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Techniques Agricoles

Pleins feux sur Deutz et Kuhn

Publié le 18/10/2018

Jeudi 11 octobre, le concessionnaire Techniques Agricoles d’Hohengœft présentait des outils de travail du sol Kuhn attelés à des tracteurs Deutz. Le tractoriste et le constructeur de matériels agricoles n’arrêtent pas le progrès !

Quatre outils de travail du sol Kuhn étaient présentés par Aurélien Weckel et Maxime Paulen, technico-commerciaux de la concession. La charrue Vari Master 123 à cinq corps, sans rasettes mais avec des déflecteurs qui permettent de garder de la matière organique en surface. Le broyeur RM320, adapté à la gestion des cannes de maïs, à la destruction des couverts… Le semoir pneumatique Venta à distribution électrique, un des derniers nés de la gamme de semoirs Kuhn. Il se compose d’une herse rotative intégrée à un semoir. « Les deux éléments ont été développés ensemble en intégrant tous les points forts de la gamme historique », indique Denis Delcey, inspecteur commercial chez Kuhn. Il cite : la robustesse, la capacité d’avalement importante, y compris en conditions difficiles… La compacité de l’ensemble a été particulièrement travaillée. Cela se traduit par un semoir qui revient sur la herse, permettant d’accepter une trémie de grosse capacité. Autre objet d’attention particulière de la part des concepteurs : le confort de travail. Ce qui a abouti à plusieurs brevets. L’un concerne le système de mise en route et d’arrêt du doseur en bout de parcelle. Un autre, le système d’accouplement de la herse et du semoir, qui peut se faire et se défaire en 10 minutes afin, par exemple, de remplacer la herse par un outil à disque si les conditions de travail le requièrent. Ce semoir se caractérise aussi par ces nombreux réglages faciles à réaliser y compris depuis la cabine du tracteur, comme la profondeur de travail de la barre niveleuse arrière, la profondeur de travail de la herse… Mais d’autres réglages sont aussi accessibles à portée de main, comme celui de la profondeur de semis. Un vérin permet de basculer le semoir sur la herse pour faciliter les demi-tours. Et tout a été pensé pour faciliter l’accès à la trémie. Enfin, comme rien ne remplace le savoir-faire et l’œil de l’expert, le semoir a été conçu pour offrir une bonne visibilité sur la barre de semis depuis la cabine du tracteur. Optimer XL : un déchaumeur robuste Le déchaumeur Optimer XL à grands disques de 620 mm de diamètre procurant une profondeur de travail du sol allant de 5 à 15 cm était présenté en version 3 m. « Il est conçu tant pour réaliser des travaux de déchaumage que de préparation du sol », avance Denis Delcey. Les pièces sont moulées dans les bras de fixation, procurant une grande robustesse. Leur espacement et leur orientation confèrent à cet outil un grand dégagement. Là aussi, les réglages ont été pensés pour être faciles et améliorer le confort d’utilisation. L’Optimer peut être équipé du rouleau T-Liner, particulièrement adapté à la région puisqu’il est capable de découper des pailles de maïs, de rappuyer le sol en profondeur, et qu’il est équipé de décrotteurs qui nettoient les rayons en continu. Deutz : nouvelle série 6 plus sûre Tous ces outils étaient attelés à des tracteurs Deutz, 4 ou 6 cylindres, et en particulier deux représentants de la nouvelle série 6, les modèles 6120 et 6140, tous deux à 4 cylindres, répondant à la nouvelle norme Tier 4 final ainsi qu’à la directive Mother régulation, qui porte essentiellement sur des éléments de sécurité : « Double circuit de freinage, protections sur les graisseurs, homologation 50 km/h », décrit Patrick Dodane, responsable régional des ventes pour le groupe Same Deutz Fahr. Ces deux modèles sont disponibles avec la boîte de vitesses Power Shift ou la boîte TTV à variation continue. « Ce sont des tracteurs faciles, qui s’adaptent à tous types de travaux, du travail du sol au semis en passant par le chargement », décrit Patrick Dodane. Autre atout de ces tracteurs : une hydraulique importante, qui permet au tracteur d’alimenter l’attelage de façon optimale.

Publié le 18/10/2018

La FDSEA du Bas-Rhin organise une opération paille entre céréaliers et éleveurs dans le département. Les céréaliers mettent à disposition des cannes de maïs qui sont broyées et pressées en balles carrées. La paille de maïs coûte 50 euros départ champ (hors transport). Les éleveurs sont intéressés sont invités à prendre contact avec la FDSEA par e-mail à l’adresse webmaster@fdsea67.fr (indiquer nom, prénom, commune et tonnage) ou par téléphone au 03 88 19 17 67 avant lundi 22 octobre 10 h. Cette opération est aussi à destination du département du Doubs où partiront plus de 1 000 tonnes de cannes de maïs. Encore merci et bravo aux agriculteurs qui jouent la carte de la solidarité.

Suppression du dispositif TODE

Qui veut la peau des cultures spéciales ?

Publié le 12/10/2018

La suppression du dispositif d’allégement des charges des employeurs de saisonniers (TODE) va se traduire par un renchérissement du coût du travail pour l’employeur, représentant une perte nette de 3,5 millions d’euros pour le département du Bas-Rhin, dont l’agriculture se caractérise par des productions exigeantes en main-d’œuvre occasionnelle. La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont organisé une rencontre avec les représentants de l’État pour dire l’inquiétude du monde agricole.

Le dispositif de réduction des charges pour l’emploi de travailleurs occasionnels, plus connu sous de nom de dispositif TODE (pour Travailleur occasionnel demandeur d’emploi), est le fruit d’une réflexion menée par les responsables professionnels agricoles alsaciens afin d’atténuer le déséquilibre qui pénalise les agriculteurs alsaciens par rapport à leurs confrères allemands, qui bénéficient d’une main-d’œuvre moins chère, rappelle Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. Sa disparition annoncée reste donc en travers de la gorge de ces mêmes agriculteurs alsaciens. Certes, souligne Yves Séguy secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, le dispositif TODE doit être remplacé par un nouveau système d’allégement du coût de l’emploi, censé être « amplifié, élargi et porté à un niveau plus incitatif », de telle sorte qu’« au niveau national, toutes cultures confondues, la ferme France doit s’y retrouver ». Mais soit l’Alsace ne fait définitivement pas partie de la France, soit les règles de l’arithmétique ne s’y appliquent pas… Car d’après le calcul de la FDSEA du Bas-Rhin, le coût du travail pour un saisonnier rémunéré au Smic augmentera de 189 €/mois, soit 1,25 €/heure de travail. Joseph Behr, explique : « Il faut distinguer les travailleurs occasionnels des travailleurs permanents. » Pour les premiers, la suppression du dispositif TODE s’accompagne de la suppression du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), le tout étant remplacé par un nouveau système d’allégement qui ne compense pas la perte des deux dispositifs précédents. Les seconds ne bénéficiaient pas du TODE et ne perdent « que » le CICE, remplacé par un nouveau dispositif. Le gap est donc moins important pour les travailleurs permanents. Sauf que dans une région comme l’Alsace, où les productions spéciales sont nombreuses, les besoins en main-d’œuvre sont importants, et essentiellement saisonniers ! « À l’échelle du Grand Est, 155 000 contrats de saisonniers sont concernés, cela représente environ 20 millions d’euros de pertes », avance Étienne Losser, président des Jeunes Agriculteurs du Grand Est, qui affirme : « Localement, on ne s’y retrouve pas ». Risque de délocalisation Jean-Charles Jost, producteur d’asperges à Bilwisheim, témoigne : « Le coût de la main-d’œuvre peut dépasser 50 % de notre coût de revient. Malgré le CICE et le TODE, le coût de la main-d’œuvre en France était encore un des plus élevés d’Europe. Donc, je ne comprends pas cette décision. Si ça continue comme ça, dans dix ans, il n’y aura plus d’asperges en Alsace. Les prochaines années seront décisives. » Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, confirme ces craintes : « Les gens, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, ne viennent plus travailler chez nous pour le Smic. Étant donné le niveau de charges en France, on ne peut pas les payer plus. Dans d’autres pays, les employeurs ont moins de charges, donc ils peuvent mieux rétribuer les salariés, qui préfèrent aller y travailler. » Christian Romain, président de Fleurs et Plantes d’Alsace, alerte sur le risque de délocalisation de certaines productions. « On dit toujours que l’agriculture n’est pas délocalisable, mais ce n’est pas vrai », confirme Albert Binder, vice-président du Syndicat des producteurs de semences de maïs d’Alsace, une production qui est intégralement exportée. « Si ce n’est pas nous qui produisons, les Russes et les Polonais le feront », prévient-il. Gérard Lorber avance deux chiffres qui tendent à prouver que le processus de délocalisation des cultures à plus-value est déjà en marche : « La surface consacrée aux asperges a diminué de 56 % en France en 20 ans, alors que dans le même temps elle a augmenté de 112 % en Allemagne ». Pour Gérard Lorber, ce constat est essentiellement lié aux distorsions de concurrence qui règnent entre les deux pays. Franck Sander confirme : « Nous sommes en compétition avec le monde. La libre circulation des marchandises doit s’accompagner de choix stratégiques. » Risque de baisse qualitative L’autre risque qu’avancent les responsables syndicaux, c’est une baisse de la qualité des productions agricoles locales. « En viticulture, on a une réponse au manque de main-d’œuvre : les vendanges mécaniques », avertit Luc Anstotz, viticulteur à Balbronn. Cette réforme va dans le sens inverse des efforts qui ont été consentis en Alsace pour construire une agriculture diversifiée, élaborer des circuits courts : « On a beau avoir la meilleure volonté du monde, pour aller de l’avant nous avons besoin de soutien. Car sans résultat économique, on ne fait rien », lance Véronique Klein. Pour elle, si le déséquilibre du coût de la main-d’œuvre persiste en Europe, « ça n’ira pas ». « Nous avons besoin d’une harmonisation européenne. Et, à ce niveau-là, nous ne pouvons rien faire, c’est à l’État de le faire. » Agricultrice biologique, elle signale aussi que ce type d’agriculture est gourmande en main-d’œuvre, et risque donc d’être particulièrement impactée par cette réforme. Et, sans même parler d’agriculture biologique, Pierre Barth indique : « Les agriculteurs sont disposés à utiliser moins de produits phytosanitaires, mais les méthodes alternatives, par exemple le désherbage mécanique, requièrent souvent davantage de main-d’œuvre. » Recul pour l’emploi local Joseph Lechner, président de la commission emploi FRSEA Alsace et producteur de houblon, qualifie la réforme de « recul », alors que le déficit de main-d’œuvre s’installe : « Quel système voulons-nous ? Du détachement ? Des prestataires étrangers ? » Pour Christian Schneider, représentant de la MSA, une chose est sûre : « Les entrepreneurs trouveront toujours un moyen de rentrer leur récolte ». Mais ce ne sera pas forcément au bénéfice de l’emploi local. Or « l’agriculture a un rôle à jouer pour réduire le chômage. Malheureusement ce type de décision va dans le sens inverse », assène Franck Sander. Yves Séguy et Christophe Fotré, directeur départemental des territoires (DDT), ont assuré qu’ils feront entendre les craintes des agriculteurs pour l’avenir des cultures spéciales en Alsace : « Nous serons attentifs pour accompagner ce changement, et pour que les employeurs agricoles n’en soient pas les victimes. Une attention particulière doit être portée à l’Alsace, qui se caractérise par une mosaïque de cultures spéciales. »

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