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Coopérative des sylviculteurs d’Alsace (Cosylval)

Un exercice record

Publié le 21/03/2019

La Coopérative des sylviculteurs d’Alsace (Cosylval), clôt son exercice 2017-2018 sur un résultat record, porté par un marché du bois favorable. Mais l’avenir s’annonce moins radieux. En cause : une épidémie de scolytes engorge le marché avec du bois de moindre valeur.

Durant l’exercice 2017-2018, 83 000 m3 de bois ont été mobilisés par la coopérative Cosylval, soit une hausse de près de 4 %, conduisant à un résultat de 40 000 €. Une bonne performance liée à « un marché du bois favorable, surtout pour les résineux », indique Frédéric Böhm, directeur de Cosylval. Mais pas que : le chêne et le frêne ont également bénéficié de ce marché porteur. « Nous avons réalisé des ventes par appel d’offres avec des résultats intéressants en termes de valorisation pour les propriétaires », poursuit le directeur. Depuis, le contexte de commercialisation s’est détérioré. Le coupable : une épidémie de scolytes qui s’attaquent notamment aux épicéas. Latent depuis quelques années, le phénomène était contenu par des conditions climatiques qui limitaient les vols de l’insecte. Mais l’hiver dernier, des tempêtes ont mis à terre de nombreux chablis. Et la sécheresse estivale a affaibli les arbres, ce qui a accéléré la multiplication de l’insecte. « Quatre générations se sont enchaînées en un an au lieu de deux ou trois en année normale », rapporte Frédéric Böhm. Le pic de l’épidémie n’est probablement pas encore atteint. La vente du bois s’annonce compliquée pour les deux à trois années à venir, car le phénomène se traduit par un engorgement du marché du bois. Une saturation d’autant plus importante que l’épidémie concerne toute l’Europe. « Il va falloir récolter ces bois de moindre qualité et les valoriser, donc trouver des débouchés. Puis reconstituer ces boisements, alors même que les revenus des propriétaires seront en berne », anticipe Frédéric Böhm. Il a donc profité de l’assemblée générale de la coopérative pour demander aux pouvoirs publics des aides. Afin de financer le stockage temporaire et le transport de ces gros volumes de bois. « Il y a de la demande pour ce type de bois dans le sud de la France. Mais encore faut-il pouvoir l’acheminer jusque-là », constate Frédéric Böhm. « De toute manière, s’il ne part pas dans le Sud, il ira en Chine. » Plus loin, mais sans soutien à la valorisation locale des bois, ça coûte moins cher. Entretenir et régénérer la forêt : un enjeu primordial Avant de vendre du bois, la coopérative s’attelle à faciliter l’exploitation des boisements de ses coopérateurs. Cela passe par des dessertes forestières, des plateformes de stockage… Des infrastructures aujourd’hui insuffisantes. Mais les développer n’est pas une mince affaire. Frédéric Böhm illustre : « Avec l’Asa du Sprickelsberg, nous portons le projet de création de 11 km de pistes et chemins forestiers. Malgré la réalisation d’une étude d’impact ayant débouché sur des avis favorables, le projet mobilise des opposants ». Il stagne dans les méandres des recours judiciaires. « Quatre ans de travail et toujours pas un mètre de piste, regrette le directeur. C’est dommage parce que ça nous freine alors qu’entretenir et régénérer la forêt est un enjeu primordial. » Investir dans la sylviculture La coopérative a d’ailleurs comme principale ambition d’investir dans la sylviculture. Surtout après l’épidémie de scolytes qui sévit. En effet, les reboisements devront être effectués à bon escient. Ils doivent être adaptés à l’évolution du climat. Les coopérateurs doivent donc être accompagnés dans le choix des essences, dans la manière de gérer ces boisements… « Un technicien va être embauché à cette fin », informe Frédéric Böhm. Il aura aussi pour rôle d’aider les coopérateurs à mobiliser les différents dispositifs d’aides. Dispositifs qui ne sont pas tous adaptés à la forêt alsacienne, très morcelée, regrette le directeur. Sur la gestion du scolyte notamment, Cosylval attend des pouvoirs publics l’élaboration de dispositifs adaptés aux petites propriétés forestières. En outre, les reboisements doivent correspondre aux besoins. Or, de nouvelles installations de déroulage de peuplier s’étant installées dans le Grand Est, Cosylval mise sur cette essence. « Nous allons redynamiser cette filière en nous engageant prochainement dans la charte « Merci le peuplier ». Une charte qui permet de cofinancer les replantations après récolte via une convention tripartite. Un financement que la région Grand Est s’est même engagé à doubler », se félicite Frédéric Böhm. Voilà une bonne nouvelle.

Session d’installation de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est

Le nouveau visage de l’agriculture régionale

Publié le 20/03/2019

Les membres de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est ont élu Maximin Charpentier à la présidence de l’institution, vendredi 15 mars. Le Marnais de 44 ans compte moderniser la politique agricole régionale.

Sourire aux lèvres, allure décontractée, costume beige déboutonné. Maximin Charpentier présente bien dans le salon cossu de l’Hôtel du préfet, vendredi 15 mars à Strasbourg. Le Marnais de 44 ans vient d’être élu à 45 voix sur 56 à la tête de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage). Il déroule son discours avec aisance. Donne volontiers une carte de visite. Répond aux journalistes avec pédagogie. En bref, un style moderne. Son parcours symbolise aussi à merveille le modèle agricole défendu par la FNSEA. Valeur ajoutée, diversification, compétitivité. Merci à tous pour vos félicitations ! Elles me touchent particulièrement. Je compte sur vous pour accompagner notre action dans cette recherche de compétitivité au service de nos agriculteurs et des territoires. pic.twitter.com/8QJ7f0f6Xp — Charpentier Maximin (@Maximin51) March 15, 2019 Petit historique. Maximin Charpentier démarre en 1999 avec 60 hectares sur la commune de Lachy, 300 habitants à une heure de Châlons-en-Champagne. Au fil du temps, il achète de nouvelles parcelles. Il cultive aujourd’hui 150 ha. Surtout des céréales et des pommes de terre. Il livre 1 200 tonnes par an de tubercules à l’usine de frites McCain, en banlieue de Châlons. En vingt ans, le producteur s’est aussi diversifié. « Nous avons ouvert un centre équestre et installé des panneaux photovoltaïques », indique-t-il. En parallèle, il gravit un à un les échelons politiques. Président des Jeunes Agriculteurs de la Marne de 2004 à 2008. Vice-président de la FDSEA par la suite. En 2013, il prend la tête de la Chambre d'agriculture départementale et devient, à 38 ans, le plus jeune président d’une Chambre d'agriculture. Dans le même temps, il arrive aux commandes de l’association Terrasolis, gérante de la ferme 112. Non, il ne s’agit pas d’un centre d’expérimentation de la CIA. L’exploitation située sur l’ancienne base aérienne 112, près de Reims, offre un immense terrain de jeu à une flopée de start-up et chercheurs dans les nouvelles technologies agricoles. Recherche et bioéconomie Le nouveau président de la Crage est un agriculteur 2.0. Cet aspect marque son programme pour les six prochaines années. L’innovation constitue une de ses priorités. Logique. « Nous devons créer plus de valeur ajoutée, appuie le Marnais. Pour cela il faut nous diversifier et innover. » Et le responsable d’énumérer les possibilités : circuits courts, production d’énergie, tourisme… Ces transformations doivent aider l’agriculture à surmonter la baisse des aides Pac qui se profile. Elles atténueraient aussi la différence de richesse entre producteurs et grande distribution. Pour mettre ces idées en musique, l’élu va créer un service régional « recherche et développement ». L’idée reste de « faire profiter tout le réseau des connaissances locales. » En clair, mettre en commun l’expertise des agriculteurs et des techniciens alsaciens, champardenais et lorrains. Une politique déjà instaurée dans plusieurs domaines. Ainsi en 2018, la Crage a créé un service commun de valorisation du bois. « Auparavant, chaque ancienne région disposait de son propre service », explique Jean-Luc Pelletier, président de la Crage jusqu’à vendredi. La bioéconomie occupe aussi une place importante dans les projets du nouveau bureau. Cette théorie promeut une économie basée sur la biomasse. Elle vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles et la pollution. « La bioéconomie permet de rendre nos fermes plus viables et de valoriser nos déchets, explique le président. L’agriculture est le seul secteur capable d’absorber du carbone pour le transformer en biens de consommation. » Exemples : le biogaz, l’électricité ou encore le digestat issu de la méthanisation. Dernier grand fil conducteur de sa future politique : la compétitivité. Le président base sa stratégie sur un constat simple. D’après lui, le Grand Est peut nourrir 15 millions de personnes alors qu’il ne compte que 5 millions d’habitants. Conséquence : le potentiel d’exportation est énorme. « Nous devons monter en gamme et jouer à fond la carte de l’Europe », estime-t-il. Les 5,5 milliards d’euros d’excédent commercial agricole du Grand Est ne lui suffisent pas. « Une organisation formidable » Mais Maximin Charpentier soigne aussi son électorat. Son discours tourné vers l’extérieur ne doit pas le couper de sa base. Lors de son allocution d’investiture, il a dressé un portrait détaillé de l’agriculture régionale. Un passage en revue de chaque secteur agricole sous sa juridiction. Le message est clair. Il connaît le terrain et les particularités locales. Ensuite, il a défendu un service de proximité de la part de la Crage. « Il faut conseiller les agriculteurs en fonction de leurs spécificités et des contraintes du territoire. » Traduction : il ne veut pas imposer un seul modèle de développement à toute la région. Enfin, il a loué le travail de son prédécesseur, Jean-Luc Pelletier, artisan de la fusion des anciennes Chambres régionales d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardenne. Pour lui, l’échelle Grand Est est la bonne. « On peut s’appuyer sur les services des dix départements, se réjouit le numéro un de la Crage. C’est une organisation formidable. » Et le nouveau patron de conclure : « Ensemble nous répondrons aux défis de l’agriculture de demain. » Deux mots-clés : collectif et moderne. Le compte y est.

Publié le 19/03/2019

L’année a commencé sur les chapeaux de roues pour la confrérie Saint-Étienne. Déjà plusieurs chapitres ont eu lieu, dont trois à l’étranger. Jean-Louis Vézien, nouveau Grand Maître, et sa Major, Céline Stentz-Koch, ont annoncé le programme chargé, et déjà bien entamé donc, des rendez-vous de la confrérie pour 2019, gravitant autour du thème de « l’universalité des vins d’Alsace ».

Entouré de ses prédécesseurs, Martine Becker et Pascal Schultz, le Grand Maître de la confrérie Saint-Étienne pour l’année 2019, Jean-Louis Vézien, a détaillé à l’occasion d’une conférence de presse le programme de l’année, marqué par les traditionnels chapitres au château de Kientzheim et à l’étranger, des ateliers ouverts au public et l’incontournable vente aux enchères (lire en encadré). À ajouter à cela, la Foire aux vins de Colmar et le grand rassemblement des dix confréries viniques d’Alsace, le 21 juillet, avec le défilé dans les rues de Strasbourg. 2019 a été placée sous le signe de l’universalité, un thème cher à Jean-Louis Vézien. Ancien directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), le Grand Maître a voué sa carrière aux vins d’Alsace. Une passion qui continue à l’animer dans ses nouvelles responsabilités. « Par la richesse et la diversité de la gamme, les vins d’Alsace sont faits pour s’accorder à toutes les traditions culinaires du monde, a-t-il expliqué. Ils bénéficient d’une singularité due au climat qui permet de conjuguer la maturité et l’intensité aromatique, deux qualités qui s’excluent l’une l’autre habituellement. C’est pour cela qu’ils sont inimitables ! » Parmi les moments forts à venir, la Major Céline Stentz-Koch a mis en avant le voyage des jeunes, qui n’a pas eu lieu depuis 19 ans. « Durant mon mandat, j’ai souhaité réitérer ce projet qui doit rapprocher les personnes, a-t-elle souligné. Nous irons quatre jours dans le Piémont italien. En dix ans, cette région, longtemps fermée au public, a réussi à développer une route des vins. C’est un bel exemple pour l’Alsace qui a un fort potentiel œnotouristique. » Enfin, elle a insisté sur la vente aux enchères. Pour la confrérie, il est encore difficile de faire reconnaître la faculté des vins d’Alsace à se complexifier et se bonifier, et donc à prendre de la valeur avec le temps. Céline Stentz-Koch a salué cet événement comme « un moyen de faire profiter les amateurs des trésors de notre œnothèque et de trouver une autre source de financement pour les rénovations du château ». Jean-Louis Vézien en a ainsi profité pour placer quelques mots sur un autre objectif de la confrérie, en plus des activités proposées : la préservation et la valorisation du château du village de Kientzheim (68) qui accueille 15 000 personnes chaque année. Seule confrérie propriétaire d’un monument historique, Saint-Étienne souhaite voir les liens se renforcer avec la ville, le musée du vignoble et des vins d’Alsace voisin et le Civa, pour le développement de l’œnotourisme. « Le château de Kientzheim n’est pas réservé aux initiés. Nous avons beaucoup de secrets mais nous voulons les partager, a affirmé le Grand Maître. Nous voulons que les Alsaciens s’approprient ce lieu. » Déjà proposées à la location pour divers événements, les salles du château sont appelées à s’agrandir, selon Jean-Louis Vézien, qui rêve de construire « une nouvelle salle moderne pour l’œnotourisme ». L’heure des bilans pour Martine Becker Pour la Grand Maître sortante, Martine Becker, l’heure est au bilan après une année de mandature. Pour conclure sur le château de Kientzheim, elle a rappelé leur participation au Loto du patrimoine 2018 : « Le Grand Maître précédent avait constitué le dossier, j’ai serré la main de Stéphane Bern et d’Emmanuel Macron, et c’est mon successeur qui recevra la subvention ». Cette loterie a aussi offert une nouvelle visibilité au monument qui a accueilli 350 personnes à l’occasion de la Journée du patrimoine. Martine Becker a tenu à saluer l’investissement des membres de la confrérie : « les anciens Grands Maîtres et les bénévoles, un noyau de 100 personnes » se sont vraiment investies, a-t-elle précisé. Parmi les moments forts de l’année, elle retient la soirée accord vins et mets autour de la gastronomie japonaise, qui a eu droit à une seconde édition tellement elle a plu. « Cela a permis de montrer l’ouverture d’esprit et à quel point nos vins pouvaient s’accorder à tous les mets ». Enfin, elle a souligné la réussite du premier chapitre à l’étranger 2019 à l’ambassade France à Berlin. « Ça a été incroyable, s’est-elle réjouie. Nous avons pu reprendre contact avec des membres de longue date lors de cette soirée mémorable. » Portée par une équipe qui se renouvelle d’année en année, 2019 a ainsi commencé sous de bons augures et promet de continuer sur cette envolée.

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