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Cérémonie des laboureurs

« L’année des champions »

Publié le 16/11/2018

En 2018, cinq Alsaciens et un Ardennais se sont distingués lors des finales nationale ou mondiale de labour. La Région a célébré ces résultats exceptionnels lors d’une cérémonie lundi 5 novembre à Strasbourg.

Les Oscars du labour. Pas de strass ni paillettes, mais des trophées. Lundi 5 novembre, la Région a honoré ses laboureurs victorieux des finales nationale et mondiale en 2018. Une cérémonie calibre Grand Est inédite. « C’était logique d’organiser un événement régional au vu des résultats de cette année », explique Pascale Gaillot, vice-présidente à l’agriculture et la ruralité au Conseil régional. En 2018, les laboureurs d’Alsace et des Ardennes ont brillé en France et à l’international. Imaginez juste. Un vice-champion du monde de labour en planche, un qualifié pour la finale mondiale de l’année prochaine, une deuxième et troisième places lors de ces mêmes qualifications, un champion de France en catégorie à plat et une sixième place nationale de labour en planche. Rien que ça. « C’est l’année des champions », se félicite Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Un avion pour le Minnesota Toutefois, une autre réalité se cache derrière ces triomphes de prestige. Celle des finales locales. Aux échelons cantonaux, départementaux et régionaux. Des événements plus discrets mais ô combien importants pour la vie en province. « Les Jeunes Agriculteurs animent nos campagnes tout l’été avec les concours de labour et les fermes ouvertes », loue Patrick Bastian, président de la commission agriculture à la Région. Ainsi, 3 000 personnes ont assisté à la finale régionale le 2 septembre à Monthois, dans les Ardennes. Deux semaines plus tôt, des centaines de visiteurs ont déambulé sur le site de la finale départementale du Bas-Rhin, à Niederaltdorf. « N’arrêtez jamais », a lancé Patrick Bastian à l’adresse des jeunes rassemblés dans l’hémicycle de la Maison de la Région à Strasbourg. « Nous sommes prêts à remplir l’avion que vous affréterez pour soutenir Bertrand Rott à la finale mondiale de l’an prochain dans le Minnesota », a répondu dans un sourire Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Un clin d’œil aussi aux négociations à venir sur les aides régionales au budget du syndicat des jeunes exploitants. À ceux qui en doutaient, les JA ne vont pas s’endormir sur leurs lauriers.

Trebogad, la cuvée sans sulfites ajoutés de la cave du Roi Dagobert

Dans le prolongement naturel de la viticulture bio

Publié le 16/11/2018

Lundi 12 novembre, la cave du Roi Dagobert lançait Trebogad, sa cuvée bio sans sulfites et autres intrants ajoutés, chez le chef Antoine Kuster, au Bistrot d’Antoine à Strasbourg. Trebogad est le palindrome de Dagobert, le bon roi, qui méritait bien une cuvée écrite à l’envers…

L’idée de l’élaboration d’une cuvée bio sans sulfites ajoutés, à la cave du Roi Dagobert, ne résulte pas d’une volonté particulière des vignerons ou du service commercial d’Alliance Alsace de répondre à un marché en vogue, mais du souhait de l’œnologue, Lilian Andriuzzi, d’élaborer de tels vins. « Nous n’incitons pas nos vignerons coopérateurs à passer en bio. Quand ils se convertissent, ils le font de leur propre volonté et nous ne faisons que les accompagner », explique Christophe Botté, directeur de la coopérative. C’est aussi dans cet esprit qu’a été élaborée la première cuvée bio sans sulfites ajoutés, Trebogad. Elle s’inscrit dans le prolongement naturel de la mouvance de vignerons de la cave de Turckheim et du Roi Dagobert à Traenheim qui se convertissent en bio. Pour l’heure, 100 des 1 300 hectares que comptent les deux caves du Roi Dagobert et de Turckheim sont en bio, mais nombre de vignerons projettent de se convertir. Conversion qui passe par une phase d’acquisition des convictions, observe Christophe Botté. Lilian Andriuzzi, l’œnologue, a souhaité pousser la logique jusqu’au bout. Et ce sont quelque 14 000 bouteilles de Trebogad, un pinot gris sec, qui sortiront de la cave pour cette première. Mais d’autres cuvées 2018 sont en gestation pour compléter la nouvelle gamme. « No stress mais sans filet » Difficile pour un œnologue de se lancer dans l’aventure des vins sans sulfites, surtout lorsque l’enjeu concerne des centaines d’hectolitres. Car la suppression de l’adjonction de sulfites expose le vin à toutes sortes de microorganismes autres que la levure Saccharomyces cerevisiae. Il faut donc avoir confiance en la matière de base afin qu’elle sélectionne naturellement de bons microorganismes. « J’ai appris avec ce vin à déstresser, sinon on ne dort plus, convient Lilian Andriuzzi. Mais on travaille sans filet. » D’ailleurs « ce vin a fait une graisse en bouteille », explique-t-il, chose impensable dans l’univers de l’œnologie pasteurienne, mais régulièrement rencontrée « chez les nature ». Non levurée, non sulfitée, et sans autre intrant œnologique, juste filtrée grossièrement sur plaque dégrossissante, Trebogad a été élaborée avec la complicité de Xavier Couturier, du laboratoire Duo Œnologie. Huîtres, fromages à pâte cuite, salade persillée de hareng, joue de porc et purée façon Antoine Kuster - dont la « cuisine bourgeoise » gagne en réputation à Strasbourg - la cuvée Trebogad a été testée sous toutes les coutures avec, semble-t-il, une certaine buvabilité au vu des bouteilles consommées lors de ce lancement… Reste désormais au service commercial d’Alliance Alsace - sept personnes au total sous la direction d’Emmanuelle Gallis - de faire connaître ce vin. Christophe Botté regrette un peu que les cavistes nature de Strasbourg aient boudé la soirée. Sectarisme anti-coopérative ou surbooking ? Peu importe, Trebogad s’inscrit dans les valeurs qu’attendent les nouvelles générations de consommateurs, avec en plus l’idée de projet coopératif. Tout pour séduire…

Publié le 16/11/2018

Le Réseau interrégional international pour la formation et le développement rural a réuni treize jeunes responsables de syndicats agricoles d’Alsace et d’Allemagne, mardi 7 novembre à la ferme Trau d’Ebersheim. Une rencontre censée assurer la relève de ce dispositif de coopération tripartite.

Un speed dating à la sauce agricole. Quatre petits groupes de jeunes sont assis autour de nappes à carreaux rouges et blancs. Les treize Français et Allemands disposent d’un quart d’heure pour faire connaissance. Nom, âge, type d’exploitation, loisirs… Une rencontre organisée en marge d’une réunion du conseil d’administration du réseau interrégional international pour la formation et le développement rural (Ri2), mardi 7 novembre. « Nous voulons passer le flambeau aux jeunes », explique Katja Prinz, en charge des relations internationales à la Chambre d'agriculture de la Sarre et membre du Ri2. Le réseau en charge de la coopération transfrontalière dans le bassin du Rhin supérieur a besoin de renouveler ses effectifs. Dans la salle mitoyenne où se tient le conseil d’administration, de nombreuses têtes grisonnantes. « Au moins deux ou trois élus vont quitter leur poste dans les deux prochaines années », constate Katja. Il y a urgence à apporter du sang neuf. Alors les membres de l’organisme redoublent d’efforts pour motiver les jeunes agriculteurs à s’investir. « On les avait déjà invités, sans grand succès, rappelle Marthe Jacky, conseillère d’entreprise à la Chambre d'agriculture d’Alsace et très active au sein du Ri2. Là, on a établi l’ordre du jour autour de cette rencontre et on a insisté auprès de nos contacts. » Bingo. Quatre élus JA ont répondu présent côté français. Neuf Allemands complètent la troupe. Personne ne comprend comment le voisin fonctionne Retour dans la salle de réception de la ferme Trau. Les jeunes bafouillent en allemand, en français, parfois même en anglais. Katja Prinz et deux animateurs du Ri2 jouent les interprètes. Au fur et à mesure de la discussion, des idées émergent. « On pourrait leur faire part de nos idées pour préparer la réforme de la Pac », lance Julien Koegler, président des JA 67. « Il faudrait aussi qu’on explique le fonctionnement de nos syndicats respectifs », rebondit Ange Loing, à la tête des JA 68. Car personne ne comprend vraiment comment les voisins s’organisent. Les syndicats français et allemands ont peu de points communs. Les « JA » allemands ne représentent pas que les agriculteurs. Ils regroupent tous les jeunes ruraux. Artisans, étudiants, ouvriers… De ce fait, les priorités divergent. Ainsi, quand les JA d’Alsace parlent réforme de la Pac et installation des jeunes, les JA allemands s’intéressent à des rencontres techniques ou festives. Par ailleurs, les syndicats allemands jouent un rôle administratif plus important que leurs homologues tricolores. En effet, les Länder allemands ne disposent pas de Chambres d’agriculture à proprement parler. Une partie des compétences agricoles incombent donc aux organisations syndicales. Vient le moment de présenter son binôme. Les participants se plantent à tour de rôle au milieu des tables disposées en « U ». Ils livrent une rapide biographie de leur nouveau collègue et situent sa ferme sur une carte à l’aide de gommettes. Malgré ses airs de colonie de vacances, l’activité est très sérieuse. « Ça nous permet de briser la glace et de dépasser la barrière de la langue, confie un trentenaire à lunette du Bade Wurtemberg. Sans ça, chacun resterait de son côté. » « L’avenir est entre leurs mains » Retour en petits groupes. Les agriculteurs disposent maintenant de 20 minutes pour proposer de futures actions communes. Une manière de les impliquer davantage dès à présent. Mais l’effort doit venir d’eux, selon Katja Prinz. La responsable est formelle : « On ne va pas leur courir après, l’avenir est entre leurs mains ». Message reçu cinq sur cinq. Les participants fourmillent d’idées. Visites de fermes, conférences communes sur des sujets techniques ou politiques, rencontres informelles… Au final, les JA ont convenu de se retrouver le 3 décembre à Fribourg. L’objet de la journée ? Établir une méthode de travail pour préparer ensemble la réforme de la Pac. Ce front commun subira son baptême du feu quelques jours plus tard, lors de la conférence du Rhin supérieur. Les jeunes présenteront leur plan de bataille aux délégués de l’organisation et à un eurodéputé allemand. Le lobby est déjà sur les rails.

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