A la une

Publié le 30/11/2018

L’assemblée générale des 40 ans de l’Apco a permis de faire un focus sur la chrysomèle, cet insecte ravageur du maïs apparu pour la première fois en Alsace en 2003. Quatre ans après la fin de la lutte obligatoire, comment la situation a-t-elle évolué sur le terrain ? Comment « faire avec » au quotidien et de manière durable ? Le spécialiste national des ravageurs chez Arvalis, Jean-Baptiste Thibord, a apporté plusieurs éléments de réponse.

S’il y a un insecte qui a marqué les quarante années d’existence de l’Apco, c’est bien la chrysomèle. Apparue pour la première fois en 2003 à proximité de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, cette petite bestiole venue des États-Unis, par l’intermédiaire de la guerre en ex-Yougoslavie, a, au cours des quinze dernières années, sensiblement compliqué la tâche des maïsiculteurs haut-rhinois, et plus globalement de toute l’Alsace. Ainsi les « zones focus » et « zones de sécurité » sont autant de termes qui sont rentrés progressivement dans le vocabulaire des professionnels de la filière. Malgré ces mesures qui imposaient une rotation du maïs une année sur trois et une année sur deux, l’insecte a continué sa progression. « En 2009, il était ainsi devenu très rare de trouver des communes indemnes de chrysomèle en Alsace », se souvient Jean-Baptiste Thibord, spécialiste national des ravageurs chez Arvalis. Une situation qui a entraîné en 2010 la signature d’un arrêté visant le confinement pour le Rhône-Alpes et l’Alsace, imposant une rotation une année sur six en plus d’un dispositif de surveillance très dense. En vain. « Même si cela a tout de même permis de stabiliser les niveaux de population, l’objectif du confinement n’a pas été atteint avec des fuites vers les régions Bourgogne et Franche-Comté », poursuit Jean-Baptiste Thibord. Face à l’inefficacité de ces mesures, la Commission européenne admet, à la fin de l’année 2013, qu’il n’y a aucune mesure réalisable pour éradiquer ou empêcher la propagation de cet insecte et qu’il existe des moyens de contrôle « efficaces » et « durables » pour réduire au minimum son impact. Début 2014, la chrysomèle est retirée de la liste des insectes de quarantaine. La fin de la lutte obligatoire est actée par l’arrêté du 18 juillet de la même année. « À partir de cet instant, la chrysomèle devient un parasite courant avec lequel il faut apprendre à vivre », indique Jean-Baptiste Thibord. Plus de chrysomèles mais toujours pas de dégâts Inévitablement, les années qui ont suivi ont montré une augmentation significative des populations de chrysomèle en Alsace. Depuis 2015, on observe un taux d’accroissement de 1,5 à 4 par an. En 2014, 233 ont été capturées. En 2014, on en dénombrait 5 645 et… 21 605 en 2018. Si cela paraît beaucoup à première vue, cela pourrait néanmoins être pire. « Si on ne faisait vraiment rien, le taux d’accroissement de la population serait plutôt de sept », relativise le technicien d’Arvalis. Autre élément marquant : 94 % des pièges présents en Alsace ont capturé des chrysomèles en 2018, contre 32 % en 2015. « L’insecte est présent sur l’ensemble du territoire alsacien, mais de manière hétérogène. On remarque des populations abondantes dans certains secteurs comme le long du Rhin ou dans le sud du Haut-Rhin. » Ces chiffres en constante évolution traduisent-ils un échec de toutes les opérations menées depuis quinze ans contre la chrysomèle ? Les agriculteurs doivent-ils s’en inquiéter ? Jean-Baptiste Thibord se veut plutôt rassurant. « C’est clair, les mesures de lutte n’ont pas permis l’éradication. Cependant, elles ont quand même servi à atteindre un résultat original et unique au monde : quinze ans après les premières détections, il n’y a toujours pas de dégâts observés sur les maïs. Certes, ces mesures ont été lourdes, mais pas complètement vaines. Dans les autres pays touchés comme l’Italie ou la Hongrie, les premiers dégâts économiques sont apparus entre six et neuf ans après les premières détections quand les agriculteurs n’ont mis aucune mesure de lutte en place. » Maintenir une rotation de cultures S’il faut désormais « faire avec » la chrysomèle, encore faut-il le faire de la bonne manière. En clair, il faut continuer à agir sur certains leviers même s’il n’y a plus d’obligation réglementaire. En premier lieu, Jean-Baptiste Thibord rappelle le facteur principal qui favorise le développement de la chrysomèle sur plusieurs années : la monoculture exclusive de maïs. La nécessité de maintenir une rotation de cultures au moins une année sur six est donc plus que recommandée par Arvalis. En effet, les larves déposées par les adultes l’année précédente ont besoin de consommer des jeunes racines de maïs pour pouvoir boucler leur cycle et passer à l’âge adulte. « Très clairement, il y aura une augmentation de la population dans les parcelles où l’on continuera à faire de la monoculture de maïs. Au vu de ce qui a été observé à l’étranger et des changements climatiques actuels, on peut penser que les premiers dégâts arriveraient au bout de trois ou quatre ans, sept dans les meilleurs des cas. Une monoculture exclusive veut dire faire plus de maïs à court terme, mais hypothèque les résultats à moyen terme. Sans compter que cela va créer des problèmes de voisinage puisque les agriculteurs qui feront ce choix prennent le risque de contaminer les parcelles voisines », prévient Jean-Baptiste Thibord. Le développement de la chrysomèle est également corrélé au type de sol sur lequel la parcelle est plantée. Un sol abrasif, type sableux, est défavorable aux jeunes larves, tandis qu’un sol lourd avec une forte réserve hydrique ou un sol argileux sont favorables au développement de l’insecte. Quel que soit le sol, si la plante est soumise à un fort déficit hydrique, elle est plus exposée aux ravages potentiels de la chrysomèle. « Dans un scénario climatique bien arrosé, le maïs a suffisamment de racines pour consommer les ressources nutritives du sol. Et même si la chrysomèle a dévoré les trois quarts des racines, le maïs peut survivre. En revanche, s’il y a moins de racines et moins de disponibilité en ressources hydrique et alimentaire dans le sol, sa sensibilité va être largement augmentée. » Il y a tout un tas de facteurs et d’itinéraires techniques sur lesquels peuvent jouer les agriculteurs pour améliorer la biomasse racinaire : une date de semis précoce, l’indice de précocité de la variété, la fertilisation starter, et la protection insecticide au semis. Pour un pilotage à l’échelle de la parcelle Les recommandations au niveau national varient en fonction du nombre de captures observées, mais aussi des conditions pédoclimatiques. En Alsace, dans les parcelles les plus infestées, Arvalis recommande de continuer les mesures initiées dans le cadre du confinement : rompre la monoculture de maïs au moins une année sur six dans les parcelles à faible stress hydrique, et intensifier un peu plus dans les parcelles exposées à un fort risque de stress hydrique. Pour les foyers « nouveaux », au-dessous de 100 captures par piège et par an, Arvalis conseille de rompre immédiatement la monoculture dans la parcelle concernée et celles environnantes afin d’empêcher la création d’un foyer de chrysomèle. Lorsque les captures deviennent plus importantes, Arvalis préconise de passer au piège jaune en remplacement du piège à phéromone, plus limité en surface et uniquement pertinent si la présence de chrysomèles est faible. « Les pièges jaunes sont un meilleur indicateur du niveau de population. Grâce à eux, on peut piloter la lutte à l’échelle de la parcelle. Reste à déterminer les seuils qui pourront être admis en fonction des secteurs géographiques. Aux États-Unis, le seuil sécuritaire est de cinq adultes par jour. En Italie, il est compris entre dix et quinze par jour », souligne Jean-Baptiste Thibord. Et qu’en est-il de la protection insecticide ? Selon lui, son intérêt reste « nul » d’un point de vue économique et « limité » au vu de la dynamique de population actuellement rencontrée sur le territoire français. « C’est vraiment les conditions climatiques et la rupture ou non de la monoculture qui sont aujourd’hui en mesure d’influencer l’accroissement de la population de chrysomèles. »

Publié le 30/11/2018

Lancée officiellement le 23 novembre en musique et en lumières, l’inauguration de cette 449e édition de Noël à Strasbourg s’est poursuivie le 24 novembre par une déambulation du maire et des élus sur différents sites des marchés de Noël.

Au traditionnel décompte sur la place Kléber, entonné par la foule, les élus et les personnalités invitées, le grand sapin s’est illuminé et toute la grande Ile avec lui. La 449e édition de Noël à Strasbourg était lancée ce 23 novembre, avec des centaines d’animations au programme et quelque 300 chalets disséminés dans toute la grande Ile. Ce lancement officiel s’est poursuivi le lendemain par une déambulation du maire, Roland Ries, entouré entre autres du premier adjoint Alain Fontanel, de Paul Meyer sur les marchés de Noël et notamment celui Place du marché Gayot, dans l’univers du Noël secret, dédié aux enfants. Place Saint Étienne, ils ont été accueillis par le président de la Tribu des gourmets des vins blancs d’Alsace Didier Bonnet et le vigneron Charles Brand. Ils animent pour la seconde année cette place rénovée de la ville, un nouveau parcours de Noël qui « se met en place peu à peu » souligne ce dernier. Les groupes musicaux vont s’y succéder du jeudi au dimanche, les « acoustiques du vin chaud », du jazz manouche notamment, fort apprécié du public. Autre univers, dans la cour du Palais des Rohan, le spectacle vivant de la nativité est mis en scène dans une crèche fabriquée par l’évêché. Cette rencontre officielle avec les exposants s’est achevée place Gutenberg sur le marché de Noël de la Finlande et de ses spécialités, l’invitée d’honneur de cette édition. Pains, vins, foie gras et animations gourmandes Pour ce démarrage des marchés de Noël, malgré les contrôles sécuritaires renforcés, touristes et strasbourgeois sont venus en nombre lors de ce premier samedi, et notamment place du Marché aux poissons et sur la cour des Rohan, où la Tribu des gourmets est également présente. Ces deux sites réunissent une trilogie fort gourmande, foie gras, bredele et vins de la Couronne d’or. Quatre producteurs de l’association des producteurs de foie gras d’Alsace proposent leurs spécialités et produits locaux place du Marché aux poissons. Près d’une vingtaine de vignerons de la Couronne d’or va se succéder sur leurs trois chalets jusqu’au 30 décembre. Ils vont proposer à tour de rôle une dizaine de vins de leurs domaines et la cuvée de la Couronne d’Or Argentoratum, une cuvée singulière et collective, récemment lancée. Ils vont également animer avec les producteurs de foie gras et les boulangers trois ateliers de dégustations commentées sur le thème : Pain d’épice, foie gras et vins. Elles se dérouleront les vendredis 30 novembre, 7 décembre et 21 décembre de 18 h à 20 h sous le chapiteau place du Marché aux poissons. Trois vignerons participeront à chaque atelier aux côtés d’un producteur de foie gras et d’un boulanger, un trio de saveurs qui devrait séduire le public.

Publié le 28/11/2018

L’élite de la gastronomie alsacienne fait la une de l’actualité, en ce moment. Après le lancement du livre de Maurice Roeckel, les chefs et maîtres artisans des Étoiles d’Alsace ont organisé un afterwork pour le lancement de la campagne Formule Jeunes 2018-2019. Ils ont célébré la 28e édition de cette formule à succès au Conseil départemental du Bas-Rhin, à Strasbourg.

D’habitude réservé à des rencontres plus institutionnelles, le hall de l’Hôtel du Département a été envahi par une nuée de jeunes amateurs de la gastronomie alsacienne, le jeudi 15 novembre. Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Michel Husser, président des Étoiles d’Alsace, et Marc Lévy, directeur général d’Alsace Destination Tourisme, les ont accueillis avec enthousiasme. « Nous avons de nombreux talents dans notre région. Ils contribuent à l’emploi, à la vie de nos territoires. Ils font partie des fleurons de la gastronomie française. » Chefs de cuisine et artisans des métiers de bouche étaient sur la brèche, ce soir-là, pour régaler leurs convives avec des mets raffinés, offrant un avant-goût, version miniature, des plaisirs culinaires qui les attendent dans leurs établissements. Dans le cadre d’un partenariat désormais bien établi, les jeunes vignerons alsaciens étaient à leur côté pour faire la promotion de leurs vins.

Pages

Les vidéos