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Bureland - Sica Les producteurs alsaciens et lorrains

Éclosion d’une unité de conditionnement

Publié le 05/10/2018

La Sica Les producteurs alsaciens et lorrains, groupement régional de producteurs d’œufs, a inauguré son nouveau centre de conditionnement, situé à Bernolsheim. L’outil, qui comprend des équipements de haute technologie, doit permettre de gagner en compétitivité, de mieux structurer la filière et d’absorber la hausse attendue de la production régionale d’œufs, notamment plein air et bios.

Il aura fallu 9,50 M€ d’investissement pour qu’éclose le nouveau centre de conditionnement d’œufs de la Sica Les producteurs alsaciens et lorrains. Avec 5 000 m2 de bâtiments, plusieurs robots high-tech, et un objectif de 190 millions d’œufs emballés annuellement, contre 120 millions auparavant, répartis sur trois sites différents, le projet impressionne par son envergure. Mais Alfred Zacher, président du conseil d’administration, préfère mettre en avant les hommes et les femmes qui ont permis l’aboutissement de ce projet. Il cite : « André Roeckel et Romain Martin, les anciens qui ont mené le bateau jusqu’ici ». Les 15 familles d’éleveurs de poules pondeuses de la région Grand Est intégrés à la Sica : « C’est la solidarité qui règne au sein de ce groupe qui a permis de passer à l’étape supérieure ». Les plus jeunes éleveurs, qui ont porté ce projet à bras-le-corps à coups de vidéos, de maquettes, et de conviction auprès des collectivités locales et des banques. Les salariés, qui ont été bousculés dans leurs habitudes de travail, mis à contribution pour mettre en route l’outil - avec les difficultés inhérentes à ce type d’exercice - mais dont les conditions de travail doivent, à terme, être améliorées. Les nouveaux salariés, qui ont connu le baptême du feu. Les futurs éleveurs, qui vont bientôt venir grossir les rangs de la Sica, puisque quatre nouvelles familles sont annoncées d'ici 2019, avec des modes d’élevage alternatifs pour répondre à l’augmentation de la demande pour ces parts de marché. Des robots et des hommes L’outil en lui-même comprend un local de stockage des emballages et des suremballages. Les œufs sont livrés par camions, sur des palettes déchargées sur des quais de déchargement. Ils sont d’abord stockés dans un local, où ils sont classés par type de production et par date de ponte. Lorsque les œufs partent en conditionnement, la première étape consiste à les extraire des alvéoles à l’aide d’un robot équipé de ventouses. Les alvéoles en plastiques passent dans une laveuse, pour repartir propres chez les éleveurs. Les œufs sont déposés sur un tapis qui les guide vers la zone de mirage, où sont déclassés les œufs cassés, fêlés et sales. Pour les détecter, la ligne est équipée de micromarteaux qui tapotent les œufs : la résonance n’est pas la même pour un œuf fêlé que pour un œuf intact. Pour l’instant les œufs cassés partent à l’équarrissage. Mais ils pourraient trouver un débouché en méthanisation en partenariat avec la société Agrivalor. Les œufs fêlés et sales partent en casserie, en région parisienne ou en Allemagne. Les œufs intacts sont ensuite séparés par calibre, grâce à des pesons, et marqués. En fonction de la demande du client figurent : la date de consommation recommandée (DCR), le code de traçabilité de l’élevage, la date de ponte. En fonction de leur calibrage et de leur marquage, les œufs sont dispatchés dans différentes lignes d’emballage, où ils sont déposés dans des alvéoles en carton. À ce stade, la suite des opérations est encore manuelle : des opérateurs placent les boîtes d’œufs dans des cartons et y apposent l’étiquette de traçabilité. Puis, des robots palettiseurs prennent le relais. À terme, il devrait y en avoir quatre. Traçabilité intégrale L’ensemble du circuit est tracé et informatisé. Chaque lot d’emballage est accompagné d’une fiche de traçabilité qui est scannée en sortie de dépôt, afin de pouvoir remonter jusqu’au fournisseur en cas de défaut de fabrication, et de gérer les stocks. Chaque palette d’œufs est également tracée avec une étiquette informatique, qui permet de savoir de quel éleveur proviennent les œufs qui passent dans la calibreuse. Chaque boîte d’œufs est marquée d’une étiquette portant la DCR, le numéro de centre de conditionnement, le calibre, parfois la date de ponte, et un QR code, qui est lu par les robots palettiseurs, afin que les bons cartons soient placés sur les bonnes palettes. Actuellement, le groupement produit et commercialise 160 millions d’œufs par an sous les marques Bureland, œufs de nos villages, et sous diverses marques de distributeurs. Rien que sous la marque Bureland, la gamme est très diversifiée, avec des œufs datés du jour de ponte, plein air, extra-frais, bio, sol, éleveur engagé… Une segmentation qui tend à démultiplier les types d’emballage et justifie l’investissement dans des équipements adaptés. Bien que très automatisé et informatisé, ce processus emploie tout de même 50 salariés répartis en deux équipes qui permettent de faire fonctionner l’outil de 6 h à 19 h 30. Découvrez le centre de conditionnement en images : Un projet structurant pour la filière Pour Alfred Zacher, une telle réalisation était devenue nécessaire pour « assurer l’avenir de la filière, accueillir une nouvelle génération de producteurs et continuer à rester présent sur tous les tous les créneaux de commercialisation, de la vente directe à la ferme aux GMS, en passant par les grossistes. » Son fils, Mathias, avance d’autres arguments qui ont pesé en faveur de la construction de cet outil : la nécessité de moderniser des installations vieillissantes, d’anticiper les évolutions réglementaires, d’améliorer les conditions de travail, les performances économiques, l’impact territorial et environnemental… Le projet n’aurait pas vu le jour sans l’engagement de plusieurs personnes. Alfred Zacher cite notamment Étienne Wolff, maire de Brumath et conseiller départemental, qui a facilité l’implantation du site dans la zone industrielle de Brumath Nord, soit au centre des trois anciens sites de conditionnement - qui sont aussi les plus gros fournisseurs du centre de conditionnement - et à proximité des axes routiers. Patrick Bastian qui, surmontant une prudence initiale liée au montant de l’investissement, a fait avancer le projet : « Ce qui m’a convaincu, c’est que ce projet contribue à renforcer une filière. Car derrière ce centre, il y a des couvoirs, des fabricants d’aliments, des éleveurs… Tout cela méritait d’investir. Et ses trois porteurs de projets ont fait preuve de beaucoup de pragmatisme et de professionnalisme. » Il a donc œuvré pour obtenir un soutien de la Région Grand Est. Soutien qui s’est avéré supérieur à celui que pouvait octroyer la seule Région Alsace : « Ça a ouvert l’horizon, et les banquiers ont suivi », rapporte-t-il. Jean Rottner, président de la Région Grand Est, confirme : « La Région dispose d’un budget ciblé pour soutenir les industries agroalimentaires, les nouvelles technologies… Avec votre projet, vous avez coché un certain nombre de cases, ce qui vous a permis de bénéficier d’une aide de 1,35 M€ sur un budget total de 4,50 M€. » Alfred Zacher remercie également Jean-Michel Staerlé, responsable de développement à l’Adira, le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et Alsabail qui ont contribué au financement du projet, ainsi que les familles Martin, Roeckel et Zacher qui, en se portant caution, « se sont lancées dans l’aventure en engageant leurs propres deniers ». Après les tâtonnements du début, l’outil est désormais rodé. La certification International food standard (IFS) a été obtenue en août 2018, l’agrément sanitaire a été accordé suite à l’inspection de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) début septembre, et le site a été audité avec succès par un important client fin septembre. Le chiffre d’affaires est attendu en hausse, à près de 12 M€.

Publié le 03/10/2018

Vendredi 28 et samedi 29 septembre, un food truck du réseau Bienvenue à la ferme s’est installé à Strasbourg. Une dizaine de producteurs se sont relayés pour cuisiner des petits plats fermiers aux citadins. Une nouvelle étape dans la stratégie de communication de la plateforme.

Un fourgon aménagé en cuisine roulante stationne sur la place Kléber. Il est 11 h 30, grand ciel bleu, et Marianne Mathis commence à cuisiner. « On a des quiches, des saucisses et je vais préparer des légumes à la plancha », explique cette agricultrice de Hœrdt. Comme elle, une dizaine d’agriculteurs ont proposé des petits plats de dégustation aux Strasbourgeois, vendredi et samedi derniers. Une initiative du réseau Bienvenue à la ferme, porté par les Chambres d’agriculture pour promouvoir les circuits courts et les activités dans les fermes adhérentes. « L’idée est de promouvoir la marque auprès du grand public », indique Jean-Luc Parthonneau, conseiller circuits courts à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Un virage dans la politique du réseau. Jusqu’à présent, la communication visait surtout les paysans, afin de recruter de nouveaux adeptes. Aujourd’hui, avec 8 000 membres en France et 200 en Alsace, la plateforme a atteint son niveau de croisière. Le focus se tourne donc vers les consommateurs. Voilà l’objet de la tournée « Mangez fermier », lancée à l’occasion des 30 ans de la plateforme. Son food truck parcourt la France pendant un mois et s’arrête dans dix villes. « Les producteurs vont à la rencontre des citadins », résume Jean-Luc Parthonneau. Et ça marche. Un peu avant midi, employés de bureau et étudiants se massent autour des quatre tables hautes posées devant le fourgon. Des serveurs distribuent de petits plats. Les gens ne s’attardent pas mais ils emportent un ou deux prospectus de l’organisation. Le conseiller sourit : « Certains vont au « fast-food », nous nous proposons un « fast good » : c’est rapide et de bonne qualité. »

Publié le 03/10/2018

Sa fraîcheur, sa détermination et son esprit avisé n’avaient pas laissé indifférent le jury d’élection de la reine des vins d’Alsace : Margaux Jung qui, honorée dans sa principauté de Riquewihr, a appelé à cultiver « l’esprit de famille ».

Le vignoble alsacien se cherche des solutions face à l’inexorable baisse des ventes et de son chiffre d’affaires qui l’affecte singulièrement dans le giron des appellations à vins blancs. Et parmi les solutions, il y a la nouvelle génération de vignerons en passe de reprendre les rênes d’un vignoble à l’aube d’importantes mutations. Une génération faite de jeunes souvent bien diplômés, à l’esprit ouvert par le travail à l’étranger et à l’esprit critique. Il faut ajouter : une génération lassée des batailles intestines, en recherche de consensus et qui souhaite résolument passer à autre chose. Témoin privilégié de cette génération, Margaux Jung représente cette quête du consensus. Face à ces changements, elle a rappelé, dans un discours concis, les « piliers » du vignoble : « l’esprit de famille, le sens de l’accueil et un vignoble à taille humaine ». On serait tenté de faire une analogie avec la reine Margot qui fut un repère humaniste dans un XVIe siècle en proie à d’immenses difficultés. Titulaire d’un master 2 en management à l’EM Strasbourg, Margaux Jung entreprend un BPREA (Brevet de responsable d’exploitation viticole) à Rouffach, pour se consacrer au domaine familial à Riquewihr, géré par ses parents, Olivier et Dominique : 7 hectares de vignes, pour 40 000 bouteilles, toutes écoulées localement. Car Riquewihr constitue dans le vignoble alsacien l’une des « principautés » - selon l’expression du député Jacques Cattin - de l’œnotourisme. Pas peu fier d’avoir parmi ses administrés la jeune souveraine native et foncièrement attachée à sa cité, Daniel Klack, maire de Riquewihr, a exprimé ses vœux à l’ambassadrice du vignoble et à ses deux dauphines, Flore Ansel et Pauline Husson. Il a toutefois appelé son auditoire à « ne pas se reposer sur ses lauriers », à « être avant-gardiste », à faire « bouger les lignes ». Riquewihr bénéficiant d’une situation privilégiée en œnotourisme. Le renouveau du vignoble, c’est aussi à l’interprofession qu’il se passe, a souligné pour sa part Didier Pettermann, président de Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), qui s’engage à insuffler une nouvelle dynamique dans l’image des vins d’Alsace. Ce sera d’ailleurs, l’un des rôles de Margaux Jung et ses deux dauphines, que de défendre l’image, et donc l’identité de l’Alsace et de son vignoble, plutôt malmenée par le centralisme républicain et diluée dans la régionalisation.

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