Pratique

Une première mondiale en géothermie profonde à Rittershoffen

Lancement d'un nouveau modèle géothermique français

Publié le 20/06/2016

Le potentiel géothermique du fossé rhénan constitue peut-être l’opportunité d’une nouvelle ère économique pour l’Alsace qui bénéficie d’une énergie locale, non émettrice de carbone fossile, stockable, et capable d’ancrer sur le territoire les industries qui en bénéficieront. Exemple à Rittershoffen, où la première centrale géothermique profonde à vocation industrielle a été inaugurée par la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal.

Mardi 7 juin a été inaugurée à Rittershoffen, par Ségolène Royal et Philippe Richert, la première centrale de géothermie profonde à vocation industrielle. Qui substituera l’équivalent énergétique de 12 000 t de pétrole par de l’eau chaude, au bénéfice de l’amidonnier Roquette à Beinheim. De l’avis des intervenants, lors de l’inauguration, Jean-Bernard Lévy, président d’EDF, Édouard Roquette, Pierre-René Lemas, directeur de la Caisse des dépôts, Bruno Léchevin, président de l’Ademe, Ségolène Royal et Philippe Richert, président de la Région Grand Est, cette inauguration revêt un caractère historique. Ségolène Royal prend l’exemple de l’Islande : « Si elle s’est sortie si rapidement de la crise profonde dans laquelle elle était plongée en 2008, c’est notamment grâce à ses ressources géothermiques qui couvrent 90 % de ses besoins nationaux. » L’Alsace dispose également d’un gisement géothermique exploitable conséquent qui, selon la ministre, lui autorise de grands espoirs pour répondre au « nouveau modèle énergétique français » et aux défis économiques. Risques sismiques maîtrisés Déjà en 1920, les frères Schlumberger avaient dans l’idée d’exploiter ce « fameux gradient géothermique » si favorable en Alsace, raconte Philippe Richert. À Rittershoffen, « c’est une technique sans précédent dans tout le Rhin supérieur » qui inaugure une nouvelle ère pour la géothermie profonde. Car désormais les risques sismiques sont maîtrisés. « Huit autres permis de recherche ont été accordés. » « Nous vivons un moment de réconciliation entre le développement durable et industriel », a exprimé la ministre, car la géothermie profonde n’a pas la mauvaise presse de la fracturation (pour extraire des gaz de schistes), fait remarquer Jean-Bernard Lévy. Et elle résout une problématique énergétique majeure : la question du stockage de l’énergie, souligne Ségolène Royal. Par son caractère local, cette énergie aura le mérite d’ancrer l’industriel qui en bénéficie, en l’occurrence l’amidonnier Roquette, sur le territoire. De surcroît, il améliore considérablement son bilan carbone. 2 600 m de profondeur La technique de l’exploitation des ressources de géothermie à 2 600 m de profondeur à Rittershoffen nécessitait cependant d’être éprouvée, car le bon rendement thermique sur le lieu de forage n’est pas une certitude. Il fallait donc « une ingénierie financière innovante et originale », explique Pierre-René Lemas, directeur de la Caisse des dépôts. Une ingénierie qui prenne en compte ces risques financiers. Autour d’Ecogi - la société gérante réunissant Roquette Frères, ÉS et la Caisse des dépôts -, « beaucoup de travail a été nécessaire pour aboutir à la constitution d'un fonds de garantie alimenté par l’État et la Région, un fonds dont la gestion a été confiée à Saf Environnement, filiale de la Caisse des dépôts. C’est le rouage indispensable pour amorcer le projet. » Pierre-René Lemas souligne que la Caisse des dépôts est totalement ouverte à de tels financements verts en énergie durable « qui représentent l’équivalent énergétique d’une tranche de centrale nucléaire ». « Je souhaite la création du fonds Géodip, qui permettra de partager le risque de forage et de sécuriser le risque géothermique à l’investissement lié aux incertitudes de rentabilité des forages », a précisé la ministre. Un arrêté ministériel du 24 avril 2016 affiche d’ailleurs des objectifs ambitieux - estime la ministre - d’utilisation d’énergie calorifique géothermique de l’ordre de 53 MWe. La centrale de Rittershoffen fournit à elle seule en chaleur l’équivalent de 24 MWe.

Marathon du vignoble d'Alsace

Le record des records !

Publié le 17/06/2016

Pour sa 12e édition, les 18 et 19 juin, le Marathon du vignoble d'Alsace a d'ores et déjà dépassé le nombre de coureurs inscrits en 2015 sur les trois courses. Une manifestation qui mêle avec succès sport et festivités.

Plus de dix ans après sa création, le Marathon du vignoble d'Alsace s'inscrit comme le rendez-vous sportif majeur du mois de juin dans la région. Au fil des années, le nombre de participants a gonflé. Cette année, il dépasse déjà à J - 6 le nombre de coureurs inscrits en 2015, du jamais vu ! Le semi-marathon est complet, avec 1 700 coureurs contre 1 500 l'année dernière. 882 coureurs sont inscrits pour le marathon contre 838 l'année dernière. Soit un total de 3 955 coureurs, ce chiffre pouvant encore augmenter ! Cette notoriété grandissante est due à l'engagement sans faille des 17 communes participantes, des 900 bénévoles du monde associatif et des vignerons engagés depuis le début dans la démarche. Ce succès est pour une bonne part lié au caractère festif et convivial de ce marathon qui voit régulièrement grossir le nombre de coureurs déguisés, une de ses particularités. Ils seront d'ailleurs récompensés à l'arrivée par un cadeau spécial. Ce marathon se veut solidaire avec l’Adot, association pour les dons d’organes. Spécialités et vins d'Alsace, discothèque éphémère Sur le parcours, douze relais gastroviniques, tenus par une quinzaine de vignerons, attendent les coureurs avec des spécialités alsaciennes, knacks et riesling à Wangen, munster et gewurztraminer à Traenheim, tartes flambées et pinot noir rosé à Ergersheim, harengs et riesling à Marlenheim, notamment. En parallèle à ces stands très conviviaux, le ravitaillement sportif est assuré tout au long du parcours de 42 km pour le marathon, avec 19 points d'eau, 10 ravitaillements sportifs et 8 relais fraîcheur. Outre les encouragements des supporters, des orchestres et groupes musicaux offriront une ambiance rock, folklorique ou branchée sur le circuit. Nouveauté cette année, au 35e kilomètre à Bergbieten, une discothèque éphémère Le 35, avec DJ et piste de danse, attend les coureurs. Les festivités démarreront le samedi 18 juin à midi sur le village du Marathon, à Molsheim, avec la distribution des dossards et les courses enfants de 4 à 15 ans. Les vignerons feront des dégustations commentées. C’est devenu une tradition, la célèbre spaetzle party du samedi soir est offerte aux marathoniens. Le dimanche 19 juin, c’est la grande journée des courses. Elles démarrent avec le rassemblement des coureurs à l'hypermarché Cora de Dorlisheim, à 8 h pour le départ du marathon marathoniens, à 9 h pour le 10 km et à 10 h à Scharrachbergheim pour le semi-marathon. À l'arrivée au village à Molsheim, les participants du semi-marathon et du 10 km se verront remettre une bouteille de vin et un tee-shirt, un rendez-vous qui devrait mêler avec bonheur défis sportifs, vins d'Alsace, gastronomie et joyeuse ambiance, à ne pas manquer !

4e édition de La Ferme en ville

Le local et ses facettes à l'honneur

Publié le 14/06/2016

Circuits courts ou jardins amateurs, la 4e édition de La Ferme en ville, organisée par la Ville de Strasbourg et la Chambre d'agriculture d'Alsace, en partenariat avec les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin et l'Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace, revient place Kléber à Strasbourg, du 16 au 18 juin. Elle sera axée autour de la thématique de la production nourricière du territoire.

Le magasin de la Nouvelle Douane à Strasbourg accueillait récemment la conférence de presse présentant la 4e édition de La Ferme en ville. La productrice de fruits à pépins et noyaux, Nathalie Dettling, de Westhoffen, a brièvement rappelé le concept de ce magasin qui réunit 22 producteurs locaux et offre aux consommateurs citadins une belle diversité de produits du terroir. Les surfaces en maraîchage et en bio ont triplé Françoise Buffet, conseillère eurométropolitaine déléguée et adjointe au maire en charge de la politique agricole communautaire et des circuits courts, a adressé ses remerciements à Laurent Fischer, représentant la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA), Julien Scharsch, président de l'Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), pour leur présence. Elle a rappelé que La Ferme en ville est « une vitrine de l'agriculture locale » et de la politique de la ville en faveur de ces productions, dont l'objectif est « de répondre aux besoins alimentaires du territoire ». Cette manifestation montre ce qui existe au niveau des circuits courts, « une demande bien présente, à développer ». Un tiers du territoire de l'Eurométropole est agricole. À cela s'ajoutent des agri-citoyens, par le biais des jardins familiaux. Ce volet fait partie de la thématique globale de cette 4e édition, axée sur le « Produire et manger local ». Le partenariat développé depuis 2010 avec la CAA a favorisé les circuits courts et permis notamment l'installation de jeunes, à la Meinau et à La Robertsau. Des diagnostics d'exploitation ont pu les faire évoluer vers du maraîchage, dont les surfaces, comme celles en bio, ont triplé. « L'objectif est de préserver la proximité des consommateurs et des producteurs. » La balle est aussi dans le camp des consommateurs, a indiqué Françoise Buffet : « À eux d'être vigilants dans leurs achats, en étant conscients des enjeux de l'agriculture. Les liens au territoire sont importants dans la crise que traverse actuellement l'agriculture. » Progression plus rapide de la demande locale Laurent Fischer, éleveur de poules pondeuses à Lingolsheim, membre du magasin de producteurs Hop'la, « complémentaire » à celui de la Nouvelle Douane, a précisé que ce seront les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin qui s'occuperont de la restauration de cette édition. « Ils apportent un grand dynamisme à l'agriculture du territoire. » Dans le partenariat engagé avec la ville, « on a fait plus que ce qu'on avait imaginé au départ », a poursuivi Laurent Fischer. Les différentes éditions de La Ferme en ville et du Tour des fermes ont permis une bonne communication avec le public et « un réel rapprochement entre le consommateur et le monde agricole ». Acheter local est devenu « une vraie sensibilité », a-t-il souligné. Et, « le respect de la saisonnalité des produits est de plus en plus ancré ». Laurent Fischer constate une progression de la demande locale, plus rapide depuis trois ans. Julien Scharsch, producteur de céréales, légumes et fruits bios à Saessolsheim, a précisé qu'en 2015, les surfaces en bio avaient augmenté de 15 %, portées notamment par l’introduction de produits bios dans les cantines. 65 % des produits y sont désormais locaux : « Le territoire est pionnier en la matière. Il y a un effet levier pour l'agriculture », a souligné Françoise Buffet. Bacs hors sol, compostage et moutons Christel Kohler, adjointe au maire en charge de la ville en nature et ville nourricière, a précisé que la Strasbourg compte 4 800 parcelles de jardins familiaux auxquelles s'ajoutent depuis 2008 les jardins partagés. Pour mettre en valeur ce volet agri-citoyen sur La Ferme en ville, 50 bacs hors sol avec différentes plantes vont être installés place Kléber sur 300 m2. Les visiteurs pourront peut-être gagner l'un d'eux par tirage au sort. Les 700 écoliers des classes de maternelle grande section et de primaire, attendus les 16 et 17 juin, pourront quant à eux repartir avec une pousse d'herbe aromatique. L'idée est de développer « l'esprit d'autonomie de l'alimentation ». Sur un parcours semé d'animations, ils pourront découvrir entre autres le travail du maraîcher avec les JA, la ferme biologique avec l'Opaba, les moutons de la filière ovine, Alsace Qualité et sa roue de la chance et les animaux de la basse-cour avec l'Union des aviculteurs. Les enfants pourront également s'initier au mécanisme de compostage. La cabane du jardinier, kiosque de la ville, abritera des documents et donnera des informations sur les différents types de jardins. À noter que la nocturne du samedi sera animée par un groupe musical folklorique. Avec huit producteurs présents, trois structures collectives de producteurs, cinq filières agricoles, le public aura un bel aperçu des productions locales, des produits laitiers aux charcuteries, en passant par les fruits, les légumes et les champignons, au cœur des saveurs d'ici, c'est du 16 au 18 juin à Strasbourg.

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