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Grand hamster. Programme Life Alister

Un programme ancré sur le terrain

Publié le 11/10/2018

Pendant cinq ans, cinq partenaires ont phosphoré de concert pour préserver l’habitat du grand hamster en Alsace. Résultats : des réalisations concrètes qui, au-delà du grand hamster, favorisent l’ensemble de la biodiversité.

Deux principaux facteurs de diminution de populations de grand hamster ont été identifiés : l’évolution des pratiques agricoles et la fragmentation de l’habitat, liée à l’artificialisation des terres. Les pratiques agricoles défavorables au grand hamster sont celles qui laissent les sols trop longtemps nus, l’exposant à ses prédateurs et le privant de ressources nutritives. Et le manque de diversité culturale, qui tend à appauvrir son régime alimentaire. Pour identifier les pratiques les plus favorables au grand hamster, la Chambre d'agriculture a testé l’effet de l’implantation de différentes cultures intermédiaires, de la modification des techniques de travail du sol… C’est à cette fin que la Cuma de la Plaine a été créée, pour que les agriculteurs expérimentateurs puissent disposer du matériel nécessaire à la réalisation de ces pratiques. Le matériel, présenté sur l’exploitation de Jean-Luc Meppiel, agriculteur à Oberschaeffolsheim et membre de la Cuma, a été entièrement financé par le programme Life Alister et mis à disposition de la Cuma via la Chambre d'agriculture. Parmi ces outils, une houe rotative et une herse étrille (acquise dans un second temps par la Cuma), deux outils utilisés pour procéder à du désherbage mécanique, par exemple dans des céréales au printemps, ou à du sous-semis entre les rangs de blé, une des techniques mises en place durant ces années d’essais pour optimiser la couverture du sol « avec plus ou moins de succès », rapporte Annabelle Revel-Mouroz, conseillère spécialisée en protection des milieux à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Francis Humann, qui pratique l’agriculture biologique, témoigne : « Après avoir semé un blé à l’automne, je sème dedans un pois au semoir direct au printemps. Puis j’effectue un passage de houe pour alléger le sol et un passage de herse pour arracher les filaments d’adventices. » Dans le panel d’outils figure aussi un semoir à semis direct, qui permet d’implanter une culture dans les chaumes de la culture précédente sans procéder à aucun travail du sol au préalable, ce qui évite d’abîmer les terriers et les galeries du rongeur, et raccourcit la période de sol nu entre deux cultures. Fin 2017, le programme a financé un rolofaca, un rouleau équipé d’une lame qui permet d’écraser un couvert d’interculture et de le transformer en mulch : « La croissance du couvert est stoppée, mais on conserve un microclimat, des ressources nutritives favorables à la faune et, à terme, de la matière organique pour le sol », décrit Annabelle Revel-Mouroz. C’est aussi grâce au programme Life Alister que la Cuma de la Plaine a pu acquérir un strip-tiller, outil qui propose un compromis entre le non-labour et le travail du sol puisqu’il travaille seulement la future ligne de semis, soit environ un tiers de la parcelle. Découvrez le matériel de la Cuma de la Plaine en vidéo : Toutes ces techniques favorables au grand hamster s’accompagnent néanmoins de quelques contraintes techniques : « Il faut réussir à maîtriser la concurrence que le couvert exerce sur la culture car il s’agit d’atteindre un équilibre entre préservation du couvert et du rendement de la culture », illustre Annabelle Revel-Mouroz. Ce qui, en système conventionnel, passe par l’application de petites doses d’herbicide. Petites bêtes, grands effets Quelle que soit l’obédience des agriculteurs membres de la Cuma, participer au programme Life Alister a changé leur manière de travailler : « Il y a plus de réflexion et aussi plus de passages, avec de la satisfaction mais pas toujours », témoigne Marius Rhinn, agriculteur à Griesheim-près-Molsheim. Francis Humann poursuit : « Partager les expériences des uns et des autres nous a permis de progresser. Cela minimise l’effet des échecs et maximise le nombre d’expérimentations que nous pouvons mener. Il y a aussi eu des passages à l’acte qui n’auraient peut-être pas eu lieu sans la Cuma. » Les agriculteurs ont par exemple acquis du matériel qui leur était utile, sans financement du Life Alister, comme une rotohétrilleuse. La Chambre d'agriculture a mené des essais afin d’évaluer l’impact de ces pratiques sur la biodiversité au sens large. En 2017 et  2018, des parcelles ont été équipées de pièges à insectes qui ont été relevés toutes les semaines de mai à septembre, que ce soit dans du maïs ou du blé, avec ou sans couvert. « Cette étude a mis en évidence un plus grand nombre d’insectes dans les parcelles avec couvert, ce qui suggère que ces derniers procurent un microclimat favorable à la biodiversité, notamment après la moisson des céréales à paille », analyse Annabelle Revel-Mouroz. En outre, les essais révèlent que les parcelles étudiées se caractérisent par une assez grande diversité d’espèces par rapport à d’autres régions françaises, et par la présence d’espèces dont la population est stabilisée en Alsace alors qu’elle est en baisse ailleurs. « C’est un résultat très encourageant, car il signifie qu’en cas de perturbation de l’environnement certaines des espèces présentes seront en capacité de résister », commente Annabelle Revel-Mouroz. Cela reflète donc une bonne capacité de résilience du système. Sans oublier que les grands hamsters sont des consommateurs de ces insectes, et que certains, comme les carabes, constituent des alliés pour les agriculteurs puisqu’ils prélèvent des ravageurs des cultures, comme les limaces. La Chambre d'agriculture a également procédé au Tea bag index (TBI) dans plusieurs parcelles d’expérimentation. Pour l’instant, les résultats ne font pas apparaître de différences significatives entre les parcelles conduites avec des pratiques favorables au grand hamster et les autres. Pour Annabelle Revel-Mouroz, l’expérimentation mérite d’être conduite à long terme car l’effet des changements de pratique sur l’activité biologique des sols n’est pas instantané. Des tubes et des films Pour contrer la fragmentation de l’habitat du grand hamster, des chercheurs du CNRS ont élaboré des tubes anti-prédation (TAP), permettant aux rongeurs de franchir des infrastructures routières, mais aussi d’échapper à la prédation (lire ci-contre). « L’idée, c’est de créer des connexions, pour encourager les populations de hamster à se disperser », explique Julie Fleitz, ingénieure au CNRS. L’efficacité de ces TAP a été testée en laboratoire et validée en milieu semi-naturel. Ils devraient maintenant venir enrichir les ouvrages existants et futurs. Dernière réalisation présentée lors de cette journée : trois vidéos visibles sur la chaîne YouTube du projet Life Alister : une présentation du projet, un tuto blé et un tuto maïs. Pour conclure ces échanges, Bernard Gerber, conseiller régional, a salué « le travail d’équipe mené autour de cette petite bête ». Parmi les participants à cette journée de restitution et d’échange figurait un groupe de Hollandais, également confrontés à la problématique de préservation des populations de grand hamster. Preuve que l’un des objectifs du programme Life Alister est d’ores et déjà atteint puisque les solutions qui en sont issues doivent servir de modèle aux autres pays européens. Découvrez la vidéo de présentation du volet agricole du projet Life Alister :  

Publié le 08/10/2018

Samedi 29 septembre, Benoît Dutter a offert un tour de moissonneuse-batteuse à une famille de Mulhouse. Le paysan de Witternheim s’est inscrit début juillet sur la plateforme Moissonneuse.fr. Le site met en relation des particuliers et des producteurs désireux d’accueillir des visiteurs dans leur cabine. Un bon moyen de communiquer en direct avec le public sur le métier d’agriculteur.

Les yeux écarquillés, Éliott admire la moissonneuse-batteuse stationnée devant lui. Le blondinet de 4 ans voue une passion sans limite aux gros engins agricoles. Il ne réalise toujours pas qu’il va grimper dans le mastodonte. « Là, son rêve devient réalité », sourit Claire Baqué, sa maman. Benoît Dutter, l’exploitant et hôte du jour, sort de la cabine. Il aide Éliott et Thibault, son père, à se hisser à ses côtés. C’est parti pour une heure de manège dans une parcelle à la sortie de Witternheim, près de Benfeld. La famille de Mulhouse a contacté Nicolas Meyer, le beau-frère et associé de Benoît, sur le site Moissonneuse.fr. Un projet lancé en juillet par David Forge, un agriculteur d’Indre-et-Loire. Concrètement, il s’agit d’une carte interactive sur laquelle les paysans volontaires inscrivent leurs coordonnées. Les internautes les appellent et fixent un rendez-vous. À la clé, un tour gratuit dans une machine agricole. En Alsace, seules deux fermes se sont inscrites. Les Baqué sont les deuxièmes visiteurs à monter dans le véhicule de Benoît. « Ça ne se passe pas comme dans M6 » Les fermiers se changent en forains ? Pas vraiment. L’activité constitue surtout un outil de communication pour le monde agricole. Les producteurs montrent leur travail de tous les jours. Cela permet de casser des idées reçues sur l’agriculture moderne. « Là, les gens voient que ça ne se passe pas comme dans M6 », ironise Benoît. Pendant une heure dans le bocal de pilotage, les Baqué ont défriché leurs connaissances sur le métier. Fonctionnement de l’engin, utilisation du blé… « On a aussi parlé de thèmes d’actualité, comme les pesticides, raconte Thibault, le papa. Je ne savais pas que les agriculteurs n’utilisaient plus d’OGM dans le maïs. » La plateforme web facilite aussi les rencontres entre différents milieux sociaux. Samedi après-midi, Benoît a ainsi passé une heure en compagnie d’une sage-femme et d’un médecin. « Des gens qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer dans notre quotidien », confie le jeune exploitant. Un constat réciproque avec ses visiteurs. « On regarde souvent du bord de la route, mais on n’ose pas déranger l’agriculteur dans son travail, confirme Thibault. Le site casse ces barrières. » Loin de toutes ces considérations, Éliott est aux anges. « Ça m’a beaucoup plu », témoigne-t-il à sa sortie de la machine, un peu intimidé et très fatigué. Le moment est venu de dire au revoir à Benoît, le héros du jour. Mais ses parents lui ont promis qu’il reviendra. L’an prochain pour la récolte des blés.

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Des pratiques toujours plus pointues

Publié le 05/10/2018

Outils d’aide à la décision, réalité augmentée, modulation intraparcellaire de semis, solutions de paiement en ligne, gestion des préconisations… En 2018, l’agriculture et la viticulture ont poursuivi leur mutation technologique avec toujours plus d’informatisation et d’automatisation des pratiques. À découvrir dans nos pages spéciales.

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