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Banque Populaire. Trophées de la dynamique agricole et viticole

L’Îlot de la Meinau récompensé

Publié le 04/04/2019

Chaque année, la Banque Populaire organise les Trophées de la dynamique agricole et viticole. Une manière de récompenser la créativité, le savoir-faire et l’esprit d’entreprendre des agriculteurs. Un des lauréats alsaciens, l’Îlot de la Meinau, a décroché le prix national spécial du jury.

L’Îlot de la Meinau porte bien son nom. Il s’agit d’un îlot de verdure dans la ville : 11 hectares dédiés à la culture de légumes, dont un peu plus de 6 000 m2 sous abri, situés dans la ceinture verte qui encercle la ville de Strasbourg. Cette ceinture correspond aux anciennes lignes de fortifications de la ville. Elle est protégée par plusieurs lois. Les constructions y sont réglementées. Une particularité qui a permis de préserver les 11 ha de surfaces agricoles sur lesquels s’appuie l’Îlot de la Meinau pour produire des légumes qui alimentent les Strasbourgeois. Cet îlot est géré par Geoffrey Andna et son épouse, Claire. Pour nos lecteurs, Geoffrey Andna est loin d’être un inconnu, puisqu’avant de se lancer dans cette aventure, il a été conseiller agricole au sein de Planète Légumes : « J’étais un peu un agriculteur refoulé », a-t-il confié lors de la cérémonie de remise des prix. Désormais, il est un agriculteur pleinement assumé. Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, rappelle que le projet de ferme urbaine est né d’une volonté de la collectivité de mieux valoriser ses terres agricoles et de développer les circuits courts : « Nous avons publié un appel d’offres pour convertir des terres de la maïsiculture au maraîchage ». Et Geoffrey Andna y a répondu. C’était en 2014. Cinq ans après, Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a le plaisir de pouvoir mettre en avant un jeune qui a achevé son parcours à l’installation avec succès, « malgré les aléas météorologiques et humains ». Un succès que Julien Koegler attribue au côté « novateur » du projet, mais aussi à la détermination de Geoffrey Andna, qui a su « trouver les bons filons » pour valoriser sa production.   Découvrez en vidéo pourquoi Geoffrey et Claire ANDNA ont reçu le prix spécial du jury lors des #PNDA2019 pic.twitter.com/gCHwhidnyX — Banque Populaire (@BanquePopulaire) 27 mars 2019   Produire et vendre En effet, produire des légumes pour la vente directe représente plus d’un challenge. Il faut produire une large gamme de produits, afin d'avoir une offre diversifiée en toute saison. Et il faut valoriser un maximum de volume. La vente directe au magasin ne suffit pas. Il y a aussi un drive, une libre cueillette, la possibilité de commander des paniers - avec une formule spéciale pour la population étudiante, nombreuse mais souvent fauchée. Une partie de la production est vendue aux restaurateurs strasbourgeois. Enfin, les légumes un peu moins frais se retrouvent à nouveau sur les étals du magasin, transformés par un traiteur voisin en quiches, soupes… Largement de quoi occuper 12 ETP (équivalent temps plein). L'activité a entraîné des investissements massifs (serres, matériels de culture notamment), et en exige déjà d’autres. L’Îlot de la Meinau a pour projet d’augmenter sa surface sous abris, de réorganiser le point de vente et d’élaborer des jus de légumes. Geoffrey Andna a conclu cette cérémonie en remerciant ses clients, ses partenaires et ses salariés. Le cocktail qui a suivi était arrosé des vins issus du domaine Allimant-Laugner, situé à Orschwiller. Il a remporté le trophée de la dynamique agricole et viticole de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne dans la catégorie viticulture.

Publié le 03/04/2019

La maison Bestheim vient de lancer cinq nouveaux vins et crémants. Leur design décalé et leur conception moderne sont destinés à conquérir un public plus jeune et peu habitué aux produits alsaciens.

« Casser les codes. » L’expression revient dans toutes les bouches, mardi 2 mars, lors de la présentation de la nouvelle gamme de Bestheim. « Hopla by Bestheim » de son vrai nom. Elle aura pour mission de dépoussiérer l’image des vins d’Alsace. « L’idée est de donner des clés d’entrée ludiques aux consommateurs novices », théorise Pierre-Olivier Baffrey, président de la cave. Selon lui, les vins locaux souffrent d’un manque de lisibilité. Avec sept cépages et 51 grands crus, difficile de s’y retrouver pour un néophyte. Ses équipes ont donc décidé de s’écarter de la sacro-sainte notion de cépage. Finis les riesling, pinot et gewurztraminer. La gamme « Hopla » présente un « rouge charpenté », un « blanc sec », un « blanc moelleux », un « crémant brut » et un « crémant rosé ». Plus simple. Plus ludique aussi. Mais attention, ces bouteilles conservent leur AOC. « On a voulu faire quelque chose d'accessible et d’emblématique de l’Alsace », résume Sylvain Kamm, l’œnologue maison. Moustache, cigogne et diamant Le visuel de la gamme se veut également moderne. Pour cela, la coopérative s’est associée aux designers Bretzel Airlines. Le résultat ? « Un design plus Rock’n roll » selon Sylvain Kopferschmitt, cofondateur de l’entreprise strasbourgeoise. Ainsi, les bouteilles sont recouvertes d’une étiquette intégrale. Dites « sleevées ». « C’est inédit en Alsace », témoigne Thierry Rentz, le directeur commercial. Dessus, les dessinateurs ont apposé un maillage en losange sur un fond bleu nuit, la couleur historique de la cave. Surtout, chaque bouteille présente des particularités. Elles ont toutes une couleur différente. Du rouge au blanc cassé. Les vins sont agrémentés de la silhouette d’une hirondelle tandis qu’une cigogne accompagne les crémants. Un pictogramme définit aussi chaque boisson. Le diamant pour le crémant brut. Une moustache pour le « rouge charpenté ». Un cupcake pour le blanc moelleux. « On est en rupture par rapport à ce qui se fait traditionnellement, mais on respecte l’identité de la marque et de l’Alsace », justifie Sylvain Kopferschmitt. Un coffret complète la gamme. Il comprend les cinq bouteilles, un accessoire (en ce moment un rafraîchisseur) et un jeu avec des questions sur la maison Bestheim. De plus, des QR-codes collés à l’arrière des bouteilles donnent accès à des vidéos de Nicolas Rieffel, ancien participant à Masterchef. Le client scanne le code-barres et suit les pérégrinations du présentateur alsacien. « Cela permet de répondre à la recherche d’expérience des consommateurs », explique la coopérative. On n’achète plus du vin juste pour le boire. Mais afin de voyager. Pour un public jeune et étranger Le design et les détails ludiques ont été pensés pour un public jeune. Étranger aussi. « On a l’identité du vin sur la bouteille, commence Thierry Rentz. En France on ne se rend pas compte, mais à l’étranger c’est quelque chose qui marche beaucoup. » Dans de nombreux pays, le client cède à l’achat coup de coeur. Il prend moins le temps d’analyser le millésime, l’appellation, le cépage… D’où l’importance d’un visuel attractif. #DrinkAlsace at #Prowein Few of the great Alsace wines tasted at @ProWein recently Filtered by #ludwig pic.twitter.com/5h2yIpBOfZ — Foulques AULAGNON (@FoulquesA) 28 mars 2019 Afin de simplifier encore plus la lisibilité du produit, toutes les bouteilles sont vendues au même prix. 8,90 €. Les équipes de Bestheim ont prévu entre 20 000 et 40 000 bouteilles pour chaque référence. « On y croit », sourit Thierry Rentz. Reste à savoir si les clients y croiront aussi.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira)

Des débats contradictoires pour être force de proposition

Publié le 03/04/2019

Entre les jeunes et les plus anciens adhérents au Synvira, les débats sont ouverts, posés et très contradictoires. Signe d’une bonne vitalité du syndicat de vignerons. Très écouté par l’ensemble des institutions régionales et agricoles, le Synvira souhaite être une source d'initiatives au sein des institutions viticoles alsaciennes.

Plus de 50 % des metteurs en marché de vins d’Alsace sont adhérents au Synvira, le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace. L’assemblée générale se tenait le 27 mars au château Kiener à Colmar. Dans son rapport moral, Pierre Bernhard, président, relève la belle récolte 2018, mais des ventes globales en chute, à 909 000 hectolitres. Pour y faire face, il cite les atouts du vignoble : le potentiel du crémant, la recherche de valorisation par les premiers crus, nécessaire pour attaquer de nouveaux marchés. « Il faut accompagner les adhérents vers ces nouveaux marchés, le positionnement prix, le packaging ». Il évoque également l’œnotourisme comme levier pour faire face aux difficultés. Les vignerons indépendants avec leurs multiples manifestations sont en pointe sur ce dossier. En 2019, la formule de l’Apéro gourmand devrait évoluer et s’étaler durant tout l’été, informe Catherine Schmitt. En projet, une après-midi vin nouveau durant les vendanges. Quant au traditionnel Pique-nique chez le vigneron, il générerait 345 000 € de chiffre d’affaires. Francis Backert : un vignoble en transition « Transition » a été le maître mot de l'intervention de Francis Backert, secrétaire général du syndicat. Face « aux fortes attentes sociétales », notamment au sujet de l’environnement, on ne peut pas faire l’impasse des coûts de production. Transition technique également : Francis Backert a fait référence au dernier colloque de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), où un « robot absolument autonome » a été présenté. « On en verra avant que nous partions à la retraite », entrevoit le vigneron de Dorlisheim. Selon lui, il faut préparer le vignoble à la robotisation : « On a tout intérêt à faire du regroupement parcellaire, car programmer le robot pour 10 ares, ça peut être tout sauf rentable ». Le robot divise Le groupe des jeunes vignerons comptabilise désormais une centaine de membres, rappelle Pierre Bernhard. « Il est très actif, courageux, son dynamisme est une chance pour les vins d’Alsace », note le président. Attaché à son autonomie financière pour s’assurer une certaine indépendance d’action, ce groupe préserve également sa liberté de parole. Réponse a été faite à Francis Backert sur la question des robots par Thibault Specht, jeune vigneron de Mittelwihr : « Je pense que si on entre dans ce jeu-là, on aura une perte de cohérence, par rapport à nos objectifs. » Thibault Specht estime que c’est l’image du savoir-faire qui est remise en cause avec la robotisation. « Nous devons faire face à des problèmes de recrutement. Et sur le marché mondial, avec les pays émergents où les salaires sont bien inférieurs, nous aurons du mal à être compétitifs », lui répond Francis Backert. « On a choisi de faire des vins de terroir » « Nos prix se rapprochent de ceux des vins sans indication géographique, sauf qu’on a toujours plus de régulation. Donc, il faut se poser la question : soit on veut plus de régulation, mais le prix du kg de raisin vaut plus cher et le vin se vend plus cher. Soit on veut moins de régulation et nos concurrents seront les vins de cépages rhénans, les rieslings d’Afrique du Sud. L’immense majorité du groupe des jeunes a choisi de faire des vins de terroir. Nous essayons de vendre un peu plus cher, nous avons tous des salariés, a répondu de son côté Denis Hébinger. J’estime qu’on ne se pose pas les bonnes questions. À 3,70 €/col, le prix moyen export d’une bouteille de vin d’Alsace, ça ne nous intéresse pas. » « Le fait est que les grands choix régionaux opérés ces dernières années vont à l’inverse des aspirations des jeunes. Ils ferment la porte à ces choix d’avenir », estime de son côté Florian Beck-Hartweg. C’est Hélène Huttard, jeune vigneronne à Zellenberg, qui reprend le flambeau de la responsabilité du groupe des jeunes. Au programme : de nombreuses animations avec les chefs étoilés d’Alsace, des soirées formation, after-works, dégustations œnoculturelles. « Notre but est de reconnecter les jeunes, que le métier les fasse rêver. De redonner du glamour. Nous souhaitons réinvestir les capitales », déclare la jeune vigneronne.

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