A la une

Association des planteurs de houblon d’Alsace (APHA)

En phase de redéploiement

Publié le 18/03/2019

Les houblonniers d’Alsace se portent mieux. La crise est derrière eux et ils commencent à réinvestir dans leur outil de travail pour rester attractifs sur le marché. Il ne manque plus qu’un ou deux jeunes motivés par la production.

« La phase de reconstruction est révolue, celle du redéploiement est engagée », affirme Marc Moser, président du Comptoir agricole. Pour y parvenir, il reste plusieurs défis à relever. Jean-Paul Ulrich, président de l’Association des planteurs de houblon d’Alsace (APHA) liste : l’accès à la main-d’œuvre, des moyens de protection efficaces et compétitifs, et une vision économique à moyen et long terme. Main-d’œuvre : un manque à résoudre « Le coût généré par l’emploi de saisonniers a mobilisé la FDSEA qui a contacté les parlementaires à plusieurs reprises », rappelle Joseph Behr, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin. Le TODE est supprimé et remplacé par un dispositif de baisse de charges qui permettra de maintenir le coût de la main-d’œuvre à son niveau antérieur en 2019 et 2020. « Après, prévient Joseph Behr, il faudra rebatailler. » Et, au-delà du problème financier, il y a un réel manque de disponibilité de saisonniers en Alsace, alors même que les productions spéciales qui constituent le socle d’une agriculture familiale et diversifiée en dépendent. « Nous sommes en train de travailler le sujet », assure Joseph Behr. Le syndicat va notamment rencontrer la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) pour étudier la possibilité d’établir une procédure d’introduction de main-d’œuvre non européenne. Autre piste étudiée, la création d’une plateforme emploi. Le concept : un groupement d’employeurs à l’échelle départementale, qui emploierait les salariés sur plusieurs fermes en fonction des besoins, ce qui permettrait de les fidéliser et de les former. « Nous travaillons avec un cabinet d’étude sur la forme que pourrait prendre cette plateforme », précise Joseph Behr. Protection sanitaire : « On frôle des catastrophes » « Le houblon représente trop peu pour intéresser les firmes phytosanitaires. Or il y a tellement peu de molécules autorisées sur houblon qu’on en arrive à frôler des catastrophes, notamment en Allemagne, où le climat et la concentration des houblonnières sont favorables à l’expression des maladies. Nous avons alerté les responsables français et européens sur la question. Et nous allons continuer à le faire », décrit Bernard Ingwiller. Autre levier à actionner : « L’interdiction d’importer des produits qui ne respectent pas les mêmes conditions de production qu’en France est désormais inscrite dans la loi. Maintenant il faut s’appuyer sur ce texte de loi, pour empêcher l’importation de houblon traité avec des molécules interdites en France », encourage Joseph Behr. Jongler entre export et valorisation locale Pour garantir un prix rémunérateur aux producteurs, différentes pistes doivent être travaillées. Il y a d’abord la Pac. Depuis la dernière réforme Pac, le houblon s’inscrit dans le cadre des cultures découplées, donnant droit à une aide spécifique, rappelle Marc Moser. « Elle doit être maintenue et si possible abondée au titre du statut de culture spéciale. » Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, confirme : « Le couplage a permis de maintenir une filière en crise. Désormais le houblon n’est plus en crise, mais la filière reste fragile, donc le couplage doit être maintenu. » Mais cela ne suffira pas : « Le houblon alsacien est commercialisé à 60 à 70 % à l’export, sur le marché mondial, il doit donc être compétitif », rappelle Marc Moser. Le service commercial du Comptoir agricole s’attache à développer un tissu d’acheteurs qui protège et donne des garanties de stabilité aux producteurs. « Mais il faut contractualiser davantage », estime Marc Moser. De son côté Franck Sander, se dit confiant : « Les bières spéciales, qui ont le vent en poupe, sont souvent très houblonnées, les grandes brasseries commencent à jouer le jeu de l’approvisionnement local. À nous de communiquer, de nous démarquer, quitte à investir davantage. » Franck Sander évoque même une piste bien précise : proposer un pack complet pour élaborer de la bière locale, avec de l’orge et du houblon produits en Alsace. L’interprofession bientôt officialisée C’est de ce besoin de travailler main dans la main avec les industries de transformation qu’est née l’idée d’une interprofession regroupant les producteurs, les négociants et les brasseurs. « Brasseurs de France y est favorable, nous le sommes aussi. Il reste à donner un sens à l’interprofession », indique Bernard Ingwiller. Cette interprofession sera l’opportunité de mieux connaître les besoins des brasseurs, de mieux y adapter le plan de recherche variétal, d’élaborer un mode de contractualisation satisfaisant pour toutes les parties, de communiquer ensemble sur le houblon de France… Le projet d’interprofession a été présenté au président de la République au Salon international de l’agriculture. Il devrait être officialisé fin mars, avec la signature d’une intention, en présence d’Emmanuel Macron ?

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Continuité et renouveau

Publié le 15/03/2019

Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin organisaient leurs élections lundi 11 mars à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim. Des élections qui s’inscrivent dans la continuité, avec la reconduction du mandat de Julien Koegler en tant que président.

Il est de coutume que le doyen du conseil d’administration préside la première partie des élections chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Et c’est une nouvelle fois le duo Arnaud Issenhuth-Jérémy Lux qui a eu cet honneur. Les Jeunes Agriculteurs ont tout d’abord élu leur conseil d’administration, quelque peu renouvelé avec l’entrée de nouvelles recrues : François Schotter de Stutzheim-Offenheim, Aurélien Hatt de Wickersheim et Guillaume Fuchs d’Ohlungen. Ils remplacent Jérémy Lux de Schnersheim et Arnaud Issenhuth de Uttenheim, tous deux administrateurs JA depuis 2016, ainsi que Thomas Burger de Steinseltz, administrateur JA depuis 2017. Arnaud Issenhuth poursuivra son engagement en défendant les intérêts des JA auprès de la Mutualité sociale agricole au sein de laquelle il est administrateur. Les Jeunes Agriculteurs ont ensuite procédé à l’élection de leur bureau. Julien Koegler a été réélu à la présidence pour son second mandat, tout comme Anthony Carbiener, en tant que secrétaire général. Côté membres, quelques changements ! Le bureau accueille Augustin Wack de Mittelschaeffolsheim et Alexis Losser de Mussig, qui ont tous deux su faire preuve d’engagement. Ils accèdent respectivement aux postes de secrétaire général adjoint et trésorier adjoint, chacun après une année en tant qu’administrateur. Au nom de toute l’équipe et du réseau JA, Julien Koegler et Anthony Carbiener ont chaleureusement remercié les membres sortants - Thomas Burger, Arnaud Issenhuth et Jérémy Lux - pour l’ensemble de leur parcours au sein des JA. Ils ont souligné « leur engagement qui a contribué à la dynamique de notre réseau ». Le duo de tête a également souhaité la bienvenue aux nouvelles recrues et remercié les membres du conseil d’administration et les présidents cantonaux présents pour leur implication tout au long de l’année écoulée. Les Jeunes Agriculteurs seront donc menés pour cette nouvelle année par un conseil d’administration mêlant expérience et renouveau, qui « s’attellera à être force de proposition et à défendre les valeurs que le syndicat s’est toujours fixées avec l’engagement et le dynamisme qui le caractérise », comme l’a affirmé Julien Koegler.

Publié le 15/03/2019

Beaucoup de viticulteurs étaient présents, jeudi 7 mars dans la salle communale de Saint Hippolyte, pour le VitiTour des établissements Armbruster. Une soirée innovante avec les présentations de Movida, un modèle de prévision du risque mildiou, des robots Naïo Technologies et de Vinewiew, des drones pour cartographier les parcelles en viticulture de précision.

En introduction, Aymé Dumas, responsable du service technique viti chez Armbruster, a présenté les résultats encourageants de Stopesca, un charbon actif à badigeonner sur les plaies de taille, qui neutralise les toxines du champignon. Également présenté, QualiDrop, un outil de mesure de la qualité de couverture de pulvérisation. Movida est un outil d’aide à la décision de traiter en fonction de l’évaluation du risque mildiou ou oïdium. Il table sur un modèle mathématique qui intègre nombre de paramètres, dont les données météorologiques à l’échelle de la parcelle, la phénologie du pathogène et celle de la vigne. L’outil s’articule sur quatre piliers paramétrables, énumère Jacques Louvet de Bayer en charge du développement de Movida : « La gestion de la parcelle ; le risque maladie - sensibilité de la parcelle ; la croissance de la vigne - sa physiologie ; et la météo ». Movida répond à deux enjeux principaux : « Obtenir une récolte saine et sans résidus d’intrants ». En pratique, sur son smartphone, le viticulteur voit ses parcelles cartographiées avec une punaise de couleur rouge, orange ou verte, qui lui indique la nécessité ou non de traiter. Il faut compter 150 € par an pour 10 parcelles. Naïo Technologies est une entreprise toulousaine qui développe des robots. Créée en 2011, elle compte aujourd’hui 50 salariés et propose quatre robots : Dino, Oz, Ted et Jo. À ce jour 100 robots Oz, pour le désherbage en maraîchage, ont été vendus, une vingtaine de Dino pour le maraîchage en planches. Ted et Jo s’adressent à la viticulture. Pour les vignes larges, Ted, un enjambeur qui dispose de 8 heures d’autonomie, certifié pour sa fiabilité, combine trois systèmes de guidage GPS, laser et caméra. Ce robot admettra des outils de désherbage mécanique classiques. Et en projet sur ce robot, un appareil à traiter hyper-bas volumes. « Notre vraie problématique est de voir comment ces robots vont s’intégrer avec les humains dans les exploitations », explique-t-on chez Naïo Technologies. Troisième présentation lors de cette soirée, Vineview qui propose une cartographie des parcelles pied par pied, au moyen d’un drone qui renseigne sur la vigueur et les manquants. Il en résulte de multiples applications en viticulture de précision et en œnologie de précision pour la sélection intra ou extra-parcellaire, sur la base de ce zonage de la vigueur.

Pages

Les vidéos