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Gaec du Langfeld à Sarrewerden

Bio en trois semaines

Publié le 25/12/2018

Dans le cadre du mois de la bio, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace et la Chambre d'agriculture d’Alsace organisaient en partenariat avec Unébio et Cloé une visite du Gaec du Langfeld, axée sur l’atelier allaitant. Objectif : mieux connaître la filière viande bio.

Le Gaec du Langfeld, ce sont des hommes - Henri Willem et son neveu Sylvain Weber - et pas mal d’animaux : 60 vaches laitières et à peu près autant de vaches allaitantes. Pour ne citer que les bovins. Ces derniers sont très largement nourris à l’herbe puisque la SAU compte 180 hectares de prairies, moitié naturelles moitié permanentes, 10 ha de vergers de pommiers, 30 ha de céréales à paille, 10 ha de maïs. La conversion à l’agriculture biologique a été déclenchée par leur laiterie, Unicoolait, qui cherchait de nouveaux producteurs. « D’abord, on a dit non. On n’était pas intensif, mais la conversion nécessitait de retourner des prairies et nous pensions que nous n’avions pas le droit. » En fait, si ! Et c’est ce qu’ils ont fait. Car les autres critères étaient réunis : un bâtiment suffisamment vaste, des prix rémunérateurs… « Comme nous étions déjà en système extensif, nous n’avons rien changé à notre manière de faire. Sauf que nous n’achetons plus d’engrais minéraux ni de produits phytosanitaires. Et que nous vendons du blé bio pour acheter des correcteurs bios », indique Henri Willem. Le reste des productions végétales est autoconsommé. D’ailleurs, ce qui dicte les décisions des deux associés, c’est « de nourrir tout le monde ». Pour ce faire, partant du principe que « celui qui réussit c’est celui qui sait s’adapter », ils n’hésitent pas à tester régulièrement de nouvelles techniques, quitte à essuyer des déboires : « C’est comme ça marche. Si ça ne donne rien, on fauche ». Autre ligne de conduite : valoriser au maximum le pâturage, car « c’est la ration la moins chère ». Priorité aux vaches laitières, qui ne restent pas plus de trois jours sur le même paddock, puis place aux allaitantes, qui « fauchent » le refus. Normal : les laitières procurent plus de revenus que les allaitantes. Leur ration est donc plus soignée que celle des allaitantes de manière générale. C’est aussi parce que les problèmes engendrés par les bactéries butyriques impactent davantage les performances des laitières que celles des allaitantes. Aussi, en plus du pâturage, ces dernières sont-elles nourries quasi exclusivement au foin et à la paille. Sauf pour l’engraissement, effectué avec de l’ensilage. « Enfin ça, c’est la théorie, sourit Sylvain Weber, un brin désabusé. Parfois il faut improviser. » Une chose est sûre, cette année, ils ne devraient pas avoir trop de mal à remplir l’un de leurs objectifs techniques : ne plus avoir de fourrage dans les silos au printemps pour optimiser le pâturage et conditionner tranquillement le fourrage pour l’hiver suivant. Chez eux, les animaux sortent tant que les sols portent. C’est aussi une question d’économie de paille.

Publié le 24/12/2018

Siegwald matériels, dont le siège est situé à Logelbach-Wintzenheim, a organisé trois après-midi de démonstration en Alsace. L’occasion de découvrir les nouveautés parmi lesquelles un tracteur à chenilles et une prétailleuse.

Porte-outil idéal pour le palissage, le tracteur à chenilles Siegwald DMP, équipé d’un moteur Perkins, affiche une puissance de 50 cv. Il possède quatre distributeurs double effets et un distributeur cranté avec un régulateur. Le dévers de la machine est à plus ou moins 20 cm. Il possède une transmission hydrostatique avec frein négatif et, en option, un mât et un relevage avant. Il peut servir à tous types de travaux et s’adapte à tous les vignobles. L’encombrement dans chaque rang est très faible, avec un positionnement du portique double conférant une bonne ergonomie à l’ensemble. La position des palisseuses ou des autres machines à l’intérieur et sous le portique améliore l’équilibre de l’ensemble de l’enjambeur. Le poste de conduite, bas, est à proximité de la tête d’agrafage. La hauteur du siège est adaptée à la grande majorité de travaux. Ce qui apporte plus de sécurité et de visibilité. Le chenillard dispose de deux fixations à l’avant et de deux à l’arrière, pouvant recevoir soit un mât, soit un relevage hydraulique. Un gain de temps La démonstration organisée à Pfaffenheim a porté sur son utilisation avec une prétailleuse offrant un gain de temps de 40 %, grâce à une vitesse de travail de 5 à 7 km/h. La prétailleuse s’adapte à tous les mâts. Les différentes hauteurs de coupe sont de 300, 600, 900 et 1 200 mm. En option, des palpers permettent de détecter les piquets, évitant aux utilisateurs de manipuler la prétailleuse manuellement. Siegwald a également fait la promotion de son porte-outils à écartement hydraulique, d’une largeur de 94 à 134 cm et d’une longueur de 1,30 replié et 1,55 en action. Ses vérins sont équipés de clapets anti-retour. Il y a la possibilité d’adapter des roues de terrage. On y trouve une bride de fixation rollhacke réglable et une bride de fixation bineuse à doigts réglable. L’épaisseur de la structure en métal est de 8 mm. La machine est produite au sein de l’entreprise Siegwald, avec la possibilité d’adapter d’autres accessoires. À travers ses nouveautés et l’ensemble de sa gamme de matériels viticole, forestier et espaces verts, Siegwald s’inscrit dans sa politique de proximité avec ses clients en leur proposant des produits de qualité, conçus et réalisés localement.

Comptoir agricole

Une ancre dans la tempête

Publié le 21/12/2018

D’année en année, les aléas climatiques s’enchaînent. Les producteurs doivent s’adapter, les collecteurs également. C’est ce que fait le Comptoir agricole qui, après avoir restructuré son activité vigne et investi dans l’élevage, annonce l’arrêt de la filière pommes de terre. Des choix stratégiques qui permettent de préserver les performances du groupe.

Réunis en assemblée générale statutaire le matin du jeudi 20 décembre, les administrateurs du Comptoir agricole ont mis en conformité les statuts de la coopérative, réélu les administrateurs sortantd à l’unanimité et renouvelé leur confiance en Marc Moser pour un nouveau mandat d’un an à la présidence du Comptoir agricole. Ce dernier a présidé l’assemblée générale de la coopérative, ouverte à l’ensemble des adhérents dans l’après-midi. « Ce qui a marqué ces 18 derniers mois, c’est la catastrophe de Silorins, qui a eu des conséquences impressionnantes et surtout un bilan humain important. Les blessés sont désormais en voie de stabilisation et de rétablissement », a indiqué Marc Moser. Malgré cette épreuve douloureuse pour les équipes, les performances du groupe restent bonnes : « Durant l’exercice 2017-2018, nous avons collecté près de 1 Mt de céréales, ce qui nous situe pleinement dans nos objectifs », illustre Marc Moser. Les filières houblon, élevage et vigne, à travers la création de la structure VitiVina, ont bien progressé. « C’est la première fois que nous pouvons présenter le bilan de douze mois d’activité pour les filières vigne et élevage », note Marc Moser. La filière semences a enregistré une baisse de surface, mais « les compétences agronomiques des producteurs s’améliorent, tout comme le process industriel de l’usine », souligne le président. Et les dirigeants de la coopérative ont « bon espoir » de retrouver les surfaces de production antérieures. Pour l’activité pomme de terre, c’est plus compliqué. Marc Moser explique : « Depuis quatre ans, nous peinons à atteindre la taille critique ». En cause : un manque de volume, l’hétérogénéité des sols alsaciens qui entraîne des soucis de qualité sur une part du volume de production, et le manque de surface irrigable. La coopérative a donc pris la décision de mettre un terme à cette filière. « Les producteurs qui veulent poursuivre cette activité seront dirigés vers d’autres opérateurs pour commercialiser leur production. Et la collecte de la dernière campagne sera soldée », assure le président du Comptoir agricole. Cette décision n’a pas été prise de gaieté de cœur, mais elle devrait permettre au Groupe de porter ses efforts sur d’autres dossiers, comme la collecte de produits issus de l’agriculture biologique. En réponse à une demande sociétale forte pour ce type de produits, la collecte de denrées bios a significativement progressé. « Au final, l’exercice 2017-2018 se solde par un résultat de 1,70 M€», annonce Marc Moser. « Depuis 110 ans, nous sommes une coopérative responsable dont l’objectif est de servir ses adhérents et de défendre leur revenu, rappelle-t-il. C’est pourquoi des compléments de prix ont été versés le plus rapidement possible aux adhérents. » Basses eaux du Rhin : un phénomène inquiétant Pour décrire les conditions de la commercialisation de la récolte 2017, Antoine Wuchner, responsable d’Eurépi, est revenu sur la récolte 2016, marquée par la piètre qualité des blés. « Les blés n’ont pas pu être commercialisés vers les marchés nord communautaires et les cours sont restés faibles. » La récolte 2017 a été du même acabit : « La récolte russe de blé a été importante, ce qui a empêché la hausse du cours du blé, et donc du maïs. » Quant à la récolte 2018, elle est marquée par la sécheresse estivale, une collecte ukrainienne qui explose les records, et des cours qui tombent à la cave suite à l’ampleur du phénomène de basses eaux du Rhin. À l’avenir, l’évolution des marchés mondiaux va dépendre de nombreux facteurs : la production de la Russie et ses capacités exportatrices de blé, le poids de l’Ukraine, le climat dans l’hémisphère Nord, celui de l’hémisphère Sud et la baisse des stocks mondiaux de maïs. En outre, les décisions politiques vont influencer les parités monétaires, en particulier la guerre commerciale entre les USA et la Chine, les relations entre l’Ukraine et la Russie, décrit Antoine Wuchner. Il détaille : « Parmi ces facteurs, certains sont conjoncturels, ils sont liés aux circonstances de l’année. D’autres sont structurels, liés à la structure du marché. Le marché du Rhin a toujours été sous l’influence de facteurs conjoncturels, qui peuvent être bénéfiques, mais qui ont le plus souvent un impact négatif sur les prix de marché. Le dernier en date est la navigabilité du Rhin. Il n’est pas rare d’avoir des épisodes de basses eaux, mais celui de 2018 restera dans les mémoires des organismes stockeurs et des transformateurs. » En outre, Antoine Wuchner constate une hausse des facteurs structurels qui impactent le marché rhénan et qui pourraient mettre en péril les débouchés et affecter les prix de marché. Il y a tout d’abord la perte de débouchés locaux, le rôle de plus en plus important de l’Ukraine et de l’Amérique du Sud, et enfin le développement du blé en Russie. Antoine Wuchner souhaite donc que la conjoncture des basses eaux sur le Rhin reste conjoncturelle, mais il appréhende qu’elle ne devienne structurelle dans la stratégie d’achat des clients du Comptoir agricole. « Il va donc nous falloir enrichir et élargir notre réflexion stratégique pour valoriser au mieux nos productions, afin de ramener durablement du revenu dans les exploitations agricoles alsaciennes. » Retrouvez les interview de Denis Fend sur les conséquences du phénomène de basses eaux du Rhin et de Marc Moser sur l'arrêt de la filière pomme de terre au Comptoir agricole :  

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