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Publié le 01/10/2020

Les 15 et 16 septembre, la Chambre d’agriculture Alsace et Arvalis ont organisé deux demi-journées sur l’amélioration de la pulvérisation en grandes cultures. Celle-ci passe par différentes voies, comme l’utilisation d’adjuvants pour réduire les doses en désherbage du maïs, la diversification des assolements pour casser le cycle des ravageurs, l’utilisation d’un matériel de pulvérisation performant pour mieux cibler les traitements.

Le 15 septembre à Rumersheim-le-Haut (Haut-Rhin) et le lendemain à Geudertheim (Bas-Rhin), la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) et Arvalis ont organisé deux après-midis consacrées à l’amélioration de la pulvérisation en grandes cultures. Au menu de ces deux demi-journées : les bonnes pratiques de pulvérisation. Un sujet d’autant plus important que dans certaines zones, comme les zones de captage Ermes, des objectifs ambitieux ont été fixés pour réduire les quantités d’herbicides utilisés dans les champs afin de limiter l’impact sur la nappe phréatique. La CAA accompagne les agriculteurs techniquement dans cette démarche, en veillant à ce que les solutions proposées soient adaptées au territoire concerné et préservent le revenu, a expliqué Fabien Metz, président de la commission Transition énergétique et protection des ressources de la CAA. François Lannuzel a évoqué les stratégies de réduction des doses pour le désherbage du maïs. La réflexion est partie des groupes Dephy. En mettant en place un réseau d’expérimentation sur le sujet, la CAA a souhaité pouvoir donner des préconisations aux agriculteurs. Plusieurs leviers sont à activer en même temps si l’on veut espérer désherber efficacement avec des doses réduites : jouer sur la synergie entre les produits (plusieurs matières actives et plusieurs modes d’action) ; sur le positionnement des traitements par rapport au stade des mauvaises herbes (plus on intervient à un stade jeune, meilleure est l’efficacité) ; sur les conditions de traitement (hygrométrie de l’air, du sol et temps poussant).   Tout savoir sur la #pulverisation en grandes cultures avec la Chambre d'#Agriculture #Alsace et @Arvalisofficiel Resultats #maïs #blé Réduction des doses en désherbage @EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/84Sp0utUuy — Germain Schmitt (@germain_schmitt) September 16, 2020   Désherbage du maïs : l’intérêt des adjuvants Quatre types d’associations de produits ont été testés, selon trois stratégies différentes, énumère François Lannuzel : avec des doses couramment utilisées, avec des doses beaucoup plus réduites et avec les mêmes doses réduites auxquels ont été ajoutés des adjuvants. Trois adjuvants ont été utilisés : une huile végétale pour augmenter la pénétration du produit, un mouillant pour augmenter la rétention en surface et l’étalement du produit sur la feuille, et un engrais foliaire pour maintenir à l’état liquide la gouttelette le plus longtemps possible. Il apparaît qu’en cas de forte infestation de graminées, notamment par des sétaires, il est difficile de réduire les doses sans toucher à l’efficacité. « Si on compare pleine dose et demi-dose, on est en dessous du seuil d’acceptabilité, indique le conseiller. Avec les adjuvants, on gagne en moyenne un point d’efficacité mais on n’arrive pas à rester aussi efficace qu’à pleine dose. » Dans le cas d’une infestation avec peu de graminées, le désherbage à demi-dose est plus performant (au-dessus du seuil d’acceptabilité) mais le désherbage avec adjuvants reste un point au-dessus en termes d’efficacité. La CAA a également observé les effets sur le rendement de ces différentes stratégies. Dans l’essai à forte pression de graminées, l’écart est de 3 q entre le traitement à pleine dose et le traitement à demi-dose sans adjuvants. Il se réduit à 1,8 q avec les adjuvants. Ces résultats restent à consolider dans le temps, précise François Lannuzel. Réduire l’usage des produits phytosanitaires est plus simple quand on fait partie d’un groupe et qu’on peut échanger avec des collègues sur ses expériences. C’est la logique des groupes Dephy, a expliqué Grégory Lemercier, animateur d’un groupe comptant 13 exploitations dans le Bas-Rhin dont celle de Christian Schott. Agriculteur à Schirrhein dans le ried nord, ce dernier est spécialisé dans les productions végétales qu’il cultive pour partie sur des terres sableuses, pour partie sur des terres plus argileuses. Colza, blé et maïs constituaient son assolement jusqu’à ce qu’il perçoive les limites de ce système : revenant très souvent sur les mêmes parcelles avec les mêmes cultures, il commençait à rencontrer des problèmes de désherbage et de maladies. Un levier de baisse des charges C’est ce qui l’a poussé à introduire le soja dans son assolement, une culture présente il y a très longtemps sur l’exploitation mais abandonnée par la suite. Il a également introduit le pois, l’avoine et l’orge, et a ajouté la féverole dans ses rotations avec d’« énormes bénéfices agronomiques ». Cette culture ramène en effet 20 à 30 unités d’azote pour la culture suivante et se révèle intéressante à la fois pour la vie du sol et la biodiversité, constate l’agriculteur. Christian Schott a commencé à réduire l’usage des phytosanitaires en 1991, à l’occasion de la réforme de la Pac. À l’époque, sa motivation était purement économique, le moindre recours aux produits phytosanitaires étant envisagé comme un possible levier de baisse des charges. « Je me suis formé à de nouvelles techniques de pulvérisation avec une baisse des volumes en eau, une baisse des phyto, un autre choix des plages de traitement et de dimension du pulvérisateur pour pouvoir travailler très vite dans les meilleures conditions. Quand je sors le pulvé, je suis pleinement efficace », dit-il. Cela a nécessité un investissement conséquent puisqu’il a fait l’acquisition d’un pulvérisateur de 4 000 l mais « quand on veut réduire les volumes et les doses, il faut être très bien équipé », juge l’agriculteur de Schirrhein, qui n’hésite pas à sortir son pulvé très tôt le matin ou très tard le soir pour traiter au bon moment. Il est équipé pour cela d’un éclairage de rampe. Son pulvérisateur dispose aussi d’un GPS avec coupure automatique de tronçon ce qui, compte tenu de son parcellaire, lui permet de « gagner 5 % de phyto voire plus ». Sur blé, il estime ne pas encore être « au top » car il sort d’un système de rotation sur trois ans et traite encore « pas loin des doses conseillées », toujours avec des produits de post-levée. Il parvient à maîtriser les sétaires et les panics. « La rotation apporte un plus par rapport à la pression des graminées », juge-t-il. En matière d’adjuvant, il utilise du sulfate de magnésium « seulement si les conditions se dégradent ». Pour le maïs, il travaille la qualité de la pulvérisation et prend en compte les conditions météo. Il n’utilise plus d’insecticide contre le taupin depuis une dizaine d’années, n’a plus de problèmes de limaces dans ses champs - les carabes l’en débarrassent - et a changé son fusil d’épaule dans la lutte contre la pyrale. Il procède à des comptages et ne traite que si le seuil de nuisibilité est atteint. « La rotation aide beaucoup », souligne-t-il, s’agissant de la pyrale comme de la chrysomèle qui ne le dérange « pas du tout ». « Je ne décroche pas » La diversité des cultures, malgré tout, n’a pas que des avantages. Elle engendre plus de contraintes et une charge de travail accrue, souligne Christian Schott. Sur le plan économique, la baisse des volumes et des intrants ne s’est pas faite au détriment de la productivité ni du revenu. L’agriculteur a réussi à maintenir les deux jusqu’à présent. Il affiche une réduction de son IFT (indice de fréquence de traitement) de 33 % et assure « ne pas décrocher ». Par ailleurs, Christian Schott utilise des mélanges de variétés : en colza, pour piéger les méligèthes, en blé pour éviter la verse. « Je ne fais plus de régulateur depuis 15 ans. » Il réalise trois apports d’azote systématiquement et s’apprête à passer sur des variétés de blé améliorant qui nécessiteront quatre apports. Il ne sèmera plus de blé derrière du maïs pour éviter les problèmes de fusariose et les mycotoxines. Prochaine évolution prévue : le désherbage mécanique, qu’il envisage de mettre en œuvre pour venir à bout des digitaires. L’objectif est de combiner l’usage des phytosanitaires avec les méthodes mécaniques pour arriver à équilibrer les deux « de manière contrôlée et sécurisée ». Où vont les produits phytosanitaires quand ils ne se déposent pas sur les plantes ? Certains se retrouvent dans l’air. Et cela ne va pas sans provoquer quelques polémiques. Il n’existe pourtant aucune norme sur les concentrations en pesticides dans l’air, remarque Alfred Klinghammer, conseiller à la Chambre d’agriculture Grand Est (Crage). Sur les 15 m3 d’air qu’un être humain respire quotidiennement, 80 % proviennent de l’air intérieur, qui est plus pollué que l’air extérieur, souligne encore Alfred Klinghammer. Quand les phytos dérivent En Alsace, les premières analyses de phytosanitaires dans l’air remontent à 2013. Dans le reste du territoire, elles existent de manière harmonisée depuis 2018. Le transfert des phytosanitaires dans l’air est quasi-instantané, contrairement à l’eau où il est beaucoup plus lent. Ils apparaissent par dérive lors des traitements, par volatilisation après application, voire par érosion aérienne, ce dernier cas étant peu fréquent sous nos latitudes. Mais les phytosanitaires disparaissent aussi très vite. En 2016, un projet, baptisé Repp’Air, a été lancé dans le but de « comprendre le lien entre ce qu’on retrouve dans l’air et les pratiques agricoles ». Sept sites de mesure ont été retenus en France, dont un situé à Ohnenheim, près de Marckolsheim, dans le Bas-Rhin. Des capteurs ont été installés en sortie de village et les agriculteurs ont été interrogés sur leurs pratiques. Sur chaque site, entre 60 et 100 molécules ont été analysées, alors que le nombre des molécules utilisées était compris entre 40 et 80 pour une dizaine de matières actives différentes. Premier constat : « Tout ce qui est utilisé n’a pas été retrouvé », indique Alfred Klinghammer. Grâce aux analyses réalisées, quatre cas de figure ont pu être mis en évidence : certains des produits utilisés n’ont jamais été retrouvés ; d’autres ont été retrouvés une seule fois, ce qui pourrait s’expliquer par de mauvaises conditions d’application (trop de vent). Le troisième cas de figure est celui des produits utilisés et retrouvés jusqu’à 10 semaines après traitement. Il correspond aux pertes par volatilisation, qui concernent une douzaine de molécules, dont deux ont été retirées du marché très récemment. Enfin, des molécules n’ayant pas été utilisées dans les zones d’analyse y ont malgré tout été retrouvées. Elles proviennent de produits volatils venant parfois de loin. La problématique de la dispersion des produits phytosanitaires dans l’air est donc complexe. S’agissant des grandes cultures, la dérive peut être limitée par l’utilisation de matériel de pulvérisation adéquat et de certains adjuvants. La volatilisation, en revanche, semble plus difficile à contrôler. Interdire le produit pour supprimer ce phénomène n’est pas la bonne solution, aux yeux du conseiller de la Crage. ZNT : distances à respecter Pour éviter d’exposer les riverains aux produits phytosanitaires, des zones de non-traitement (ZNT) ont été instituées par l’arrêté du 27 décembre 2019. Une distance de 20 m incompressible a été instaurée pour les produits les plus dangereux, essentiellement les insecticides utilisés en colza et en arboriculture, a rappelé Blandine Fritsch. La distance est de 10 m par rapport aux habitations pour les autres produits utilisés en arboriculture et en viticulture et de 5 m pour les cultures basses. Les produits de biocontrôle ne sont pas concernés par cet arrêté. La distance peut être réduite à 3 m pour les cultures basses s’il existe une charte départementale encadrant les pratiques et si l’agriculteur utilise des dispositifs anti-dérive. La conseillère de la CAA rappelle que FranceAgriMer subventionne l’acquisition d’équipements de ce type. Les dossiers sont à déposer avant le 31 décembre. Les chartes départementales, quant à elles, ont été soumises à consultation publique jusqu’à début septembre puis transmises à la préfecture. La charte finale devrait être applicable d’ici la fin de l’année.

Publié le 30/09/2020

Le sursemis permet de remettre en état une prairie épuisée ou envahie d’espèces indésirables. Encore faut-il le pratiquer au bon moment, avec le bon matériel et choisir les espèces qui vont s’installer sans être concurrencées par la flore en place.

De nombreuses prairies ont souffert de trois étés secs successifs. D’où l’inquiétude d’une partie des éleveurs alsaciens, contraints d’attaquer de plus en plus tôt des stocks de fourrage de plus en plus réduits. Face à cette problématique, la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) a organisé deux demi-journées consacrées au sursemis. Prévues courant mars, elles ont finalement eu lieu les 14 et 15 septembre, au Gaec des Hussards à Singrist pour le Bas-Rhin et au Gaec du Hohneck à Stosswihr pour le Haut-Rhin. À Singrist comme à Stosswihr, de nombreux agriculteurs se sont déplacés, confirmant l’intérêt pour cette technique de rénovation sans destruction de la végétation en place. Avant de se lancer dans le sursemis, il faut dresser un diagnostic de sa prairie, a d’abord expliqué Laurent Fritzinger, conseiller spécialisé en fourrage à la CAA : voir si elle comporte des trous, des espèces indésirables, de la mousse. Si la situation n’est pas trop grave, une première réponse consiste à jouer sur la fertilisation. « En apportant de l’engrais sur une prairie peu fertilisée au départ, on donne du pep’s aux bonnes graminées présentes, explique le conseiller. Mais cela ne suffit pas toujours. » Si la parcelle comporte des espèces indésirables, l’utilisation de désherbant peut être envisagée. Mais elle a des contraintes, notamment en termes de délai avant récolte, avant remise en pâture ou ressemis. Pas question, par exemple, de ressemer du trèfle avant plusieurs mois si l’on a traité avec des hormones. Dans les cas extrêmes - lorsque la prairie est complètement dégarnie et comporte beaucoup d’espèces indésirables - le sursemis constitue un bon moyen de remettre sa parcelle en état. « Si on n’a pas des trous de la taille d’une assiette par m2, on a peu de chance de succès », prévient tout de même Laurent Fritzinger. Il faut alors soit désherber soit passer à la herse étrille pour faire de la place aux graines et leur permettre de lever dans un environnement qui ne soit pas trop concurrentiel.   ?‍???‍? [JOURNÉE TECHNIQUE] Suite aux trois étés caniculaires, les prairies ont fortement souffert. Face à ce constat,... Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mardi 1 septembre 2020   En sortie d’hiver ou à la fin de l’été Deux périodes sont recommandées pour pratiquer un sursemis. La première est la sortie d’hiver-début du printemps lorsque la végétation en place commence à pousser et qu’il y a un peu d’humidité dans le sol. À ce moment-là, le seul risque est la sécheresse : c’est ce qui s’est produit cette année. La deuxième période possible est la fin de l’été et jusqu’au 15-20 septembre. Si l’on privilégie cette deuxième période, « plus tôt c’est levé, mieux ça repart au printemps », indique Laurent Fritzinger. Dans cette optique, pour que les espèces semées supportent un gel hivernal, il faudrait qu’elles atteignent le stade 3 feuilles pour les graminées et le stade 3 feuilles trifoliées pour les légumineuses. Une fois la période déterminée se pose la question du choix des espèces à semer (cf. tableaux). Le conseiller de la CAA recommande de choisir un mélange de quelques graminées et d’une ou plusieurs légumineuses, adaptées au sol et à la destination (fauche ou pâture). « Il faut des choses qui s’implantent vite pour éviter la concurrence : des espèces agressives comme du ray-grass, que ce soit du ray-grass italien, du ray-grass hybride ou du ray-grass anglais. » Attention aux espèces qui n’aiment pas les terrains séchants et à celles qui présentent une pérennité insuffisante. « Semer quelque chose qui tient trois quatre ans maximum, ce n’est pas ce qu’on recherche pour une prairie naturelle. » Le dactyle aime les sols séchants et tient entre cinq et huit ans, mais il met du temps à lever. La fétuque élevée est la graminée la plus pérenne, elle est plus adaptée à la fauche qu’au pâturage mais les semenciers ont fait des efforts pour proposer des fétuques à feuilles plus souples, qui conviennent pour le pâturage. La fétuque des prés a une très bonne valeur alimentaire, mais elle est plutôt adaptée aux fonds de vallée qu’aux sols séchants. La fléole, quant à elle, convient bien aux terrains frais et en altitude. Dans la famille des légumineuses, même si les trèfles n’ont pas une durée de vie très longue - deux trois ans pour les trèfles incarnat ou violet, un peu plus pour le trèfle blanc - « ils ramèneront toujours quelque chose dans un mélange », assure le conseiller de la CAA, citant à la fois les bénéfices pour la qualité du fourrage et la fourniture d’azote. La luzerne, quant à elle, est plus délicate que le trèfle car elle met du temps à s’installer et risque donc d’être étouffée par les espèces en place. Semis à pleine dose Le semis se fait à pleine dose, exactement comme sur un sol nu, soit entre 25 et 30 kg/ha, « car on a beaucoup plus de pertes à la levée ». Il se fait sur une végétation rase. « On peut travailler la prairie avec une herse étrille pour gratter d’abord, puis on sème avec un semoir à disque ou à la volée et on rappuie une ou deux fois au rouleau pour mettre la graine en contact avec la terre », indique Laurent Frintzinger. On peut aussi remettre les vaches sur la parcelle pendant deux à trois semaines après le sursemis pour favoriser le piétinement et les ressortir quand les graines commencent à germer. « Dans tous les cas, on ne fertilise pas, insiste le conseiller. Car on boosterait la végétation en place et on augmenterait la concurrence. » Autre conseil : récolter tôt, pour remettre de la lumière dans le couvert le plus tôt possible.    

Publié le 29/09/2020

Les Instants Experts Armbruster, le vendredi 11 septembre, à Heidolsheim, avaient autant valeur de restitution des expérimentations conduites sur le site que de présentation commerciale des multiples solutions novatrices pour la céréaliculture alsacienne. Pas moins de 250 agriculteurs ont participé à cette journée fort instructive par l’éclectisme des solutions proposées en semences, matériels, fertilisation, agriculture de précision.

Sur une dizaine d’hectares, le parcours entrecoupé d’étapes et de stands permettait de se restaurer - les Jeunes agriculteurs assuraient l’intendance et le service - tout en abordant avec les techniciens les questions des semences maïs, colza, les traitements dédiés, le matériel des semis, la fertilisation avec de nouvelles approches, le digital, l’agriculture de précision, les OAD (outils d’aide à la décision). Le tout, bien sûr, avec la patte qui caractérise le négoce Armbruster Frères : pragmatique, centrée sur les objectifs de performance agronomique et de rentabilité, soucieuse de l’environnement. Sans politisation de la technique, et avec néanmoins le souci de défendre tous les outils de l’agriculture. « Et faire progresser en douceur. » Passons donc en revue plusieurs stands où les techniciens ont été très questionnés par les agriculteurs. Du côté de chez Pioneer, Julien Bernhard présentait de nouvelles variétés et les services de conseils associés au semis : Sem'Expert. En résumé, choisir la bonne densité et le bon hybride, le tout étant de trouver la meilleure combinaison avec également la date de semis idéale. « Typiquement en zone irriguée à beau potentiel, la variété P9978 arrive en premier, le P9985 répond également aux objectifs. En performance pure on s’orientera sur un P9757 ». En zone non irriguée, Pioneer a développé une sélection Aquamax qui vise l’optimisation des ressources en eau avec le nouveau P9300, « intéressant et sécurisant ». Et en bio, le P9234 ou le P9074… « Si le désherbage et l’implantation sont maîtrisés, le potentiel peut être quasi équivalent. »   La préparation se termine ! Dans 1h on vous accueille sur notre Ferme Agronomique à Heidolsheim ?? On vous attend nombreux ! Publiée par Groupe Armbruster sur Vendredi 11 septembre 2020   Maïs Pioneer en 2e culture Pour les maïs en deuxième culture, « nous avons une bonne expertise avec l’Alterna, sujet que l’on creuse dans le Sud depuis sept à huit ans. La deuxième culture répond à différents objectifs : soit de rechercher une deuxième marge en grain ou fourrage, soit pour de la méthanisation. Nous préconisons alors des conduites spécifiques en fonction de l’objectif visé ». « En Alsace, avec nos étés plus chauds, précise Julien Bernard, la clef de voûte de la réussite de la deuxième culture repose sur l’irrigation ou sur l’humidité résiduelle à l’implantation. S’il y a un démarrage lent, on perd vite quinze à vingt jours de cycle. Et chaque jour perdu au démarrage, c’est trois à quatre jours de plus à la récolte. Les cycles sont tellement courts qu’on ne peut pas se permettre de perdre du temps au démarrage. En somme de température, les premiers maïs sont à 1 450°, alors que les demi-tardifs habituels sont à 1 900-1 950°. » LG Semences : le colza Chez LG Semences, Denis Masson parlait volontiers de colza, dont les emblavements régressent en France, en raison des conditions séchantes d’arrière-saison, et de la grosse pression en méligèthes, altises et charançons. En Alsace, en revanche, quoiqu’encore marginales, les surfaces augmentent à la faveur notamment du bénéfice de l’irrigation pour lancer la levée des semis. « En général, on peut espérer quarante quintaux dans le Kochersberg et le Sundgau. En Alsace Bossue, avec des conditions de type plateau lorrain, une baisse est observée. Ceci également en raison des rotations classiques qui intègrent le colza, pratiquées depuis longtemps. Les variétés LG sont TPS phoma et cylindrosporiose, notamment la variété Ambassadeur. » LG propose également des variétés TULV, tolérantes à la virose transmise par les pucerons et avec une bonne vigueur au départ. Ce caractère apparaît comme essentiel pour résister à la pression des insectes, précise Denis Masson. Au final, l’agriculteur peut espérer de gros PMG qui limitent les pertes liées aux aléas climatiques. Bayer Agri : du nouveau contre les renouées Petit tour ensuite avec Marc Jaudel de Bayer Agri. Citons dans la gamme d’herbicide maïs : MerlinFlexx, un antidycot, et AdengoXtra, un produit complet, en pré-levée et post-précoce jusqu’à trois feuilles. « L’Adengo peut être appliqué en zone de captage. Ce n’est ni un chloroacétamide, ni un nicosulfuron. Il est composé d’isoxaflutole et de thienecarbazone-méthyl, une nouvelle molécule. Le spectre graminée et dycot permet en particulier la maîtrise des renouées grâce au thienecarbarzone-méthyl. » La nouvelle solution c’est Equip, composée notamment de foramsulfuron et qui est un anti-graminée. L’efficacité du produit est renforcée sur mercuriales. Appliqué à 1,8-2 litres/ha, il peut remplacer les nicosulfurons en zone de captage. « L’Equip s’applique entre les stades deux et huit feuilles. Veillez cependant à l’appliquer sur graminées jeunes, avant le tallage bien évidemment. Après il est de toute façon difficile d’en venir à bout. En complément si renouées, il peut être associé à du Mondine ». Chez BASF, on misait sur le désherbage du soja, avec une gamme pré et postlevée. Un produit comme le Corum à spectre large sur les dicotylédones, s’applique en postlevée au stade une feuille trifoliée. Le produit est cependant déconseillé en situation de faible taux de matière organique (moins de 1,7 %) et sur les sols sensibles aux transferts. Syngenta : Quali’Cible limite les risques environnementaux Chez Syngenta, l’accent est mis Quali’Cible pour aider à l’utilisation des désherbants sur céréales par rapport aux prosulfocarbes et des produits tels que Defi, Spow, Minarix et Daiko. Et d’aider à l’application de pré-levées comme le S-métolachlore. Il s’agit de minimiser le risque de résidu dans les eaux. Quali’Cible identifie les situations à risque par géolocalisation. Principalement en maïs avec les chloroacétamide, et en céréales avec le prosulfocarbe, QualiCible permet de prévenir la présence de cultures voisines d’automne sensibles (pomme, maraîchage) qui ne sont donc pas récoltées au moment du désherbage céréale. « Globalement, on appuie là où on peut aller sans risques avec certaines molécules. L’appli ludique supprime par exemple le S-métolachlore dans certaines situations et géolocalise les situations à risques pour l’environnement. Chez Syngenta, on ne fait pas mystère que certaines molécules sont dans le collimateur, l’idée c’est donc de les utiliser là où les risques environnementaux sont moindres. Au final, l’importance de la fréquentation de cette application ultraprofessionnelle démontre que la profession agricole agit avec responsabilité, consciente des enjeux environnementaux. » Ferti Innovante avec Fertiberia Chez Fertiberia : des solutions adaptées à la sécheresse. Les établissements Armbruster conduisent un programme d’essais « nutrition innovante » sur l’exploitation. En cas de fertilisation dans des conditions de disponibilité réduite en eau, le principe est d’enrober les engrais avec une matière organique gélifiante en présence d’humidité. C’est la technologie C-Pro. Les éléments fertilisants sont ainsi à la fois piégés dans la maille organique gélifiée, mais néanmoins disponibles progressivement. L’intérêt est d’éviter la salinisation engendrée par l’engrais minéral. Les Espagnols préfèrent d’ailleurs les engrais les moins salins possible en fertigation. L’engrais se présente sous forme de grains calibrés, permettant de la précision du dosage à l’hectare. « Nous conseillons cependant de le positionner précocement toujours au premier passage afin d’assurer une bonne « soudure » avec le deuxième passage. Sur ce printemps sec, le produit a fait la différence. En Alsace, on positionne également le produit au premier passage. Il est associé à du soufre. Et pour le deuxième passage, nous proposons le Fertisûr additivé d’un dérivé d’amidon de maïs en enrobage. Là, il s’agit de ralentir l’activité des uréases, nitrosomonas, et nitrobacter de façon à ralentir le processus de nitrification. Donc on n’agit pas que sur la volatilisation de l’urée en ammoniaque, mais également sur le lessivage lié à la transformation de la forme ammoniacale en forme nitrique », indique un technicien de Fertiberia. L’objectif, avec un programme de fertilisation intégrant C-ProAzote (Azote soufré) et Fertisur en deuxième passage, est de « réduire les doses d’azote, d’optimiser la fertilisation, de déplafonner les rendements tout en diminuant les impacts environnementaux (lessivage, volatilisation) ». L’expérimentation conduite sur le site vise à comparer notamment deux stratégies innovantes à 185 et 139 unités/ha.     Au pôle 4 agroecologie découvrez les couverts par drone ! Publiée par Groupe Armbruster sur Vendredi 11 septembre 2020

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