A la une

Publié le 17/01/2019

Les boutiques des cavistes sont un débouché pour un peu plus de 2 % des vins d’Alsace. Ces professionnels sont attachés à des Alsace typés sec. Cinq d’entre eux expriment ici leurs attentes.

A Strasbourg, l’Art du vin ne peut décemment se priver de vins d’Alsace. « Beaucoup de touristes nous en demandent » déclare Xavier Iung, en poste depuis dix ans chez ce caviste indépendant. Les grands crus forment la colonne vertébrale de l’offre. « Nous ne voulons pas de vin standardisé. La diversité des terroirs est une richesse que nous voulons mettre en avant, comme le millésime. Chaque année donne des vins différents et c’est tant mieux » poursuit Xavier. Il sélectionne les vins lors de portes ouvertes ou mieux, lors de salons. « Le caractère sec est un critère. Mais en fonction de l’acidité, j’accepte qu’un riesling présente de 5 à 10 g de sucre résiduel ». Le prix est un garde-fou. « Les Alsace retenus ne dépassent pas les 30 €/col sauf pour les fêtes ». D’année en année, le magasin conserve environ 60 % de sa gamme. « Les clients qui veulent de la nouveauté, le viticulteur qui monte ou le domaine qui vient d’être repris par la nouvelle génération sont les éléments qui peuvent ouvrir un chemin vers une place en rayon forcément limitée. En fin de circuit, une rotation de deux à trois semaines est idéale : elle permet d’avoir une recette avant le paiement légal à trente jours ! « Je connais bien les Alsace. J’ai obtenu mon BTA à Rouffach et j’ai passé les diplômes de dégustation du Civa » enchaîne Johan Valleton, de la cave Les Domaines à Nancy. Ce fan de riesling recherche des Alsace « minéraux », « tendus », « gustativement secs ». « L’Alsace a beaucoup progressé dans ses pratiques viticoles. La culture bio ou biodynamique magnifie les terroirs. A 30-40 €/col on peut s’offrir ce qui se fait de mieux » estime Johan. Cela dit, « dans la tête des gens, l’Alsace reste un vignoble très compliqué. Sans pictogramme, ils sont encore davantage perdus. Chaque producteur devrait indiquer la sucrosité de son vin sur l’étiquette. La dose de sulfites peut être un renseignement complémentaire. Les consommateurs deviennent demandeurs ». Les Domaines privilégient le partenariat avec des vignerons indépendants. « Notre relation de confiance nous engage sur un volume non contractuel et nous y restons fidèles » résume Johan. Depuis 2012, il ne manque aucune édition du salon Millésime Alsace qui lui permet de découvrir « un maximum d’opérateurs ». Les Domaines les invitent aussi en Lorraine chaque troisième week-end d’octobre aux Rencontres œnologiques à Pont-à-Mousson. Trois milles personne défilent en deux jours et demi devant une cinquantaine de viticulteurs venus présenter leur propre vin. La différence est qu’il est sélectionné par le caviste (et non le producteur). « Le client décide d’acheter ou non en sortant » précise Johan. Chaque édition accueille deux ou trois domaines alsaciens. Rosé d’Alsace contre côte de Provence A Lyon, Le pressoir n’a pas changé un iota à la formule qu’il a inauguré à son ouverture en 2004. « Je travaille avec un seul fournisseur alsacien, toujours le même. Son tarif est compétitif » indique le sommelier, Nicolas Gerbe. « Je mets régulièrement ces vins en avant, été comme hiver. Le rosé fait joliment contrepoids à un côte de Provence. Avec lui, j’ai créé l’étonnement. Sa rotation est bonne. Le pinot noir léger vinifié en cuve inox passe bien sur les raclettes, le saumon ou le thon. On revient en racheter ». Son partenaire ne l’a « jamais déçu », mais en y réfléchissant, « il y a un travail à faire sur la sucrosité, entrées de gamme comprises. Je vends plus de riesling et de pinot blanc que de pinot gris, qu’il faudrait passer de demi-sec en sec, et de gewurztraminer qui gagnerait à descendre de moelleux à demi-sec. Mais je ne veux pas m’immiscer dans les choix de vinification, sinon je contribue à uniformiser l’offre ». Il apprécie l’apparition depuis peu d’une échelle de sucrosité sur l’étiquette de son fournisseur. En revanche, rentrer une bouteille d’Alsace dans un carton cadeau à plat de six cols, reste un problème. « L’Alsace est la seule à dépasser. Je dois donc proposer une autre origine. De l’Alsace en BIB ne me dérangerait pas. Bien d’autres vignobles prestigieux conditionnent leur vin comme ça ».   « L’Alsace possède de beaux terroirs et produit de beaux vins. Mais nous en vendons au compte-gouttes toute l’année, un peu plus pour les fêtes. La région doit faire un effort de notoriété » souligne Thomas Allaria, de l’enseigne les Vins gourmands à Lille, avant de poursuivre. « Nous écoulons dix fois plus de vins de Loire. Il est vrai que nous en référençons plus de dix domaines contre deux réguliers en Alsace. Les accords en Loire paraissent plus faciles à notre clientèle. Ce sont aussi des vins un peu moins cher. Un sauvignon démarre à 5 € ». Pour l’Alsace, la demande spontanée est « rare ». Thomas doit donc « l’accompagner ». Les clients recherchent des vins secs. Il y a deux ans environ, l’enseigne a cessé de travailler avec un viticulteur bas-rhinois. « Son riesling était trop sucré. En fait, c’est toute sa gamme qui n’allait plus » glisse Thomas. Un domaine haut-rhinois l’a remplacé. « Seul l’un de mes deux fournisseurs principaux fait figurer une échelle de sucrosité sur l’étiquette. Ce serait bien que le second s’y mette aussi ». Un peu curieusement, le gewurztraminer constitue la première vente d’Alsace en grillant assez fréquemment, aux dires de Thomas, la politesse pour l’apéritif à un côte de Gascogne. Le crémant vendu en carton de six, est aussi sur une bonne dynamique. Installé en centre-ville, fréquenté en permanence, le magasin n’invite pas ses fournisseurs à animer ses rayons. « Mais si quelqu’un se propose, il est le bienvenu » rigole Thomas.

Fertilisation et désherbage du maïs

Quoi de neuf pour 2019 ?

Publié le 14/01/2019

Certaines spécialités disparaissent, d’autres arrivent sur le marché, avec des atouts, des points faibles et leur lot de contraintes réglementaires. Les conseillers agricoles de la Chambre d'agriculture d’Alsace ont fait le point lors d’une série de réunions techniques dédiées au maïs.

La campagne 2018 signe l’arrêt de production pour l’Adengo, remplacé par l’Adengo Xtra, plus concentré. L’obligation de présence d’un dispositif végétalisé permanent (DVP) à proximité des points d’eau passe de 20 à 5 m. La restriction d’usage consistant à ne pouvoir l’utiliser qu’un an sur deux persiste. La Chambre d'agriculture a étudié diverses solutions alternatives au S-métolachlore dans le cadre de la gestion des graminées. Premier constat : « Une base racinaire reste nécessaire, à base d’Isard, Adengo, Atic aqua, Dakota P… » Parmi les différents programmes testés en pré-levée, ceux donnant les meilleurs résultats sont les combinaisons Atic aqua avec Adengo, ou Isard avec Adengo. En stratégie de pré-levée réduite puis de post-levée, il est possible d’appliquer du Dakota, puis d’effectuer un rattrapage adapté à la flore ou d’utiliser une combinaison d’Isard et d’Elumis, ou Callisto, ou Mondine. « En post-levée, la combinaison Elumis avec Isard fonctionne bien », poursuit Pierre Geist. La spécialité Calaris combine les matières actives terbuthylazine et mésotrion. Elle est homologuée à la dose de 1 l/ha, sous réserve de respecter un DVP à proximité des points d’eau de 5 m, et de ne pas dépasser une application tous les deux ans. « Son efficacité est limite sur sétaires, digitaires et panic, il convient donc de la mélanger à une autre spécialité », prévient Pierre Geist. La spécialité Capreno contient de la tembotrione et du thiencarbazone. L’obligation de respecter un DVP à proximité des points d’eau est de 20 m. Le point faible du Capreno : les véroniques et les mercuriales. Il convient donc également de le mélanger avec une autre spécialité au spectre d’action complémentaire. « Ce produit étant peu rémanent, il peut y avoir des relevées », prévient Pierre Geist. Les adjuvants sont des substances souvent déjà intégrées dans les formulations des spécialités phytosanitaires, dans l’objectif principal de renforcer l’action de (s) la matière (s) active (s), de différentes manières. « Par exemple, les huiles, qui accélèrent sa pénétration dans la feuille, sont préconisées avec les désherbants anti-graminées », illustre Pierre Geist. Les mouillants, qui ont pour effet d’étaler le produit, peuvent s’avérer utiles dans la gestion des graminées et/ou en traitement bas volume. Les sels corrigent les eaux dures et évitent une évaporation trop rapide du produit. Ils sont donc préconisés pour les applications en conditions séchantes, avec le glyphosate ou encore les sulfonylurées. Conclusion de Pierre Geist : « Les adjuvants peuvent être utiles en désherbage, mais s’avérer dangereux avec les anti-dicotylédones car ils peuvent engendrer un risque de phytotoxicité. Par contre, ils sont inutiles avec les fongicides. » Fertilisation azotée : des spécialités qui n’amènent pas toujours de gain d’efficacité Pour être valorisable par les cultures, l’azote contenu dans l’urée doit dans un premier temps subir une hydrolyse qui le transforme en ion ammonium, puis une nitrification qui le transforme en nitrate. Un processus qui peut se traduire par des pertes d’azote à différents niveaux, principalement la volatilisation de l’ammonium et la lixiviation des nitrates. « La volatilisation est favorisée par un pH basique et l’absence de couverts. La lixiviation a surtout lieu au printemps, elle est dépendante du type de sol », précise Claire Buy. Pour limiter ces pertes d’azote, les industriels ont mis au point certaines spécialités. C’est le cas de l’Alzon, qui doit freiner le processus de nitrification, donc étaler la production de nitrate. Il est alors conseillé d’apporter la dose totale au premier apport et de l’enfouir. L’Utec, une autre spécialité, agit en freinant l’hydrolyse ce qui doit avoir pour effet de réduire les pertes par volatilisation. Enfin, la spécialité Apex retarde toute la chaîne de réaction grâce à sa formulation. Les performances induites par ces spécialités ont été comparées à celles obtenues grâce à l’urée ou à l’ammonitrate seul (e) s, sans mettre en évidence de différence significative, « sachant que l’utilisation de ces spécialités entraîne un surcoût », note Claire Buy. Un autre essai mené sur l’effet du fractionnement de la fertilisation azotée a mis en évidence que le fait que l’urée soit apportée en deux fois ou tout au semis, n’entraîne pas de différence de rendement significative. « Par contre, il y a plus d’azote absorbé par la culture lorsque l’apport est fractionné, sans que cela se répercute sur le rendement. Il s’agit donc d’une consommation de luxe en conditions non limitantes », rapporte Claire Buy. Au final, la meilleure absorption de l’azote est obtenue en apportant la dose totale à 6-7 feuilles, ce qui représente toutefois un risque de brûlure, et requiert un enfouissement par binage s’il n’y a pas de précipitation annoncée dans les jours qui suivent, au risque de voir l’azote se volatiliser.

Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin

« Ensemble relevons les défis »

Publié le 11/01/2019

L’agriculture est face à un tournant, tant au niveau économique, climatique que social. Pour répondre à ces défis la FDSEA du Bas-Rhin propose un projet, qui sera présenté lors de son assemblée générale, le vendredi 18 janvier au centre culturel et sportif de Kurtzenhouse. Elle accueillera Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA, et de Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs.

Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA : un combat juste au service de l’économie et de l’emploi Suite à la décision du gouvernement de supprimer le dispositif TODE, le réseau FNSEA-JA, avec ses associations spécialisées, s’est mobilisé pour montrer l’importance d’accompagner l’emploi de travailleurs occasionnels et saisonniers en agriculture. Le 29 novembre, l’Assemblée nationale a finalement voté une exonération de charges pour les employeurs de saisonniers agricoles, avec un seuil de 1,20 SMIC pour 2019 et 2020. Jérôme Volle est viticulteur à Valvignères en Ardèche. Âgé de 45 ans, cet ancien président de la FDSEA de l’Ardèche a été élu au poste de vice-président de la FNSEA lors des dernières élections. En tant que président de la commission emploi, il est particulièrement impliqué dans ces dossiers au côté de Joseph Lechner notamment. Invité de l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin, il livre ses impressions sur la négociation autour du TODE, véritable victoire syndicale. Quel est aujourd’hui le contexte concernant les exonérations de charges pour l’emploi en agriculture ? Jérôme Volle : Le contexte aujourd’hui, c’est que l’agriculture sera le seul secteur à bénéficier d’une exonération de charges renforcée à partir du 1er janvier 2019, alors que les autres secteurs d’activité n’y auront droit qu’au 1er octobre. Pour l’ensemble de nos salariés, c’est un bon combat qui a été mené, avec une réelle prise en compte de la spécificité agricole. Nous avons en effet besoin d’un dispositif spécifique d’allégement de charges patronales, pour supporter la concurrence européenne en matière de coût du travail, concurrence qui porte principalement sur des productions saisonnières agricoles. Quelles ont été les étapes de ce combat ? JV : En juin 2018, dès que nous avons appris que le gouvernement voulait mettre fin au dispositif TODE, nous avons structuré notre combat syndical. Nous avons d’abord travaillé avec le ministère de l’Agriculture, puis nous avons sensibilisé le Premier ministre et le président de la République. Dans un deuxième temps, nous avons montré, à partir de chiffres, de données sur l’emploi, territoire par territoire, l’importance du dispositif et l’impact négatif de sa suppression pour le résultat des entreprises et pour la capacité des territoires à avoir une activité saisonnière. Ensuite, quand le Premier ministre a réaffirmé qu’il n’y aurait pas de dispositif particulier et annoncé l’avancement de cette suppression au 1er janvier 2019, nous avons mené un travail de fond avec les syndicats départementaux, les associations spécialisées, la FNSEA et JA, auprès des députés sur l’impact de la mesure, territoire par territoire. Les députés se sont montrés à notre écoute, et ils ont proposé un nouveau dispositif, accepté à l’Assemblée nationale par Didier Guillaume, qui venait d’être nommé ministre de l'Agriculture. Le dispositif, proposé par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, fixait le seuil à 1,10, avec une dégressivité. L’Assemblée nationale a voté en augmentant le seuil à 1,15, toujours avec une dégressivité et une sortie au bout de deux ans. La sensibilisation a ensuite été menée auprès du Sénat qui, lui, a proposé un seuil à 1,25 et la pérennité. Le gouvernement s’est prononcé de son côté pour un seuil à 1,15, mais suite à l’amendement d’un député LREM, ce seuil a été porté à 1,20 et a voté de justesse, à 61 voix pour et 60. Concrètement, que va-t-il se passer ? JV : Le dispositif TODE, cumulé avec le CICE tel que nous le connaissions, disparaît. Mais les anciens bénéficiaires du TODE ont droit dans les mêmes conditions que TODE à une application spécifique de l’abattement général qui leur font retrouver, quasiment le même niveau d’exonération de charges sociales pour les salariés saisonniers. C’est la mobilisation des réseaux JA et FNSEA qui a permis de faire reculer le gouvernement. C’est une victoire ? JV : Oui c’est une belle victoire collective des réseaux FNSEA, AS et JA, car elle n’a pas été facile à emporter. Nous devons apprécier ce moment, tout en restant vigilants pour pouvoir garder ce dispositif au-delà des deux ans envisagés par le gouvernement. Ceci étant, il faut envisager l’avenir de l’emploi agricole dans une perspective basée sur trois axes forts : la compétitivité : maîtriser les charges ; les compétences : former et anticiper l’évolution des emplois agricoles ; l’attractivité : attirer des nouveaux talents. Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs national : « Ce dont je suis le plus fier, c’est de notre capacité à rester solides et mobilisés » Avec l’aide d’un salarié, Jérémy élève aujourd’hui une cinquantaine de vaches charolaises en Saône et Loire. Il n’y a pas de culture sur l’exploitation. Engagé dans le syndicalisme depuis ses 16 ans. Jérémy a été élu en 2016 à la présidence de la structure nationale de Jeunes Agriculteurs, après quatre ans en tant que vice-président du syndicat. « J’ai toujours pensé que l’engagement était indispensable au maintien d’une profession » explique Jérémy. Au-delà de l’engagement et de sa conviction, la fonction de président représente pour Jérémy « une reconnaissance vis-à-vis de ses collègues agriculteurs et des générations à venir ». Sur quels sujets êtes-vous et allez-vous vous mobiliser dans les prochains jours, les prochaines semaines ? Jérémy Decerle : Le premier sujet sur lequel nous sommes mobilisés c’est la continuité de la mise en place des mesures issues des États généraux de l’alimentation. À la fois sur le titre 1, qui impacte directement les revenus des paysans, et sur le titre 2, avec l’aspect sociétal et tout ce qui tourne autour des nouvelles pratiques d’élevage et de culture. La Pac va aussi faire partie des débats, le sujet devrait être remis sur la table dans les prochaines semaines. Enfin, il y a aussi la question de la considération des paysans, ce qu’on appelle l’agribashing. Ces deux derniers mois, de trop nombreuses initiatives remettant en cause les paysans se sont développées. Nous allons donc devoir accélérer la cadence de réponse et apporter un positionnement clair et tranché, sans faire preuve de trop d’états d’âme, car ceux qui nous attaquent n’en ont pas. De quelle victoire syndicale êtes-vous le plus fier ? JD : J’ai le sentiment que nous n’avons pas le temps d’être fiers de tout ce que nous gagnons, ou de ce que nous ne perdons pas. Il faut pourtant le dire : nous sommes sur tous les fronts et nous allons peut-être devoir mener à nouveau des combats que nous avons déjà gagnés. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est de la capacité de notre réseau à rester solide dans l’adversité, dans la complexité, dans les moments de doutes et de non-perspectives. Pourtant les décideurs, ceux qui devraient compter sur nous pour faire avancer le pays, ne nous écoutent que trop partiellement. Nous réussissons, malgré tout, à proposer, à nous former, à défendre la profession, à mener les combats, et c’est pour moi la plus grande fierté que l’on puisse avoir.

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