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Protection des plantes

Raisonner et piloter

Publié le 18/02/2019

Chercheurs, techniciens et agriculteurs travaillent de concert pour raisonner finement leur protection des cultures et mettre en œuvre des pratiques alternatives. Parallèlement, les constructeurs font appel aux techniques les plus pointues pour concevoir des matériels qui répondent à ces objectifs.

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Publié le 15/02/2019

La Bourse de commerce de Strasbourg a organisé une réunion sur le phénomène des basses eaux du Rhin, particulièrement marqué cet été, et qui semble amené à se répéter et à s’intensifier sous les effets du changement climatiques. Assurer ce risque apparaît comme une solution, parmi d’autres.

Le Rhin a retrouvé un niveau acceptable. Mais pour combien de temps ? Ce retour à la normale ne doit pas faire oublier l’intensité du phénomène de basses eaux qui a plombé la rentabilité des nombreuses transactions commerciales utilisant le fleuve comme vecteur de marchandises. « Le phénomène des basses eaux du Rhin représente un gouffre financier contre lequel il n’y a pas de solution unique, mais plusieurs, dont les assurances », indique Jean-Laurent Herrmann, président de la Bourse de commerce de Strasbourg. Pour présenter ce pan de solution, la Bourse de commerce de Strasbourg avait invité Charles Maury, courtier d’assurance, gérant de Climate Insurance. Son Job ? « Concevoir des produits d’assurance avec les clients, qui répondent à leurs problématiques particulières. » Bref, élaborer pour les clients des solutions d’assurance sur mesure, plutôt que de souscrire à des produits d’assurance touts faits. Une fois le produit d’assurance ad hoc finalisé, Climate Insurance se charge de trouver un assureur sur le marché assurantiel : « Il s’agit d’assureurs de premier plan, à la solidité financière élevée », assure Charles Maury. Un risque qui coûte cher Le risque de basses eaux est devenu un risque élevé, qui coûte cher : « Aucun acteur ne souhaite le prendre à sa charge. Une des solutions est donc de l’assurer. Car cela permet de fluidifier les rapports entre les vendeurs et les acheteurs », présente Charles Maury. Concrètement, il n’y a pas d’expertise de sinistre, mais une formule mathématique, qui intègre un certain nombre de paramètres, et qui permet de déclencher l’assurance lorsque le niveau de risque critique, préalablement déterminé par l’assuré et son courtier, est atteint. Parmi ces paramètres, il y a les volumes de marchandises qui transitent par un certain point à assurer, le niveau d’eau considéré comme critique, le nombre de jours de basses eaux que le client supporte, et le nombre de jours de basses eaux - pas forcément continus - qu’il souhaite assurer, la période sur laquelle court l’assurance… Pour résumer, l’indemnisation est fixée sur le nombre de jours de basses eaux que le client a au préalable décidé d’assurer. Il s’agit donc d’être raisonnable : « Si on demande à être assuré sur un nombre de jours de basses eaux trop élevés, les assureurs ne vont pas suivre », conseille Charles Maury. Le courtier d’assurance l’avoue sans embarras, assurer le risque de basses eaux est une nouveauté. Mais la méthodologie est similaire à celle employée pour assurer d’autres risques, notamment dans le milieu agricole : « Il est possible d’assurer des baisses de rendements sur la base de données issues de stations météorologiques, d’images satellites, ou encore d’assurer les marges des coopératives, d’inclure une garantie de rendement dans la fixation du prix de vente de produits phytosanitaires, de semences… » Par analogie, Charles Maury argumente : « Pouvoir garantir au client une indemnisation du risque de basses eaux incluse dans le prix de vente constitue aussi un moyen de se différencier en proposant une sorte de prestation de service garantissant un coût du fret constant, qu’il y ait basses eaux ou pas. » Un marché déjà fragilisé Quoi qu’il en soit, « acheteurs, vendeurs et affréteurs devraient intervenir », estime Jean-Laurent Herrmann, qui prévient : « Le risque de basses eaux ne va pas tarder à faire réfléchir les acheteurs de céréales », qui pourraient se détourner de l’origine Alsace et se tourner vers d’autres fournisseurs. D’après un participant, c’est même déjà le cas de certains clients hollandais qui se sont déjà détournés vers l’Ukraine. Restaurer les glaciers « dont la fonte a une importance notable dans le soutien des apports d’eau au cours des phases d’étiages extrêmes survenant vers la fin de l’été sur le Rhin moyen et le Rhin inférieur (Stahl et al., 2016) » aurait été un bon travail pour Hercule. Mais dans la pratique, c’est illusoire. Il s’agit donc de mettre en œuvre tout un panel de solutions. Lors de cette réunion ont été cités : la création d’infrastructures de stockage d’eau, le réaménagement du Rhin, la fédération des utilisateurs du Rhin pour faire avancer politiquement la problématique dans les différents pays concernés… La révision de la taille des bateaux, surdimensionnés pour charger des volumes importants de marchandises, et de leurs hélices, surdimensionnées pour gagner en puissance, a également été évoquée. Car ces ouvrages ne peuvent naviguer sur le Rhin que quand le niveau d’eau est suffisant. Revenir à des embarcations de tailles plus raisonnables permettrait de transporter certes moins de marchandises d’un coup, mais sur une période plus longue. D’autres matériaux que le métal pourraient être envisagés pour la construction des navires… Autant de solutions qui vont être approfondies dans le cadre d’une étude menée par la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR). De quoi rassurer un peu les usagers du Rhin, qui sont néanmoins bien conscients que la plupart de ces solutions ne porteront leurs fruits que dans plusieurs décennies. Et qu’il s’agit donc de les impulser rapidement.

Publié le 14/02/2019

La concession ACS Andelfinger a modifié une machine à vendanger New Holland Braud en un pulvérisateur polyvalent capable de traiter aussi bien des grandes cultures que des cultures verticales. Un hybride unique en son genre destiné aux essais pratiqués par le Centre européen de recherche et de développement en protection des cultures, FMC, à Nambsheim.

Prenez une machine à vendanger et un pulvérisateur. Mélangez-les et vous obtenez une machine un peu particulière au gabarit imposant capable de traiter des cultures. Derrière ce mix improbable, il ne faut pas chercher la dernière innovation en vogue du prochain Sima, mais un outil créé sur mesure - et unique en France - par la concession ACS Andelfinger pour le Centre européen de recherche et de développement en protection des cultures, FMC, à Nambsheim. On y teste de nombreux produits insecticides, fongicides ou herbicides en phase expérimentale que ce soit pour les grandes cultures, les vignes ou les cultures arboricoles et maraîchères. Il y a 90 hectares de terres labourables, dont un tiers est réservé à l’expérimentation. Pour mener à bien les essais, il faut un outil capable de travailler rapidement, proprement et efficacement. C’est avec cette idée sous-jacente que la concession ACS Andelfinger a adapté une machine à vendanger New Holland Braud 9040L en un pulvérisateur un peu particulier. La machine, qui ne sort jamais de l’enceinte du site, a tout d’abord été coupée en deux pour être élargie de 95 cm. Le mécanicien d’Andelfinger y a ensuite adapté le système de pulvérisation qui équipait l’ancienne machine similaire créée il y a une vingtaine d’années par la concession et l’entreprise DuPont. « On voulait apporter davantage de confort et de sécurité pour l’utilisateur avec cette nouvelle version », résume Hervé Groff, responsable de la ferme expérimentale chez FMC. Cette machine à vendanger truffée de réservoirs, de buses, de câbles et de tuyaux est assez impressionnante au premier coup d’œil. Il faut dire que tout a été pensé pour faciliter au maximum le travail avec une sécurité optimale, notamment vis-à-vis de l’environnement. Ce centre de recherche est en effet certifié BPE (bonnes pratiques d’expérimentation). Il est soumis à une traçabilité rigoureuse et a pour objectif la récupération de tous les produits utilisés. À l’avant de la machine, seize rampes et seize réservoirs sont destinés aux cultures basses (céréales, pommes de terre, etc.). À l’arrière, on trouve un pulvérisateur avec assistance d’air tangentielle qui permet d’appliquer le produit directement sur la plante. Il dispose de dix rampes avec dix réservoirs. Juste à côté, deux panneaux parallèles permettent de récupérer la bouillie en excès. Chaque rampe de pulvérisation est équipée d’un débitmètre à induction. « On peut ainsi savoir quel volume on applique par parcelle au millilitre près », explique Sylvain Pierré, technicien d’expérimentation fongicide, et utilisateur de la machine. L’ensemble des données est ensuite exporté sur clé USB afin d’être traité sur ordinateur. Avant chaque utilisation, le pulvérisateur est calibré par le chauffeur afin de s’assurer qu’il n’y a pas de buse bouchée. Ensuite, il peut utiliser le GPS pour réguler la vitesse d’avancement. Par rapport à des expérimentations faites avec un pulvérisateur à dos, le gain de temps, de confort et de sécurité est évidemment très important. Seulement 20 minutes sont nécessaires pour traiter une parcelle d’essai qui nécessiterait 2 heures si cela était fait avec un pulvérisateur à dos. Et grâce à la précision inhérente au système de pulvérisation, la quantité de produits appliquée est réduite à son maximum, ce qui est important lorsque les quantités de produits expérimentaux sont faibles. « On applique les préceptes de l’agriculture de précision, avec un mode opératoire qui soit reproductible par les agriculteurs », souligne Hervé Groff. L’autre gros atout cet hybride « machine à vendanger/pulvérisateur » est la souplesse d’utilisation offerte par rapport à la météo. « Dès qu’il y a une accalmie, on peut profiter d’une fenêtre favorable pour appliquer le traitement. En quelques minutes, c’est fait, et cela nous permet ainsi de respecter les cadences imposées par certains traitements », indique Sylvain Pierré. Et, cerise sur le gâteau, la machine est équipée d’un système automatique de rinçage des buses et des tuyaux grâce à une cuve d’eau claire montée sur le châssis. Une manipulation bien évidemment effectuée sur l’aire de rinçage comme n’importe quel pulvérisateur classique vendu dans le commerce.

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