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Nouvelle filière pain bio local Elbrott du moulin Kircher

Au four, au moulin et au champ…

Publié le 19/10/2018

Dans le sillage du développement des paysans-boulangers est créée une filière de pain bio d’Alsace, avec le moulin Kircher à Ebersheim. Sont parties prenantes les agriculteurs bios sous l’égide de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace et la Chambre d’agriculture. Et ils sont impliqués dans les critères qualitatifs conduisant à l’élaboration de l’Elbrott, pain de l’Ill.

« C’est un pain composé de farine de blé, d’épeautre, de sarrasin, de son de blé, de germes de blé et avec une note de cumin. Il a des vertus diététiques et nutritives particulières avec un index glycémique extrêmement bas, un minimum de gluten. Mais c’est surtout un pain très sain », souligne Jean Kircher, directeur du moulin Kircher. L’Elbrott est le premier pain bio d’Alsace produit et élaboré dans le cadre d’une filière de céréales bios qui a été constituée sous l’égide de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Dans le sillage du développement des paysans-boulangers, il s’agit d'un groupe de paysans, presque meuniers et boulangers. Car ils sont fortement impliqués dans les critères de qualité de l’Elbrott. « Le moulin Kircher arrive en quelque sorte à nous proposer ce à quoi nous aspirions : un meunier et des agriculteurs qui s’associent dans une démarche volontaire de progrès, en synergie », résume Francis Humann, référent des agriculteurs céréaliers bios à l’Opaba. Montée en 18 mois Il n’a pas fallu plus de 18 mois pour monter la filière et présenter ce produit fini qu’est l’Elbrott, aujourd’hui diffusé dans une trentaine de supermarchés de la région et chez cinq boulangers qui s’engagent en signant la charte à élaborer l’Elbrott avec les farines Kircher. En 2016, l’Agence de l’eau Rhin Meuse finance une étude sur les potentiels de production bio autour des aires de captage, soit 2 500 hectares. C’est le cabinet allemand Ecozept, spécialisé en analyse prospective des marchés bios, qui est missionné pour recenser l’ensemble des opérateurs de la filière céréalière et identifier lesquels seraient ouverts au bio », explique Julie Ambry de l’Opaba. Jean Kircher, opérateur historique en pain bio depuis vingt ans, saute sur l’occasion et signifie sa volonté d’élaborer « un pain bio de territoire ». « Il y a dix ans, il y avait une insuffisance de collecteurs bios, aujourd’hui on est capable de collecter des grains bios n’importe où », explique Julie Ambry. Et en aval, le bio made in France est très demandé par la grande distribution. « On impose nos prix » Ce contexte de tension sur la demande est d’ailleurs l’occasion pour Jean Kircher de jouer carte sur table avec la grande distribution : « Longtemps, la grande distribution ne nous a pas considérés comme sérieux. Elle se rend compte que finalement ça dure. Et les rayons bios prennent de l’ampleur. Mais la logique d’achat - combien, remises, promotions - a dégradé les relations commerciales. Là où la GD se trompe, c’est quand elle passe encore par des centrales d’achat et décide des prix au tableur excel pour les produits bios roumain, ukrainien ou chinois, explique Jean Kircher. Nous ne sommes plus dans le même monde bio. Nous imposons nos prix de vente. Et s’agissant des produits de santé et des produits locaux, le prix devient très relatif. » Conséquence, dans la charte contractualisée, le prix payé aux agriculteurs est de l’ordre de 10 % de plus que le prix du blé bio, avec des primes sur la qualité et un engagement sur quatre ans. « Pour se mettre à l’écart des spéculations. » Un paysan presque meunier et presque boulanger Mais là où cette filière innove, c’est dans le développement qualitatif sous forme de contrat de progrès. « L’agriculteur céréalier bio est directement en prise avec le produit final qu’il peut goûter d’où une certaine responsabilisation », explique Francis Humann. « On est presque paysan meunier boulanger. Pour moi c’est très valorisant », ajoute Michel Roesch, l’un des agriculteurs. Car le moulin Kircher dispose sur site d’un laboratoire d’analyse des farines et d’élaboration des pains qui sert d’ailleurs d’école et est ouvert à tous ceux souhaitant apprendre à élaborer et cuire du pain. Dans cette recherche de qualité, Benoît Gassmann, conseiller grandes cultures bios à la Chambre d’agriculture, vient en appui technique : « Le principal levier pour répondre aux exigences de panification prescrites par le moulin Kircher, c’est la variété. Les blés de force sont les variétés qui vont intéresser l’agriculture biologique. Ce sont des variétés qui vont faire de la protéine avec peu d’azote, d’où un potentiel de rendement un peu plus faible. Nous rendons un avis technique agronomique et le moulin un avis technique sur la panification. On recherche des variétés plutôt hautes, étouffantes, avec une belle couverture de sol, et nous travaillons aussi sur des associations de variétés, pour une qualité et un rendement plus homogènes. » L’excès de protéine ne fonctionne pas Jean Kircher ajoute : « Nous sommes sur des critères de sélection de type années 1965, avec un taux de gluten humide de 20 à 25 %, et des taux de protéines à 9-10 %. Chez nous, l’excès de protéine ne fonctionne pas : on demande de l’allongement souplesse et de la digestibilité à travers l’équilibre protéine-cellulose ». Le groupe d’agriculteurs va même aller plus loin que les choix variétaux : « Il s’agit d’identifier les variétés optimales pour chaque parcelle en vue d’élaborer une qualité optimale. Toute la difficulté est de trouver la variété adaptée à la parcelle », explique Francis Humann.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Promouvoir une expression libre et créative

Publié le 18/10/2018

Pour la seconde année consécutive, les jeunes vignerons indépendants d’Alsace ont organisé une dégustation de vins de leurs terroirs. Lundi 15 octobre, 33 domaines ont présenté l’expression de leur travail et leur philosophie viticole aux professionnels, aux sommeliers et aux chefs étoilés d’Alsace.

La première édition avait connu une belle réussite. Elle a donc été renouvelée. Le concept est simple. Les jeunes vignerons sont réunis dans une même salle (à l’hôtel Val Vignes à Saint-Hippolyte), placés par ordre alphabétique. Sur une table, un document présente le domaine avec une photo du vigneron. Juste à côté, des vins avec cinq formules. Et les viticulteurs attendent les visites des professionnels. La dégustation et les échanges se déroulent simplement et dans la convivialité. « Les jeunes vigneron (ne) ont tous (toutes) moins de 35 ans ou moins de 10 ans d’installation. Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace se charge de la logistique. Chaque vigneron est là avec ses vins. Nous avons envoyé pas moins de 800 courriers aux restaurateurs alsaciens. Nous avons également convié des sommeliers, des étudiants des CFA de Colmar et d’Illkirch et les chefs étoilés d’Alsace », explique Alain Renou, directeur du Synvira. Une aide bienvenue qui doit permettre aux jeunes vignerons de trouver de nouveaux débouchés, d’organiser leurs contacts et de mettre en place leurs futures ventes de vins d’Alsace. L’un des premiers à avoir répondu présent est Michel Husser, président de l’association des Étoiles d’Alsace depuis septembre 2017. « Je suis venu pour une première prise de contact. Nous sommes en relation tout au long de l’année. Les jeunes vignerons accompagnent les chefs étoilés avec la « formule jeunes ». C’est avec cet état d’esprit que je suis venu faire de nouvelles rencontres, découvrir des vins et enfin faire ma sélection. Chaque vigneron a son propre style. Je fais donc mon travail. Tout au long de l’année, nous avons tous de moins en moins de temps. Cette journée est idéale pour le prendre, et discuter entre passionnés. Je viens de déguster un pinot gris de Denis Hebinger. C’est une première belle découverte », assure Michel Husser. Priorité au collectif Denis Hebinger, jeune vigneron d’Eguisheim, se définit comme le responsable et/ou le porte-parole des jeunes vignerons indépendants d’Alsace, structure informelle. « Notre force, notre état d’esprit, c’est le collectif », précise-t-il. Avec d’autres, il a été à l’initiative de ce groupe, fondé il y a deux ans et demi. « Nous sommes là pour défendre les vins d’Alsace et de terroir, nés d'une agriculture raisonnée. Nous sommes quasiment tous en production biologique, en conversion ou en biodynamie. Nous assumons des vins à petits rendements avec une maturité un peu poussée. Notre objectif est de faire des vins secs car nous estimons que les vins d’Alsace doivent refléter leurs terroirs qui sont divers. Nous assumons pleinement cette extrême diversité qui s’exprime par les cépages, mais aussi par les terroirs. Enfin, notre groupe s’oppose aux VCI et au projet d’irrigation ». Il donne en exemple sa propre bouteille où cépage et terroir sont mis en avant sur l’étiquette de la même façon. Il se félicite de la réussite de cette dégustation depuis deux ans. « Ce partenariat avec les chefs étoilés est une excellente chose. C’est pertinent que les vins des jeunes vignerons soient mis en valeur auprès de nos futurs clients. Pour nous, c’est une passerelle intéressante pour l’avenir. Nous sommes là pour valoriser notre image et proposer des vins de qualité », ajoute Denis Hebinger. Un travail précis Les jeunes vignerons présents sont originaires de toute la route des vins d’Alsace : de Westhoffen à Soultz en passant par Mittelwihr. C’est dans cette commune viticole que Laurent Scheidecker, 28 ans, est installé sur le domaine familial depuis 2014. « Il est important de participer à une telle manifestation pour promouvoir les vins d’Alsace et faire connaître nos vins aux professionnels. Les vins que je présente sont réalisés après un travail très précis. Plutôt qu’un désherbage total des vignes, je préfère l’alternance du labour et de l’enherbement des rangs. De telles pratiques culturales obligent la vigne à plonger ses racines plus profondément dans le sol et, par conséquent, à exprimer au mieux la complexité du terroir. Ce terroir que l’on retrouve dans les vins présentés ». Il propose un riesling Grand Cru Mandelberg 2016 sec : « Il représente parfaitement l’image de Mittelwihr avec son climat particulier », assure-t-il. À côté, un muscat Grand Cru Froehn 2017 de Zellenberg : « Je veux montrer qu’un muscat travaillé peut exprimer la typicité du cépage et la puissance du terroir », complète le jeune vigneron qui insiste enfin sur son rouge. « Il s’agit d’un pinot noir Rouge d’Alsace 2016 sec. Le rouge est en plein essor dans la région. De tels vins ont leur place dans la gastronomie française », conclut Laurent Scheidecker. Cette journée réussie sera complétée par deux dégustations pour le grand public, qui se dérouleront le jeudi 25 octobre aux Catherinettes à Colmar et le jeudi 15 novembre à l’hôtel du département à Strasbourg.

Publié le 18/10/2018

La Serma organisait sa traditionnelle démonstration d’automne, dimanche 14 octobre entre Hochstett et Huttendorf.

Pour sa traditionnelle démonstration d’automne, qui a eu lieu dimanche 14 octobre, la Serma a bénéficié d’une météo vraiment estivale : près de 26 °C, une température exceptionnelle qui a alimenté les conversations des agriculteurs venus nombreux assister à la présentation et aux démonstrations de matériels des marques Fendt et Lemken, dont Serma est concessionnaire. Pour Freddy Jung, directeur commercial de Serma, cette « journée aux champs » reste un moment de convivialité privilégié pour rencontrer les clients, d’autant que cette année, les travaux dans les champs se sont achevés particulièrement tôt. Quelles méthodes de travail adopter en période de sécheresse prolongée ? Avec quels matériels ? Quand va-t-on pouvoir semer les céréales d’hiver et dans quelles conditions ? Ces questions étaient au cœur des échanges ce jour-là, au bord des parcelles ou autour de la buvette, tenue par les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau. Fendt : et maintenant, la fenaison Serma présentait toute la gamme des tracteurs Fendt Vario, du petit fruitier à la série 1 000, la plus puissante. Mais aussi la presse à balles rondes et l’autochargeuse Fendt qui se sont ajoutées au catalogue de la marque en cours d’année 2018. En effet, le groupe Agco a acquis les activités fourrages de la marque Lely il y a près d’un an, ce qui permet à Fendt de commercialiser sous ses propres couleurs du matériel de fenaison. Ce rachat s’inscrit dans la tendance qui consiste, pour les constructeurs, à rechercher des gammes longues. Serma, qui a formé son personnel à ces nouveaux matériels pour pouvoir assurer le service après-vente, avait déjà eu l’occasion de les présenter lors d’une journée de démonstration organisée à titre privé. Si les presses à balles rondes font partie du parc de matériel habituel chez les éleveurs de la région, les autochargeuses trouvent un regain d’intérêt avec le développement des unités de méthanisation. « C’est l’outil idéal pour récupérer les cannes de maïs destinées aux méthaniseurs », souligne Freddy Jung. Partenaire de cette journée, la marque Lemken était représentée par son inspecteur commercial, Nicolas Soehnlen. Pour cette journée, alliant présentation en statique et démonstration sur le terrain, deux groupes de produits ont été mis en avant, les charrues et les déchaumeurs à disques. Du côté des charrues, Lemken présentait une monoroue 8 corps, la Diamant 16, et deux modèles portés, les Juwel 7 et 8. Pour les déchaumeurs à disques, trois modèles étaient en démonstration : l’Héliodor 9 avec des disques de petite dimension (510 mm de diamètre) et les modèles Rubin 9 et Rubin 12, ayant des disques de respectivement 520 mm et 736 mm de diamètre. Plus particulièrement destiné au travail simplifié avec de gros résidus végétaux de maïs, le Rubin 12 constituait l’attraction de la journée. Il permet de travailler de façon intensive sur 20 cm de profondeur et 5 m de large. Pour Nicolas Soehnlen, malgré un sol sec et dur, les outils en démonstration ont fait la preuve de leur efficacité à bien mélanger terre et résidus végétaux. Un combiné de semis Lemken, le vibroculteur Korund, bien connu en Alsace, et le pulvérisateur porté Sirius étaient également en présentation.

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