entretien des chemins forestiers constitue un enjeu important puisqu’il s’agit d’assurer l’accès au massif. Pour sortir du bois, certes, mais pas seulement. Il convient aussi de pouvoir observer l’évolution de la forêt, notamment la dynamique des maladies et ravageurs, ou encore de faciliter l’accès des secours. « Depuis 2008, 132 km de routes forestières ont été rénovés, ce qui représente l’accès à 2 800 ha et concerne 1 826 propriétaires forestiers », illustre Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Ces travaux ont en général été effectués via des Associations syndicales autorisées (ASA). Ces dernières années la fédération d’associations forestières et syndicales Forestiers d’Alsace et le Centre national de la propriété forestière (CNPF) ont encouragé la construction d’un réseau de déserte forestière. Mais, estime Claude Hoh, une soixantaine de kilomètres affichent entre 20 et 30 ans et devront être rénovés dans les prochaines années. D’où l’intérêt des forestiers pour le développement d’outils de réfection des chemins agricoles et forestiers économiques et innovants. « L’ennemi numéro 1 des chemins, c’est l’eau » La gamme d’outils conçus par la société Hen Technologie était présentée par Gautier Petitjean, responsable forestier nord pour la société Hantsch : « Nous proposons des outils réalisant la réfection de chemins sans apport de matière, contrairement aux engins de travaux publics classiques, ce qui permet de gagner en compétitivité ». Trois outils étaient présentés. Comme son nom le suggère, le combiné malaxeur dameuse WPF 200 mélange la matière et la tasse en une seule opération. « Les éléments sont piochés et, par force centrifuge, les plus gros se retrouvent sous les plus fins. Deux plaques vibrantes viennent compacter le tout. » Résultat, en un passage, le chemin est rectifié : les trous sont bouchés, et il est possible de créer une pente favorisant le bon écoulement de l’eau. « L’ennemi numéro 1 des chemins, c’est l’eau », constate Gautier Petitjean. Or lorsque les accotements des chemins sont trop hauts, l’eau s’écoule mal, stagne sur le chemin, ce qui contribue à la formation de nids-de-poule, donc à accélérer leur dégradation. L’araseuse d’accotement SP61 permet d’enlever la terre sur 5 à 15 cm, avec un angle qui assure une légère pente favorisant l’écoulement de l’eau. La terre est ensuite projetée sur le terrain adjacent. « C’est une solution rapide et économique par rapport au procédé traditionnel qui consiste à faire intervenir une pelleteuse et des remorques… », souligne Gautier Petitjean. Le broyeur de pierres RBM travaille sur 2 m de large et jusque 30 cm de profondeur. « Il est capable de broyer pierres et cailloux plus ou moins finement selon les réglages qui sont appliqués au rotor - qui tourne à 340 tours par minute, et qui est équipé de 160 pointes - et au contre-peigne. » Ce broyeur de pierre est un bon préalable à l’action du combiné malaxeur dameuse lorsque la granulométrie des éléments est trop importante. Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

Vendanges 2018

Précoces et de qualité

Publié le 29/08/2018

C’est parti depuis quelques jours pour les vendanges 2018 en Alsace. Au domaine Fahrer-Ackermann, elles ont démarré mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de la commune de Rodern, au lieu-dit Wannen.

L’histoire du domaine Fahrer-Ackermann démarre il y a environ vingt ans. Vincent Ackermann rachète l’entreprise viticole de son patron à Rorschwihr en démarrant de presque rien. Aujourd’hui, le domaine compte 10 hectares de vignes, dont 9,5 ha en production, sur les bans de six communes : Rorschwihr, Rodern, Kintzheim, Orschwiller, Bergheim et Saint-Hippolyte. Depuis son installation, Vincent Ackermann travaille en lutte raisonnée, en labourant le sol et en utilisant le moins de produits phytosanitaires possible. Il s’interroge sur la possibilité de passer en production biologique. Un tiers du vin est commercialisé en bouteilles, un tiers en vrac et un tiers en raisin. La partie commerciale reste compliquée selon les années et la situation économique du moment. « Le vrac permet de garder les meilleurs lots et de les vendre quand nous avons besoin de trésorerie », souligne le vigneron indépendant. En complément de la partie viticulture, l’épouse de Vincent Ackermann, Muriel, a développé une activité œnotouristique. « Elle s’occupe de la vente au caveau et des deux gîtes et quatre chambres d’hôtes que nous avons aménagés nous-mêmes, précise Vincent Ackermann. Nous sommes situés sur la route des vins. Cette proximité, qui nous permet de proposer aux touristes différentes activités, la quiétude des lieux et les dégustations ont contribué à fidéliser la clientèle. » Une très bonne acidité Pour ces vendanges 2018, Vincent Ackermann a décidé de démarrer mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de Rodern, à 250 mètres d’altitude, au lieu-dit Wannen. « C’est une parcelle de pinot auxerrois que j’ai rachetée à de la famille cette année, spécialement dédiée au crémant. L’altitude favorise la production de crémant, car nous avons une belle acidité. L’état sanitaire est exceptionnel. Cela faisait longtemps que je n’avais pas connu une telle qualité. Nous récoltons à 10,5°. Pour les crémants, c’est très bien. En revanche, ce n’est pas la même chose pour la parcelle vendangée jeudi 30 août, où l’auxerrois a subi le stress hydrique : la vigne a stagné. » Vincent Ackermann consacre environ 15 % de sa production au crémant d’Alsace. Un pourcentage qui est stable dans le temps pour un crémant qui se vend très bien. La suite des vendanges ? « C’est prévu la semaine prochaine avec des parcelles AOC de pinot noir et auxerrois. J’ai goûté les raisins : pour les pinots noirs, les pépins sont déjà bien mûrs. L’auxerrois présente une bonne densité. Comme pour le crémant, ce sont les parcelles les plus précoces », commente Vincent Ackermann. Ensuite, il marquera une pause dans ces vendanges 2018. « Nous allons attendre un peu. Il ne faut jamais se précipiter. En général, nous vendangeons ici quatre à six semaines. Nous travaillons toutes nos parcelles différemment, ce qui nous permet d’avoir des vins différents. On peut se le permettre. Les maturités ne sont jamais les mêmes d’une parcelle à l’autre et dépendent de nos sols granitiques et calcaires. La preuve, lundi 27 août, j’ai visité une parcelle de gewurztraminer qui n’avait pas encore véré. On enchaînera donc en fonction des maturités de chaque terroir. J’en cherche d’assez importantes, car j’élabore des vins assez puissants, équilibrés. On revient sur des vins plus secs que par le passé », constate le vigneron indépendant. Du travail Vincent Ackermann vendange essentiellement à la main et utilise la machine à vendanger pour ses parcelles situées en plaine. C’est sans doute la première fois qu’il vendange un 28 août. « C’est peut-être arrivé en 2003, mais je n’en suis plus certain. C’est impressionnant car, désormais, tout s’enchaîne. On est toujours dans le stress. Il y a le palissage, la mise en bouteilles et directement les vendanges. Par le passé, nous avions un laps de temps pour nous reposer un peu et faire autre chose », commente le vigneron. Autre difficulté : trouver des vendangeurs. « J’ai passé une annonce via Alsace Vendanges. Mais, personne ne m’a appelé. Mais j’ai la chance de pouvoir faire confiance aux mêmes personnes depuis plusieurs années : des amis, des connaissances fidèles, des membres de la famille. » À commencer par la fille aînée de Muriel et Vincent Ackermann, Théa, 19 ans. L’avancée de la date des vendanges lui permet d’être là. « Je suis étudiante. Je prépare un Deust Métier de la forme à Strasbourg. Je suis encore en vacances. Faire les vendanges me plaît. C’est un moment convivial », explique la jeune femme. Pour autant, elle ne se voit pas, pour l’instant, succéder à ses parents à la tête du domaine familial. « C’est une activité professionnelle très compliquée qui prend beaucoup de temps. À 19 ans, travailler à ce point, tous les jours, n’est pas ce qui m’attire le plus. On verra à l’avenir. » Un peu plus loin dans les vignes, Michel, âgé de 63 ans. Il habite Saint-Étienne. Cela fait 17 ans qu’il vient en Alsace et 10 ans qu’il vendange chez Vincent Ackermann. « J’ai d’abord connu le gîte, que nous avions réservé avec mon épouse. Nous avons sympathisé. Ils sont très accueillants et surtout travailleurs. Du coup, nous revenons chaque année pour vendanger. C’est une activité intéressante. On voit le boulot. J’en profite pour approfondir mes connaissances. C’est important pour moi qui ai travaillé dans un bureau d’études. En tout cas, ces vignerons se battent pour faire évoluer leur entreprise et leur vin est de qualité », conclut le jeune retraité.

Pages

Les vidéos