A la une

Publié le 29/01/2019

Après un bilan contrasté pour 2018, l'année à venir, où de nouvelles réglementations entreront en vigueur, sera charnière pour la pomme de terre alsacienne. Pour Denis Jung, de Planète Légumes, pas de quoi inquiéter les producteurs de la région qui devront néanmoins s’adapter et améliorer encore leur expertise. Portrait d’une filière qui profite d’un marché porteur, celui d’un légume présent dans les garde-manger de tous les Français.

En Alsace, la pomme de terre représente plus de la moitié des surfaces et du chiffre d’affaires des légumes. « C’est important, mais par rapport aux grandes cultures, c’est moindre », constate Denis Jung, conseiller en production de pomme de terre à Planète Légumes. « C’est une culture très particulière : il faut un suivi très précis, venir chaque semaine observer sa plantation, au risque de rater un besoin d’irrigation, un départ de maladie. Une semaine de trop et la récolte peut perdre 20 % ! » Cette spécificité en fait une culture difficile, et ceux qui s’y attachent sont obligés de devenir des spécialistes. Une production en baisse ... Il faut d’abord savoir que « beaucoup de producteurs ne sont pas comptabilisés » car leur production est incluse dans d’autres chiffres, tient à préciser Denis Jung. Pourtant, force est de constater que la production régionale est en baisse. À l’échelle nationale, la surface consacrée à la culture de la pomme de terre, y compris les plants, a augmenté de près d’un quart sur les dix dernières années, selon Agreste pour la période 2007-2017. Mais à y regarder de plus près, l’Alsace, elle, observe une baisse de 18 %. Une érosion qui s’est concentrée presque exclusivement sur le Haut-Rhin avec des surfaces utilisées passées de 602 ha en 2007 à 272 ha en 2017, soit - 51 %, contre une hausse de 3 % pour le Bas-Rhin. Selon Denis Jung, « la baisse de surface n’a pas d’incidence sur le marché alsacien ». « Ce sont en fait des producteurs de coopératives qui sont passés à d’autres cultures, avance-t-il. Ceux qui ont continué sont plus spécialisés. Les producteurs de pommes de terre ont choisi de se détacher de l’agroalimentaire, d’être plus individualistes. » La tendance à la baisse s’est confirmée cette année. La production de pomme de terre de conservation en Alsace a vu sa surface passer de 1 650 ha en 2017 à 1 500 ha en 2018, pour un recul de production de près de 20 % sur un an. C’est l’une des baisses les plus importantes dans le pays - la moyenne nationale se situant à - 9,6 %. Le bilan de cette année 2018 est difficile pour les producteurs français. Le rendement n’a pas été au rendez-vous, et devrait même atteindre son niveau le plus faible depuis 2001. L’explication est pourtant simple : la faute est à la météo. Denis Jung résume ainsi l’année : « Nous avions commencé par des plantations précoces. Les levées ont suivi, plus tôt qu’à l’habitude, courant mai. Mais le climat a été humide jusqu’à mi-juin, puis chaud et sec l’été. Cela a entraîné des problèmes de grossissement sur les cultures non irriguées. » Trop d’eau, puis pas assez. Un climat des plus favorables pour les maladies et les parasites. « Le principal risque pour les cultures est le mildiou. Il peut détruire la culture en 15 jours », détaille l’expert. La sécheresse a ensuite favorisé l’alternaria. Les doryphores, des ravageurs, ou encore le taupin, constituent d’autres menaces importantes. « Dans la culture de pomme de terre, on plante ce qu’on va récolter, raconte Denis Jung. Le plant peut donc transmettre toutes ses maladies. Il faut tous les traiter pour lutter surtout contre le rhizoctone. Les autres maladies peuvent affecter la croissance et la conservation. La protection sanitaire est donc presque systématique. » Pour pallier les contraintes météorilogiques et les maladies qu'elles amènent, les cultivateurs de pommes de terre doivent allier ainsi expérience et expertise. Un effort nécessaire. ... et un marché régional porteur Mais pas question de se plaindre car « le bilan est contrasté. » Pour les producteurs alsaciens, « le marché a été très porteur. Comme il y a trois ans, les prix sont bons. Les conditions météorologiques ont retardé la production primeur à début juillet. Les différents marchés ne se sont donc pas télescopés. », relativise le spécialiste du tubercule. Dans un marché qui se concentre exclusivement sur le frais et qui ne compte plus de coopérative, les producteurs s’en tirent à bons comptes. Au-delà du marché de niche que constituent les variétés spécifiques à l’Alsace, les prix sont généralement identiques au marché français. Selon Denis Jung, la vente se fait à 50/50 : « Les plus gros producteurs vendent en centrale d’achat. Les plus petits sont en contact avec des magasins, ou encore des particuliers, des maraîchers qui vendent sur les marchés, des fermes… » Une tendance à contre-courant d’un marché français où 40 % de la production est dirigée vers la transformation.

Dossier bâtiment

Construire l’avenir

Publié le 28/01/2019

Alors que la première période de dépôt des dossiers du plan bâtiment s’ouvre dans quelques jours, notre dossier spécial rappelle quelques conseils pour construire son bâtiment agricole, en tenant compte des contraintes réglementaire, environnementale et sociétale, et propose de découvrir des réalisations récentes en élevage, en fruits et légumes ou encore en viticulture, montrant que le monde agricole a foi en l’avenir.

Dossier Bâtiment 2019 EAV Lire plus de publications sur Calaméo

Opération Folle choucroute d’Alsace

Les chefs chouchoutent la choucroute

Publié le 26/01/2019

Pour sa sixième édition, la campagne Folle choucroute d’Alsace sera l’occasion pour les chefs restaurateurs de revisiter la choucroute avec des accords parfois audacieux et surprenants.

Jusqu'au 10 février, une trentaine de restaurants alsaciens s’implique dans la promotion de la choucroute, en partenariat avec l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace. Cette association qui est à l’origine de l’obtention du label IGP (indication géographique protégée), présidée par Sébastien Muller, choucroutier à Meistratzheim, organise cette campagne de promotion, avec le concours des producteurs de choux, présidés par Laurent Heitz. Sur les ondes de France Bleue, chaque jour, un chef proposera la recette d’une préparation culinaire à base de chou. Les organisateurs ne font pas mystère de vouloir relancer la consommation de cette spécialité bien alsacienne qui occupe d’ailleurs, avec ses 30 000 tonnes et ses 11 choucrouteries, 70 % de la production nationale pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. Deux axes de communication sont proposés. D’abord la mise en avant des bienfaits de la choucroute sur la santé, un produit « détox », concentré en fibres, minéraux, oligoéléments, vitamines, probiotiques, et qui a par ailleurs l’avantage de rendre les repas digestes. Le second axe consiste à revisiter les plats à la choucroute avec parfois des associations audacieuses. Le chef Roger Bouhassoun, du restaurant la Chenaudière à Colroy-la-Roche, a imaginé un plat sucré. Et devant la presse, mardi 15 janvier, trois chefs ont fait étalage de leur créativité : un soufflet à la choucroute et légumes pour Roger Bouhassoun, des ravioles anguilles rôties et choucroute d’Alsace, sauce riesling aux deux moutardes pour Alexis Albrecht du Couvent de Rhinau, une verrine choucroute d’Alsace cuite et froide, dés de saumon sous espuma au safran d’Alsace, pour Sasha Bender du Freiberg à Obernai.

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