Pratique

Publié le 14/04/2016

Inspirés par l’exemple de la grande distribution, des agriculteurs ont récemment ouvert des drive fermiers. Une façon d’approcher une nouvelle clientèle, séduite par la facilité d’une commande en ligne et désireuse de consommer local.

Faire ses courses en quelques clics, puis les récupérer au drive au moment de son choix : depuis cinq ans, toutes les enseignes de la grande distribution le proposent. C’est maintenant au tour des agriculteurs de se lancer dans la course : individuellement ou collectivement, ils ouvrent des drive fermiers. À la ferme Dollinger, à Hœrdt, comme à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg, le drive est venu se greffer sur le magasin de vente existant. Les exploitants, spécialisés dans la culture maraîchère, y proposent leurs propres légumes, mais aussi les produits de collègues agriculteurs. La provenance locale est privilégiée, autant que possible. Dans la vallée de la Bruche, c’est un groupe d’agriculteurs de montagne qui est à l’origine du projet. Grâce au soutien des collectivités et de la Chambre d’agriculture d'Alsace, ils ont ouvert un drive à Schirmeck. Tous les jeudis, en fin d’après-midi, les clients peuvent y retirer leur commande et avoir un contact direct avec les producteurs.

Publié le 14/03/2016

La première formation aux métiers du grain s'est achevée le 8 mars au CFPPA d'Obernai. Après 47 jours, soit 329 heures de formation, les 12 stagiaires qui en ont bénéficié sont désormais aguerris à toutes les tâches du travail en silo. Et il y en a !

Ils sont douze et les métiers du grain n'ont plus de secrets pour eux. Parmi eux, sept intérimaires demandeurs d'emploi, qui ont déjà travaillé dans des silos ou qui sont susceptibles de le faire, et cinq salariés permanents d'entreprises de collecte, qui sont déjà des professionnels du grain, mais pour qui une remise à niveau sur certains aspects s'imposait. En effet, certains sont issus du milieu agricole, mais d'autres pas. Et puis les métiers du grain font appel à des compétences élargies. C'est d'ailleurs face à leur difficulté à recruter du personnel disposant de ces compétences, à les faire acquérir par le personnel en place et à fidéliser ce personnel, que l'agence d'intérim Randstad, les organismes stockeurs alsaciens (Coopérative agricole de céréales, Armbruster, Comptoir agricole et Gustave Muller), le Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles (CFPPA) d'Obernai et Pôle Emploi Alsace ont créé une formation spécifique aux métiers du grain par le biais du dispositif de formation POEC (Préparation opérationnelle à l'emploi collective). L'agence d'intérim Randstad s'est engagée à déléguer les personnes formées en intérim au sein des entreprises partenaires pour une durée de six mois. Autres parties prenantes de ce dispositif de formation inédit : la Région, qui a pris en charge une partie du financement, et Pôle Emploi Alsace, qui a apporté une contribution financière, a recruté des stagiaires et pris en charge des aides à la mobilité. Retourner à l'école, un vrai challenge Le programme de la formation (lire en encadré) était très complet, avec des modules très techniques, à visée professionnelle comme ceux qui concernaient le fonctionnement d'un silo, mais aussi des modules plus théoriques, comme une mise à niveau en mathématiques, une formation à l'accueil du public. C'est d'ailleurs ce module qui a posé le plus de difficultés aux stagiaires, peu rompus à la communication dans l'ensemble ! D'une manière générale, ce qui a été le plus éprouvant pour ces hommes (et une femme) déjà insérés dans le monde professionnel, c'était de retourner sur les bancs de l'école, surtout pour le doyen de la formation. « Ce projet de formation a été compliqué à monter. Il fallait suffisamment de stagiaires, pouvoir les rassembler sur une même période, élaborer un programme commun qui convienne à tous les participants malgré leur différentiel de compétences », a indiqué Denis Mayer, délégué des formations intérimaires à l'agence d'intérim Randstad. Aussi a-t-il remercié tous les acteurs qui ont fait de cette formation un succès. Un succès que confirment les stagiaires, qui décrivent à l'unisson une formation « complète, utile, gage de polyvalence, avec des formateurs passionnés… » ; et les organismes stockeurs pour qui elle constitue un « starter kit » efficace. Enfin, Nathalie Chappelle, responsable d'une agence d'intérim Randstad, qui a participé à l'élaboration de la formation, a tenu à remercier les stagiaires pour leur implication, soulignant que « certains sont venus de loin chaque jour à Obernai, du Sundgau, d'Alsace Bossue, et certains ont fait le sacrifice de laisser femme et enfants seuls à la maison pendant des semaines entières pour suivre cette formation ».

Publié le 25/02/2016

Les FDSEA du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et l’Association des viticulteurs d’Alsace ont organisé leurs réunions « employeurs » annuelles autour de différentes thématiques, dont celle de la compétitivité.

Dans le Bas-Rhin, comme dans le Haut-Rhin, les réunions « employeurs », qui se tenaient mercredi 10 février, se sont déroulées en présence de Jérôme Volle, président de la commission nationale emploi de la FNSEA. Un des gros sujets évoqués concernait la gestion du compte pénibilité. Pour de nombreux employeurs, « c’est le brouillard total », explique Joseph Lechner, président de la commission régionale Emploi. Ce compte, créé par la loi du 20 janvier 2014, est censé garantir l’avenir et la justice du système de retraites. Il doit constituer une mesure forte de justice sociale voulue par le gouvernement, qui doit permettre de prendre en compte une des inégalités les plus criantes entre salariés, celle qui tient à l’espérance de vie en fonction des travaux effectués au cours d’une carrière. Le dispositif vise à permettre à ces salariés de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel. Il est entré partiellement en vigueur le 1er janvier 2015 pour quatre premiers critères : le travail de nuit, le travail répétitif, en horaires alternants ou milieu hyperbare. Le gouvernement avait accepté de reporter à juillet 2016 la mise en œuvre des six autres critères : postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes, bruit. Ce report fait l’objet d’un des deux décrets, décidé par le gouvernement pour donner aux entreprises le temps de s’adapter. L’autre confirme que la déclaration d’exposition des salariés aux facteurs de pénibilité sera de la responsabilité des entreprises via une déclaration aux caisses de Sécurité Sociale qui auront la responsabilité d’informer les salariés. Les décrets ont fait l’objet d’âpres discussions avec les organisations patronales dont la FNSEA. Le président du Medef, Pierre Gattaz, avait dit espérer qu’ils ne paraissent pas, et jugé le dispositif « inutile, inapplicable ». Faute de finalisation du dispositif, la FNSEA, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) et Coop de France avaient demandé au gouvernement le 11 décembre dernier de repousser l’entrée en vigueur du compte pénibilité. « Depuis, effectivement, rien n’est clair. Et cela montre une fois encore la difficulté en France de réformer. Alors qu’en Allemagne, on allonge le temps de travail, en France, on fait le choix de mettre un compte pénibilité à la charge des employeurs. Et, en plus, l’État n’a pas été capable de le calibrer budgétairement. La FNSEA répète qu’elle veut bien d’un compte pénibilité, mais pas d’une nouvelle « usine à gaz ». Tel qu’il nous l’a été présenté, nous refusons donc ce compte pénibilité », précise Jérôme Volle qui suit les discussions au quotidien. « Et en plus il appartiendra aux employeurs de financer ce dispositif avec l’obligation d’assurer une traçabilité des expositions via la fiche de prévention des expositions. Ce nouveau dispositif fait peser de nouvelles contraintes réglementaires sur les employeurs. Trop c’est trop ! », prévient Joseph Lechner. « Que fait-on de l’emploi en France ? » Pour sa part, Patricia Lecerf, de la Mutualité sociale agricole (MSA) d’Alsace, est intervenue pour évoquer notamment le sujet de la Déclaration sociale nominative (DSN) et le Titre emploi simplifié agricole (TESA) étendu. « La DSN c’est pour l’employeur la possibilité d’effectuer en une seule transmission, via son logiciel de paie, plusieurs déclarations sociales. L’objectif est d’alléger les formalités des entreprises et d’améliorer les services rendus aux entreprises et aux salariés, mais également de simplifier les demandes pour les entreprises dans le domaine social, et de faciliter les démarches des salariés. » L’idée part d’un bon sentiment. Sauf que dans la réalité, ce n’est pas aussi simple. « C’est même plus compliqué qu’avant », s’agacent de nombreux employeurs présents à la réunion. « Il y a un ras-le-bol général des règles qui nous compliquent la vie au quotidien. C’est un problème de société : que fait-on de l’emploi en France ? », s’irrite Joseph Lechner. Lors de son intervention, Jérôme Volle a également évoqué le sujet du dialogue social et des saisonniers qui constituent une grosse partie de la main-d’œuvre dans l’agriculture puisqu’ils sont 1,2 million, dont 850 000 dans la seule production agricole. « Malheureusement, là également, le chèque santé est venu davantage perturber les choses plutôt que d’organiser. » Ce chèque Santé est une nouvelle cotisation patronale destinée à financer sous certaines conditions une mutuelle Santé pour les salariés précaires (CDD de - de 3 mois) ou à temps partiel (moins de 15 h par semaine). Cette mesure fera l’objet prochainement d’une information spécifique. Jean-Michel Baumann, délégué régional emploi formation de la FRSEA Alsace, a lui informé les employeurs de la mise en place par l’État d’une aide à l’embauche d’un premier salarié pour rendre évident et simple ce choix du premier recrutement. Annoncée le 9 juin 2015 par le Premier ministre, cette mesure est destinée à aider les TPE non-employeuses à faire le choix du recrutement. Elle s’applique à toute entreprise qui n’a pas eu d’employé depuis au moins douze mois, et qui recrute un salarié en CDI ou en CDD de plus de six mois. Elle s’élève à 4 000 euros sur deux ans. Elle est versée pour les contrats de travail prenant effet entre le 9 juin 2015 et le 31 décembre 2016. Il présente également les modalités d’une nouvelle aide à l’embauche qui s’adresse aux PME de moins de 250 salariés. Cette aide concerne toute embauche en CDI ou en CDD d’au moins 6 mois réalisée entre le 18 janvier et le 31 décembre 2016. Le montant de l’aide, versée trimestriellement, est au maximum de 4 000 € sur 2 ans. Ces 2 aides se cumulent avec le CICE, la réduction Fillon et les exonérations Travailleur Occasionnel en cas de CDD de plus de 6 mois. Enfin, Michel Corbin, conseiller à la délégation Est de Vivea (fonds d’assurance formation qui a été créé en 2001 entre les syndicats agricoles et des organisations agricoles, Chambre d'agriculture notamment), est intervenu sur le cahier de charge de la gestion optimale de la main-d’œuvre dans la politique de ressources humaines des entreprises. « Cela rentre dans le cadre de leur politique de développement de la formation. Nous sommes là pour accompagner les chefs d’entreprise. Nous abordons avec eux la gestion d’organisation du travail, que ce soit de façon individuelle ou collective. Je pense notamment aux Cuma et aux points de ventes collectifs. Nous intervenons également sur la préparation à l’embauche d’un salarié. Nous essayons d’apporter aux chefs d’entreprise des outils allant des compétences juridiques à l’entretien d’embauche. Enfin, nous informons les employeurs sur leurs responsabilités en matière de formation interne et d’organisation du travail. Ces formations et ces actions se multiplient dans les entreprises. Les chefs d’entreprise font souvent appel à nous sur ces questions », précise Michel Corbin.

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